R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
M AURICE D UMAS
Sur la logique bayésienne
Revue de statistique appliquée, tome 28, n
o1 (1980), p. 81-90
<http://www.numdam.org/item?id=RSA_1980__28_1_81_0>
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81
SUR LA LOGIQUE BAYÉSIENNE
Maurice DUMAS
RESUME
L’auteur ajoute une remarque à celles d’un article où A. VESSEREAU, comparant entre elles les logiques classique et bayésienne, ne cache pas que sa préférence va, sauf cas particulier, à la logique classique.
Il montre que d’une façon
générale,
pour être acceptable, une loi a priori intervenant dans un raisonnement de logiquebayésienne,
doit satisfaire à des conditions qu’il précise, pre- nant pour cela en considération desparamètres
de lois usuelles (loi binomiale et loi de Laplace- Gauss) ; en particulier, en cas de connaissance nulle, la loi a priori doit être une loi "virtuelle".en entendant par là qu’au contraire des lois
réelles,
la somme des densités deprobabilité
decette loi dans tout son intervalle de variation, ne peut être réduite à l’unité.
Il fait remonter à E. LHOSTE (1923) l’apparition de ces lois virtuelles, qu’il a lui-même considérablement développées.
1 - INTRODUCTION
1.1. - La
logique bayésienne s’oppose
à lalogique classique,
àlaquelle
ressortissent les intervalles deconfiance,
normalisés internationalement.On
peut
être tenté dereprocher,
comme VESSEREAU[24],
à lalogique bayésienne
le caractèresubjectif qu’elle
alorsque
la loi apriori
intervenant dans le calcul a ce mêmecaractère,
et d’admettre que, de soncôté,
lalogique classique
est
exemple
de toutecritique.
Notreopinion
sur cespoints
estnuancée,
commenous le montrons par un
exemple
en 2.21.2. - Le fait est que très souvent la loi de
probabilité
apriori
que l’on est conduit àadopter,
a effectivement ce caractèresubjectif qui
lui estreproché ;
cette loiconstitue alors une sorte
d’hypothèse
dans le cadre delaquelle
le calcul est pour- suivi : il est bon que cettehypothèse
soitexplicitement énoncée ;
il convient natu- rellement deveiller, lorsqu’on
lachoisit,
à cequ’elle puisse
êtrejugée
"raisonnable".Différents
points
de vue à considérer à cesujet
sontévoqués
dans le cours de lanote. On est ainsi conduit assez naturellement à retenir des lois de
probabilité
aMots-clés :
Logique bayésienne -
Connaissance nulle apriori -
Lois deprobabilité
virtuelles
(ou impropres) -
Lois de LHOSTE.Revue de Statistique Appliquée, 1980, vol. XXVIII, n° 1
priori ayant
un caractèreparticulier,
à savoir : la somme de leur densité dans tout leur intervalle de variation est, non paségale
àl’unité,
comme dans toute loiréelle,
mais infiniment
grande.
De telles lois sont,
ici,
dites"virtuelles",
parceque c’est làl’expression
quenous avons utilisée dans tous nos écrits à la suite de la
suggestion
du Professeur M.FRECHET,
faite dans lespremiers temps
où nous avons attiré son attentionsur de telles
lois,
et bien quel’expression
"loiimpropre"
soit actuellement retenue par bien des auteurs.1.3. - A l’occasion de travaux
ayant
un caractère très concret - lasignification
desépreuves
sur échantillonpratiquées
dans l’industrie - nous avons été amené à déve-lopper,
et àpublier depuis 1937,
cequi pouvait
être attendu de certaines lois virtuelles. Al’époque,
ces lois étaient leplus
souventignorées
oujugées
défavora-blement,
sinonrejetées.
Il en va autrementaujourd’hui,
étant donné que des lois virtuelless’imposent
pour satisfaire à certaines conditions assezabstraites,
récem-ment
développées ;
nous citons à titred’exemple
les travaux de J.P. FLORENS[13].
Par
opposition,
il nous a paru utile de faire état relativement aux lois vir-tuelles,
de considérations trèsconcrètes,
que nous avonsdégagées
au cours de ceuxde nos travaux
qui
ont été orientés sur lalogique bayésienne.
C’est là le but des numéros
qui suivent,
où deux casparticuliers
sont examinésrelatifs
respectivement
à la loi binomiale et à la loi deLaplace-Gauss.
Bien des consi-dérations
développées
ont uneportée qui dépasse
celle de la loi à l’occasion de la-quelle
elles sontprésentées.
En outre, labibliographie
commentée dun°
4présente
en
quelques
mots, des travaux relativement anciens enrapport
avec les lois vir- tuelles.2. LOI
BINOMIALE,
DE PARAMETRE p2.1. - Aucune des
propositions qui
suivent neparaît
devoir attirerd’objection : a)
Sid’après
des connaissancesantérieures,
on peutpartir
d’une loi apriori
fondée surcelles-ci,
le recours à lalogique bayésienne s’impose.
b)
Si l’on a recours à lalogique bayésienne,
il faut veiller àadopter
une loi apriori jugée acceptable, compte
tenu à la fois des connaissancesantérieures,
mêmepeu
précises,
que l’onpossède,
et des considérationsgénérales
telles que cellesévoquées
en 2.3 ci-dessous.c)
La loid’équiprobabilité représentée
pardp s’impose
comme loi apriori
dans le cas où le
tirage
a lieu àpartir
d’une urne dont on saitqu’elle
a été choisie auhasard
parmi
M + 1 urnes(M
trèsgrand),
contenantrespectivement
0 Blanche - 1 B. - 2 B. - ... - M B.d)
Le cas de la connaissance nulle est un cas de lapratique.
Parexemple :
l’ume est matérialisée par un sac en étoffe opaque et
mince ;
autoucher,
on peutcompter
lesboules,
vérifier l’identité de leurs formes mais non pas reconnaître leur caractère Blanc ou Non Blanc.83
2.2. - Le cas de la loi binomiale se
prête
bien à cequ’un exemple
soit donné desinsuffisances
réciproques
deslogiques classique
etbayésienne.
Voici cetexemple.
Client et statisticien sont en
présence.
Le client reconnaît comme "bon" tout lot contenant uneproportion
de défectueux inférieure à une certaine limite r. Un lot reçu d’un fournisseur a été soumis à uneépreuve qui
a faitapparaître
n défec-tueux en N essais. Rien d’autre n’étant
pris
enconsidération,
le client demandeau statisticien de lui dire
quelle
est laprobabilité
que ce lot soit un lot "bon".Réponse :
"Je nepuis répondre
exactement à votrequestion,
maisje
suisprêt
àvous
indiquer
deuxapproches :
- ou
bien, classiquement, je
vous donne un "intervalle de confiance" parrapport auquel
r serasitué ;
à cet intervalle est liée uneprobabilité,
mais elle n’estpas celle
qui
vous intéressedirectement ;
- ou
bien, je
traite laquestion
dans le cadre de lalogique bayésienne,
etje
vous donne la
probabilité
que vous medemandez,
mais cetteprobabilité
seraquel-
que peu
subjective puisque,
dans mescalculs, j’aurai
fait intervenir une loi apriori,
admise par moi à titre
plus
ou moinshypothétique.
Ainsi,
un choix est à faire entre deux maux : ou bienrépondre
à côté de laquestion ;
oubien,
admettre une certainehypothèse - laquelle -
il est vrai -peut
sans difficulté être énoncée trèsexplicitement.
Le moindre de ces mauxn’est pas forcément celui
qui correspond
à lalogique bayésienne.
2.3. a - Lors du choix d’une loi a
priori
pour p, à une information résumée par la connaissance de n Blanches en Ntirages,
on doit chercher à fairecorrespondre
unefamille de lois a
priori
dontl’expression mathématique
contiendrait n et N à titre deparamètres,
avec comme casparticuliers :
- cas A : n = N ~ 0. C’est le cas où il n’a été tiré que des Blanches.
-
(NB :
le cas n = 0 et N =1= 0 se ramène auprécédent
et n’est pas cité dans lasuite)
- cas B : n = N = 0 : c’est là le cas de la connaissance nulle.
Pour que l’on soit assuré d’une certaine
régularité
dans les résultats à obte-nir, l’expression
de la famille de lois doit avoir unesignfication
pour toutes les va-leurs
possibles
desparamètres,
même dans le casparticulier B, lequel,
deplus,
doit
apparaître
comme un cas limite.Désirant attirer l’attention sur
quelques
autres considérations ayant uneportée générale,
nous le faisons dans la suite à l’occasion de l’examen des deux familles de lois suivantes en vue de déterminerlaquelle
de ces deux familles doit êtrepréférée
à l’autre.Probabilité élémentaire :
- cas
général
Espérance mathématique
de l’arrivée d’une Non BlancheRevue de Statistique Appliquée, 1980, vol. XXVIII, n° 1
b - Pour
simplifier,
nousdésignons
dans la suite les deux familles venant d’êtreconsidérées,
par leurexpression correspondant
au cas de la connaissancenulle,
c’est-à-direrespectivement
pardp
et pardp/p(l - p).
Nous avançons à titre deproposition
que les considérationsqui
y sontdéveloppées
conduisent - dans lecas
qui
nous occupe,qui
est celui où l’information est limitée à la connaissance de n et de N - àrejeter dp
et à retenirdp/p(l - p).
Les
propositions
du numéro 2.4suggèrent
unesignification
pouvant être donnée à la loi caractérisée pardp/p (1 - p), laquelle
est la loi virtuelleproposée
par LHOSTE
[19] en
1923 : voir len°
3.3.Personnellement,
nous avonslargement développé
cette même loi - ce que LHOSTE n’avait aucunement fait : voir de[5 ] à [11].
c - Choisir comme loi a
priori, quand
on ne connaîtrien,
une loiréelle,
revientà admettre que tout se passe comme si l’on connaissait
quelque
chose de trèsprécis. Ainsi,
dans le casqui
nous occupe, admettre la loidp
reviendrait à admet- tre le schéma c dun°
2.1. Voilàqui
nouschoque profondément.
Aucune
objection
semblable ne saurait être faite à une loivirtuelle,
telledp/p (1 - p).
Cela vient àl’appui
de laproposition
avancée en b.d - La loi
dp n’apparaît
pas comme loilimite ; d’après
aci-dessus,
elle est doncà
rejeter.
La loi
dp/p (1 - p)
est la forme limite d’une famille de loisréelles,
à unparamètre,
e,lorsque
ce dernier tend vers 0 : voirfigure.
Courbe des densités de la loi réelle dont la fonction de
répartition
est :Courbe de
répartition
de la loi(virtu-
elle),
limite de la loi réelle pour 03B5 ~ 0.85
La loi
dp/p (1 - p)
est, à samanière,
une loid’équiprobabilité, puisque,
pour pl 1 différent de 0 et de
1,
la densité deprobabilité
depl
1 est nullequel
que soitPi.
D’autrepart,
à chacune des limites 0 et 1correspond
une mêmeproba- bilité, égale
à0,5. Ainsi, d’après
cetteloi,
laprésomption
à faire avant lepremier tirage,
serait la même que celle à faire aujeu
depile
ou face. Il nous semble quecette
représentation
concrètecorrespond
assezbien,
et même tout à faitbien,
àla réalité.
e - Cas
particulier
n =N =1= 0,
c’est à dire cas où l’on nepossède
pas d’autre infor- mation que la sortie de N Blanches en Ntirages.
Soit à faire uneprésomption
surl’arrivée d’une Non Blanche au
tirage
suivant.Les lois a
priori
ditesplus
hautindiquent respectivement
commeespérance mathématique
de l’arrivée d’une Non Blanche les valeurs1 /(N
+2)
pour la loidp,
et 0 pour la loi
dp/p(l - p).
Nous considérons que la valeur
1/(N
+2)
estinacceptable.
Eneffet,
dans lesconditions
dites,
il y a certainement à "craindre"qu’une
Non Blancheapparaisse
au
tirage suivant,
mais il n’est manifestement paspossible
de déterminer une pro- babilitécorrespondant
à cequ’il
en soitainsi ;
on doit estimer que cetteproba-
bilité est
plus faible
que cellequi
serait attribuée à l’arrivée d’une Non Blanched’après
un résultatqui
aurait été N-1 Blanches et 1 NonBlanche ;
ou encorequ’elle
auplus égale
à cellequi
aurait été attribuée de même si le résultat connuavait été N Blanches et 1 Non
Blanche ;
mais on n’est certainement pas autorisé à retenir que cetteprobabilité
estégale
à "telle" valeur.En
conséquence,
la loidp
ne peut être conservée pourexprimer
la connais-sance nulle - bien
qu’elle
ait été retenue dans ce cas par de nombreux auteurs : le fait estqu’elle
a conduit ces auteurs à des résultats que nousdésapprouvons
entièrement.
De son
côté,
la loidp/p (1 - p)
conduit à attribuer laprobabilité
nulle àl’arrivée d’une Non
Blanche ;
elle incite doncl’expérimentateur
àagir
commes’il avait la certitude de l’arrivée d’une Blanche. Voilà
qui
peutparaître
bien ab-solu,
maisqui
esttempéré
parl’obligation qui s’impose toujours
àl’expérimen-
tateur de
juger
avec son bon sens, avantd’agir,
dansquelle
mesure il doit tenircompte
de la valeurnumérique qu’un
calcul attribue à uneprobabilité.
En l’occur-rence, il ne viendra certainement à l’idée d’aucun
expérimentateur,
surtout si N n’est pasgrand,
d’attribuer une biengrande
confiance à la certitude surlaquelle
le calcul attire son attention : il se
dira,
commeplus haut,
que laprobabilité qui
l’intéresse n’est sans doute pas
nulle,
mais que.d’après
le seul résultat N enN,
elle est auplus égale
à la valeurqui
lui aurait été attribuée si le résultat avait été N en N +1, c’est-à-dire,
à la valeur1/(N
+1).
Finalement,
la loidp/p(l - p)
amènel’expérimentateur
àprendre
sa décisiond’après
les valeurs 0 et1/(N
+1),
attribuées comme limites à laprobabilité qui l’intéresse ;
voilàqui
ne soulève aucunecritique.
Bienentendu,
sil’expérimentateur
voit de
façon pratique,
lapossibilité d’acquérir
uncomplément
d’information avant de devoirprendre
sadécision,
il sera bien avisé de rechercher un telcomplé-
ment.
L’analyse qui précède vient,
elleaussi,
àl’appui
de laproposition
avancée en b.Revue de Statistique Appliquée, 1980, vol. XXVII I, n° 1
2.4. - PROPOSITIONS. Si N
tirages,
dont nBlanches, (n
différent de 0 et deN)
ont été effectués de
façon
exhaustive àpartir
d’une urne contenant initialement U boules dont un nombre inconnu u deBlanches,
laprobabilité
devant être attri-buée au fait que dans la suite une série de M
tirages
feraapparaître
mBlanches,
esté gale
àà la fois dans l’un et l’autre des deux cas suivants :
-
Proposition
I : laprobabilité
relative à untirage
estprise égale
à la fré-quence résultant des
tirages précédents ;
-
Proposition
II : La loi apriori
caractérisée par1/u (U - u)
est retenue.Démonstration de la
proposition
I.(no
163 de[7 ], d’après
BACHELIER[ 1 ]).
Dansle cas
particulier
oùapparaissent,
dansl’ordre,
m Blanchespuis
M-m NonBlanches,
la
probabilité
d’une telle succession estégale
à :Cette
probabilité
étantindépendante
de l’ordre destirages,
elle est à multi-plier
par le nombre des combinaisons de Mobjets
m à m pour obtenir laprobabilité cherchée ;
d’oùl’expression
de l’énoncé.Démonstration de la
proposition
II(n°
138 de[7]). D’après
le théorème de BAYES laprobabilité
cherchée s’obtient en effectuant leproduit
de deuxprobabilités,
à savoir
celle,
tenantcompte
del’hypothèse 1/u(U - u),
que le fait d’avoir constatén et N fait attribuer à la "cause" u, et d’autre part celle que la "cause" u
engendre
m et M. Ce
produit
est à sommer pour toutes les valeurs de u, de u = n + 1 à u=U-N-M+n+ 1. Une formuleindiquée
par BOUZITAT[4]
conduit àl’expression
de l’énoncé.Remarque. Ainsi,
voici un cas où deux raisonnements ressortissantrespectivement
l’un
(Prop. I)
au domaine desprobabilités directes,
l’autre(Prop. II)
à lalogique bayésienne,
aboutissent à un seul et même résultat. La loi1!u (U - u)
se montredonc
équivalente
dans ce cas, à laconvention,
bienséduisante,
de se laisserguider,
coup par coup, par les
fréquences
résultant destirages précédents. Manifestement,
les
conclusions,
favorables à la loi caractérisée par1 /u (U - u),
que l’on retient de la coincidenceindiquée,
s’étendent à la loidp/p(1 - p).
3. LOI DE
LAPLACE-GAUSS,
DE PARAMETRES 03BC ET a(ou h)
3.1. - G. MORLAT
[21]
a traité un casparticulier
delogique bayésienne
relatifà la loi de
L.G.,
encomparant
les "intervalles de confianceclassique
etbayésien"
87
lorsque l’écart-type
est connu. Une conclusion est que ces deux "intervalles de confiance"fournissent,
non pas des solutions différentes au mêmeproblème,
mais des solutions à des
problèmes
différents. Cette conclusion est manifestement àrapprocher
de l’alternative du numéro2.2.,
sur les deux maux enprésence :
oubien,
ne pasrépondre
exactement à laquestion posée,
ou yrépondre
exactement,moyennant
unehypothèse,
d’ailleurs facile à énoncer.3.2. - La loi de L-G. met en cause deux
paramètres,
à savoir la moyenne J1 et un indice dedispersion qui
estgénéralement l’écart-type a, mais qui peut
être aussi le module deprécision h,
avec a hV2 =
1.D’après
le2.3.c,
on doit s’attendre à ceque la
logique bayésienne
fasse intervenir des lois apriori
virtuelles. Defait,
biendes auteurs ont raisonné sur des lois
djn,
da etdh, qui
sont des lois virtuelles enraison des intervalles de variation infiniment
grands
desparamètres
en cause. Ence
qui
concerne la loidJ1,
onpeut
remarquerqu’elle
est la loi limite de la loid’équi- probabilité,
etaussi,
comme lesignale
G.MORLAT,
d’une loi de L-G. dont l’écart- type tendrait vers l’infini. Mais d’autres lois sontproposées.
3.3. - LHOSTE
[19]
considère les deuxparamètres
A etB, positifs
ounuls,
telsque A.B = 1. A un intervalle
(al’ a2)
de Acorrespond
un intervalle(b1, b2)
deB. A une certaine indétermination de A dans son intervalle doit nécessairement
correspondre
la même indétermination de B dans le sien. LHOSTEindique
com-ment cela le conduit aux lois a
priori équivalentes dA/A
etdB/B.
Il en conclutque, dans le cas de la loi de L-G. les lois a
priori do/o
etdh/h
sontéquivalentes
et que, pour éviter des
contradictions,
il convient par suite de lesadopter
en casde connaissance nulle.
Remarque -
Defaçon analogue,
LHOSTE retient pour li la loidg.
D’autrepart,
relativement auparamètre
p de la loibinomiale,
il suffit de poser A =p/(l - p)
et B =
(1 - p)/p ;
la loi apriori
à retenirapparaît
alors comme étantdp/p(l - p).
Les lois a
priori da/a, dh/h
etdp/p(l - p),
sont, pour nous, les lois de LHOSTE.3.4. - Pour avoir
l’expression
d’une loi aposteriori,
fonction du a de la loi deL-G.,
onpeut
soitpartir
del’expression
de cette loi en fonction de a,puis appli-
quer la loi a
priori
de a que l’onretient,
soitpartir
del’expression
de la loi de L-G. en fonction deh, appliquer
la loi apriori
de h que l’onretient, puis,
dansl’expression obtenue,
effectuer lechangement
de variable de h en a.Si,
comme lois apriori,
onadopte
da etdh,
une contradictionapparaît.
KOLMOGOROFF,
dans[17]
a vu la contradiction mais ne l’a pas levée. Préa-lablement,
LHOSTE avait vu lacontradiction,
et avait fait observer que ses lois lasupprimaient : l’équivalence
deda/a
et dedh/h
se manifestait en l’occurrence.3.5. - Dans notre
[5]
de1937,
nous avonsdéveloppé
cequi pouvait
être attendude la loi a
priori dh/h
et même de la loi à deux dimensionsdJ1 dh/h.
Nous avionsété conduit à ces lois par le fait
qu’elles
établissaient desconcordances,
que nousjugions harmonieuses,
entre résultats deprobabilités
directes et inverses.Revue de Statistique Appliquée, 1980, vol. XXVIII, n° 1
Peu
après,
les travaux de LHOSTE étant venus à notreconnaissance,
nousavons conservé ce choix pour notre
[7],
danslequel
on trouve en outre notam- ment :- des
développements
de l’autre loi deLHOSTE,
la loidp/p(l - p) ;
- au
n° 345,
la loidJl2/Jl2’ où 03BC2
est le moment d’ordre 2 de la loi deL-G. ;
cette loi est
équivalente
àda/a
et naturellement aussi àdh/h ;
- au
n° 423,
la loida/a, lorsque
a est leparamètre
de la loi dePoisson ;
- au
n°
213 et à biend’autres,
l’observation que des lois apriori
à deux di-mensions peuvent conduire à reconnaître
quels
sont, étant donné leproblème étudié,
lesgroupements
deparamètres qui
sont, entre eux,indépendants
enproba- bilité ;
- au
n°
341 etsuivants,
diverses considérations toutes en faveur des lois apriori adoptées.
Dans deux notes
[6],
nous avons,grâce
aux lois deLHOSTE,
établi un rac-cord entre la
logique bayésienne
et lesprobabilités
fiduciaires de FISHER.On trouve
ci-après,
enBibliographie commentée,
différentes lois apriori
que des auteurs ont
préconisées
à peuprès
àl’époque
de nos travaux.Remerciements : Nous sommes très reconnaissant aux Professeurs G. MORLAT et C. PARTRAT
qui,
sur unepremière
rédaction de laprésente
note, nous ont faitparvenir
des observations trèsconstructives,
dont nous avons euplaisir
à tenircompte.
4. BIBLIOGRAPHIE COMMENTEE
Nous avons retenu de faire
figurer
dans laprésente Bibliographie,
outre lesouvrages cités dans le texte,
quelques
ouvragescontemporains,
traitant aussi deprobabilités
apriori.
Pourchaque
ouvrage, des commentairesrapides
donnentune idée de ce
qui peut
y êtretrouvé,
concernant les lois apriori.
[1]
BACHELIER L.(1912). -
Calcul desprobabilités.
Gauthier-Villars. Citéen 2.4.
[2] BLACKETT (1925). -
Pro.Roy. Soc.,
107A,
p. 349. - L’auteur met en avant des loisvirtuelles ;
sesécrits,
que nous n’avons pas puconsulter,
sontcités par HALDANE
[15], qui
en discute les résultats.[3]
BOREL E.(1949). - Remarques
faisant suite à la note[8].
L’auteurprend parti
contre toute loi virtuelle.[4]
BOUZITAT J.(1947). -
Notes sur unproblème
desondage.
Office nat. d’é-tudes et de recherches
aéronautiques.
L’auteur y donne uneformule,
utiliséeen 2.4.
[5]
DUMAS M.(1937). -
Notes sur les séries de mesuresappartenant
à une loi de Gauss. Mémorial de l’artilleriefrançaise.
Tome16,
fasc.3,
72 p. Citéen 3.5.
89
[6]
DUMAS M.(1945). -
Sur des lois deprobabilité divergentes
et la formule de FISHER.Congrés
de l’Ass.fra.
pour l’avancement des sciences et(1947).
Surune loi de
probabilité
apriori
conduisant auxarguments
fiduciaires de FIS- HER. La revuescientifique, n°
3264,
16 p. Cité en 3.5.[7]
DUMAS M. et MAHEU P.(1948-50). 2014
Les méthodesstatistiques
et leursapplications
dans le domaine destechniques
industrielles. Différents fasci- cules des tomes 22 à 24 du Mém. de l’art.fran.,
630 p. Ces fasc. ont été réunis en un vol. par EYROLLES. - L’auteurprésente
à nouveau les résul-tats de
[5]
relatifs à la loi deL.G.;
iladopte, d’après
LHOSTE[19]
la loidp/p(1 - p)
pour la loi binomiale et aborde le cas d’autres lois. Cité en2.3. b ; 2.4 et 3.5.
[8]
DUMAS M.(1949). 2014 Interprétation
de résultats detirages
exhaustifs. C. R.des séances de l’Ac. des Sciences. Tome
CCXXVIII,
séance du 14 mars1949. Le recours de l’auteur à des lois virtuelles est
critiqué
par BORELE. [3 ].
[9]
DUMAS M.Chapitre
VI. Lesprobabilités
aposteriori.
du Calcul des pro- babilités du Formulaire demathématique.
C.N.R.S.(1952),
3 p. -Exposé
de
quelques
résultats obtenus avec des lois virtuelles.[10]
DUMAS M.(1955). -
Lesépreuves
sur échantillon.Monographie
du C.E.M.A. 2014 C.N.R.S. éditeur. Préface de M.
FRECHET,
170 p. L’auteur expose à nouveau, sansdémonstration,
des résultats obtenus avec des lois virtuelles.[11]
DUMAS M.(1965) Quelques
à propos sur lesprobabilités.
Mém. de l’art.fran.,
tome 39. - Différentespropositions
de laprésente
note,s’y
trouventdéjà exposées.
[12]
FINETTI B. de(1952). -
Gli eventiequivalenti
e il casodegenere.
Institutdes actuaires
italiens, Rome,
24 p. - L’auteur étudie laquestion
des événe-ments
également probables
et cite des lois virtuelles.[13]
FLORENS J.P. - Mesures apriori
et invariance dans uneexpérience bayé-
sienne. Pub. de l’Institut de Sta. de l’Uni. de
Paris,
Vol.XXIII,
1978. Citéen 1.3.
[14]
FRECHET M.(1956). - Analyse
de[10]
dans le Bul. des sciencesmath.,
2è série,
tome LXXX.L’auteur,
citant RENYI[22]
donne son accord auxlois virtuelles
proposées.
[15]
HALDANE J.B.S.(1932). -
Pro. Camb. Phil. Soc.28-1932,
58 p. : Voir[2].
[16] JEFFREYS
H.(1940). -
Note on the Behrens-Fisher formula. Annalsof Eugenic.
L’auteurdéveloppe
un raisonnementqui
le conduit aux lois vir- tuellesd03BC d03C3/03C3
etdp/p (1 - p).
[17] KOLMOGOROFF
A.(1942). 2014
Sur l’estimationstatistique
desparamètres
de la loi de Gauss. Bul. de l’Ac. des S. de
l’URSS,
SérieMath.,
tome 6.Cité en 3.4.
[18]
LAURENT A.G.(1951). -
Laprobabilité
apriori.
Com. à laRoyal
Statis-tical Soc.
Conférence
deCambridge.
L’auteurpart
de conditions d’inva- riance et aboutit aux loisdp/p (1 2014 p);d03BC puis d03C3/03C3,
et aussi à la loi à deux dimensionsd03BC d03C3/03C32.
[19]
LHOSTE E.(1923). -
Le calcul desprobabilités appliqués
à l’artillerie. Re-vue
d’artillerie,
tome 91.Berger-Levrault.
Cité en 2.3. b et en 3.3.Revue de Statistique Appliquée, 1980, vol. XXVIII, n" 1
[20] PERKS
W.(1947). -
Some observations on inverseprobability including
a new indifference rule. Jour.
of
the instituteof actuaries,
Vol. LXXIII.L’auteur, après
avoir cité JEFFREYSH.,
propose une"règle
d’indifféren- ce"qui
le conduit àd03C3/03C3
et àdp/~p(1 2014 p).
[21] MORLAT
G. - Sur lacomparaison
entre les intervalles de confiance classi- ques etbayésiens (1978).
Rev. de Stat. app., Vol.XXVI, n° 2,
4 p. Citéen 3.1.
[22]
RENYI A.(1955). -
On a new axiomatictheory
ofprobability.
Acta mathe- matica Ac. Sc.Hungaricae,
TomeVI,
Fasc.3-4, 50
p. Cité en[14].
[23]
SAVAGE L.J.(1959). -
The fundations of statistical inference.Wiley.
[24] VESSEREAU
A.(1978). -
Sur l’intervalle de confiance d’uneproportion : logique "classique"
etlogique "bayésienne".
R de Sta. app., Vol.XXVI, n° 2, 28
p. Cité en 1.1.[25]
WALD A.(1933). -
Statisticalhypothesis
in relation toprobabilities
apriori.
Cambridge,
Phi. Soc. Proc. L’auteur trouve la loid03BC d03C3/03C3
comme loi limiteà
adopter lorsque
l’onprend
en considération la solutionqui
minimise lerisque
maximal.[26]
WASHINGTON(Congrès
de...) (1947). 2014 Rapport
de M. FRECHET sur uneenquête
internationale sur l’estimation desparamètres.
Bull. del’I.S.A.,
TomeXXXI,
livre IIIA,
p. 363 à 422. Les auteursrépondant
àl’enquête
devaientprendre explicitement parti
pour ou contre le recours au raisonnementbayé-
sien pour l’estimation des
paramètres.
Deux des seizeréponses
firent état de ce quelogique classique
etlogique bayésienne
avaient trait à desproblè-
mes différents.