Citoyen mystère
Wangari MAATHAI
Wangari est née en 1940 face au mont Kenya, le volcan majes- tueux qui domine son pays et que son peuple vénère.
En Afrique, la fille aînée doit aider sa mère dans ses innom- brables tâches : chercher du bois pour le feu, cuisiner, sur- veiller les petits et cultiver les champs. Très tôt Wangari se voit confier un jardin. C’est sa mère qui lui apprend qu’“un arbre vaut plus que son bois ”, une parole qui ne la quittera jamais. À cette époque, son père travaille pour un britannique qui abat toujours plus d’arbres pour agrandir sa plantation de thé.
Un jour son grand frère demande à ses parents d’inscrire- Wangari à l’école. Contre toute attente, ses parents décident en effet qu’elle y aille. Wangari réussit brillamment ses études et fait rare à l’époque, elle obtient son baccalauréat.
Elle part ensuite étudier les sciences à l’université aux Etats- Unis car elle a obtenu une bourse d’étude.
Aux Etats-Unis elle découvre que les blancs et les noirs n’ont pas les mêmes droits. Tout comme au Kenya.
Quand Wangari rentre au Kenya après 5 ans d’études, le Ke- nya a obtenu son indépendance face aux britanniques. Malheu- reusement, les kenyans détruisent à leur tour leurs propres forêts pour récupérer le bois des arbres et remplacer les fo- rêts par des plantations qui leur rapportent beaucoup d’ar- gent.
Wangari est choquée : les animaux sauvages sont rares à pré- sent, les femmes n’arrivent plus à nourrir leurs enfants, les rivières boueuses, la terre emportées par les pluies. Le climat est devenu plus sec.
kenyane
En 1977, Wangari crée le « mouvement de la ceinture verte ». Elle souhaite replanter des arbres, lut- ter en faveur des droits des femmes et de la démocratie. Elle passe de village en village expliquer l’inté- rêt de replanter les arbres. Elle envoie des lettres au gouvernement, aux organisations internationales car replanter des arbres cela coûte cher !
Le mouvement de la ceinture verte s’opposera au dictateur de l’époque qui veut raser une forêt entière pour créer un grand projet immobilier ou encore sa statue et un immeuble de 60 étages dans le parc Uhuru au plein cœur de la capitale Nairobi au risque de faire disparaître des espèces menacées. Le dicta- teur est obligé d’abandonner ses projets. Peu de temps après Wangari Maathai est emprisonnée à de nombreuses reprises, humiliée, frappée et blessée. Elle reçoit souvent des menaces de mort alors elle se réfugie quelques temps dans des pays étrangers mais elle revient toujours pour continuer son combat.
En 2002, Le président dictateur Daniel Arap Moi tombe enfin et Wangari Maathai est élue députée et le nouveau président la nomme ministre de l’environnement et de la faune sauvage.
Avec tous ceux qui l’ont soutenue, Wangari Maathai a déjà replanté plus de 30 millions d’arbres et le phénomène continue !
Le 8 octobre 2004, Wangari Maathai a reçu le Prix Nobel de la Paix , elle est la première femme afri- caine à recevoir cette distinction.
Wangari Maathai décède en 2011 à l’âge de
« Planter des arbres, c’est planter
71des graines de paix et d’espoir. »
Wangari Maathai, la femme qui plante des mil- lions d’arbres. RUE DU MONDE