reconstruction des signaux
analogiques
8.1 Introduction
La plupart des signaux que l'on doit traiter et analyser tels que la parole, les si-
gnaux biologiques, sismiques, radars, audio ou vidéo sont analogiques par nature.
C'est-à-direqu'ilssont fonction d'unevariable continue, letemps, etqu'eux-mêmes
varient de manière continue. Ces signaux peuvent être traités analogiquement à
l'aidede ltrespar exemple.Lessignauxd'entréeetde sortie sont alorsanalogiques
(gure8.1).
Système analogique
x(t) y(t)
Fig.8.1: Traitementanalogique d'un signal
x(t)
Souvent, pour des raisons de simplicité,de précision, de stockage de l'information,
de exibilité, etc, un traitement numérique équivalent est possible et préférable.
On utilise alors des convertisseurs analogiques-numériques (CAN) et numériques-
analogiques (CNA) pour relier au processeur numérique les signaux analogiques
d'entrée et de sortie. Le schéma correspondant est donné à lagure 8.2.
Système numérique
x[n] y[n]
x(t) N
A A
N
y(t)
Fig. 8.2: Traitementnumériqued'un signal analogique
x(t)
Conceptuellement,onpeutconsidérerlaconversionANcommeunprocessusfaisant
intervenir trois actions successives : l'échantillonnage à période xe
T e
, la quanti-cationdu signaletson codage.Pratiquement,ces opérationssonteectuées dansun
même élément, le convertisseur AN, qui reçoit le signal analogiqueet le convertit
en un signal discret quantié.
De même pour la conversion NA, les opérations implicitement réalisées sont la
quanticationet le maintien de la valeur numérique pendant une période d'échan-
tillonnage.À cecis'ajoutegénéralementun ltragepasse-bas desescaliers générés
par leconvertisseur NA.
Filtre Q N
µP A x(t)
x a (t) x e (t) x[n] y[n] y q (t) y(t)
Filtre
T e CAN
Fig. 8.3: Détaild'une chaîne analogique-numérique-analogique
La gure 8.3 présente les éléments qui interviennent lors du traitement numérique
d'un signal analogique. On y trouve un ltre antirecouvrement (on verra plus loin
sa raison d'être), un échantillonneur commandé par une horloge de période
T e
, unquanticateurQ,un processeur numérique
µP
,un convertisseur NAetun ltre de lissage.Temps
continu discret
Amplitude continue discrète
t x(t)
Signal analogique
(a)
t x e (t=nT e )
Signal échantillonné
(b)
n x q [n]
Signal numérique
(c) t
x q (t)
Signal numérique maintenu
(d)
A
N N
A
T e
T e
Q
Fig. 8.4: Divers types de signaux
8.2 Analyse temporelle
8.2.1 Types de signaux
Demanièregénérale, lessignaux peuvent être classés dansles catégoriessuivantes :
1. Signauxcontinus en temps et en amplitude:
x(t)
. On lesappelleégale-ment signaux analogiques(gure 8.4a); ils proviennent généralement de pro-
cessusphysiques.
2. Signauxdiscretsentemps,continusenamplitude:
x e (t = nT e )
.Cesontles signaux échantillonnés (gure 8.4b). Ils ne sont dénis qu'à des instants
déterminés multiples de la période d'échantillonnage
T e
, mais leur amplitudepeut varier de manièrecontinue.
3. Signaux discrets en temps et en amplitude:
x q [n]
. De tels signaux sontquantiés en amplitude;ils ne peuvent prendre que des valeurs déterminées,
généralement,multiples d'un pas de quantication. Ce sontles valeurs numé-
riques fournies par les convertisseurs analogiques-numériques (CAN). Ils ne
sont dénis qu'aux instants d'échantillonnage et correspondent aux signaux
numériques(gure 8.4c).
4. Signaux continus en temps, discrets en amplitude:
x q (t)
. Ce sont dessignauxquantiés similairesàceux décrits en 3, dont la valeur est maintenue
par un bloqueur d'ordre zéro entre 2 périodes d'échantillonnage(gure8.4d).
Ces signaux correspondent à ceux fournis par les convertisseurs numériques-
analogiques(CNA).
8.2.2 Quantication d'un signal : exemple
Donnée On considère un convertisseur AN 8 bits travaillant entre 0 et 5.12 V
avec un codage par arrondi et une période d'échantillonnage
T e = 0.5 [msec]
. Lesignald'entrée est une exponentielle amortie:
x(t) = U 0 exp( − t/τ ) ε(t) U 0 = 1 [V ] τ = 1 [ms]
Question
1. Tracez lacaractéristique du convertisseur et lesgraphes
x(t)
etx q [n]
.2. Quellesvaleurs obtiendra-t-onpour
x e [n]
,x q [n]
etq[n]
.Réponse Le codage sur 8 bits par arrondi transforme le domaine de conversion
de la tension d'entrée
0 · · · 5.12 [V ]
en2 8 = 256
valeurs numériques discrètes avecun pas de quantication de 20 [mV] (gure 8.5a). L'échantillonnage et la quanti-
cation du signal sont représentés dans la gure 8.5b. Le tableau suivant donne les
diérentesvaleursdemandéesavec leserreursrelativescauséesparlaquantication:
n 0 1 2 3 4 5 6 7 8
x e [n]
1.000 0.6065 0.3679 0.2231 0.1353 0.0821 0.0498 0.0302 0.0183x q [n]
1.00 0.60 0.36 0.22 0.14 0.08 0.04 0.04 0.02q[n]
50 30 18 11 7 4 2 2 1q [n]
% 0.00 1.08 2.15 1.39 +3.47 2.56 19.7 +32.5 +9.290 0.02 0.04 0.06 5.12 5.10 5.08
5.11
0.05
0.03
0.01
0 1 2 3 256 255 254
x [V]
x q q
(a)
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
x 10 3 0
0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
temps [sec]
(b)
Fig.8.5: Quanticationet échantillonnage
8.2.3 Échantillonnage des signaux analogiques
Lesignald'entrée
x(t)
,dontl'amplitude varie aucours du temps,est appliqué àun échantillonneurpourêtretransforméenunesuitede valeursrégulièrementespacées.Cette suite de valeurs est représentative du signal d'entrée dans la mesure où la
période d'échantillonnageest compatible avec la rapiditédu signal.
Envisagé dansledomainetemporel (gure8.6), onpeut considérerqueleprocessus
d'échantillonnage revient mathématiquement à multiplier le signal analogique
x(t)
par une suite d'impulsions de Dirac
δ T e (t)
de périodeT e
, appelé"peigne de Dirac".Lesignal échantillonné
x e (t)
peut alors être représenté par l'expression :x e (t) = x(t) · δ T e (t)
(8.1)La fonction ainsi obtenue est une suite d'impulsions de Dirac dont la surface est
modulée par le signal
x(t)
. Bien entendu, il s'agit là d'un modèle mathématique facilitant l'analyse de l'échantillonnage et qui, d'un point de vue pratique, donneheureusement des résultatspas trop diérentsde ce que l'onobtientavec un échan-
tillonneurréel.
Sionveut respecter laformedusignal,ilest importantd'avoirdes impulsionssu-
sammentproches les unesdes autres. Dansle cas contraire, iln'est plus possible de
voirlesvariationslesplus rapidesdusignal àtraiter.Ceciconduitàune ambiguïté,
car rien n'exclut que lespoints échantillonnés du signal A puissent appartenir à un
autresignal B contenantdes fréquences plus élevées (gure8.7).
t x(t)
x e (t) = x(t) . δ Te (t)
t δ Te (t)
t T e
1
Fig.8.6: Échantillonnage d'un signal
t x(t)
Te
A B
Fig. 8.7: Ambiguïtédue à l'échantillonnage
8.3 Analyse fréquentielle
Commelechoix de la période d'échantillonnage
T e
dépend de larapiditédu signal,doncdesonspectre,ilestnécessaired'analyserlecomportementdel'échantillonneur
également dans le domainefréquentiel.
Nousvenons de voirque l'échantillonnaged'un signal analogiqueest modélisédans
l'espacetempspar la multiplicationdu signal
x(t)
par un peigne temporel de Diracδ T e (t)
.Or, onsait qu'àune multiplicationtemporelle correspond, dans l'espace des fréquences, une convolution fréquentielle entre le spectreX(jf )
du signalx(t)
etceluidu peigne de Dirac
D(jf )
:x e (t) = x(t) · δ T e (t) ⇔ X e (jf ) = X(jf ) ⊗ D(jf )
(8.2)8.3.1 Spectre d'un peigne de Dirac
δ Te (t)
t T e
1
0
D(jf) = δ f e (f)
f f e
1/T e
0
T e 1
Fig. 8.8: Peigne d'impulsions de Dirac et son spectre
Propriété Le spectre d'un peigne temporel de Dirac
δ T e (t)
de périodeT e
est unpeigne fréquentiel de Dirac
δ f e (f )
de périodef e = 1/T e
etd'amplitude1/T e
.Démonstration Comme la suite d'impulsions
δ T e (t)
est un signal périodique, on peut la décrirepar sa décompositionen série de Fourier :δ T e (t) =
+ ∞
X
k= −∞
D(jk) exp (+j2π kf e t) avec f e = 1 T e
où
D(jk)
représente lescoecientsde Fourierdeδ T e (t)
quivalent :D(jk) ≡ 1
T e
Z +T e /2
− T e /2 δ(t) exp ( − j2π kf e t) dt = 1 T e
Z 0 +
0 − δ(t) · 1 · dt = 1
T e
Ce qui,en terme de transformation de Fourier, s'écritégalement
D(jf ) = 1 T e
δ f e (f)
(8.3)etdonneun peignefréquentieldeDirac.Unereprésentationgraphiqueenest donnée
àla gure8.8.
8.3.2 Spectre d'un signal échantillonné
On a vu ci-dessus que le spectre d'un signal échantillonné se calcule en eectuant
laconvolution entre les spectres
X(jf )
etD(jf )
et quece dernierest un peigne deDirac de période spectrale
f e
. Comme la convolution entre une impulsionde Dirac et une fonction continue reproduit la valeur de la fonction à l'endroit où se situel'impulsion de Dirac, on voit que le spectre de base
X(jf )
est répété en tous lesmultiplesde lafréquence d'échantillonnage
f e
. On a donc :X e (jf ) = X(jf ) ⊗ D(jf ) = 1 T e
+ ∞
X
m =−∞
X (j (f − m f e ))
(8.4)Ce résultat très important montre que le spectre d'un signal échantillonné est la
somme d'une répétition périodique du spectre du signal analogique
X(jf )
(gure8.9) etque lapériode de ce spectre est égale à lafréquence d'échantillonnage
f e
.t x(t)
x e (t)
t T e
f X(f)
f X e (f)
+f e -f e
Fig.8.9: L'échantillonnage d'un signal analogique provoque la répétition de son
spectre
Échantillonnage d'une sinusoïde Considérant un signal sinusoïdal
x(t)
de fré-quence
f 0 = 3 [kHz]
échantillonnéà lafréquencef e = 8 [kHz]
,on obtientlespointséchantillonnés
x(nT e )
représentésàlagure8.10a.Malgrélefaiblenombredepoints obtenus(quatre pointspour une période etdemie),le signalx(t)
est univoquement dénidu point de vue de Fourier.Le spectre original et sa répétition font apparaître des raies spectrales se trouvant
auxfréquences
± m f e ± f 0 = ± 3, ± 5, ± 11, ± 13, ± 19, · · ·
.Onendéduitque,danslabandede base qui s'étend de 0à
f e /2 = 4 [kHz]
, iln'y aqu'une seule raie spectralesituéeen
f 0 = 3 [kHz]
. C'est laraie correspondant ausignal original(gure 8.10b).0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5
−1
−0.5 0 0.5 1
temps [ms]
x(t), x(n T e )
−15 −10 −5 0 5 10 15
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5
−f e +f e
fréquence [kHz]
|X e (jf)|
Fig. 8.10: Échantillonnaged'une sinusoïde (
f e > 2 f 0
)8.4 Recouvrement spectral
À cause de la répétition du spectre de base autour des multiples de
f e
, on imagineaisémentquelesspectresvontsesuperposersilafréquenced'échantillonnagedevient
trop petite. La gure 8.11 illustre cette situation dans les domaines temporel et
spectral. En réduisant la fréquence d'échantillonnage, on diminue la distance entre
lesspectresqui,pournir,serecouvrent.Cettesuperpositioncorrespondàlasomme
des spectresqui conduità unedéformationirrécupérable du spectre initial: iln'est
plus possible de reconstituer lesignal
x(t)
à partirdu spectre ainsi obtenu.Il est donc important de ne pas oublier que l'échantillonnaged'un signal n'est pas
une opération aussi anodine qu'elle paraît. Sila période d'échantillonnageest trop
petite,cela peutmodiergravementlesignaltemporelperçuaprèséchantillonnage.
Commelemontre lagure 8.12, une sinusoïdede fréquenceélevée peut être perçue
commeun signal de fréquence beaucoup plus faible.
Le recouvrement spectral illustré par les gures 8.11 et 8.13 peut également être
interprétécommeunrepliementduspectre autourde
f e /2
.Cettefréquenceparticu-lièrementimportante
f N = f e /2
portelenomdefréquencedeNyquist etelledélimitele domaine d'analyse compris entre
± f e /2
. Ainsi que le montre la gure 8.13, lesvaleursobtenues par superpositiondes spectrespeuvent apparteniraussi bienàune
sinusoïde de 2 kHz qu'à celle de 6, 10 ou 14kHz. Ce qui fait que si l'on n'y prend
pas garde,la fréquence réelle 6 kHz est perçue comme un signal basse-fréquence de
2 kHz. Tout se passe comme si les signaux de fréquences 6, 10 ou 14 kHz étaient
perçus commeun seul signal de fréquence 2 kHz.
Enanalysantlagure8.13,onvoitquelesraiesspectralesapparentesduesàl'échan-
tillonnagese situent en
f app = ± m f e ± f k , m 6 = 0
(8.5)x e (t)
t T e
t x(t)
x e (t)
t T e
f X(f)
f X e (f)
+f e -f e
x e (t)
t T e
X e,k (f)
-f e
f X e (f) = Σ X e,k (f)
+f e -f e
Fig. 8.11: Échantillonnageetrecouvrement spectral
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
−1
−0.5 0 0.5 1
Fig.8.12: Sinusoïde fortement sous-échantillonnée
0 2k 4k = fe/2 6k
10k 14k
f e = 8k 16k
12k
-2k -4k
-8k -16k
-6k
4 8 f
[kHz]
fe/2
-fe -fe/2 fe
X(f)
6 2
-2 -6
Fig. 8.13: Illustrationdu recouvrement spectral
et que, si la fréquence d'échantillonnage n'est pas assez élevée, elles peuvent se
retrouver dans labande de base
− f e /2 < f < +f e /2
.Unexemple de repliementspectral bien connu est le phénomèneobservéau cinéma
lorsqu'unchariotéquipéderouesàrayonssedéplace.Lascènelméeestéchantillon-
née par la caméra à raison de 24 images par secondes. Lorsque le chariot démarre
et accélère, la fréquence du signal représenté par la rotation des rayons augmente
età un moment dépasse la fréquence de Nyquist (12 images par seconde). Dès cet
instant,lavitesse de rotationsemblediminuer,s'annuler etmêmedevenir négative.
L'informationcontenue dans l'image est faussée par le recouvrement spectral et ne
correspond plus à laréalité. Il s'agit de l'eet stroboscopique bien connu.
8.4.1 Quelques exemples
Sous-échantillonnaged'une sinusoïde
Donnée Onconsidèreun signalsinusoïdal
x(t)
de fréquencef 0 = 5 [kHz }
quel'onéchantillonne avec une fréquence
f e = 8 [kHz]
.Questions
1. Dessinez lafonction
x(t)
etles pointséchantillonnésx(t = nT e )
.2. Calculez lafréquence apparente
f app
du signalx[n] = x(t = nT e )
.3. Dessinez lasinusoïde basse-fréquence passant par les points échantillonnés.
4. Calculez etdessinez lespectre du signaléchantillonné.
Réponses Les courbesdemandées sontcalculées et dessinées avec Matlab àl'aide
des commandes ci-dessous :
% paramètres des signaux
fo = 5e3; fe = 8e3;
To = 1/fo; Te = 1/fe;
% calcul de x(t)
tmax = 5e-3; kmax = 500;
dt = tmax/kmax;
tt = 0 :dt :tmax;
xt = sin (2*pi* tt/To);
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5
−1
−0.5 0 0.5 1
temps [ms]
x(t), x(n T e )
−15 −10 −5 0 5 10 15
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5
−f e +f e
fréquence [kHz]
|X e (jf)|
Fig. 8.14: Sous-échantillonnaged'une sinusoïde
La fréquence apparente vaut
f app = | f 0 − f e | = 3 [kHz]
. Comme elle se situe endessous de la fréquence de Nyquist
f N = f e /2 = 4 [kHz]
, elle sera associée à laprésence d'une oscillation de période 0.33 [ms] qui n'existe pas en réalité (gure
8.14).
% signal apparent
fapp = fo - fe;
xta = sin (2*pi * tt * fapp);
% échantillonnage de x(t)
tn = 0 :Te :tmax;
xn = sin (2*pi * tn/To);
% traçage dans le domaine temporel
subplot(2,1,1);
h1 = plot (tt, xt); grid;
set(h1,'LineWidth',2); hold on;
plot(tn, xn, 'o', tt, xta, '-');
xlabel ('temps [sec]');
Le spectre original et sa répétition font apparaître des raies se trouvant aux fré-
quences suivantes :
k =1,m = 0,1, 2,3 0 1 2 3 ...
+m f e ± f 0 ± 5
+3, +13 +11, +21 +19, +29 ...− m f e ± f 0 ± 5
3, 13 11, 21 19, 29 ...On en déduit l'informationerronée que,dans labande de base allantde 0à
f e /2 = 4 [kHz]
, il n'y a qu'une raie spectrale : celle correspondant au signal apparent de fréquencef app = 3 [kHz]
(gure 8.14).Échantillonnage d'un signal carré
Considérons un signal carré de période
T 0 = 1 [ms]
dont on sait que son spectreest constitué de raies situéesen tous lesmultiples impairs de la fondamentale
f 0 = 1 [kHz]
.Ce signal est échantillonnéà lafréquencef e = 12.8 [kHz]
.Comme le rapport entre
f e = 12.8 [kHz]
etf 0 = 1 [kHz]
n'est pas entier; le re-couvrement spectral fait apparaître de manière évidente des raies parasites en des
fréquences inattendues(gure 8.15).Ces raies apparentes se situent en
f app = ± m · f e ± k · f 0
Enneconsidérantquelespremiersspectreslatéraux (
m = ± 1
),onpeut calculerlesfréquences apparentes suivantes
f app = ± 12.8 ± (1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, · · · )
De manièreplus détaillée,cela donne :
m = ± 1, k = 1, · · ·
1 3 5 7 9 11 13 15 17+12.8+(
· · ·
) +13.8 +15.8 +17.8 +19.8 +21.8 +23.8 +25.8 +27.8 +29.8· · ·
+12.8(
· · ·
) +11.8 +9.8 +7.8 +5.8 +3.8 +1.8 0.2 2.2 4.2· · ·
12.8+(
· · ·
) 11.8 9.8 7.8 5.8 3.8 1.8 +0.2 +2.2 +4.2· · ·
12.8(
· · ·
) 13.8 15.8 17.8 19.8 21.8 23.8 25.8 27.8 29.8· · ·
Lesvaleursmisesen grascorrespondentauxfréquencesapparentesquel'onretrouve
dans labande de base comprise entre 0 et
f N = f e /2 = 6.4 [kHz]
.Échantillonnage d'une suite d'impulsionsrectangulaires
An de mieux comprendre comment un spectre est modié par le recouvrement
spectral, on considère une SIR de période
T 0 = 1 [ms]
et de largeur∆t = 0.2 [ms]
.CetteSIR est échantillonnée àla fréquence
f e = 16 [kHz]
On saitquelespectre de la SIRest constitué de raiessituées en des multiplesde la
fondamentale
f 0 = 1 [kHz]
s'annulantpour tous lesmultiplesde1/∆t = 5 [kHz]
.Àcause de l'échantillonnage, ce spectre devient périodique
f e
. Une illustrationen est donnée dans la gure8.16 où l'on a représenté0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
−1
−0.5 0 0.5 1
Signal échantillonné x
e (t)
temps [ms]
x(t)
0 2 4 6 8 10 12 14
−40
−30
−20
−10 0
Spectre théorique (o) et spectre dû au repliement spectral (−)
fréquence [kHz]
|X(jf)| [dB]
f 0 = 1 f
e /2 = 6.4 1
3
5
7 9
11 13
9 7 13 11
Fig. 8.15: Échantillonnaged'un signal carré
1. lesignal temporel
x(t)
et lesvaleurséchantillonnéesx e (n)
;2. lespectre de base
X(jf)
etson enveloppe (sinuscardinal);3. lespectre de base
X(jf)
etses copies enf = ± f e
;4. lespectre
X e (jf )
dusignaléchantillonnéquiprovientdelasommedesspectres précédents.Commelespectre du signal échantillonné est lasomme de tous les spectres décalés
en
± m f e
, on voit que le spectre résultant est composé du spectre original auquelviennent s'ajouter les raies spectrales des spectres latéraux.
Danscetexemple oùnous avons choisiun rapportentierentre
f e
etf 0
égalà16,lesraies spectrales se superposent alors exactement. Si bien que l'on observe des raies
situéesà l'endroitoùon lesattend.Le risque est alors grand de ne pas voir que les
amplitudes des raies spectrales sont faussées par lerecouvrement spectral.
Enparticulier, sil'onconsidère laraie spectraled'ordre4,onvoitquelerésultatdû
àl'échantillonnagesera lasomme des composantes d'ordre +20,12, (
f e ± 4
),+36,28, (
2 f e ± 4
) ... dues aux décalages spectraux± f e , ± 2f e
, etc. On voit donc que,de manièregénérale, lerepliement spectralfait apparaître en lafréquence
f k = k f 0
des composantes spectralesprovenant de
k f 0 ± m f e
.À titre informatif, voici le code Matlab créé pour analyser l'échantillonnage de la
SIR.
% création d'une période
−2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 0
0.5 1
x(t), x e (t)
−20 −15 −10 −5 0 5 10 15 20
0 0.1 0.2
X(jf)
−20 −15 −10 −5 0 5 10 15 20
0 0.1 0.2 0.3
X(j(f ± kf e ))
−20 −15 −10 −5 0 5 10 15 20
0 0.1 0.2 0.3
+f e /2 −f e /2
X e (jf)
t, f
Fig. 8.16: Échantillonnaged'une SIR
T0 = 1; delta = 1/5; k0 = 256;
dt = T0/k0;
t0 = -T0/2 :dt :T0/2-dt;
xt0 = (t0>(-delta/2)) & (t0<(+delta/2));
% création de Nper périodes
Nper = 5;
tt = -Nper*T0/2 :dt :Nper*T0/2-dt;
xt = [];
for k1 = 1 :Nper, xt = [xt,xt0]; end;
% échantillonnage tous les ndt points
ndt = 16; Te = ndt*dt;
tn = tt(1 :ndt :length(tt));
xn = xt(1 :ndt :length(xt));
% spectre de xt (analogique)
duree = max(tt)-min(tt)+dt;
fmax = 1/dt; df = 1/duree;
ff = -fmax/2 :df :fmax/2-df;
Xjf = fftshift(fft(xt))/length(xt);
Xf = abs(Xjf);
% spectre théorique de xt (enveloppe)
Xjfth = delta/T0*sinc(ff*delta/T0);
% spectre de xn
fe = 1/Te; Nfft = length(xn);
dfe = fe/Nfft;
ffe = -fe/2 :dfe :fe/2-dfe;
Xejf = fftshift(fft(xn))/Nfft;
% graphes
subplot(4,1,1);
plot(tt,xt,tn,xn,'.');
subplot(4,1,2);
stem(ff,Xf,'k.'); hold on;
plot(ff,abs(Xjfth));
subplot(4,1,3);
stem(ff,Xf,'k.'); hold on;
stem(ff-fe,Xf,'b.');
stem(ff+fe,Xf,'r.');
subplot(4,1,4);
stem(ffe,abs(Xejf),'.'); hold on;
plot(ff,abs(Xjfth));
Échantillonnage d'une exponentielle décroissante
Donnée Une exponentielle décroissante d'amplitude
A = 10 V
, de constante detemps
τ = 0.2 msec
est échantillonnée avecT e = τ /2 = 0.1 msec
.Question Calculez le contenu spectral du signal échantillonné pour
f = 0
etf = f c
en selimitantà l'eet des 2 premiers spectreslatéraux seulement.Réponse Sachant quele signal
x(t) = A exp( − t/τ ) ε(t)
possède lespectre suivant
X(jf ) = A τ 1 + j2π f τ
lespectre du signal échantillonné
x e (t)
vaut :X e (jf ) = 1 T e
+∞
X
k = −∞
X (j(f − k f e ))
= 1
T e
+ ∞
X
k =−∞
A τ
1 + j2π (f − k f e )τ
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
x 10 −3 0
0.2 0.4 0.6 0.8 1
temps [sec]
x(t) x[n]
−10 0 −8 −6 −4 −2 0 2 4 6 8 10
0.5 1 1.5 2
x 10 −4
fréquence [kHz]
X(f) X e (f)
Fig. 8.17: Échantillonnaged'une exponentielle amortieetson spectre
Laméthode la plus simple pour calculer
X e (jf )
consisteà utiliser Matlab. Dans lecalculquisuit,onnoteraquepourdesraisonsd'échelle,lapérioded'échantillonnage
n'est pas prise en compte dans lecalcul des spectres.
% parametres
A = 10.0; tau = 0.2e-3;
fc = 1/(2*pi*tau);
Te = tau/2; fe = 1/Te;
% spectre original en f = 0 et f = fc :
f = [0, fc];
Xf0 = A*tau ./ (1 + j*2*pi * f*tau)
Xfm = abs (Xf0)
>> Xfm = 0.2000e-3 0.1414e-3
% repetition spectrale
% spectre original
Xf0 = A*tau ./ (1 + j*2*pi * f*tau)
% spectres dus à ±fe
Xfp1 = A*tau ./ (1 + j*2*pi * (f + fe)*tau);
Xfm1 = A*tau ./ (1 + j*2*pi * (f - fe)*tau);
% spectres dus à ±2fe
Xfp2 = A*tau ./ (1 + j*2*pi * (f + 2*fe)*tau);
Xfm2 = A*tau ./ (1 + j*2*pi * (f - 2*fe)*tau);
% spectre résultant
Xfe = Xf0 + Xfm1 + Xfp1 + Xfm2 + Xfp2
Xfem = abs (Xfe)
>> Xfem = 0.2031e-3 0.1415e-3
% erreurs relatives
erreurs = (Xfem - abs(Xf0)) ./ abs(Xf0)
>> erreurs = 0.0157 0.0008
Cet échantillonnage de l'exponentielle amortie avec
T e = τ /2
conduit donc auxerreursrelatives suivantes :
1.57% pour l'amplitude de la composantecontinue
0.08% pour l'amplitude à lafréquence de coupure (
f c = 796 [Hz]
).Uneillustrationde la somme de ces spectres est donnée à lagure 8.17.
8.5 Théorème de l'échantillonnage
Lesexemplesci-dessusontmontréàl'évidencequelesrésultatsfournisparl'analyse
d'unsignaléchantillonnépeuventêtregravementmodiéssil'onn'yprendpasgarde.
En 1948, Shannon a montré que, pour éviter ces problèmes, il sut de satisfaire
l'inégalitésuivante :
f e > 2 f max ⇔ T e < T min
2
(8.6)Ce théorème s'énonce également de la manièresuivante:
Un signal
x(t)
peut être représenté de manière univoque parune suite de valeurs échantillonnées si la fréquence d'échan-
tillonnage
f e
est au moins 2 fois plus élevée que la plus grandedes fréquences contenues dans le signal.
Enpratique,onlimite,avantéchantillonnage,lespectredusignalavecunltrepasse-
basanalogiquedontlafréquencede coupuredépendde labandepassanteutile.An
de laisser un peu d'espace pour la bande de transition du ltre antirecouvrement,
onchoisira :
f e ' (3 · · · 5) f max ⇔ T e ' T min
3 · · · 5
(8.7)Plus de détails seront donnés dans lasection 8.7.
8.5.1 Filtre antirecouvrement
Engénéral, les fréquences présentes dans un signal s'étendent sur un domaineplus
étenduquecequiestutilepourlemessageàtransmettre.Suivantlaqualitéattendue
pour celui-ci, on limite plus ou moins le domaine fréquentiel sur lequel portera le
traitement du signal.
Connaissant ce domaine d'intérêt, délimité par la fréquence
f max
, onpourra éviterle recouvrement spectral en ltrant analogiquement le signal
x(t)
avant sonéchantillonnage. Comme il n'est pas possible, avec un ltre réel, de supprimer
totalement les fréquences supérieures à
f max
, on est amené à accepter l'eet d'unléger recouvrement spectral.
La gure 8.18 illustre le recouvrement spectral que l'on obtient avec des ltres de
Butterworth dont la réponse fréquentielle et le recouvrement spectral sont décrits
par
H(f) = 1
r
1 + f f
c
2 m H f e (f) = H(f − f e ) = 1
r
1 + f − f f e
c
2 m
(8.8)
8.5.2 Exemple
Donnée Considérons un signal
x(t)
, à spectre constant dans une large bande defréquencequel'on ltrepasse-basavec un ltrede Butterworthd'ordre
m = 6
etdefréquence de coupure
f c = 1 [kHz]
.Dansce qui suit, onsouhaite estimer lavaleur de lafréquence d'échantillonnage
f e
nécessaire pour que l'eet du recouvrement spectral à la fréquence de coupure
f c
soitinférieur à1%.
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
−90
−80
−70
−60
−50
−40
−30
−20
−10 0
Filtres de Butterworth d’ordre m
fréquence [f e ]
Module [dB]
m = 4 m = 4
m = 6 m = 6
m = 8 m = 8
Fig.8.18: Recouvrement spectralpour un ltre de Butterworth (
f e = 4 f c
)Solution Puisque en
f = f c
, l'amplitude de la réponse fréquentielle du ltre de Butterworthvaut1/ √
2
=0.707,l'amplitudedueaurecouvrementspectralenceten- droitdevraêtreinférieureà1%de 0.707;c'est-à-dire,0.00707=1/141(gure8.19).0 500 1000 1500 2000 2500 3000
−60
−50
−40
−30
−20
−10
0 0.707
1/141
fréquence [Hz]
H(f) [dB]
H(f) H(f−f e )
Fig. 8.19: Eetdu ltre antirecouvrementd'ordre 6 avec
f e = 3.28 f c
Neconsidérantque lepremierspectre latéral,l'eet du recouvrementest décrit par
laréponse fréquentielle centrée en
+f e
:H f e (f ) = H(f − f e ) = 1
r
1 + f − f f e
c
12 = 1
141 lorsque f = f c
On adonc :
1 + f c − f e
f c
! 12
= 1 + f e − f c
f c
! 12
= 141 2 = 2 · 10 4
De cetteéquation, ontire :
f e =
1 + 2 · 10 4 1 / 12
f c
= 3.28 f c = 3.28 [kHz]
Remarque Il est important de relever que ce résultat provient d'une estimation
baséesurlesmodulesdes spectresalorsque,pour êtreexact,ilauraitfallutravailler
avec les spectrescomplexes (voir l'exemple du paragraphe 8.4.1).
8.6 Quantication d'un signal échantillonné
8.6.1 Quantication uniforme
Le convertisseur AN eectue la numérisation d'un signal analogique après échan-
tillonnageet délivredes séquences numériquescodéesavec un pas de quantication
Q
dépendant du nombre de bits du convertisseur. Dansle cas d'uneloi de quanti- cationuniformeoù lesvaleurs codées sont obtenues pararrondi dans ledomainedeconversion
∆ CAN
du convertisseur, on a:Q = ∆ CAN
2 n
(8.9)Considérant pour la suite que le CAN travaille avec
n
bits entre+U max
et− U max
(gure8.20), ona
∆ CAN = 2 U max
et lepas de quanticationvaut alorsQ = ∆ CAN
2 n = 2 U max
2 n = U max
2 n − 1
(8.10)Le pas de quantication
Q
rapporté au domaine de conversion∆ CAN
dénit larésolution du convertisseur
R CAN ≡ Q
∆ CAN
= 1
2 n = 1 LSB
(8.11)On dit, de manière équivalente, que la résolution est égale au poids du bit le plus
faibledu convertisseur.
Lorsque les valeurs codées sont obtenues par arrondi, l'erreur due au codage se
répartituniformémentautourdeladroitedeconversionidéaleetlacaractéristiquede
codageestcellereprésentéeàlagure8.20.L'erreurmaximumdueàlaquantication
est alors :
E Q = Q
2 = U max
2 n
Par exemple,si l'on considère un CAN 10 bits travaillantentre
± 10 [V ]
, onaura∆ CAN = 20 [V ] Q = 2 · 10 [V ]
2 10 ' 20 [mV ] E Q ' 10 [mV ] R CAN = 1
1024
Remarque Il est important de bien distinguer entre résolution et précision d'un
convertisseur. Généralement, ces deux grandeurs sont du même ordre. On peut ce-
pendant très bien imaginerl'exemple d'un convertisseur 4bits quiaura une résolu-
tion de
1/16 = 6.25%
alors que les 16 valeurs fournies par le convertisseur peuvent être précisesà 0.1%.−1 −0.8 −0.6 −0.4 −0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
−8
−6
−4
−2 0 2 4 6 8
Tension d’entrée
Sortie codée
original codage erreur
Fig. 8.20: Loi de quanticationuniforme etsignal d'erreur
8.6.2 Bruit de quantication
Nous venons de voir que l'opération de quantication remplace chaque valeur du
signal
x(t = nT e )
par une approximation. L'eet de cette approximation revient, mathématiquement,àsuperposer ausignal d'originex(t)
un signald'erreure(t)
quel'on appelle le bruit de quantication. L'amplitude maximum de ce signal d'erreur
est
E Q = Q/2
(gure8.21).Sapuissanceest unemesuredeladégradationquesubit lesignal.Silepasde quanticationest beaucoupplus petitquel'amplitudedusignal
x(t)
,onpeut raisonnablement admettre que le signal d'erreur est constitué de segments de
droitecomprisentre
± Q/2
etdeduréevariable∆t
(gure8.21).L'équationdécrivantce signal d'erreur élémentaire s'écrit alors :
e(t) = Q
∆t t
pour− ∆t
2 ≤ t ≤ + ∆t 2
etsa puissance moyennevaut :
P Q = 1
∆t
Z +∆ t/ 2
− ∆t/2 e 2 (t) dt
= 1
∆t
Z +∆t/2
− ∆t/2
Q
∆t t
2
dt
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
−1
−0.8
−0.6
−0.4
−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
temps
Amplitude
original codage bruit
Fig.8.21: Numérisation d'un signal analogiqueet bruit de quantication
= 1
∆t
Q
∆t
2 1 3 2
∆t 2
3
Ce qui donne nalement le résultat bien connu pour une distribution statistique
uniforme:
P Q = E Q 2 3 = Q 2
12
(8.12)Lavaleurainsi obtenueest uneestimationdelapuissancedu bruitdequantication
susantepour la plupartdes cas réels. Si l'on exprime cette puissance par rapport
aunombre de bits du convertisseur, onobtient:
P Q = 1 12
2 U max
2 n
2
= U max
2 n √ 3
! 2
Lapuissance du bruit de quantication
P Q
permet de calculer la valeur ecace dubruitde quanticationqui vaut :
Q ef f = q P Q = Q
√ 12
(8.13)Lespectredusignald'erreurestplusdicileàévaluer.Maisdanslaplupartdescas,
lesconditionssont rempliespour quela densitéspectraledu bruit de quantication
puisseêtre considéréeconstante.
8.6.3 Rapport signal sur bruit
Lorsque qu'un signal est perturbépar du bruit, ilest nécessaire de chirer l'impor-
tance de cette perturbation par rapport au signal. On introduit alors la notion de
rapport signal sur bruit (SNR = Signal to Noise Ratio) déni comme le quotient
entre la valeur ecace du signal
X ef f
et celle du bruitN ef f
:SNR ≡ X ef f
N ef f
(8.14)
Dansnotrecas, lebruitest dû àlaquanticationdusignal. Onadonc
N ef f = Q ef f
avec
Q ef f = Q/ √
12
. Le rapport signal sur bruit d'un convertisseur vaut alors :SNR = X ef f Q/ √
12 = 2 n − 1 √
12 X ef f U max
(8.15)
Exprimé en dB, ce rapport signal sur bruit vaut :
SNR dB ≡ 20 log(SNR)
= (n − 1) 20 log(2) + 10 log(12) + 20 log X ef f
U max
d'où :
SNR dB = 6 n + 4.8
dB+ 20 log X ef f
U max
< 6 n + 4.8
dB (8.16)On voit ainsi que le rapport signal sur bruit d'un convertisseur A-N dépend de
son domaine de conversion et de la valeur ecace du signal. Comme l'amplitude
de celui-ci ne doit pas dépasser le domaine du convertisseur si l'on veut éviter des
saturations,on voit que leSNR sera toujours inférieurà
6n + 4.8
dB.8.6.4 SNR de quelques signaux
Signal sinusoïdal pleine échelle
Danslecas particulier oùlesignalanalogiqueest une sinusoïded'amplitude égaleà
latension maximum
U max
du convertisseur AN, ona :X ef f = U max
√ 2 = 1
√ 2 2 n − 1 Q
Lerapport signal sur bruit maximum que l'on peut avoir après quantication vaut
alors :
SNR max = X ef f
Q ef f
= 2 n − 1 Q/ √ 2 Q/ √
12 = √ 6 2 n −1
Exprimé en dB, ce rapport devient :
SNR max, dB ≡ 20 log(SNR)
= (n − 1) 20 log(2) + 10 log(6) ' 6 (n − 1) + 7.8 dB
d'où
SNR max, dB ' 6 n + 1.8 dB
siA = U max
(8.17)Il est importantde serappeler que ce résultat n'est valable que pour une sinusoïde
dont l'amplitude couvre toute la plage du convertisseur AN et qu'il représente le
SNRmaximum possible pour un convertisseur donné.
Ainsi,pourunconvertisseur8bits,lerapportsignalsurbruitmaximumvautenviron
50dB. Ceci est susant pour laplupart des applications industrielles,mais pas du
tout en haute-délité où l'on désire un rapport d'au moins 96 dB. Dans ce cas, 16
bits sontnécessaires avec un convertisseur d'excellente linéarité.
Danslecas plusgénéraloùl'amplitude
A
du signal sinusoïdalest inférieureàU max
,onaura :
SNR dB ' 6 n + 1.8 dB − 20 log U max
A A ≤ U max
(8.18)Signal triangulaire pleine échelle
Danslecas particulier oùlesignal analogiqueest un triangle d'amplitudeégale à la
tension maximum
U max
du convertisseur AN, onmontre aisément (voir exercices) quele rapport signalsur bruit obtenu après quanticationvaut au maximum :SNR max, dB = 6 n
siA = U max
(8.19)Dans le cas plus général où l'amplitude
A
du signal triangulaire est inférieure àU max
, on aura:SNR dB ' 6 n − 20 log U max
A A ≤ U max
(8.20)Signal à distribution gaussienne
Dans le cas où l'on peut admettre que la distribution statistique d'un signal quel-
conque est gaussienne, on montre que le risque de dépassement du domaine de
conversion est inférieur à
5%
siX ef f ≤ U max
2 0.3%
siX ef f ≤ U max
3
Enconsidérantce derniercas (satisfaisantd'un pointde vuepratique), ona :
SNR max, dB = 6 n + 4.8 dB − 20 log 3 = 6 n − 4.7 dB si X ef f = U max
3
Dansce cas,plusgénéralqueceluidusignalsinusoïdal,onvoitquelerapportsignal
sur bruit ne dépassera pas 43 dB pour un convertisseur 8 bits. Une illustration de
laquanticationde trois signaux types est donnée dans la gure8.22.
0 0.5 1
−1
−0.5 0 0.5 1
Signaux
Sinus
temps
0 0.5 1
−1
−0.5 0 0.5 1
Quantification 4 bits
SNR theor = 26 dB
0 0.5 1
−1
−0.5 0 0.5 1
Triangle
temps
0 0.5 1
−1
−0.5 0 0.5 1
24 dB
0 0.5 1
−1
−0.5 0 0.5 1
Bruit
temps
0 0.5 1
−1
−0.5 0 0.5 1
19 dB
Fig.8.22: Quanticationavec 4 bits de trois signaux types
8.6.5 Non linéarité du convertisseur
Jusqu'à présent, on a considéré des convertisseurs AN parfaits, exempts de toute
erreurdelinéarité;celasigniequelarelationsortie-entréeestdécriteparunedroite
etquelespas de quanticationserépartissent régulièrementlelong de cette droite.
Or dans la réalité, la relation sortie-entrée n'est jamais exactement linéaire. Une
illustrationen est donnée àla gure 8.23.
En général, la valeur absolue de la diérence entre la courbe réelle et la droite
idéale ne dépasse pas un demi LSB. Dans ce cas, l'erreur de non linéarité est au
maximuméquivalenteàlaperted'unbitde poidsfaible.Onadmetalors,demanière
conservative,que le nombre de bits eectif est diminué de 1
n ef f = n − 1
Ce qui conduitaux résultatsglobaux suivants
R N L = 1
2 n ef f = 1
2 n − 1 , Q N L = U max
2 n ef f − 1 = U max
2 n − 2
(8.21)Onvoitainsiquelerapportsignalsurbruitcalculéjusqu'iciestréduitd'unfacteur2
oude 6 dB. Le rapportsignal sur bruit est alors corrigéde lamanière suivante:
SNR N L, dB ' SNR dB − 6 dB
(8.22)−1 −0.5 0 0.5 1
−5 0 5
Tension d’entrée
Sortie codée 4 bits
Convertisseur linéaire
−1 −0.5 0 0.5 1
−5 0 5
Tension d’entrée
Sortie codée 4 bits
Convertisseur non linéaire
−1 −0.5 0 0.5 1
−1
−0.5 0 0.5 1
temps x(t), y q (t)
−1 −0.5 0 0.5 1
−1
−0.5 0 0.5 1
temps x(t), y q,NL (t)
Fig.8.23: Eet d'une non-linéarité
Signaux
SNR max
[dB]SNR max
avec NL [dB]sinus
6n + 1.8 6n − 4
triangle
6n 6n − 6
bruit gaussien
6n − 4.7 6n − 11
Tab. 8.1: Limite des convertisseurs AN
8.6.6 Conclusion
Les situations que l'on vient d'analyser peuvent se résumer dans le tableau 8.1.
De celui-ci, on notera que de manière générale, une conversion AN réelle peut
dicilement fournir un rapport signal sur bruit supérieur à
6(n − 1) dB
même silaplage du convertisseur est utilisée dans sa totalité. On retiendra donc la relation
suivante
SNR < 6 n − 6 [dB]
(8.23)comme représentative de ce que l'on peut obtenir au mieux dans des situations
réelles.
Quelques de valeurs de SNR
Comme nous venons de le voir, le traitement numérique des signaux introduit des
erreursdont onpeutestimerlavaleur. Celles-cine serontacceptablesquesielles ne
dépassent pas des limites psycho-physiologiques généralement connues.
En téléphonie par exemple, il est important et susant que les locuteurs puissent
sereconnaître au son de leurs voix. Commeles fréquences fondamentales présentes
danslesvoixhumainesdépassent rarement1kHz,onadmet qu'unebandepassante
de 4kHz est susante pour laisser passerlesharmoniques nécessaires. Cettebande
passante permet de xer la fréquence d'échantillonnage utilisée en téléphonie nu-
mérique à 8 kHz. De plus, de manière à ce que la voix numérisée ne soit pas trop
granulaire,une dynamique de 50dB est demandée: des convertisseurs 8bits sont
généralementacceptés.
Applications Dynamique Nombre de bits
Téléphonie 50 dB 8
Mesures industrielles 70 dB 12
Audio numérique 96 dB 16
Multimètrenumérique > 100 dB 18
Tab. 8.2: Quelquesvaleurs SNR typiques
Enaudio de hautequalité, les limitesque l'on souhaiteatteindre sontxées par les
capacités de l'oreille humaine; la dynamique et la bande passante demandées sont
donc bien plus élevées qu'en téléphonie. Ainsi, pour reproduire la qualité sonore
d'une salle de concert, on exige une bande passante de 20 kHz et une dynamique
de plus de 80 dBcar cela correspond aurapportentre le volume sonore d'ungrand
orchestre et lebruit de fondd'une salle silencieuse.
8.7 Choix d'un ltre et de la fréquence
d'échantillonnage
Nous venons de voir que, lors d'une conversion AN, deux eets négatifs appa-
raissent :
1. lerecouvrement spectral causé par l'impossibilitéd'avoirun ltre idéal;
2. lalimitationdu rapportsignal sur bruit due à la résolution du convertisseur.
Généralement le nombre de bits et la bande passante nécessaires sont xés par
l'application; il reste donc à trouver la fréquence d'échantillonnage
f e
et l'ordren
du ltre antirecouvrement. Le critère le plus fréquemment admis pour trouver ces
deux valeurs est le suivant :
L'eet du recouvrement doit être inférieur à la résolution liée
à la quantication et à la non linéarité du convertisseur CAN.
Admettant que l'on utilise un ltre passe-bas de Butterworth d'ordre
m
et de fré-quence de coupure
f c
, on aura, à l'extrémité de la bande passante (f = f c
), uneatténuation du recouvrement spectral valant (voir section8.5.1)
H(f − f e ) | f = f c = 1
r
1 + f c f − c f e 2 m
Onavuquelarésolutiond'unconvertisseurANà
n
bitspossédantunenon-linéarité de± 1 2
LSB vaut pratiquementR ' 1 2 n − 1
Admettantqu'àlafréquence decoupure lerecouvrementspectraldoit êtreinférieur
àla résolution du convertisseur, il vient
v u u
t 1 + f c − f e
f c
! 2m
> 2 n −1
d'où :
1 + f c − f e f c
! 2 m
> 2 n − 1 2
f c − f e
f c
! 2 m
> 2 n − 1 2
f c − f e
f c
! m
> 2 n − 1
Ce qui donnenalement :
f e > f c ·
1 + 2 n − 1 1 /m
(8.24)
Letableau8.3donnelerapport
f e /f c
pourdiérentsltresdeButterworthetconver- tisseursANentachésd'unenonlinéaritéde± 1 2
LSB.Onnoteraquesil'onsouhaiteutiliserun ltre d'ordre2 seulementavec un convertisseur 8bits, il fautchoisir une
fréquenced'échantillonnage13 foissupérieureà lafréquencede coupure. Alorsque,
Ordre
m
Nombre de bitsn
du CANdu ltre 8 10 12 14 16
2 13 24 47 92 182
4 4.4 5.8 7.7 10.6 14.5
5 3.7 4.5 5.6 7.1 9.0
6 3.3 3.9 4.6 5.5 6.7
7 3.0 3.5 4.0 4.7 5.5
8 2.9 3.2 3.6 4.1 4.7
Tab. 8.3: Rapport
f e /f c
en fonctionde l'ordredu ltre(Butterworth)etduconver- tisseur analogiquenumérique (n
bits± 1 2
LSB)sil'onadopteunltred'ordre8,unefréquenced'échantillonnage3à5foissupérieure
àla fréquence de coupure sut suivant le nombre de bits du CAN.
C'est pourquoi, admettant que l'échantillonneur est précédé d'un ltre antirecou-
vrement d'ordre 8, on propose généralement une fréquence d'échantillonnage telle
que
f e ' (3 · · · 5) f c
(8.25)8.8 Reconstruction du signal
8.8.1 Convertisseur NA
LeconvertisseurNAconvertitunsignalnumériqueenunsignalanalogique.Sonbut
est de fournir un signal continu entre chaque échantillon. Cette opération consiste
à réaliser une interpolation continue entre les valeurs numériques fournies par le
processeur àchaque périoded'échantillonnage.On peut imaginerdiérentsinterpo-
lateursallantdu simpleau compliqué:
l'interpolateurd'ordre 0qui maintientconstante lavaleur numériquefournie;
l'interpolateur d'ordre 1 qui relie linéairement deux valeurs numériques succes-
sives;
l'interpolateur d'ordre 2 qui relie paraboliquement trois valeurs numériques suc-
cessives;
l'interpolateuridéalqui remplacechaque valeurnumériquepar un sinuscardinal.
L'interpolateur le plus simple est celui d'ordre zéro et c'est également celui qui est
réalisé par un convertisseur numérique-analogique classique. Il est souvent désigné
sous lenom de bloqueur d'ordrezéro.
8.8.2 Interpolateur idéal
Dans l'énoncé du théorème d'échantillonnage, Shannon a également donné son co-
rollairequiprécisequ'unsignal
x(t)
peut êtrereconstruitàpartirdes valeurséchan-0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
−8
−6
−4
−2 0 2 4 6 8
temps
amplitude
Fig. 8.24: Interpolation d'ordrezéro réalisée par un convertisseur NA
tillonnéesen utilisantla fonctiond'interpolationsuivante :
g(t) = sin (π f e t)
(π f e t)
(8.26)Cela signieque le signal peut être reconstruit avec une somme de sinus cardinaux
temporels centrés sur les instants d'échantillonnage
t = n T e
et d'amplitudeségales auxvaleurséchantillonnéesx[n]
:x a (t) =
+ ∞
X
n= −∞
x[n] sin (π f e (t − n T e ))
(π f e (t − n T e ))
(8.27)Une illustration de cette interpolation est donnée à la gure 8.25. On notera que
cette interpolation idéale n'est pratiquement réalisable qu'en temps diéré et de
manièreapprochée seulement.
Une comparaison entre les résultatsfournis par l'interpolateur d'ordrezéro et l'in-
terpolateuridéalpeutêtre faiteen observantlesreconstructions illustréesàlagure
8.26.Comme lesignal originalpossèdeune discontinuité, cela conduità un eet de
Gibbsassez prononcé.Danslecas d'unsignal sansdiscontinuitééchantillonnéassez
rapidement, lareconstruction est presque parfaite.
8.8.3 Réponses impulsionnelle et fréquentielle d'un CNA
Lebloqueurd'ordrezérofournitunsignalanalogiqueen escalierdontchaque niveau
estégalàlavaleurdusignalnumérique.Fondamentalement,celasigniequelesignal
x[n]
est remplacé par une suite d'impulsionsrectangulairesd'amplitude variable.À cette opération de maintien de la valeur
x[n]
correspond un opérateur linéairedont la réponse impulsionnelle
h(t)
est une impulsiond'amplitude 1et de duréeT e
(gure8.27 ) :
−3 −2 −1 0 1 2 3
−0.5 0 0.5 1
Interpolateur idéal
−3 −2 −1 0 1 2 3
−0.5 0 0.5 1
−3 −2 −1 0 1 2 3
−0.5 0 0.5 1
temps [T e ]
Fig. 8.25: Reconstruction d'un signal triangulaireà l'aide d'un interpolateuridéal
0 50 100 150 200 250 300
−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
Interpolateur d’ordre zéro
0 50 100 150 200 250 300
−0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
Interpolateur idéal
temps
Fig. 8.26: Échantillonnageetreconstruction d'unerampe
h(t) =
1 si 0 ≤ t < T e
0 sinon
(8.28)
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
δ (t)
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
temps [T e ]
h(t)
Fig. 8.27: Réponse impulsionnelled'un bloqueur d'ordre zéro
Laréponse en fréquence d'un telopérateur est latransformée de Fourier
H(jf )
desaréponse impulsionnelle
h(t)
:H(jf) = T e
sin (π f T e )
(π f T e ) exp ( − jπ f T e )
(8.29)Sareprésentation bien connue est rappeléeà lagure 8.28.Pour comparaison,ony
a superposé en traitillé laréponse fréquentielle d'un interpolateur idéal. On notera
que le CNA agit comme un ltre passe-bas entre 0 et
f e /2
et qu'il sera bon d'entenir comptelorsde lareconstruction du signal analogique.
8.8.4 Filtre de reconstruction ou de lissage
Onpeutserapprocherd'unsignalanalogiqueplushabituelenéliminantlesescaliers
du signal
x s (t)
créé par leCNA.Pour cela,onfait suivre leconvertisseur d'unltre passe-bas, dit de reconstruction ou de lissage. La bande passante de celui-ci doitêtre susante pour laisser passer l'information contenue dans la bande de base du
signal numérique. Comme celui-ci s'étend de 0 à
f e /2
, les ltres antirecouvrement etde reconstruction sont généralementlesmêmes.−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5 0
0.2 0.4 0.6 0.8 1
fréquence [f
e ]
module
T e x
CNA idéal
−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
−0.5 0 0.5 1
phase / π
fréquence [f
e ]
Fig. 8.28: Réponse fréquentielle d'un interpolateurd'ordre zéro
8.9 Analyse qualitative d'une chaîne A-N N-A
Une illustration des diérents points étudiés dans ce chapitre est donnée dans les
gures qui suivent. On y décrit à l'aide de graphiques les eets du ltre antirecou-
vrement (FAR), de l'interpolateur d'ordre zéro (CNA) et celui du ltre de lissage
(FL).Les signaux rencontrés correspondent àceux du schéma fonctionnelsuivant :
Système numérique
x[n] y[n]
x(t) N
A A
N
y s (t)
FAR FL
x 0 (t) y(t)
Fig. 8.29: Chaîne de traitementdes signaux
8.9.1 Échantillonnage sans ltre antirecouvrement
La gure 8.30 montre le signal
x 0 (t)
échantillonné sans ltrage préalable et son spectre. On y voit en particulier combien le spectre d'amplitudeX e (f )
résultants'éloignedu spectre original
X 0 (f )
.8.9.2 Échantillonnage avec ltre antirecouvrement
Lagure8.31 montre lesignal
x(t)
échantillonnéavec un ltre antirecouvrement et son spectre. On y voit en particulier quele spectre d'amplitudeX e (f )
résultant est0 10 20 30 40
−0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2
Signal x 0 (t)
0 10 20 30 40
−0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2
temps [T e ] Signal x[n]
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
Spectre de x 0 (t)
X 0 (f)
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
fréquence [f e ] Spectre de x[n]
X e (f)
Fig. 8.30: Échantillonnagesans ltre antirecouvrement
très proche, entre 0et
f c
,du spectre originalX 0 (f)
.0 10 20 30 40
−0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2
Signal filtré x(t)
0 10 20 30 40
−0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2
temps [T e ] Signal x[n]
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
Spectres
FAR
X 0 (f) X(f)
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
fréquence [f e ] Spectre X
e (f)
X 0 (f)
Fig. 8.31: Échantillonnageavec ltre antirecouvrement
8.9.3 Eet du convertisseur NA
La gure 8.32 montre le signal échantillonné et son spectre ainsi que celui du blo-
queur d'ordre 0 qui n'est autre que lepremier lobe de la fonction sinus cardinal.Il
est bien clair que ce spectre, qui est aussi la réponse fréquentielle du bloqueur, va
modierle spectre du signal
y[n]
appliqué auCNA.0 10 20 30 40
−0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2
Signal y[n]
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
Spectre de y[n]
Y(f)
0 1 2 3 4 5
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
Bloqueur
temps [T e ]
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
fréquence [f e ] Spectre du bloqueur
B(f)
Fig. 8.32: Signal numérique etbloqueur d'ordre 0
8.9.4 Reconstruction du signal analogique
La gure 8.33 montre le signal en escalier et son spectre
Y s (f ) = Y (f ) · B(f )
quiprovientdu produit entre lespectre de
y[n]
et laréponse fréquentielle du bloqueur.An d'éliminer les escaliers de
y s (t)
, on fait suivre le CNA d'un ltre passe-basidentique au ltre antirecouvrement puisque les fréquences supérieures à
f e /2
necontiennent aucune informationintéressante.
8.9.5 Correcteur d'amplitude
Il est fréquent de compléter ce ltre passe-bas par un correcteur d'amplitude ac-
centuantlesfréquences élevées. Cecorrecteur, de réponse fréquentielle
1/B(f )
pourf
compris entre 0 etf e /2
, est construit de manière à compenser le comportement passe-bas du bloqueur. On obtient alors une réponse fréquentielleY (f ) ' X(f )
proche de celle du signal original.
0 10 20 30 40 0.05
0 0.05 0.1 0.15 0.2
Signal y s (t)
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
Y s (f) = Y(f) B(f)
0 10 20 30 40
0.05 0 0.05 0.1 0.15 0.2
temps [T e ] Signal y(t)
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
fréquence [f e ] Spectres
FL
X(f) Y(f)
Fig.8.33: Reconstruction sans etavec ltre de lissage
8.10 Exercices
Ech 1 : Considérant un signal dont le spectre est représenté à la gure 8.34,
déterminezlafréquenced'échantillonnageminimum pour qu'iln'yaitpas de recou-
vrement spectral.
Admettant
f e = 16 [kHz]
,1. dessinez lespectre du signal échantillonné pour
f
comprisentre ±16kHz;2. quefaut-ilfaire pour éviter le recouvrement spectral?
3. dessinez lenouveau spectre; quelen est l'avantage?
−20 −15 −10 −5 0 5 10 15 20
0 0.05 0.1
f [kHz]
X(jf) [V/Hz]
Fig. 8.34: Exercice 1
Ech 2 : On considère un signal