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ARTheque - STEF - ENS Cachan | Modèles et simulation de Quoi ? Réflexions épistémologiques à partir d'images « paradoxales »

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Texte intégral

(1)

MODELES ET SIMULATION DE QUOI?

Réflexions épistémologiques à partir

d'images "paradoxales"

Patrice COUTERET

Eplstémologle et Histoire des Sciences

Département audio-visuel Université de Paris VII

MOTS CLEFS

RESUME

ABSTRACT

Représentation, regard,point de vue, prespective, cohérence, validité, traduction.

Qu'est-ce qui rend "bizarre" une figure géométrique? A part ir de réponses à cette question l'exposé avancera quelques principes et règles de construction des modèles et simulations nécessaires pour que nous puissions leur attribuer des qualificatifs tels que: "bon"" "cohérent", "bien formé", "adéquat", "fiable" etc ... What makes a geometrical figure look "strange" ? The answers will put forward some principles and rules about the way models and simulations are created so that we can qualify them as "goodfl

" "coherent", "well-constructed", "relevent""

(2)

Modèld5 et si~ul3ti0ns Lid quui ?

La répùnstl ct Ctlt t<l question sera la propos! ti-Jn-convention Je d"part sur laquelle sera bâti l'dxposé. Je pose donc quo si la science "C!~er­ cne

a

co"lpr"ndre et mo-lifit;r Id réel" (A Kùyré) .dl" aoit .:fi COllcevoir dt ail fa briqu"r des représenta tians "fiabl"s" dt" fonc tiùllLlell"s". ,io-Jèltls et simulations, qu'ils se présentdnt sous forme lOb~Co-Qathé~a­ tiqu" (ex.: un Sj'stèlile d'éc,uations différentielles), iconique (d;:.~ i -Ula.",e .3 D de la structura d'ulle moléculd. " paysa:!)e fractal" ou "mail-lage" d'un prototype). ou sous l'aspect d'un obj.;t ou montage techuolo-.;ique (e::.: système-e:.pert. "U1odèles réduits". simulatiùn dans des con-ditions" expérimentales. etc)! sont de telles représentations supposées

- ou con~ues pour - atre isomorphes et/ou adéquates à la réalité de

ré-férence. Si c'est le cas. modèles et simulations. parce qu'ils sont au-tres et/au plus économiques (en teldps, espace, èner;ie, ar;ent ou "ma-tière .;r1se") pourront IHre utilisés et/ou décrits à la place de - ou pour faire comme si c'était ••• - la réalité. On peut donc les considé-re r cOlllllle des "ilIterfaces"". des traductions oblic;ées entconsidé-re ce que nous percevons et ce que nous voulons faire connaître et/ou faire de la réali té (nous compris 1).

Ceci posé, la question devient: sur quoi nous basons-nous pour juger "nos modèles "satisfaisants" ? A. partir d.e la compréhension de ce qui.

pour nous. rend certaines ilnages "paradoxales". la suite de l'exposé cherchera à rendre compte des conditions nous per:nettant d'attribuer les qualificatifs "bons". "valides", "adéquates" aux construc tions sym-boliques nommées "scientifiques".

liiU.1.~ Les dâbats inforllleis ayant eu lieu pl:wdant la p;'ojectiou des dia-positives n'étant pas enregistrés, ils ne seront pas transcrits ici.

(3)

Nous VO'lOlls un trap~:;~ et un cercle déformé. POclrt:lnt auu;:; '-isvons que ce sOllt un c'-i!Té et un c.;rcltl. La "r3al:Lté" est-elle, et par cJo.,.i:-quellt deVOllS-ll-JUS la r.3prés8I1ter. tulle que uous la cu,m.:liS;Jons uu tel-L: que nous la percevous ? Ull prool~lne semulaule lUvL::Üt c.lbj" l'JS Jrecs et las !lo.arJes de La aenaissance ( 13): doit-on tln art tenir CO:IlP-te Jes défor,nations latéral"s dUtJs à la vision péripnériquJ ?

nc:;ure II:

IL y a trois arrangements spaciaux possibles. l·jais la fiJure

l l i

en 2 D. C'est donc L'accommodation de notre vision, la mise en

pers-p~ctivt.l ou t.ln profondeur qu:L "déc:Lde" en différenciant les trais

géo-mé tries

.3

D. Hotons a.ue J. Ji bson a: montré que pour "Di en" voir nous n'utilisons pas moins de treize types différents de perspective (07). Fi,;ure III:

Cette Ilfuruw" "st-elle COllcave ou convexe? ••

Rien dans la fie;ure ne per'Qet d'affinner l'ull (,lU l'autre avec certitu-de: c'est "indécidable". Nous ne pouvons caractérisaI' cet "objet" qu'-en posant: - si 1È rc;arJe vera le bas at si la luwière vient de la gaucht.l alors la for:ru: Sl:llIo1a ~tra creuGé e dans le soli

- si 1È re;:;é1rùe Vclrs ltJ haut at si la lUUli.àre vient de <.iroi-te alors cet<.iroi-te forluc; st.lûlola se déta.:ner du plafond.

(4)

CCi i.lld-':;(;.'2 L10U..:.; il.~.;i~"';lJC. ;J. p0L~3t.:r que 13 r~rcepti0Ll 88t un rn.Jno,ll~ne èxt.r8i11-';!lit::llt ,;u"lp18X~ 0,'1 i~l(.c;l'1Ji~nilellt Je nÙIJor..:ux proc~s~u.s CÙI.1~lé.tlell­

ti.lir'2S: ;;e n'lj;3t. (J.:J.3 Ulle 1t1J 1l0t0COpiiJIf p3.ssive ~luis uae re-création jue ct une.: l'0cn0rCLlC. ;'~:.lpp~loli.s:

a) qu' :.tU;; (;inq S0ns .;' ajoutent laI saas rÜne..>tl18sique C:hHCiiptiJtl et .n6molr's des posicio~sl :uouve~ent3, jêpl~cd~deLlts a~ corps et d05 111~nlcrüS dans l'espace et par rapport aux objets ee aux autres). la~yrine,dque (l'-iquilibr,,) 0t c~nestL1~sique (parc3pei011S illternes: pl:.tisi.c, iJul"ur, f3.iIJ, ".p31 9it.:ltiuL)..;;1I, IlJ1aL :::lU ventr811 ètC. • • • )

u)l..iu:;. c~.s. trùL.:.l s-.:ns ùC';:Uf-'='llt L1n~sralld.,j paj....ti..; Ju ce!'v~au (ail"i,js

di-ces "sJlnesell~siques"03), qU'ils parcJivent ce ou' Jn p~ut appel0r la

"r6J.lit~-lnoi" (alol's que les cinq sens renseigneùt sur la " r t:ali,;é-l1on-.nol"). ct qu'avec le toucner (11) ils sont les plus fondamentaux au tout déDut ùe la vie (cf. la série TV:"le bébé est une personne")

c) que LdS huit S"LlS peuvent être dits conérés, hiérarchisés, orien-t~s par le désil" du sujet: n'"st-ce pas l'intention, l'objectif, l'lly-pot:llàse, la "str:lt~0icl" ou la "préconception" (G. Holton 08) qui "foca-lise" l'attention en pri.vilé6iant - et en. vectorisant - certaiu6 sens et/ ou fOllC eiJns au Lié trilllen t a ' au tres ? Le "protocol e expé ri;Jentà.l" ne sélectiol1üe-t-il pas \Lll ou des par:l.nétres en en "naut:ralisallt" d'autres suscaptibles d'interférer? L'ensemole intéôré des sens et fonct:ious "co';lùtives" (J. Piagat) orientés par un "point da vue" je l'appelle-rai ici le "ra6'ud." du SCL;;lltifique •

.i.:l.iJ...t.;,: Apnis cil.lq tapisseries consacré.,s aux cir,q sens la. sél'ie LiiLe cie

"la Dawe à la Licol'ne" (fin XVe) se conclu~ par une sLa.euw déno.nméa par le créateur lui-ulêUla: "A Ulon seul. désir".

Aus3i pour êtrt;l "coI"prises" (ici. désamoi.:;uisées) les Luages précéden-tes doiveut êt:re trai.té"s avec les ~ffér~nts types de perspective, la mémoire! kiuestnésique et la mémOire tactile. Mais aussi notre ClÙturd occiu6utale ••• (voi.r les i.na6es suivantes). La représentation est donc ".on sai" insuffisante et/vu inàecidaole: c'"st la définition ou l'ex-plicitatioll du r~gard de son concepteur et/ou vbservateur qui la rend "coll"reute". Les qualit.ils ne sont qu'attribuées à l'objet et dépenuellt du repéra,;;e spacio-t"ûlporel, de l-éclairage", des "règla;!;es" et des caractéristiques de l'instrumeût d'observation utilisé. N'oublions pas que le rebard est l'il1struJl<lnt Li'apprbnension du niveau dit "uJacrOsco-piqL;.e" et que les aUi:.nlS lillstrUJlent:s" sont -ç,·ur la plupart (jas Jilata-teurs ou. des COJlt:rJ.Cl.eul'S lle telllps et/ou li'~spacl;l pour qua nous

puis-siOll.3 percevoir il. notre niveau C~ qui se passtl aux niveaux ''inférieurs''

et "supill'ieurl:l".ùn pourr::ùt lair~ ici une association d'idées avec le

(5)

quanti-ql.l<J e:'oit. pU'l_' ,je !.;u!lr ul1d atw!::ù!'i" Je la lo1e:oil.l!,ç" et. l'uur A. jr"c.ù/l uH "<,01.3GÙn ~oll.llJl,," ( 12).

?iôu!'e IV: "Uu aUCr" illüil(W" II. C• .i;,;cner (1'Jf7). La !,,,p,':JuuCLiûn ~L:..nc. ici Lupu'-islûl<: J" r"uvui" 1·" l"C:Ld"r " l'ù'oli\lL"; J" d. :. BLcu"r (06). La luit~ ~~3 li~.l0s ver;;3. li...l st3ul poine ..le fui ce c.i.oaù~ Ui!~

ceL'-t.aine CÙI,';'r",nce ..i l'LI...!';;è;' la "oizarrerie" prù\li.:nc <.lu [di, qu.; ",unt. jl.lxtapù3-"S, cians une wêlua "\lU'; <l'"ns<:Jlblè", ,rùi..> poÜ.t.s d" \lU" ùi:'iG-l'énC.; iu ,uê,lI<J vuint

.1"

fui"" (c:o""D~ :.;i l'ùeil ..;' é Ldi t <lépL.tcè), ceci Séins frùlltiarcs nettes: le;.> trui3 "lflond"s" s'illt~!'péù"cr<':lLt.

?i;u.r~ lJ:. "i-!ùuveL1antpt:rp(;tualll ~·l.

c.

~3cilçr (1551).

L.: "t.cucdga" "Go,uétrlqua qui r"ud cet.te cons,rucÜon " pa ra1.ùxa-le" provi",nt. de l'aoa.llc1011, Cl plu3i",urs eudroit.s C1E l'ilnaGE, .:1" Li con-v=lltiùa ùe la parspect.i\l': liuéaire qui cJnsiut" à coder, aur un plan, la prol0udeur de la m~rne façon que la hauteur. Pal'fois Escn"r "UUDti,," q,uz certaines lièJles lIlontantes CO",èn~ l'81ùi6ûem'~ntou qu" de .. partiel> "loltitaines" doivent. pa.3l>",r "<.lerrii:r,," d'autr-.;s au pri.iwler plan. Il pro\loque ailWi des aruuiç;ui t0S proclles de cellL<'> des trois prè;JJiè.'e ... fi6ures en faisaùt, par dxel/lpl", tOlilaer "aaturell ewel..lt." l ' ..au ciu llaut vers Le bas. ,lous voyons que C.: a' est pas l'image qul est "imposmule" ("lle èSt.) c'est l'e;istenct: j'un référen, ou d'une "application" .:1aUl> la rGali,é coucrète "n j D. Aussi nous pourrions conclure:

.Pour UOUs occici"utaux au XXe siècle, une illlac;e nous seltib1e "réalist!:", "uor/fial",", "oien for/né,," si sa cons;truct.ion suit les lois Ù,;: la pers-pecti\le liil8aire: ~ poi.l!t de fUite, YU point de vue d'~ seul oeil i/Drnobile situé suifisarumeut. loin pour qua la \lisiUil sui .. i'ovÉ:ale ùQue non d8formé", cadra~e ciu CHamp fO\léal, reproductiull de la .scène réei~e sur un plan. perpenuiclllaire

a

l'axe \le la vioion, enfin U!de G"ule cun-veutioll de

construc,iu~~«Ces

prescriptions ma semoleuc métapnurique-ment valables pour la eùnstruc,iün d'uue machine ou pour la concepc.ion d'uc mudà1.e matL.ématiqua. N" repréSblJ.tons-nou:> pas l'espac" eC le tEUlpS ,31.1r une feUilla ue papier, par un sJst~me je cùor~ollliée~ c~rt~~~an~s

"orthoLlorm~<Js"Où la profondeur est eodé~ par ùes dia<;;onal"s (dOllC par de la hauteur Q1 de la lonGueur) tlt le te"lpS Je la même façon qu" la lon6ueur ? COllséquenC<JS: 'wus spacial1::lOns le ti::lllpS et nous Llst.auta-néiÜolls 1<: nombre.

,U~ mod~lc ou une siwulatiuu e~t autrè chüse qua son r~férent; si on a

tendance Li. l'oublier quaud l'i,,;olDùrphlswG "saute aUx yeux", i l est u-til.: de se le rappel'H qualld i l n~ peut y avoir qu'adéquation {voir plus luin) uu cunjectures. Si UD écrit sur li:: vivant n'cGt pas vi~ant (siaon lJl~tapnuriqueUJ<Jnt)"t ::il l'i.Ja;;;e ci-Jassus u',,;;t pa::.

"concn:'Li-I l

(6)

repr"sen-tatlons comwe ~n~ r~alitê autre (ou J'uu autre niveau) •

• ,ji c'e"t. "'li fait. .L~ coupl<1 reprcseutation-"re.:;ar-l" iu concept·3ur qui C'ollst.it.ue 1.:1 coüér"nce et si .La scL,uce consist.e "::lUL,nt. J. savoir qU'à

faire sii'Jolr" (2. ,·ioril1) alors le r8g,3.rd du CoucGpceur tiu illodê.Le ou (le la silDulatL;n Joit ~tre le cl.::Llle a pl'iori et/ou cLÙr0ment ;;xplieitè puis compris par .Les "puolles" qui vont les jU6er: en science aus",i "le style c'est l'nomJle ••. .J. qui l'on s'adresse"(Lac.an). Nais d'oil' provient le coasensus (ou le refus) - li. J30nr l'appelai" l"ir:t.ersuojecÜvitE;" de la CJ,nlllullaut6 "cient.ifique - qui fait. que parlais, nous r.ous accordùLJs pou~ t.rouver un ~oaêle satisfaisant. ?

?our avancer une rêpuuse je pose: a) Ulle "illfor.nation" est. const.i

-tuée J'Ull support. pl~'sique (le "si~nil'ia.J.t" en linc;uistiqu,,). J'ulla

"sé-;naùtique": l8 sens "en soi". ,;elui du dictionnaire, et d'ulle " s 1 6nifi-cacion": le "sens du seus" donné par .la subjectivité du sujet et./ou par le contexttl (le " s iJu1Üi")~ b) la réalité existe et est telle qu'elle est. ;!ous !Iêcres parlants" (Lacan) à vivra et pour Vivre dans le IICl OIl.-de" tra.iuisolls les objtlts qui le constituent par Jes sië;nifÜmts. des supports d'inforffistious. Je distingue cinq types de support:

1) les texte:>, discours. flaroles formels ou non. Je le l'ilis corrélS-poudre au "niveau cOilceptuel" de J. nrUilller (02) et aux "proposi tious analytiques" de G. lIoHon (08);

2) les illla6es: (niv. lIiconique" Brunuer) Les représentations ôéoJléc.ri-ques. 6raplùques ou picturales en 2 ou

3

D.

}) les objets et événements t~ls qu'ils sont perçus par nos sens et décri ts par un lanbage pracne du lanë;aJ;e veruaculaire ("propositions phénOlJéniques" tle Holton). R.l.ppelons qua pour Bachtllard Les inst.ruments sont. des "tiléorius matérialisées" (01);

4) moi, LlOU corps, llles sens. mon desir (niv. lIénactif" ou "sensori.-motdur" Srunller): ce saut les "pracJÛCeptioI1S" de G. :lolton. l'..;xpériô:np

cc. La "waLÜp", l'''illteraCéiviÙ,'' d'un Gléclium mais aussi le jeu de l'an-l'ant. J. Pla~et ( 14) n'a-t-il. pas montré que .Les structures lo6Ï-co-ma-théwa tiques ... " a L.stj:ac tious ré flécili.ssa.utas" - sont -iues à .La coordina-tion des accoordina-tions du sujùt (sas "schelDes sausori-lJIoteurs") et lion pas aux pl'essions de l'objet Ehysique "Z F. Dolto n'aifir1l1e-t-alle pas: "Les mots pour pra~dre sens doiveut J'aoord prendre corps ••• tout se passe comme si le co l'pli avai t pour wé t.apno re le psycnisme ... " (04)? Et puis

Ulla m~tilode u'.,;;:;t-"lle pas une tiléod.e corpol'ûi:.;";". un savoir LievellU

un ua voi r-fail'., ?

5) les "autres": lùur coulluite. leur avL." leur juc;;ement. Des étu.:ies GlOlltrllnt que le "juo"lllllUt. pcLr les pair:.>" "st. cOlltiiù~rt: par la J:.1ajurité des sciauéifiques COlJlllla le criL~rè i'&'Jalu~ti01lla ~lus l'iaule

(09).

(7)

!lou", tirons. pour évalu(Jr aatre travail. Je::: savoir'::> i. ces cinq niveaux de la r~3.1it&;, !lOUS acqu~rollsle fIlaxLlllUm Je certi tutie sinon cle cO:.lvi;;-tion lorsqu'il", recouvrent, ~e renforçant ainsi ~utuellemeut,la m!~e sémantique, s'ils diseut a lèur lJIalJi~I'(J tous un peu la ul~,ne chiJst:. Jalls ce cas la concC:lraance c;.l:obale nous permet d'attriouer il certains mode-les ou simulations (lliv. 1 ou 2) le qualificatif: "vrai". Cette a .. triiJu·

tion. ne pose pas de pr'oolèill..as pour certains mOQèles th-boriqLHJs

-l'elec-~ricit&, d'Optique, de résistance des matériaux parce qU'iLs ~ont

CQn-crsciS8s par des obj"ts Je la vi.e courante': la pile. Id micrûscol'c', un pont; ne vivons-nous pas dans les "oonnes" ciléories dd nos préJécesseurs? Hélas dans la majorité Jes cas la proJection sur nos représentations des qu.alificatifs "vr:o<is" au "r'bels" est hasardeux et/ou risqué: le pro~ pra d'une projJositioll scientifique n'est-il pas qu'elle soit "r-ilfuta-ble" (K. Popper)? llotons le pariidoxe des constructions sJ'tlloùliques di-tes scieutifiques: les savoirs qu'elles véhiculent soat sensés ~tre "obj",ctifs", être rédUit.s à leur s.3:Jlantique en dehors de taus contextes donc de toutes siôuific.ations Humaines et/ou sociales (voir les tdlltati-ves "formalistes" dU logique ••• et leur éctiec: cf. 30del, 'fars.ù 17). Hors. pour nous hormll,es, être "so.rs" de nos modèles (nous ne le 6J,lllIleS pas a prio.ri !) ne. revient-il pas à leur accrochar le sens ulti:ne. la si.;nifL:a tion des si6nifi;;ations: le "Vrai" ? Mais les mUt." "réel", "â-vicience", "couvicciûn", "certitude". "vrai" recouvrent la lllê:Jle si 611ifi-cation vécue aux niveaux

3, 4

et

5:

la pdr~ept.ionet l'exQèrience cie la per:na.nence dds obJets (15), de certains évènementS(J5,18). et de nous-même en tant qu'uni.té (+).Aus::;i c'est le "j'ai fait la manip", le "je l'ai vu fOll.ctionller". ou le "t.out. le monde le peustJ" 'lUi, me seUlale-t-il, "valident" nas modèles Qlus que la seule cohérence logique. H. A. SLJlon ne dit-il pas: "pour ~tre cOillpris un ordinateur doit a'aoor-i ~tr'e

construLt. puis sou comportement observé" (16) et la "véritable i..iée di· rectrice n'dst-elle pas d'adapter une technique à un probl~lne"(\Vùlff}t

Conséqueuces: de fait, en sciences, nous utilisons des défiilitiùns'~xpé­ rientielles" des notiuns abstraites. exemplès:

- A "Qu'est-ce que l'inteLligence" le COllcepteur du Q.I. A. Binet ré-pondait: "C'est ce que mesura man test" ••••

- "Le réel c'"st ce qui rend c,"rtains discours il/lpossiblûs" . J . DUby (5). - '~'~jfurm3tiQn assuciee a une descriptiun dêpeud de la capacité je 'de l'observateur d tir"r des infdrences à partir de cette descriptiun • . La. "néces;Üti;" sur;!;it de l'aptltuJe il faire des déductions infaillibLes.

(+) Si la "mê,aeté d'atre" (DoLto 04) n'dst pas ressentie. si le sujet vit ~Oll C:Oqj3 CO:lIUle étauc "worculi,". 3es texcds, dec.;s.llL;, ,auuL• .;es, Fil-ru106 sûnt. .nûI'c()lès (19).

(8)

Le; "l1asarll" ..;ur:;i~ dl: l ' iuap Li tuJe il fair" des ind~(;tions illrail..LL;Jl~s. L'~nvirJr.nem(;Lltne clJllLi",nt. pas J'iuforJlations. Il "",t. tel qu'il I.lst.11

H. V. i"our..;t."r (le).

R.,:narqulJus :l.u3si que l'illipact (09) cul. turel, SlJcL.l1 ou ';coilomique ct' un travail sci~lltifiqll":;rUCQlli1U coh~r..::nt par le: C:UclrCH8ur èt. ses IIpair;,ilt

aux quatr" pre.niers aiveaux dépend du cinquièlne: J. Bruno et Gallilée

avai~nt "r..;Liou", l'un .:L été ora.H, l'autre mis en PCi::;Oll' ce som; les

plJu1/oirs politiques et les chefs J,',mtreprises qui J.écideut d" faire patiser une découverte du staJe de projet ou prototype a celui Ju "llé-1/tÜOFpelnc.ut""t/..lU de l'in.:iustriali::>atiou. D'où la nécessité d'élaOorer au.tant de 'traductions" qu.'il ::J aura de "publics" (de "cioles") visés.

La conclusion pourr3it donc i;tre celle-ci: Lill iOod.àlt: OU UUè siwulat.ion sera déclaré valide lûrsque 1" plus e;ra.nJ. nOiTIore Cle bens pourront "lire" et utiliser des traductions de ces représentations (=). dans le plus grs.nd nombre de niveaux de réalité lneationnés ci-Jessus. En cas d'impossicilità ou de Clifficulté de traduction, mettant ains~ en cause la cohérence 6lobale, ce sont les niveaux les plus signifiants - les plus "hUlnains", les flus "viscéraux" -

(.3.

4 et 5) qui décideront "faute de lIÙ.eux", de faire cO.Jme si Le modèle ou la simulation était ce qui, de toute évidence, nous selliole ~t.re la réalité. En attendant la clJn1'irtnatioIl (+) ou la réfu.tation par l'expérience "cruciale", la dé-monstration, l'observation "fine", la réalisation concrète

Car "a 'iaat de m.ettre à la poubelle la mécanique quantique, vérifious une derniértl fois l"s fusibLes" ( A. Auragam).

(=) Cette proposition incite il adopter la distinction de tlac i'lullin pour qui une théorie scieillifiquê est cûustituée : - d'un wodèle ex-priJlé sous forme logi:;o-!Datnématique et ayant la structure sUppol>ée de la réalit.é et - de la "théo.rie" proprement dite regroupant tuus Les discuurs décrivant le modèle: saIl illode de construction, sûn fonctionne-ment, ses caractéristiques, ses fonctions etc.

(+) Avez-vous rdmarquoil qu'on ne coùfirJl.è, prou.ve ûu dewontre jamqis, dans un discours scientifique écrit ou oral, sa proore erreur? Ge qUi, d'un point de vut: "str·ict",u.ent s;:iènt.ifique" pourrait s'clv~rera.ussi utile qu'une validation "ee.. "ositif". COilllne qu.ûi, 10. réfutation, c'est 1-: didcour:.; dt: l'autre. (cf. 10).

(9)

BI8Llü J;(APHIS

~ "I,"t0L'fac,;": "ansam.Ole cies illformations qu'un système poss~cie sur un autrù syst.à"le pour pouvuir' s'y aclapttJr" J. P. Dupuy.

-J:

'*

Catt;; f i6ure est l'oulet central de la lltto"rapiue <.la H. C. Es-chtJr "r;oncave et convexe" (195)).

*

"*

11< Ces principe:.:; sont les contraintes de "mise tJn scàne" de t.ous les mé<.lias audio-vL.uels (pilot.oc;raphie. vidéo. ciuéma).

01) Bachelard G. "Le nouvel esprit 3cientifique" PUl.

02) Brunner J. S. "Savoir faire. savoi,r dir<:l" PUF.

03) Bullier J. "Les cartes du cerveau" La Recm,rche nO 148. 04) Dolto F. "L'Lnage incollsciente du corps" Seuil. 05) Duoy G. "Dialogues" avec G. Lardreau Flammariun. 06) Escher t1. C. "L" monde de H. C. Escner" Chêne. 07) Hall ;;;.

r.

"La dimension cachée" Seuil.

08) Holton G. "L'invelltiun scitJutifique" PUF.

09) Irvine I. et 1·lartin B. ct. "L'évaluatioll de la rechercÜe fondawent.a-le est-elfondawent.a-le possibfondawent.a-le ?" La dechercne nO 128.

10) LaJm,ff G•.et Jo,hnso.D.M. ''Les m.étapho.res dans la vie quù tiJiellne" Ed:j.t •.de Muuit •.

11) Honta/!;u. A. "La peau et le toucner" Seuil.

12) Ortoli S. et Pharabod. J. P. "Le cantique des quantiques. Le conde existe-t-il ,?" ~<iit. la Découverte.

13) PauafSk.,y E. "La perspective cO.nme fùrme symbolique" i;,Ut. de ~Iinuit. 14) Piaget J. "Biolo;;ie et clllUlaiss3nce" Gallimard.

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Références

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