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ARTheque - STEF - ENS Cachan | Dessin - technologie - travaux manuels.

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Academic year: 2021

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I I . - P É D A G O G I E

G É N É R A L E

Dessin - Technologie - Travaux manuels

Le dessin, la technologie et les t r a v a u x manuels sont trois matières f o n d a m e n t a l e s des p r o g r a m m e s de l ' E n s e i g n e m e n t Technique industriel. E n raison de leurs incidences réciproques, de leurs interpé-n é t r a t i o interpé-n s profointerpé-ndes, elles cointerpé-nstitueinterpé-nt uinterpé-n einterpé-nsemble difficilement dissociable. Aussi l'étude de l'une quel-conque de ces trois m a t i è r e s ne peut se f a i r e qu'à la lumière des deux autres.

Le dessin est un mode d'expression graphique, conventionnel comme toutes les écritures, s a n s être aussi général, qui p e r m e t de t r a d u i r e en l a n g a g e clair et universellemen t entendu des concepts tech-niques ( f o r m e s et ensembles m é c a n i q u e s ) avec toute la précision requise pour leur compréhension et leur réalisation éventuelle. Sa supériorit é sur le mode descriptif n'a p a s besoin d'être soulignée.

Il a une s y n t a x e particulièr e dont les règles précises fixent la f o r m e de ses symboles, leur situa-tion relative et leurs correspondance s avec le r é e l Il résulte de ceci que la « lecture » d'un dessin (le m o t lecture é t a n t pris d a n s son sens le plus large) comporte l ' e x a m e n de deux c a t é g o r i e s d'éléments : Les p r e m i e r s concernent la r e p r é s e n t a t i o n pro-p r e m e n t dite qui n'est en somme que l'écriture et l ' o r t h o g r a p h e du dessin : choix et correspondance de vues et des coupes, échelles, cotation, n o r m a l i-sation des symboles, qualité du trait, disposition générale. E n raison de la précision des règle s et des conventions, cet e x a m e n ne p r é s e n t e p a s de difficultés.

Les deuxièmes ont t r a i t à la conception et à la s t r u c t u r e m ê m e de l'ensemble r e p r é s e n t é : encom-b r e m e n t , choix des m a t i è r e s premières, f o r m e s des éléments, usinage, économie de la f a b r i c a t i o n , gui-dages, g r a i s s a g e , fixation, stabilité, etc...

Ces considérations relèvent de la technologie des

constructions. C'est une science qui étudie les élé-m e n t s des élé-machines, leur a g e n c e élé-m e n t, leur eélé-mploi et les m a t é r i a u x constitutifs. Elle f o u r n i t à l'ingé-nieur une d o c u m e n t a t i o n sur les dispositifs élémen-t a i r e s classiques, m a i s elle donne moins des règles que des indications. Elle a des liaisons i n t i m e s avec la m é c a n i q u e appliquée et son évolution est associée d a n s une g r a n d e m e s u r e à celle de la m é t a l l u r g i e qui conditionne aussi les procédés d'usinage.

L'étude du dessin se borne trop souvent à celle de sa technique. Il est trop exclusivement considéré comme une fin alors qu'il est s u r t o u t un moyen.

Le dessin é t a n t une langue, son étude n ' a de sens que si elle p e r m e t d'une p a r t de saisir la pensée é t r a n g è r e qu'il m a t é r i a l i s e et, d ' a u t r e part, s'il de-vient en m ê m e t e m p s pour le technicien un m o y e n f a m i l i e r de t r a d u i r e la sienne propre. A p p r e n d r e à écrire ne va p a s s a n s a p p r e n d r e à penser.

Le dessin, la technologie et les t r a v a u x d'atelier ne sont que les auxiliaires de la pensée technique qui est une f o r m e p a r t i c u l i è r e m e nt précise et solide de la pensée concrète. L a l a n g u e qui la t r a d u i t — le dessin —- est a b s o l u m e n t dépourvue de souplesse ; elle ne tolère ni l'à peu prè s ni les coins d'ombre.

E n dehors de la r i g u e u r qui lui est propre, la pensée technique exige aussi, dès sa naissance, une vérification des éléments m é c a n i q u e s qui l'expri-m e n t p a r leur c o n f r o n t a t i o n a u x n o r l'expri-m e s du bon sens et du réel. L a technologie en est le répertoire. Les s t r u c t u r e s nouvelles i m a g i n é e s subissent là un premier contrôle ; elles se complètent, se pré-cisent, s'épurent, a p r è s quoi le dessin les fixe en a t t e n d a n t leur m a t é r i a l i s a t i o n à l'atelier qui les consacre définitivement. La pièce dessinée n'est donc qu'un stade i n t e r m é d i a i re e n t r e la conception et la réalisation.

Il s agit dans tout ce qui précède de pensée concrète créatrice c'est-à-dire d'invention dans le domaine restreint et très particulier de la technique industrielle. Si on examine d un point de vue philosophique les mécanismes comple.es qui constituent l'essentiel de sa matière on constate qu ils correspondent parfaitement aux « formes » les plus pures de la Gestaltthéorie qui substitue aux éléments de l'analyse' associationmste traditionnelle les nouons déstructuré, d'articulation d'ensembles, déformés. D'après Guillaume (1), le prob ème d e l à » forme » dans le domaine physique est le suivant : « Existe-t-il des touts qui soient autre chose de plus que la somme de leurs éléments * d e s ensembles dont les propriétés ne puissent être construites par addition à partir de celles de leurs parties ? Et l'auteur ajoute • « Chaque

forme est une fonction de plusieurs variables et non une somme de plusieurs éléments. >

. U n mécanisme possède bien des caractères. 11 n'est pas un simple agrégat ; ses'éléments ne sont pas des grandeurs sommatives. Il peut

etre défini de ce point de vue : un ensemble d éléments mécaniques dont la « forme » résultante varie avec les liaisons imposées aux éléments composants. II est evident que I interdépendance des organes d'une machine établit une lumineuse correspondance de l'élément à l'ensemble Leftet de cet élément est onction lui-même de sa situation et des liaisons qui lui sont imposées. Une machine est donc mieux qu'une fonction de plusieurs variables, elle est une fonction de fonctions, avec toutes considérations de correspondance attachées à cette notion. ( 1 ) Guillaume : La psychologie de la forme.

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La technologie professionnelle est faite précisé-ment de l'étude structurale des machines. Toute modification de s t r u c t u r e ancienne, toute création de structure nouvelle résultan t d'opérations intellec-tuelles d'où découle en définitive le progrès tech-nique. Elles sont inventions, c'est-à-dire manifes-tations supérieures d'intelligence, particulières à certains individus privilégiés portant souvent la m a r q u e du génie. D a n s le domaine courant de la technique industrielle, on rencontre des formes plus communes de ces manifestations. Elles relèvent non du génie, m a i s de l'ingéniosité que Delacroix a définie «l'invention de la pensée c o m m u n e » (1). Son mécanisme est celui de l'invention dont elle ne diffère que par une ampleur et une fécondité moindre des résultats.

L'intuition est toujours à l'origine de l'invention et de l'ingéniosité. On appelle ainsi ces « jaillisse-m e n t s soudains, inattendus, au jaillisse-mojaillisse-ment où l'esprit semble éloigné du s u j e t ». Il y plonge soudainement au cœur même pour y prendre une « impulsion à laquelle il n ' a u r a plus ensuite qu'à se laisser a l l e r » (2). Il n'y a là, d'après Spaïer, que la résultante d'un effort antérieur, inconscient peut-être, mais sérieux et fécond qui, lentement m a i s sûrement, a mis à jour des analogies cachées, des a r r a n g e m e n t s nouveaux et facilité le « discernement des voies préférables ».

Un ensemble primitivement f r a g m e n t a i r e , inco-hérent, même souvent chaotique, a été fondu d a n s un tout harmonieux et rationnel. L'intuition « est donc plutôt un achèvement qu'un commencement » (3). D'après Boutroux, «elle n'est pas a u t r e chose que le travail profond de l'intelligence ».

Le génie qui s'attache à l'invention, a p p a r t i e n t à une élite, mais il ne se cultive pas. Un de ses caractères essentiels est son intermittence, ses m a -nifestations par « bouffées », par « brèves illumi-nations ». L'ingéniosité, elle, est une disposition particulière, plus p e r m a n e n t e de l'esprit à poser et à résoudre des problèmes a y a n t généralement ir a i t

à la vie pratique.

"L'imagination et l'intuition y jouent le même rôle que dans l'invention proprement dite, m a i s tout se passe à des échelles différentes. De plus, l'imagination créatrice y est constammen t lestée de réalité par le « sens pratique » qui en discipline les manifestations. L a conception dans tous ses stades reste toujours, consciemment ou inconsciem-ment, subordonnée à des considérations pratiques de réalisation et d'emploi.

L'ingéniosité est un élément fondamental de la qualité d'un technicien, ouvrier ou ingénieur. Aucun titre ne la consacre car, malgré son importance, elle est absente des préoccupations pédagogiques actuelles. Les disciplines qui permettent de la

dé-( 1 ) dé-( 2 ) dé-( 4 ) dé-( 5 ) Delacroix: L'Invention et le Génie. ( 3 ) Spaïer : La Pensée Concrète.

celer sont r a r e s et insuffisamment étudiées à ce point de vue.

Aussi, nous avons trop d'ingénieurs qui ne sont pas ingénieux et beaucoup d'espoirs fondés sur les classements de sortie des g r a n d e s écoles s'effondrent trop souvent aux premiers contacts avec les réa-lités industrielles.

Comme l'ingéniosité résulté de dispositions na-turelles de l'esprit qui créent une pensée originale aux cheminements mystérieux, mais féconds, 7l s'agit pour les éducateurs d'exercer cette pensée. Les connaissances techniques facilitent dans une certaine mesure son application à la solution de problèmes professionnels, mais elles influent beau-coup moins sur la qualité de ces problèmes et sur la précieuse tendance de l'esprit à les apercevoir et à les poser. Un problème est souvent plus diffi-cile à poser qu'à résoudre.

La p a r t des dispositions innées dans l'ingéniosité est plus forte que celle des notions acquises. C'est la raison pour laquelle la qualité d'un technicien est moins f a i t e de ses connaissances qui sont à la portée d'un esprit normal et dont il n'est pas question de sous-estimer l'importance, que de ses aptitudes naturelles qui provoquent les visions ori-ginales, fertiles de conséquences.

C'est ainsi que de très modestes praticiens sont à l'origine de nombreux et importants perfec ion-nements industriels et que des ingénieurs réputés fort s a v a n t s ne sont à l'aise que dans la spéculation pure et d a n s l'appris, déconcertés par les problèmes de la vie industrielle qu'ils sont impuissants à poser et à résoudre.

Comment cultiver cette familiarité naturelle avec les choses et les problèmes de la technique qui f a i t les professionnels de qualité ? Le dessin, la technologie et les t r a v a u x d'atelier constituent pour cela de précieux auxiliaires. Aussi, il est inté-ressant d'en examiner les méthodes et les procédés à la lumière des considérations qui précèdent.

Tout d'abord, il f a u t que dans les préoccupa-tions p r a t i q u e s qui les dominent « s'insuffle la curiosité intellectuelle, que l'esprit du savoir- pé-nètre l'utilité» (1). Ces méthodes et les exercices qui en découlent doivent créer des habitudes qui « donnent aux démarches intellectuelles un cours facile et p r o m p t » (2).

Le dessin étan t un moyen d'expression, il f a u t commencer par en apprendre l'écriture, c'est-à-dire les symboles élémentaires et les conventions qui en règlent la forme. Le croquis coté est l'écriture courante du dessin et la mise au net, une forme particulièrement soignée de cette écriture. Préala-blement devront être étudiés les tracés géométriques classiques — aussi utiles d'ailleurs à l'atelier pour le t r a ç a g e au m a r b r e et l'exécution des g a b a r i t s

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— et les éléments de la théorie des projections qui fixe les modalités de la représentation.

Les exercices classiques de lecture (croquis et mise au net) et de perspective cavalière donnent une- vision facile et précise des formes et des en-sembles conventionnellement représentés. Ils sont généralement précédés de représentations de pièces et d'organes.

Le croquis de mémoire, prévu par les program-mes, est essentiellement un exercice d'observation capable de développer la mémoire visuelle dont l'importance est grande dans la vie professionnelle du technicien.

Le dessin dicté demande un effort de compré-hension et d'imagination très artificiel et absolu-ment inutile. Cet effort est nécessité uniqueabsolu-ment par l'insuffisance et les imperfections du mode descriptif appliqué à la détermination précise d'un objet, insuffisance faite de ses longueurs, de ses imprécisions et quelquefois de ses obscurités. Indus-triellement, on ne décrit pas un organe de ma-chine ; on le dessine. C'est d'ailleurs la raison d'être du dessin.

Le thème graphique habitue l'élève à concevoir des formes dont on lui suggère l'image par des croquis schématiques accompagnés d'indications écrites. Cette méthode a été mise au point et habi-lement exploitée par L a g n e a u x qui en fit un ma-gistral exposé à la Semaine du Dessin en 1924. On peut lui reprocher d'user de canevas artificiels com-pliqués et de tenir l'imagination dans un cadre trop rigide et sans ampleur. L'effort intellectuel y est faible. Ce genre d'exercices doit être réservé aux débutants.

Tous ces procédés n'ont t r a i t qu'à deux catégo-ries d'exercices : des exercices de représentation qui sont l'application stricte des règles du dessin à la représentation d'un objet ou d'un ensemble. Des exercices de lecture qui consistent à voir dans l'espace les formes et les structures que le dessin symbolise, à les analyser pour en dissocier ou asso-cier les éléments.

Ils metten t en jeu la connaissance des règles du dessin, l'observation et le respect des formes, une imagination particulière qui établit facilement la correspondance spatiale des symboles et une habileté manuelle qui f a i t les représentations ra-pides et claires. En outre — mais ceci n'est parti-culier à aucune méthode — la cotation correcte demande une idée assez précise des procédés de t r a -çage et d'usinage.

Le dessin est r a r e m e n t exploité au delà de cet horizon étroit, tout au moins dans les Collèges Tech-niques. C'est très insuffisant, car il se prête à des exercices d'une autre portée et d'un a u t r e intérêt. Il doit être, en effet, appliqué à l'expression de la pensée concrète de l'élève, pensée qui &'appuie sur des connaissances techniques, mais qui est sur-tout faite, même dans ses formes inférieures d'ob-servation, d'intelligence et d'imagination « active »,

« intuitive », « combinatrice », contrôlée par le bon sens. Cette pensée personnelle, originale, est inven-tion. En conséquence, elle met en exercice des qua-lités intellectuelles et des dispositions naturelles que les disciplines et les méthodes classiques laissent très fâcheusemen t somnoler.

Ces exercices auront pour thèmes : 1° Des modifications de structure :

Un ensemble é t a n t donné, modifier un de ses éléments (organe ou dispositif) ;

2° Des compléments de structure :

Un ou plusieurs éléments é t a n t absents d'un ensemble donné, les déterminer ;

3° La création de structures nouvelles pour des fins particulières. (Exemple : montages d'usinage.) On objectera que c'est là besogne d'ingénieur et que les élèves de nos Collèges sont incapables, dans la plupart des cas, f a u t e de connaissances techniques suffisantes, de traiter correctement ces problèmes. C'est un a r g u m e n t sans valeur, car les calculs de résistance et les épures cinématiques qui peuvent leur être étrangers sont tout à f a i t accessoires. Ce qui est essentiel, c'est l'idée, l'effort intellectuel dont elle est issue, l'ingéniosité, le sens pratique qu'elle révèle, les combinaisons originales de moyens qui l'expriment, qualités et éléments f o n d a m e n t a u x qu'aucun autre exercice ne permet d'apprécier. Certes, toutes les modifications imagi-nées ne seront pas heureuses, les conceptions seront souvent entachées d'erreurs grossières, m a i s les imperfections et même les échecs sont instructifs et profitables.

Une minorité de professeurs ne voit p a s sans appréhension et quelquefois sans indignation les méthodes traditionnelles où les questions de présen-tation primaient tout, sérieusement dévalorisées.

Le souci d'une exécution impeccable ne doit d'ailleurs pas être étranger aux types d'exercices préconisés plus haut. Mais les « beaux dessins » où la contribution de l'intelligence est faible ou nulle et qui ne reflètent par suite que l'habileté manuelle de l'exécutant n'ont plus leur place dans les pro-gressions.

La technologie est-elle une science ? S'il n'est de science que du général, certainement non. Elle comprend une partie descriptive et documentaire et une partie critique. La première ne doit p a s présenter des difficultés particulières de compré-hension, si les schémas qui l'illustrent sont clairs et bien choisis. Malheureusement, il est fréquent dé constater dans les cours et les ouvrages de techno-logie l'importance du commentaire descriptif ou fonctionnel qui ne supplée que très i m p a r f a i t e m e n t à l'insuffisance et à la mauvaise qualité des illus-trations. On retrouve là les inconvénients et les défauts du thème dicté. Un dessin, de préférence schématique pour que l'élève puisse facilement le reproduire, accompagné d'une légende sommaire doit suffire à la compréhension. Un livre de techno-logie doit être essentiellement un livre de schémas.

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D a n s la plupart des ouvrages et des cours, la partie critique est pratiquement inexistante. L'essentiel de la m a t i è r e est f a i t d'une somme importante de renseignements, de procédés, de tours de main, m a i s les principes g é n é r a u x auxquels ils se r a t t a c h e n t ne sont pas mis en lumière. Aussi, la technologie, sous sa forme actuelle est-elle un ensemble hétéroclite, f r a g m e n t a i r e à l'excès et qui s'apparente é t r a n g e m e n t au formulaire et au recueil de recettes culinaires.

La mémoire joue un rôle essentiel dans son étude. La contribution de l'intelligence y est faible. Il est dommage qu'une matière dont la vertu éducative peut être t r ès g r a n d e soit aussi i m p a r f a i -tement exploitée. Plus que dans toute a u t r e disci-pline, en effet, le rôle du professeur est essentiel. Il doit guider les observations, r a t t a c h e r xe cas particulier au cas général, provoquer des remar-ques et en faire 'tirer les conclusions. Un pro-g r a m m e très vaste doit être r a m e n é à l'étude de quelques exemples typiques ; l'esprit des élèves doit, être rompu à des méthodes d'observation et d'étude qui faciliteront le t r a v a i l personnel et le perfec-tionnement post-scolaires. D a n s l'infinie variété des combinaisons des mécanismes élémentaires, le:> rapports doivent être établis r a p i d e m e nt et les résultantes fonctionnelles prévues avec sûreté ; et tout ceci est beaucoup plus a f f a i re d'intelligence que de mémoire. Les multiples questions de résis-tance de m a t é r i a u x qui se posent à l'occasion de l'étude des formes des organes exigent plus de bon sens que de mathématiques. Ces exercices, lorsqu'ils sont bien conduits, développent au plus h a u t point les qualités d'observation et de réflexion si pré-cieuses pour un technicien.

Deux catégories d'exercices méritent une men-tion particulière, car malgré leur importance, les livres et cours de technologie sont à peu près muets à leur sujet. E n raison de leur extrême variété, les jeunes ouvriers éprouvent des difficultés à les ré-soudre correctement et aussi parce que les quelques principes g é n é r a ux desquels ils relèvent ne leur sont pas assez familiers. Ils concernent la fixation des pièces sur les plateaux ou tables des machines-outils, en particulier sur les tables des fraiseuses. Ils sont du type général suivant : Une pièce étant donnée, imaginer un dispositif de bridage rapide et sûr qui fixe la pièce sans la déformer dans la position la plus favorable à l'exécution du plus g r a n d nombre possible d'opérations d'usinage. Les cas particuliers de ce problème général sont infi-niment variés. Leur solution exige de l'intelligence, de l'imagination et du bon sens. A ce titre, l'étude des dispositifs et des méthodes qui p e r m e t t e n t de les résoudre mérite une place dans les cours de technologie. Des exercices d'application seront f a i t s à l'atelier. Ils donneront lieu, en outre, à une étude expérimentale très facile et très intéressante de certaines déformations élastiques.

Un autre type de problèmes, aussi peu répandu, concerne la réparation d'un ensemble ou d'un

élé-ment détérioré. Chacun de ces problèmes a d m e t plusieurs solutions. L'élève est obligé de déterminer une combinaison de moyens adaptés à un cas parti-culier en vue d'un effet donné qui doit être étudié préalablement. L'observation, la réflexion et l'ingé-niosité y jouent un rôle essentiel. La solution correcte de ces questions exige en outre une connaissance sérieuse de la technologie et des pro-cédés opératoires de l'atelier (ajustage, tournage, fraisage, taraudage, soudure, etc...), ainsi qu'un sens certain de la résistance des matériaux. D'autre part, la rédaction des solutions impose l'usage du dessin industriel et des schémas.

En raison de la variété des connaissances mises à contribution par ces types de problèmes et des dispositions naturelles qu'ils permettent d'appré-cier, ils constituent des exercices particulièrement féconds dont les chefs de travaux, les contremaîtres et les professeurs de dessin devraient user très largement.

L'exécution d'une pièce à l'atelier se f a i t d'après un « bleu » qui porte la succession des opé-rations d'usinage et quelquefois même la liste de l'outillage nécessaire. La remise du « bleu » est accompagnée, en général, d'explications souvent plus que sommaires et l'élève se met au travail. La p a r t de l'intelligence et de l'ingéniosité dans un exercice ainsi compris est à peu près nulle. Il ne met en œuvre que l'habileté manuelle, ce qui est très insuffisant, m a i s l'élève, intellectuellement paresseux, n'en demande pa s davantage. Chaque exercice doit être occasion d'exercer la perspicacité et l'intelligence des élèves et d'élargir leur horizon professionnel. Au lieu de donner une solution toute faite, il f a u t la faire deviner, obliger à la réflexion et harceler par des questions des facultés, intellec-tuelles trop facilement passives. Un problème d'usi-nage a d m e t plusieurs solutions. La solution sco-laire n'est pas nécessairement la solution indus-trielle. Un g r a n d nombre de pièces impose encore une méthode différente. Toutes ces considérations doivent être mises en relief à chaque exercice et dans tous les cas la méthode indiquée doit être justifiée.

Les considérations qui précèdent ne sont que points de vue personnels esquissés à g r a n d s traits. Elles n'ont d'autre intention que de contribuer dans une certaine mesure à l'exploitation plus complète de ces trois disciplines essentielles (dessin, techno-logie, t r a v a u x manuels) particulières à l'Enseigne-ment Technique et qui font son originalité et sa vertu.

L'apprentissage est éducation : éducation ma-nuelle et éducation intellectuelle, intimement asso-ciées. D a n s ce domaine — généralement considéré comme purement manuel — comme dans tous les autres, je crois à la primaut é de l'esprit.

H. MONTAGNAN Inspecteur Général de l'Enseignement Technique.

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