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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

Polynˆomes orthogonaux

Nicolas RAYMOND

25 mai 2012

1

Vous avez dit base hilbertienne ?

Int´egrales `a param`etre holomorphe

Th´eor`eme 1.1 Soit I un intervalle de R. Soit Ω un ouvert non vide de C. Soit une fonction f sur I × Ω `a valeurs dans C et qui v´erifie :

– t 7→ f (t, z) mesurable,

– z → f (t, z) holomorphe sur Ω,

– ∀K ⊂ Ω compact, il existe gK ∈ L1(I) telle que : |f (t, z)| ≤ gK(t) pour tout t ∈ I

etz ∈ K.

Alors, si on pose, pourz ∈ Ω :

F (z) = Z

I

f (t, z)dt,

on d´efinit une fonction holomorphe sur Ω et on peut d´eriver sous le signeR .

La preuve est ´el´ementaire. La fonction est d´ej`a clairement d´efinie sur Ω. Soit z0 ∈ Ω. Soit

D(z0, R) ⊂ Ω avec R > 0. On a, par holomorphie, pour z ∈ D(z0, R/2) :

F (z) = Z I +∞ X n=0 fz(n)(t, z0) n! (z − z0) ndt. Il s’agit de majorer : fz(n)(t, z0) n! (z − z0) n .

Nous utilisons les in´egalit´es de Cauchy : fz(n)(z0) n! (z − z0) n ≤ R−nkfzk∞C(z0,R)(R/2) n ≤ 2−n gK(t) ∈ L1.

(2)

Un exemple de base hilbertienne

Soit w une fonction continue sur R telle qu’il existe α > 0 et c > 0 tels que : 0 < w(x) ≤ Ce−α|x|. On d´efinit : L2w = {f ∈ L2(R) : Z R |f |2w(x)dx < +∞}.

On d´efinit un produit scalaire :

(f, g) = Z

R

f gwdx.

On d´efinit la suite (Pn) (normalis´ee) des polynˆomes orthogonaux pour ce produit scalaire

(obtenue par le proc´ed´e d’orthonormalisation standard). Montrons que cette suite est une base hilbertienne. Cette suite est orthonorm´ee par construction. Montrons qu’elle est totale. Soit f ∈ L2w et supposons que :

Z

R

f Pnwdx = 0, ∀n ∈ N.

Il est ais´e d’obtenir par r´ecurrence que : Z

R

f xnwdx = 0, ∀n ∈ N.

On reconnaˆıt alors une transform´ee de Fourier. Introduisons en effet :

F (ξ) = Z

R

f (x)w(x)e−ixξdx.

F est bien d´efinie sur

B = {ξ : |=(ξ)| ≤ α 4}. On a en effet la majoration :

|f (x)w(x)e−ixξ| ≤ |f (x)|eα|x|/2ex=(ξ)−α|x|/2. Il vient alors :

ex=(ξ)−α|x|/2 ≤ e−α|x|/4. Ainsi, pour ξ ∈ B, on a :

f (x)w(x)e−ixξ ∈ L1

(R).

On vient de majorer la fonction par une fonction ind´ependante de ξ et int´egrable. Cette fonction est holomorphe dans la bande B, il s’ensuit que F est holomorphe sur B et qu’on peut d´eriver l’int´egrale :

F(n)(ξ) = Z

R

(3)

Il vient :

F(n)(0) = 0.

Le th´eor`eme du prolongement analytique (B est connexe) impose donc F = 0. On trouve en particulier que :

F (f w) = 0. On en conclut que f w = 0 et donc f = 0.

On conclut par un exemple. On prend w(x) = e−x2 et on pose fn = Pne−x

2/2

. Il est clair que (fn) est une base hilbertienne de L2(R).

2

Polynˆomes de Laguerre et d’Hermite

Nous allons appliquer le r´esultat de la section pr´ec´edente `a la r´esolution de probl`emes spectraux.

2.1

Polynˆomes d’Hermite

Avant de faire connaissance avec l’op´erateur qu’on veut examiner, introduisons le in-formellement. Nous aimerions trouver les λ pour lesquels il existe une fonction ψ non nulle et dans L2 telle que :

(−∂x2 + x2)ψ = λψ.

Il se trouve que ψ(x) = e−x2/2 fonctionne avec λ = 1. Une id´ee simple est alors de consid´erer le conjugu´e de l’op´erateur (c’est `a dire faire un changement de fonction incon-nue) :

ex2/2(−∂x2+ x2)e−x2/2= 1 + 2(−∂x2+ 2x∂x).

On va donc ´etudier :

H = −∂2

x+ 2x∂x

sur L2(e−x2/2dx). H a un avantage : il pr´eserve R

N[X] pour une raison ´evidente. De plus,

si on munit R[X] du produit scalaire naturel : (P, Q) =

Z

R

P Qe−x2dx,

on constate que H est sym´etrique. C’est une cons´equence simple de :

h(−∂x2+ x2)ψ, φiL2 = hψ, (−∂x2+ x2)φiL2

quand ψ et φ sont dans S(R). H est un endomorphisme sym´etrique de RN[X], il est donc

diagonalisable. Soit (λ, P ) une paire propre avec P de degr´e n. On r´esout :

(4)

L’identification des termes dominants contraint : λ = n et, cette condition ´etant satisfaite, cela d´etermine tous les coefficients modulo le coefficient dominant. Sur RN[X] le spectre

est donc 0, 1, 2, · · · , N et chaque valeur propre est simple. On note (n, Hn) les paires ainsi

trouv´ees avec Hnnormalis´ee pour la norme naturelle et avec coefficient dominant positif.

Nous venons de mettre en ´evidence une famille de paires propres pour l’op´erateur ini-tial : (2n + 1, Hn(x)e−x

2/2

). Il se trouve, par un argument d’alg`ebre lin´eaire ´el´ementaire, que les Pn sont deux `a deux orthogonaux (associ´es `a des valeurs propres distinctes) ou de

fac¸on ´equivalente : hHn(x)e−x

2/2

, Hm(x)e−x

2/2

i = δnm. La section pr´ec´edente montre que

cette famille est totale dans L2(R).

2.2

Polynˆomes de Laguerre

De la mˆeme fac¸on, faisons connaissance avec un autre probl`eme quantique. Nous ai-merions trouver les valeurs propres de l’oscillateur harmonique radial 2D :

(−∆ + kxk2)ψ = λψ.

Il est tr`es ais´e de trouver que les valeurs de λ qui conviennent puisque nous avons un produit tensoriel : elles sont de la forme 1 + 2n + 1 + 2m = 2 + 2(n + m) et on obtient tous les entiers pairs `a partir de 2. Ici, pourtant, nous avons une sym´etrie et nous pourrions l’exploiter pour expliciter un peu les fonctions propres.

`

A cette fin, on passe en coordonn´ees polaires et nous trouvons l’op´erateur :

−∂2 ρ − ρ

−1

∂ρ− ρ−2∂θ2+ ρ2

agissant sur L2(ρdρ). Par d´ecomposition en s´erie de Fourier, nous sommes amen´es `a l’´etude de :

−∂2 ρ− ρ

−1

∂ρ+ ρ−2m2+ ρ2,

sur L2(ρdρ) avec m ∈ Z. Sortons de l’espace `a poids en posant t = ρ2 et on trouve

l’op´erateur suivant :

−4t∂t2− 4∂t+

m2

t + t, sur L2(R+, dt).

Faisons une remarque pr´eliminaire. Pour m = 0, on observe que (2, e−t/2) est une paire propre.

Pour m quelconque, on peut essayer tαe−t/2 et trouve que (2 + 2m, tm/2e−t/2) fonc-tionne.

On applique la mˆeme id´ee que dans la section pr´ec´edente et on examine le conjugu´e :

t−m/2et/2  −4t∂2 t − 4∂t+ m2 t + t  tm/2e−t/2 = −4t∂t2−4(m+1−t)∂t= 4Lm+2m+2,

(5)

o`u :

Lm = −t∂t2− (m + 1 − t)∂t.

Cet op´erateur se traite de fac¸on compl`etement identique `a celui de la section pr´ec´edente ; il est sym´etrique sur RN[X] pourvu qu’on y mette le produit scalaire :

(P, Q) = Z +∞

0

P Q tme−tdt.

Ses valeurs propres sont les entiers. De mˆeme que pr´ec´edemment, on en d´eduit une famille de paires propres (n, L(m)n ) de sorte que les L(m)n sont deux `a deux orthogonaux. Ainsi, les

fonctionstm/2L(m) n e−t/2



n∈N

forment une famille totale dans L2(R +, dt).

Dans les coordonn´ees polaires initiales, la famille s’´ecrit :

ρmL(m)n (ρ2)e−ρ2/2eimθ.

En notation complexe, cela donne :

Références

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