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Reference
La valorisation du patrimoine africain par les datations scientifiques
HUYSECOM, Eric
HUYSECOM, Eric. La valorisation du patrimoine africain par les datations scientifiques. In: Anne Mayor, Vincent Négri & Eric Huysecom. African Memory in Danger - Mémoire africaine en péril . Frankfurt : Africa Magna Verlag, 2015. p. 68
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:75230
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cette escalade des prix : les chercheurs, dont nous faisons par-
tie, constatent sur le terrain, non sans consternation, l’accéléra-
tion des fouilles clandestines sur les sites archéologiques. Les réactions des archéologues deviennent alors plus concertées et, de résolution en résolution (cf. +ඎඒඌൾർඈආ ce volume), l’Uni-
versité d’Oxford renonce en 1992 aux datations TL des objets issus du marché de l’art, et ce malgré l’apport lucratif de ces dernières. Il ne fallut cependant attendre que très peu d’années pour qu’apparaissent les premiers laboratoires de datation pri-
vés, ceux-ci principalement au service des marchands et des collectionneurs. Force est de constater aujourd’hui que le seul DFTXLVREWHQXSDUODFRPPXQDXWpVFLHQWL¿TXHHVWOHUHWUDLWGX caractère académique du label des datations TL utilisées par les marchands et collectionneurs.
-XVTX¶jUpFHPPHQWVHXOHODWHFKQLTXHGHGDWDWLRQSDU la TL était utilisée dans le commerce de l’art, les datations sur matière organique (bois, os, ivoire) par la méthode du FDUERQH pWDQW WURS GHVWUXFWLYH SRXU OHV REMHWV GHVWLQpV j la vente pour des sommes importantes. Le développement de la technique de datation au carbone 14 par spectrométrie de PDVVHjO¶DFFpOpUDWHXU$06TXLQHQpFHVVLWHDFWXHOOHPHQW que quelques milligrammes de matière, change complètement la donne. Désormais, des pièces en bois archéologiques et eth-
QRJUDSKLTXHVVRQWGDWpHVSRXUrWUHDXWKHQWL¿pHVpWXGLpHVHW valorisées dans les catalogues de vente aux enchères, mais aussi dans certaines expositions de musées publics, comme par exemple l’exposition Dogon présentée en 2011 au Musée du Quai Branly sous le commissariat de l’antiquaire Hélène Leloup, où de nombreux objets étaient présentés avec le sceau GXODERUDWRLUHGHGDWDWLRQUDGLRFDUERQHGHO¶(7+j=ULFK
6XLWHjFHFRQVWDWODUpVROXWLRQ¿JXUDQWHQWrWHGHFHWHQ-
FDGUpSURSRVpHSDUO¶DXWHXUDpWpYRWpHjO¶XQDQLPLWpj7RURQWR le 23 juin 2012 par plus de 200 archéologues participant au 13e
&RQJUqVGHOD6RFLpWpGHVDUFKpRORJXHVDIULFDQLVWHVHWHQVXLWH ODUJHPHQWGLIIXVpHDXSUqVGHVODERUDWRLUHV©DFDGpPLTXHVª
Les responsables du laboratoire de l’Ecole Polytechnique )pGpUDOHGH=ULFK(7+FRQWDFWpVjFHVXMHWVRXOHYqUHQWXQ problème de taille : de nombreuses datations portant le label ETH sont bien issues de leur laboratoire, mais elles ont été effectuées sur des échantillons prélevés par des laboratoire tiers n’étant pas équipés pour les datations AMS et ne fournissant qu’un numéro d’inventaire avec l’échantillon. Si l’équipe de l’ETH est désormais consciente et soucieuse des problèmes pWKLTXHV UHODWLIV j OD YDORULVDWLRQ SDU OHV GDWDWLRQV GX SDWUL-
moine archéologique et ethnographique africain pillé, et est SUrWHjLQWURGXLUHGHVPHVXUHVSRXUOHVpFKDQWLOORQVTXLOXLVRQW directement transmis, elle avoue n’avoir aucun contrôle sur les pFKDQWLOORQVTXLOXLSDUYLHQQHQWG¶DXWUHVODERUDWRLUHVGpMjVRXV forme de gaz. Or la sous-traitance des datations AMS pour les autres laboratoires de datation constitue l’une des ressources
¿QDQFLqUHVGHO¶(7+OXLSHUPHWWDQWG¶rWUHjODSRLQWHDXQLYHDX technologique.
Les discussions sont en cours pour savoir comment gérer FHWWHVLWXDWLRQGLI¿FLOHPDLVG¶RUHVHWGpMjOHVSULQFLSDX[OD-
boratoires académiques ont réagi en introduisant des mesures concernant les datations radiocarbone AMS des objets archéo-
logiques, prenant exemple sur celui de l’Université d’Oxford (http://c14.arch.ox.ac.uk/embed.php?File=antiquities.php).
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FRXSUHVWHjIDLUHHWTXHOHGpEDWQ¶HVWGHORLQSDVFORV
/DYDORULVDWLRQGXSDWULPRLQHDIULFDLQSDUOHVGDWDWLRQVVFLHQWL¿TXHV par Eric Huysecom
©(QYXHGHOLPLWHUOHSLOODJHHWGHSUpVHUYHUOHSDWULPRLQH culturel africain, la SAfA demande instamment aux ODERUDWRLUHV GH GDWDWLRQ SDU OD PpWKRGH & GH QH SOXV pratiquer de datations, pour des raisons éthiques, sur des objets (ou échantillons provenant d’objets) archéologiques, ou ethnographiques d’importance historique, pour le compte de marchands, de salles de ventes ou de SDUWLFXOLHUVª
©:LWKDYLHZWROLPLWLQJWKHORRWLQJDQGLQRUGHU to conserve the African cultural heritage, the SAfA urge UHTXHVWVIRUHWKLFDOUHDVRQVWKDW&GDWLQJODERUDWRULHV no longer run dates for dealers, auctioneers or individuals, on archaeological materials or on ethnographic items RI KLVWRULFDO VLJQL¿FDQFH RU RQ VDPSOH WDNHQ RQ VXFK PDWHULDOVª
5pVROXWLRQ YRWpH j O¶8QLYHUVLWp GH 7RURQWR OH MXLQ 2012, au 13ème congrès international de la Société des Archéologues Africanistes — Society for Africanist Archaeologists (SAfA).
L’intensité du pillage des objets africains, autant archéolo-
JLTXHVTX¶HWKQRJUDSKLTXHVHVWGLUHFWHPHQWOLpHjODYDORULVD-
tion commerciale de ceux-ci par le milieu des marchands d’art HWGHVFROOHFWLRQQHXUV&HUWDLQHV°XYUHVDIULFDLQHVVHQpJRFLHQW HQHIIHWjGHVSUL[DVWURQRPLTXHVWHOOHXQHVWDWXHWWH)DQJGH la collection J. & A. Kerchache qui vient d’être adjugée le 18 juin 2014 chez Sotheby’s pour la somme de 4.353.000 € (http://
www.sothebys.com/en/auctions/ecatalogue/2014/arts-afrique-
oceanie-pf1408/lot.36.html). Or, avant d’engager des montants
¿QDQFLHUVLPSRUWDQWVO¶DFKHWHXUVRXKDLWHGDQVODPDMRULWpGHV cas obtenir des garanties sur l’authenticité de la pièce convoi-
WpH(QHIIHWVXUOHPDUFKpGH©O¶$UWSUHPLHUªOHVIDX[RX copies récentes n’ont pas, ou très peu, de valeur commerciale.
Dans certains cas, le pedigree de la pièce convoitée peut IDLUHDSSHOjXQHFROOHFWLRQFRQVWLWXpHDQWpULHXUHPHQWDXGpYH-
loppement de l’engouement pour les pièces d’art africaines et, SDUFRQVpTXHQWDX[IDOVL¿FDWLRQVUpFHQWHVFRPPHF¶HVWOHFDV GHODSLqFH)DQJFLWpHFLGHVVXVTXL¿JXUDLWGpMjHQGDQV l’exposition du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles L’Art nègre.
&HSHQGDQWGDQVODJUDQGHPDMRULWpGHVFDVVHXOHVGHVGDWDWLRQV
©VFLHQWL¿TXHVªGHO¶REMHWVRQWjPrPHGHUDVVXUHUO¶DFTXpUHXU
&¶HVWDLQVLTXHGHQRPEUHXVHVVWDWXHWWHVHQWHUUHFXLWHIXUHQW dès 1980, datées par le laboratoire de l’Université d’Oxford en charge des datations par la méthode de la thermoluminescence (TL). Dès 1982, les datations TL effectuées par ce laboratoire
© DFDGpPLTXH ª IXUHQW V\VWpPDWLTXHPHQW XWLOLVpHV SDU OHV grandes maisons de vente aux enchères et les marchands ayant pignon sur rue pour favoriser la surenchère sur les pièces ar-
FKpRORJLTXHV&HUWDLQHVWHUUHVFXLWHVDWWHLJQHQWUDSLGHPHQWGHV UHFRUGVWHOO¶DQLPDOIDQWDVWLTXH¿JXUDQWHQFRXYHUWXUHGXFDWD-
logue de la vente Tribal Art du 20 novembre 1991 de Sotheby’s, DGMXJpHj1HZ<RUNSRXU41&RQVpTXHQFHGLUHFWHGH
41 ,OHVWjQRWHUTXHVXLWHjGHVHQTXrWHVGHWHUUDLQDXSUqVGHVIDXV-
saires, cette pièce a été dénoncée en 2001 par Michel Brent comme pWDQWXQIDX[IDEULTXpjSDUWLUGHPRUFHDX[GHVWDWXHWWHVDQFLHQQHV (voir http://archive.archaeology.org/0101/abstracts/africa.html).
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