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Overview sur l'agriculture Corse

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

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VERVIEW SUR L

AGRICULTURE

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ET FOCUS SUR

:

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(INRA)

(2)

Table des matières :

Table des sigles

Remerciement

0. Introduction

Partie 1 : Présentation de la Corse

1. Présentation de Corse – Données Générales

2. Présentation de Corse – Données Agricoles

3. Géologie et topographie de la Corse

4. Le Climat de la Corse

5. Evolution de l’agriculture Corse dans l’Historie

Partie 2 : Présentation des Zones d’Etudes à travers les synthèses des diagnostics agraires

0. Méthodologie du diagnostic agraire

a. Lecture de paysage

b. Etude de l’évolution de l’agriculture dans l’histoire

c. Caractérisation technico-économique des systèmes de production actuels

I. Le Valeur Ajoutée Nette

II. La Revenu Agricole Net

1. Canton de Figari

2. Golfe de Lava

3. Region du Fium’Orbo

4. Plaine Orientale (Sud)

5. Valle du Tavignano

6. Communauté de Commune de l’Oriente

7. Castagniccia

8. Plaine Orientale (Nord)

9. Vallées du Golo et ses affluentes

10. Plaine littorale de Calvi

11. Region du Nebbiu

Partie 3 : Conclusions

Bibliographie et références

(3)

Table des sigles :

AFP

Association Foncière de Propriétaires

AOC

Appellation d’Origine Contrôlé

CIp ou CInp

Consommations Intermédiaires proportionnelles ou non proportionnelles (à la surface)

Dép

Dépréciations de capital fixe

DDT

Dichloro-Diphenyl-Trichloroethane

FVD

Faire-Valoir Direct

FVI

Faire-Valoir Indirect

GAL

Groupe d’Action Locale

ICHN

Indemnité Compensatoire de Handicap Naturel

INSEE

Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques

IGP

Indication Géographique Protégée

ISM

Indemnité Spéciale Montagne

MO

Main d’Œuvre

MSA

Mutualité Sociale Agricole

ODARC

Office de Développement Agricole et Rural de la Corse

OEHC

Office des Equipements Hydrauliques de Corse

OP

Organisation de Producteurs

PAC

Politique Agricole Commune

PB

Produit Brut

PDRC

Plan de Développement Rural de la Corse

PMTVA

Prime au Maintien du Troupeau de Vaches Allaitantes

RAB

Revenu Agricole Brut

RAN

Revenu Agricole Net

RGA

Recensement Général Agricole

SAU

Surface Agricole Utilisée

SMIC

Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance

SOMIVAC

Société d’aménagement pour la mise en valeur de la Corse

SFP

Surface Fourragère Principales

UGB

Unité Gros Bovin

UTAF

Unité de Travail Agricole Familial

UTH

Unité de Travail Humain

VA

Valeur Ajoutée

VAB

Valeur Ajoutée Brut

VAN

Valeur Ajoutée Net

(4)

0. Introduction

La Chambre Régionale d’Agriculture de la Corse et l’INRA de Corte sont liés par une convention de co-encadrement de stages d’agriculture comparée. Ceux–ci consistent à réaliser des diagnostics agraires de diverses microrégions de Corse (200 à 300 Km2 chacune) aux profils souvent contrastés. Dans ces diagnostics, pour chacune des petites régions agricoles concernées, on a établi un historique de l’agriculture, une typologie des exploitations agricoles présentes ainsi qu’une modélisation technico-économique des types d’exploitation et de leurs trajectoires d’évolution. Cette étude a été commanditée, donc, par la Chambre d’Agriculture Régionale et l’INRA-LRDE1 afin de

réaliser une synthèse de ces diagnostics qui couvrent une grande variété de milieux, afin d’élaborer une image synoptique des problématiques micro-régionales du développement agricole en Corse et ses perspectives diversifiées, de comprendre la dynamique agricole passée et présente de les territoires étudiés jusqu’aujourd’hui à travers l’analyse-diagnostic agraire, d’identifier les facteurs d’évolution environnementaux, économiques et sociaux, et de fournir des pistes d’actions de développement agricole pour les systèmes de production actuels identifiés. L’INRA collabore en la personne de Jean-Christophe PAOLI notamment comme appui scientifique à ces réflexions, la Chambre Régionale en la personne de Maddalena Serpentini et en la personne de Line-Marie Lafitte. Dans ce contexte, la chambre Régionale d’Agriculture de Corse a demandé un diagnostic générale des microrégions étudiés, afin d’établir des références techniques et économiques sur ces différents systèmes de production et réaliser un état des lieux de l’agriculture Corse. Dans le cadre de ces réflexions autour du développement territorial, ils m’ont proposé d’étudier l’agriculture des territoires étudiés à travers la méthodologie du diagnostic agraire. Nous nous attacherons donc à dépeindre l’évolution des systèmes agraires des zones d’études afin de donner un aperçu éclairé de l’activité agricole dans ces microrégions.

L’objectif du stage est donc de synthétiser les travaux réalisés et les complémenter par des données statistiques et la bibliographie existante, de produire des cartes, analyses statistiques, textes et commentaires mobilisables par l’observatoire économique régional de l’agriculture Corse, de rendre compte des trajectoires de diversification de l’économie rurale régionale et de comprendre les évolutions récentes et à venir de l’agriculture de ces petites régions. Ces éléments de compréhension seront nécessaires à l’élaboration de projets de développement dans une perspective de repeuplement et de création d’activités agricoles dans le territoire étudiés. L’objectif est de concevoir et éventuellement mettre en application des projets de développement pour le développement de l’agriculture Corse.

L’intérieur de la Corse est dans une situation de fort dépeuplement depuis plus d’un siècle, ce qui engendre des difficultés à vivre aux villages pour ceux qui y restent. C’est aussi un abandon du paysage qui s’avère menaçant pour l’homme et l’environnement. En effet, la végétation dense qui a refermé l’espace peut rapidement prendre feu dans ce climat méditerranéen à déficit hydrique estival.

Les territoires étudiés jusqu’aujourd’hui à travers la méthodologie de l’analyse-diagnostic agraire sont les suivants (voir figure 1) :

TERRITOIRES ANALYSÉS

ANNEE AUTEUR

1 Canton du Figari

2002 Garance Thomé

2 Golfe de Lava

2007 Cécile Carcelle

3 Région du Fium'Orbo (Plaine Orientale)

2015 Thomas Lefebvre

4 Plaine Orientale (SUD)

2011 Magali Kriegk

5 Valle du Tavignano

2010 Emilie Faye

6 Communauté de Commune (CC) de l'Oriente

2015 Clarisse Brillouet

7 Castagniccia

2012 Line-Marie Lafitte

8 Plaine Orientale (NORD)

2012 Marine Descamps

9 Vallées du Golo et de ses affluentes

2013 Nerea Ngfok

10 Plaine Littorale de Calvi

2003 Laurence Drevon , Vincent Pignot

11 Région du Nebbiu

2014 Valentine Gueneau

(5)
(6)

Partie 1 : PRESENTATION DE

LA CORSE

(7)

1. Présentation de la Corse – Données Générales

La Corse est une île d’une superficie de 8722 km2 (183 km de longueur sur 85 km de largeur). Située à 170 Km de la France continentale, la Corse est l’île la plus montagneuse avec un point culminant à 2 710 m d’altitude (Monte Cinto) et une altitude moyenne de 568m, et la plus petite des trois grandes îles de le Méditerranée occidentale après la Sicile et la Sardaigne. La moitié de son territoire est au dessus de 400m d’altitude et la plaine ne représente qu’un dixième du territoire (Carcelle, 2007).

Cette île montagneuse a une population de 320 000 habitants (INSEE, 2011), pour une densité de population de 36 hab./km2. La Corse est la région la moins densément peuplée de France. Sur la période 1999-2009, la Corse a connu une augmentation de population de 1,7%, mais celle-ci est intégralement due à un flux migratoire positif et non à une augmentation de la natalité (Kriegk, 2011) et elle compte 9% d’étrangers originaires du Maghreb et des pays voisins du sud de l’Europe (Portugal, Italie, Espagne) (Ngfok, 2013). Par contre, la population de l'île est âgée et le vieillissement démographique y est plus important qu'au niveau national. L’âge moyen est aujourd’hui de 41,3 ans. Désormais, un habitant sur quatre a plus de 60 ans contre un sur cinq en France métropolitaine. La part des moins de 20 ans est sensiblement inférieure à la moyenne nationale et les plus de 75 ans représentent 10% de la population contre 8,8% en France (Ngfok, 2013 sur données recensement général 2009). La Corse est la région française où le plus d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté. En 2007, 18,8% de la population étaient considérés comme pauvres. Malgré sa pauvreté relativement aux autres régions françaises, la Corse est l'une de celles où le coût de la vie est le plus élevé (Faye, 2010).

Les deux principales agglomérations de l’île sont Ajaccio et Bastia, respectivement chefs-lieux de la Corse du Sud et de la Haute Corse. Ces deux villes avec leur périphérie concentrent les deux tiers de la population insulaire. Plus généralement en Corse, le peuplement est fortement déséquilibré entre d’importantes villes littorales et le centre de l’île (six habitants sur 10 résident en zone urbaine). La localisation des activités insulaires est étroitement calquée sur la répartition de la population dans la mesure où 7 entreprises sur 10 se situent dans les zones urbaines.

La Corse connait une croissance économique récente (depuis 1997 le PIB régional croît de 3% par an), mais elle est freinée par une balance commerciale avec le reste du monde très largement négative (-20%) (Faye, 2010 sur données INSEE 2010). Aujourd’hui l’économie Corse est à forte dominante tertiaire, qui représente 80% de la valeur ajoutée : services rendus aux particuliers, commerces et activités touristiques (malgré sa très forte saisonnalité entre creux hivernal et boom estival). Le poids du tourisme est estimé, en incluant les effets induits, à environ 15% du PIB de l’île (Faye sur données INSEE 2010).

Figure ? : Evolution de la valeur ajoutée en valeur Figure ? : Répartition de la valeur ajoutée par secteur d’activité

L’économie Corse est une économie de consommation fortement dépendante de l'extérieur. En raison d’une activité industrielle peu développée, la Corse a longtemps connu une économie marquée par l’agriculture et l’élevage. Or les conditions naturelles dont bénéficie la Corse sont peu favorables à l’intensification des activités agricoles, en raison d’une faible superficie de terrains mécanisables et d’un climat méditerranéen caractérisé par de longues sècheresses estivales. Actuellement c’est le secteur tertiaire qui domine l’économie insulaire avec l’importance croissante du tourisme et l’agriculture occupe une place de plus en plus réduite. Elle représente aujourd’hui 2% du PIB insulaire, 3,6% de la population active et ne s’étend plus que sur 18% de la superficie totale de l’île (Carcelle, 2007). En 2010, elle comporte une population active de 136 315 actifs et un taux de chômage de

(8)

11,5% (Ngfok, 2013). Si la population active croît, c’est avant tout dans le domaine des services et du tourisme. En revanche, la population active agricole diminue, phénomène également constaté ailleurs en France. Cette diminution entamée depuis le début du XXe siècle, a été accéléré à partir du début des années 1960 marqué par un fort exode rural. L’espace rural couvre environ 80% du territoire régional, réparti également sur les deux départements et concerne 97% des communes.

Figure ? : Evolution de la population corse de 1750 à 2010 (Faye 2010 ; données INSEE et Simi)

Figure ?: Evolution de la population dans les zones d’études (Author’s elaboration ; donnes INSEE et Ravis Giordani)

0 5000 10000 15000 20000 25000 1770 1914 1970 2012 1. Canton du Figari 2. Golfe de Lava

3. Région du Fium'Orbo (Plaine Orientale)

4. Plaine Orientale (SUD) 5. Vallée du Tavignano

6. Communauté de Commune (CC) de l'Oriente

7. Castagniccia

8. Plaine Orientale (NORD)

9. Vallées du Golo et de ses affluentes 10. Plaine Littorale de Calvi

(9)

2. Présentation de la Corse – Données Agricoles

Le secteur traditionnel de l’agriculture et de l’élevage reste le plus important malgré sa faible valeur ajoutée. On recense actuellement environ 2716 actifs agricoles (soit 2,2% des actifs) (INSEE, 2011). Le nombre d’exploitations agricoles corses a diminué de 21% depuis 2000, mais la disparition des exploitations reste moins importante que sur le territoire continental (-26%) (RGA, 2010).

Par contre la SAU continue de progresser passant de 155 000 en 2000 à 168 000 ha en 2010 dont 85% de surface toujours en herbe (Chambre Régionale d’Agriculture, 2015). L’agriculture corse reste dominée par l’élevage bovin viande, l’arboriculture, les ovins et la viticulture. Alors que l’élevage est l’activité qui concerne le plus d’exploitations (environ 60% des exploitations) et d’actifs agricoles et couvre la plus grande superficie du territoire mais ce n’est pas celle qui rapporte le plus. L’élevage des petits ruminants a toujours été dominant en Corse. Pour toutes les espèces, le XIXème siècle a été une période de forte croissance des effectifs. Après la seconde guerre mondiale, on observe une très forte régression des effectifs ovins et caprins. De 230000 ovins et 170000 caprins en 1940, on passe à 100000 ovins et 30000 caprins en 1970. En plus, on note que depuis les années quatre-vingt un regain relatif des effectifs de toutes les espèces. Il est le plus fort pour l’espèce bovine qui dépasse l’espèce caprine. Ceci s’explique par l’apparition de la PMTVA qui a stimulé les systèmes bovins allaitants.

Figure ? : Evolution du cheptel corse de 1770 à 2010 (Faye 2010)

Aujourd’hui la Corse est encore une région essentiellement pastorale et les élevages sont très présents sur l’île avec 660 élevages ovins, 370 élevages porcins, 400 élevages caprins et 1080 élevages bovins (Lefebvre, 2015). On estime les effectifs des cheptels à : 120 890 ovins, 41 590 caprins, 71 995 bovins, 59 480 porcins en 2010 (Ngfok, 2013 sur données RGA, 2010). C’est un élevage qui dégage une valeur ajoutée faible et qui est fortement dépendant du régime des primes pour garantir un revenu agricole aux éleveurs. Les filières de l’élevage connaissent de nombreuses difficultés à se structurer. La production de lait de brebis et de chèvres est en constante diminution

(10)

depuis 20 ans (ibid.) car beaucoup d’exploitations ne sont pas reprises et il y a de moins en moins de producteurs qui s’installent. De même, la charcuterie corse est réalisée à partir d’une grande partie de porcs importés d’autres régions de France, Espagne, Pays- Bas ou Belgique (ODARC, 2010). En plus, la filière bovine actuellement en crise fait face à une hausse des prix des intrants non compensée par la stagnation du prix de la viande.

Par ailleurs, l'agriculture corse revêt aujourd’hui un caractère très différencié. De part les conditions géologiques et climatiques existantes, l’agriculture corse est différenciée selon les zones. Sont présentes à la fois des exploitations spécialisées et intensives, axées sur les cultures fruitières et la vigne dans la plaine orientale ; et des exploitations d’élevage transhumant de type extensif situées sur les coteaux et montagnes de l’intérieur et du Sud de l'île. Les plaines, orientale et de la Balagne, se sont orientées vers des productions végétales intensives irriguées: viticulture et arboriculture (agrumes, clémentine, kiwis, amandiers et autres fruitiers), céréaliculture de maïs et cultures fourragères (prairies temporaires de céréales et de légumineuses, pures ou en mélange). Le reste de l'île connaît une agriculture extensive de montagne dont les principales productions sont issues de l’élevage et de la culture de l’olivier et du châtaignier.

Les principales productions animales sont la viande bovine (veaux/broutards, jeunes bovins à l’engraissement, réformes), la charcuterie obtenue à partir de viande porcine, ainsi que le lait caprin et ovin pouvant être transformé en fromage et en Brocciu. Ces productions animales participent pour un tiers au produit agricole corse et regroupent aujourd’hui plus de la moitié des agriculteurs. Les productions corses bénéficient d’une bonne valorisation (AOC (1983) puis AOP Brocciu (1998), AOC Miel (1998), AOC Huile d’Olive (2004), AOC Farine de Châtaigne (2006) et AOC Porcu Nustrale (2012), AOC Patrimonio (1968) et Figari, etc.) et de prix élevés liés notamment à l’attraction touristique estivale.

Figure ?: Evolution du nombre de exploitations agricoles dans les zones d’études (1988, 2000, 2010) (

Author’s elaboration ; donnes RGA - Agreste: Recensements agricoles de 1988, 2000 et 2010)

0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 1988 2000 2010 1. Canton du Figari 2. Golfe de Lava

3 Région du Fium'Orbo (Plaine Orientale)

4. Plaine Orientale (SUD) 5. Vallée du Tavignano

6. Communauté de Commune (CC) de l'Oriente

7. Castagniccia

8. Plaine Orientale (NORD) 9. Vallees du Golo et de ses affluentes

10. Plaine Littorale de Calvi 11. Région du Nebbiu

(11)

3. Présentation de la Corse – Géologie

et topographie de la Corse

La Corse est constituée de deux unités géologiques principales : la Corse hercynienne et la Corse alpine (voir figure ?). Le massif hercynien couvre les deux tiers de la surface de l’île, du nord-ouest au sud-est de celle-ci. Le massif alpin, plus récent, couvre le nord-est de l’île. Ces deux massifs sont séparés par une troisième unité géologique, la dépression centrale d’axe NO-SE, qui s’étend de l’île Rousse à Solenzara en passant par Corte. Enfin, à ces trois ensembles s’ajoutent des formations sédimentaires néogènes et quaternaires qui forment le bassin de Bonifacio au sud et la plaine orientale à l’est.

La Corse hercynienne est constituée de trois grands groupes de roches occupant les deux tiers de l’île, est

une masse de roches cristallines où prédomine le granite: des roches métamorphiques très anciennes, du Précambrien (gneiss, amphibolites) ; un socle de roches plutoniques (granites, granodiorites, gabbros) datant du Carbonifère; et enfin de roches issues d’un volcanisme calco-alcalin (dacites et rhyolithes) du Permien, à l’ouest de Corte dans le massif du Cinto. C’est donc la région des grandes montagnes, les sommets dépassent 2000m. C’est donc la partie la plus pauvre, la plus inaccessible, la moins peuplée de la Corse.

La Corse alpine, plus récente, date de l’ère Tertiaire et occupe presque tout le nord-est de l’île, déposés pendant tout le cours de l’époque secondaire. Ce massif constitué principalement de schistes lustrés et d’ophiolites correspond aux reliefs du Cap Corse et de la Castagniccia. Ces schistes lustrés datés du Jurassique et du Crétacé sont affectés par un métamorphisme alpin. C’est une région de moyennes montagnes, où les altitudes ne dépassent guère les 1200m, les formes sont souvent régularisées et adoucies, d’ailleurs dissymétriques. C’est donc un pays pénétrable, presque entièrement occupé et exploité, la Corse riche et peuplée.

Figure ? : Carte géologique simplifiée de la Corse (Gauthier), zones d’études et leurs géologie (Author’s elaboration)

La 3e zone est allongée entre les 2 autres blocs montagneux : la dépression centrale, le cœur de l’île. Elle

est une région déprimée où se sont conservés des lambeaux de dépôts dus à une transgression éocène. En dépit des derniers plissements de la fin du tertiaire, toute cette partie centrale est restée basse, constituée de roches tendres : grès, schistes éocènes, calcaires. Ce long couloir d’une centaine de km se maintient en effet au-dessous de 700m, les

1. Canton du Figari (Granitique et conglomérats) 2. Golfe de Lava (Granitique)

3. Région du Fium'Orbo (Plaine Orientale) (Alluvionnaire

et Granitique)

4. Plaine Orientale (SUD) (Alluvionnaire) 5. Valle du Tavignano (

)

6. Communauté de Commune de l'Oriente (Schisteuse) 7. Castagniccia (Schisteuse)

8. Plaine Orientale (NORD) (Schisteuse et Alluvionnaire) 9. Vallées du Golo et de ses affluentes ( ,

Schisteuse et Granitique)

10. Plaine Littorale de Calvi (Granitique et Alluvionnaire) 11. Région du Nebbiu (Schisteuse, Granitique et

(12)

versants dépassant 1 000m. Les terrains néogènes et quaternaires de la plaine orientale sont constitués d’un socle d’alluvions marines du Miocène de types conglomérats sableux et marnes, recouverts de nappes alluvionnaires fluviatiles successives datant du Quaternaire (voir figure ?).

La Corse est donc un pays de montagne, formé de versants, de crêtes et de gorges. Si la géologie explique en partie le relief, la morphologie générale de l'île est aussi façonnée par des processus d'érosion intenses, dont la dynamique est due à la fois aux pentes très fortes et au climat agressif.

Figure ? : Carte pédagogique de la Corse (Gauthier), zones d’études et leur pédagogie (Author’s elaboration)

I. Canton du Figari (sols d'épaisseur très faible:

roche mère altérée en un arène granitique

grossière)

II. Golfe de Lava (sols granitique,

)

III. Région du Fium'Orbo (Plaine Orientale)

(sols granitique et acide; sols sablo-argilleux; sols

brun sablo-limoneux)

IV. Plaine Orientale (SUD) (

argileux, sablo-limoneuses et assez caillouteuses)

V. Valle du Tavignano (sols pauvres et peu

profonds, secs, peu stables, faible teneur en argile

et en limon)

VI. Communauté de Commune de l'Oriente

(roches riches en silice et acides, texture friable )

VII. Castagniccia ( -

)

VIII. Plaine Orientale (NORD) (

anguleux et fins )

IX. Vallées du Golo et de ses affluentes (sols

granitique et acide; sols calcaires avec pierrosite

et caillouteux; sols bruns)

X. Plaine Littorale de Calvi (sols graveleux et

pierrés de faible épaisseur)

XI. Région du Nebbiu (sols granitique; sols

argillo-calcaires; sols schisteux ou colluviaux)

(13)

4. Présentation de la Corse – Le Climat

De part sa situation géographique au cœur du golfe génois et l'importance de son relief montagneux, le climat corse intègre naturellement une double influence : marine et montagnarde. Les variations très rapides des dénivelés entre le littoral et le sommet des crêtes rocheuses qui dominent l'arrière pays induisent des contrastes climatiques marqués qui se traduisent tant au niveau des températures que des précipitations. Ainsi les conditions du climat méditerranéen qui règne sur le littoral et l'intérieur des basses vallées, est caractérisé par l'extrême douceur des températures, une sécheresse estivale prononcée et des précipitations modérées (600 à 800 mm/an). Ces éléments se dégradent assez rapidement avec l'altitude.

Figure ? et ?: Carte des précipitations (gauche) et des températures (droite) moyennes annuelles (Delbosc, 2015)

Les conditions orographiques favorisent une transition vers un climat montagnard aux influences alpines avec des écarts thermiques plus importants et surtout d'abondantes précipitations (800 à 2000 mm/an) sous forme de pluie et de neige. Cette abondance des précipitations s'explique par l'arrivée de masses d'air chargées d'humidité apportées par les vents marins qui viennent se heurter aux reliefs.

Les principaux vents balayant la Corse sont :

- Le Libeccio (de secteur Sud-ouest, doux en été) et le Mistral (de secteur nord- ouest) sont des vents violents et secs en été. Ils exposent les régions nord et l'ouest de la côte occidentale et génèrent de fortes pluies au contact de l'écran condensateur formé par les sommets de la dorsale centrale (Monte Cinto, Monte Rotondo, Monte d'Oro).

- La Tramuntana est un vent violent et froid de secteur Nord à Nord-est. Quand il sévit en hiver, il apporte alors des pluies soutenues et parfois de la neige.

- Le Grécale (vent de secteur Est et Nord-est, typiquement Tyrrhénien) et le Siroco (vent de sud, tiède et humide transportant souvent des poussières originaires d'Afrique du Nord), prennent en écharpe la plaine

(14)

orientale et viennent buter contre les sommets de la Castagniccia et du Cap Corse apportant une forte pluviosité sur tout le flanc nord de la côte orientale. 


Contrairement aux idées reçues, la Corse est une région ayant un régime de précipitations homogène et important. A l'exception d'une saison sèche durant la période estivale (qui n'exclue pas des orages en montagne), les précipitations sont bien réparties tout au long de l'année. Cependant, le nord de la Balagne (désert des Agriates), la dépression centrale et la pointe sud de l'île (région de Bonifacio située à l'écart des grands reliefs) constituent une zone aride particulièrement peu arrosée.

Figure ? : Carte des amplitudes thermiques annuelles (DELBOSC (2015) sur données Aurelhy-Météo France, EVS ISTHME).

(15)

Partie 2 : PRESENTATION DES

ZONES D’ETUDES À TRAVERS

LES SYNTHÈSES DES

(16)

0. La méthodologie utilisée dans le diagnostic étudiés : l’analyse-diagnostic agraire

L’objectif d’un diagnostic agraire est d’étudier les évolutions récentes et la situation présente de l’agriculture d’un territoire afin :

- d’arriver à une compréhension approfondie de la dynamique agricole de la région

- d’identifier les implications des évolutions en cours sur les plans agro-écologique, économique et 
 social

- de formuler et/ou d’évaluer des projets ou des politiques de développement agricole. 
 1. Lecture de paysage

Cette étape, qui s’accompagne également d’une étude de cartes (IGN, géologiques, pédologiques) et de photographies aériennes, vise à étudier les conditions pédoclimatiques de la région étudiée, à identifier les différents modes de mise en valeur de l’écosystème et à formuler des hypothèses pouvant expliquer pourquoi tous les espaces ne sont pas valorisés de la même manière. La réalisation de « transect » en traversant des hétérogénéités du paysage, permet de mieux le décrire : forme du relief, réseau hydrographique, végétation, structures humaines (infrastructures et aménagements). Des coupes schématiques sont réalisées ; ces modèles mettent en lien les formes de relief, les caractéristiques pédo-géologiques et le type de végétation.

2. Etude des évolutions historiques de l’agriculture

Les modes d’exploitation actuels du milieu sont le résultat de transformations passées de l’agriculture, c’est pourquoi il est indispensable de réaliser une étude historique pour comprendre le fonctionnement d’un système agraire. Cette phase d’étude historique se base pour partie sur de la bibliographie, notamment pour les périodes anciennes, et pour partie sur des entretiens historiques réalisés auprès d’agriculteurs ou d’éleveurs à la retraite. L’étude des évolutions récentes de l’agriculture et des processus de différenciation doit permettre d’aboutir à l’issue de cette phase à une première typologie des systèmes de production actuels, qui sera amenée à être affinée plus tard au cours du diagnostic.

3. Caractérisation technico-économique des systèmes de production actuels

Cette troisième étape s’appuie sur la réalisation d’entretiens semi-directifs auprès d’agriculteurs visant à comprendre le fonctionnement technique et économique de leurs exploitations. Un échantillonnage raisonné d’agriculteurs à enquêter est réalisé à partir de la typologie établie précédemment afin que chaque système de production identifié soit représenté par un nombre d’exploitants suffisant (3 à 5 agriculteurs par système de production). La compréhension du fonctionnement technique de l’exploitation nécessite de faire l’inventaire des ressources disponibles sur l’exploitation (terre, main d’œuvre et capital) et d’expliciter les choix techniques de l’agriculteur concernant la conduite des cultures (choix de rotations, d’itinéraires techniques, etc.) et la conduite de l’élevage (choix concernant l’alimentation, la reproduction, etc.).

Outre les éléments techniques, les entretiens auprès des agriculteurs portent également sur des éléments économiques, qui permettent de calculer différents indicateurs. L’évaluation des performances économiques des différents systèmes de production permet de les comparer et d’émettre des hypothèses quant à l’évolution probable de chacun d’entre eux. Les principaux indicateurs économiques utilisés pour la comparaison des systèmes de production sont la Valeur Ajoutée Nette (VAN) et le Revenu Agricole Brut (RAB).

a. La Valeur Ajoutée Nette

Il s’agit de la différence entre les créations et les destructions de richesse :

VAN=PB–CI–Dép

Avec :

- PB le Produit Brut du système, soit la création totale de richesse du système.


 Exemple de calcul de PB pour un élevage ovin laitier : 
 PB = nb de brebis x qtté de lait/brebis x prix du lait + nb d’agneaux x poids d’un agneau x prix au kg

Exemple de calcul de PB pour une vigne : PB = surface en vigne x rendement/ha x prix du raisin au kg

- CI les Consommations intermédiaires, soit l’ensemble des biens et services consommés lors du processus de production.


Exemple de consommations intermédiaires pour un élevage ovin laitier : aliment concentré, tonte des brebis, vaccins et frais vétérinaires, etc.

(17)


 Exemple de consommations intermédiaires sur des cultures: semences, engrais, pesticides, carburant, etc. - Dép les Dépréciations de matériel, c'est-à-dire la prise en compte de l’usure du matériel.

Il ne s’agit pas là d’un amortissement comptable, le calcul étant réalisé pour la durée de vie réelle du matériel : Dép = (Prix d’achat du matériel – prix de revente éventuel)/durée d’utilisation du matériel

La valeur ajoutée va permettre de mesurer la création de richesse par l’exploitant ou les exploitants d’une exploitation familiale. On va pouvoir comparer l’efficacité économique entre les différents systèmes de production et entre les exploitations agricoles au sein d’un même système de production. On va ramener la valeur ajoutée aux principales ressources, terre et travail : VA/ha (intensification du système) et VA acti (productivit du travail). b. Le Revenu Agricole Brut

Le Revenu Agricole Brut est ce qui revient à l’agriculteur après redistribution de la VAN et réception d’éventuelles subventions :

RAB = VAN – Impôts – Salaires – Intérêts des emprunts – Loyer – Impôt foncier + Subventions

4. Analyse des résultats et comparaison des résultats des systèmes de production

Pour comparer les différents systèmes entre eux, on représente graphiquement la VAN/actif et le

RAB/actif en fonction de la superficie par actif. Pour obtenir l’équation de la droite de la VAN/actif de chaque

système, il faut distinguer les CI qui sont proportionnelles à la surface (par exemple la quantité d’engrais utilisée sur la vigne) et celles qui ne le sont pas (par exemple les frais de comptabilité ou d’entretien du matériel). De même, il faut distinguer les dépréciations qui sont proportionnelles à la surface (par exemple les dépréciations liées au bâtiment d’élevage ou au matériel d’irrigation) et celles qui ne le sont pas (par exemple les dépréciations liées à la machine à traire ou à la vendangeuse). On obtient finalement l’équation suivante :

VAN/actif = (PB/UGB – CIprop/UGB – Dépprop/UGB) x UGB/actif – (CInon prop + Dépnon prop)/actif

VAN/actif = A x UGB/actif – B
 Avec A = PB/UGB – CIprop/UGB – Dépprop/UGB et B = CInon prop + Dépnon prop


Puis pour revenir par la surface par actif on divise le A par le chargement (UGB/ha).

VAN/actif = (PB/ha – CIprop/ha – Dépprop/ha) x superficie/actif – (CInon prop + Dépnon prop)/actif

VAN/actif = A x superficie/actif – B

Avec A = PB/ha – CIprop/ha – Dépprop/ha et B = CInon prop + Dépnon prop

De même, pour obtenir l’équation de la droite du RAB/actif, il est nécessaire de distinguer les variables proportionnelles à la surface et celles qui ne le sont pas. Par exemple, les salaires de la main d’œuvre permanente sont fixes, alors que les salaires de la main d’œuvre temporaire (embauchée pour la récolte des clémentines ou les vendanges par exemple) sont proportionnels à la surface. On obtient finalement l’équation suivante :

RAB/actif = (PB/ha – CIprop/ha – Dépprop/ha – Fermage/ha – Salairesprop/ha – taxe foncière/ha +

Subventionsprop/ha) x superficie/actif – (CInon prop + Dépnon prop +Salairesnon prop +Subventionsnon prop/ha)/actif

RAB/actif = C x superficie/actif – D


Avec C = PB/ha – CIprop/ha – Dépprop/ha – Fermage/ha – Salairesprop/ha – taxe foncière/ha + Subventionsprop/ha

Et D = CInon prop + Dépnon prop +Salairesnon prop +Subventionsnon prop/ha

(18)

Figure ? et ?: Représentation graphique de la Valeur Ajoutée nette (VAn) et du Revenu Agricole Brut (RAB) (KRIEG, 2011)

Les équations des courbes étant : VAN/actif = A x superficie/actif – B et RAB/actif = C x superficie/actif – D avec E la surface maximale/actif et F la surface maximale/actif familial.

Dans l’exemple 1 (figure ?, à gauche), on a :

- B = D, ce qui illustre le cas d’un système où il n’y a pas de main d’œuvre permanente

- A < C, ce qui illustre le cas d’un système recevant des subventions annuelles proportionnelles à la 
 surface (type DPU, PHAE, PMTVA, prime à la brebis, ICHN, etc.)

- E = F, ce qui illustre le cas d’un système n’employant que de la MO familiale

C’est donc un exemple illustratif du type de résultats que l’on pourrait obtenir pour un système d’élevage ovin laitier, d’élevage bovin ou de céréaliculture.

Dans l’exemple 2 (figure ?, à droite), on a :

- D > B, ce qui illustre le cas d’un système employant de la main d’œuvre permanente

- A > C, ce qui illustre le cas d’un système ne recevant aucune subvention annuelle proportionnelle à 
 la surface.

- E < F, ce qui illustre le cas d’un système embauchant de la MO extérieure (= système patronal) C’est donc un exemple du type de résultats que l’on pourrait obtenir pour des systèmes viticoles ou arboricoles, employant de la main d’œuvre mais ne recevant pas de subventions annuelles.

Par la suite, les valeurs de revenus citées dans le texte ou représentées dans les graphiques correspondront toujours au Revenu Agricole Brut annuel, c'est-à-dire au revenu avant prélèvement de la Mutualité Sociale Agricole. Par ailleurs, les VAN seront toujours exprimées par actif et les RAB par actif familial.

(19)

1) Analyse Diagnostic du système agraire du Canton de Figari Corse du Sud :

Synthèse du mémoire de Garance Thomé (2002)

Andrea Ricci

I.

La Zone d’étude : Canton du Figari

Le canton du Figari, situé dans l’extrême sud Corse, est composé de 4 communes (Monaccia d’Aulene, Pianottoli-Caldarello, Figari et Sotta) que s’étendent sur plus de 24 000 hectares dont 14 000 sont occupés par du maquis et seulement 3 400 par les exploitations agricoles (Thomé, 2002).

Le canton de Figari est bordé au nord par la chaîne de l’Omu di Cagna (1215 m) situé sur un granite leucocrate donnant naissance à un relief escarpé recouverte d’un manteau de chêne-liège, de pins et de maquis arborescent. L’orogenèse alpine a permis la formation au sud de ce massif montagneux et suivant le même axes (sud-ouest nord-est) d’une longue et large excavation : la dépression de Figari-Porto-Vecchio, une gouttière comblée puis déblayée par le travail de cours d’eau, qui y ont laissé des alluvions récentes et anciennes. Vers le sud-ouest, comme vers l’est, des ruisseaux drainent cette plaine et viennent se jeter dans les golfes de Figari et de Porto-Vecchio, formant des zone marécageuses. A l’Ouest, la zone d’étude est bordée par la mer et remonte au sud-est

sur un plateau d’altitude aible (< 400 m) de forme rectangulaire, dont le relief est déchiqueté par de nombreux ruisseaux à faible débit que ne permettent pas un déblaiement des blocs et débris qui empêtrent le plateau.

Figura 1 : Localisation de la zone d’étude Figura 2 : Composition du sol

Les sols sont d’épaisseur très aible. On retrouve déjà la roche mère altérée en une arène granitique grossière avec pierres de toute taille, de plus en plus fréquentes et de taille plus important lorsqu’on se rapproche

des zones montagneuses, où les sols y est d’épaisseur encore plus faible et la roche affleure, rendant toute mécanisation très difficile. On distingue deux type de milieux :

ZONE 1 : Montagne et plateau de Chéra, occupés par du maquis et du blocage serré ; ZONE 2 : Plaine

C’est un climat méditerranéen avec hiver doux, été chaud et sec et des saisons intermédiaires

pluvieuses. Les températures maximales sont très élevées et la présence permanentes de vent très fortes

(Libeccio et Siroco) combinée à une intensité d’insolation assez orte contribue à augmenter l’impression de

sécheresse de ce climat. En hiver la neige couvre les sommets, mais l’insolation reste forte pour corser l’amplitude

thermique. La pluviométrie atteint les 650 mm par an. La sècheresse hivernale est a peine marquée et la

sècheresse estivale coïncide fâcheusement avec l’augmentation des températures, faisant de l’été une longue période

d’étiage fourrager.

II.

L’évolution du système agraire

Les 4 communes de la zone d’étude ont été crées à la in du XVIII siècle et étaient jusqu’alors la zone

d’hivernage de communautés montagnardes de l’Alta Rocca. Ces communes, nées du partage de l’extrémité méridionales de l’île, n’obéissent pas à la règle de division du territoire commun en trois parties distinctes (Circulo, Presa, Foresto). Monaccia n’était pas une communauté mais plutôt la zone côtière d’Aulene et Zerubia, et son

(20)

territoire était réduit à la zone des terres céréalière (13%) et des pâturages d’hiver (80%) et la propriété privée y représentait moins de 2% de la surface (Defranceschi, 1986). Figari par contre avait déjà une population d’agriculteurs sédentaires et la propriété privée y représentait 99,97% du territoire. Ellea été érigée en commune indépendante en 1791. Monaccia connaît l’implantation d’une ébauche de population sédentaire avec la descente de quelques montagnards d’Aullene et de Zerubia à la fin du XVIII siècle qui s’approprient une partie du sol. Pour mettre fin aux conflits entre ces nouveaux agriculteurs sédentaires et les bergers nomade qui avaient l’habitude d’utiliser ces territoires un partage définitif eu lieu 1825 donnant naissance aux actuelles communes de Monaccia d’Aulene et de Pianottoli-Caldarello. La formation de la propriété privée est donc la conséquence logique de l’établissement des montagnards sur la plaine côtière de leur territoire avec une extension des terres cultivées.

La population corse double au cours du XIX siècle, sous l’effet conjoint d’une natalité importante et d’un léger excédent d’immigration. Cet phénomène est à l’origine d’une extension de terres cultivées en direction des plaine dont la population était encore restreinte. Ainsi, la population de Monaccia augmente rapidement et ses terres cultivées couvre la quasi-totalité du territoire communal en 1891. L’évolution est semblable pour Pianottoli-Caldarello. Le territoire villageois est alors presque exclusivement en propriété privée, mais on distingue trois groupes de propriétaires : 1) les grands, possédant beaucoup plus de terres qu’ils ne pouvaient en cultiver ; 2) les indépendants vivant du fruit de leur travail sur leur propre terrains ; 3) les petits contraint d’en louer une partie ou de vendre leur travail comme journalier aux grands propriétaires. La population du canton de Figari vivait dans des maisons groupées en hameaux situé à mi-pente du massif de Cagna ou sur le plateau de Chéra et exploitait des jardin à proximité de ces villages. L’élevage y était dominant, les culture pérennes (vigne et olivier) ayant une place très restreinte. Les relations avec les communes mères restaient très important surtout du fait de l’insalubrité de cette zone et du fait des liens parental.

La culture céréalière connaît son apogée aux alentours des années 1860, elle décline ensuite laissant place a l’élevage. La blé était cultivé sans aucune fumure avec des instruments rudimentaires et sur terres pauvres et son prix était bien supérieur que le prix du blé du continent avec lequel il était en concurrence. Au contraire, le lait du brebis connaît une évolution positive et les bergers voient leur situation s’améliorer. En plus, la Corse connaît une diminution importante de sa population entre 1900 et 1945. La première moitie du XX siècle voit donc un recul très importante de l’agriculture non seulement au profit du pastoralisme mais également un abandon des terres le plus ingrates. Les pacage ont replacé les céréales. Jusqu’aux années 1950, l’agriculture reste une agriculture d’autosuffisance associant culture et élevage. L’agriculture était familiale sur de petites surface en propriété et l’élevage utilisait des zones de parcours indivises. La vigne tient une place importante dans la zone d’étude aussi après la crise phylloxérique. L’olivier, préservé et greffé, fournit seulement le fruit nécessaire à la fabrication de l’huile familiale et une maigre monnaie d’échange contre la farine de châtaigne (les châtaigniers était totalement absent de cette zone). Le maquis était une source de revenu monétaire a travers la production de charbon. L’élevage était dominant : vache à viande et brebis et chèvres laitiers occupent les terres rendues à la prairie et au parcours. La transhumance était la solution adoptée pour remédier à la disette estivale.

La seconde guerre mondiale vient frapper de plein fouet cette population déjà fragilisée et le retard tant économique que démographique de l’île ne fait que s’aggraver. La petite polyculture associées à l’élevage est le modèle dominant, mais le système agraire en général est encore très extensif et des rendements très faibles. L’épandage massif de DDT par l’armée américaine va permettre une évolution : avec cette démoustication, il n’est plus dangereux de passer l’été dans la plaine. En 1962, le gouvernement français met en place des aides très importantes pour l’installation de rapatriés de l’Afrique du Nord, qui permettent la formation de grandes domaines bien mécanisés dans la viticulture. En cette période, on observe un phénomène de concentration de l’activité agricole : le nombre d’exploitations est divisé par trois en 30 ans alors que la surface moyenne par exploitation double. La surface cultivée diminue, témoigne du phénomène d’exode rural commun à la France entière mais accru en Corse du fait d’émigration massive.

Apres les évènements d’Aleria (1975) la crise viticole touche durement cette zone, qui s’était orientée vers une production de masse mais de qualité médiocre. La PAC favorise un net recul de la viticulture avec l’instauration des primes à l’arrachage en 1976 et une reconversion vers l’élevage bovine (prime à la vache allaitante 1980) et ovin laitier, puisque la vente du lait que sa transformation sont rentables. La vignoble a perdu beaucoup en surface mais il a été restructuré et a gagné en qualité puisque la quasi-totalité du vin de Figari est en AOC. L’élevage ovin a perdu du terrain pour deux raisons : l’épizootie a décimé les troupeaux du sud de la Corse en 2000 et l’élevage bovin est devenue plus attractive parce que les revenues sont assurés par des primes et ce mode d’élevage libère beaucoup plus de temps, permettant d’exercer une activité complémentaire.

III.

Le système agraire actuel

Le RGA 2000 recense 92 exploitations agricoles dont 40 exploitations classées en professionnelles, pour

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165 de vignes (dont 158 vigne AOC). La superficie irrigable est de 607 hectares mais la superficie irriguée est de 204 ha (RGA 2000). La part de la surface du canton de Figari réellement exploité par l’agriculture se réduit a 15 % du total. L’agriculture du canton du Figari est dans une dynamique de concentration des exploitations d’élevage et de développement de l’élevage bovin aux dépens de l’élevage ovin trop exigeant en travail. La population agricole est en recul, puisque les départs en retraite sont rarement compenses par des reprises. On assiste à l’émergence d’une classe de jeunes agriculteurs décidés à revitaliser cette zone en faisant la promotion d’une production de qualité (vin et viande de veau) et en jouant sur la poly activité grâce à l’agrotourisme.

On a distingué deux type de milieux d’après leur caractéristiques morphologique:

ZONE 1 : Montagne et plateau de Chéra, occupés par du maquis et du blocage serré, se caractérisent par la très

faible profondeur des sols, leur pauvreté et l’affleurement très proche de la roche mère qui rendent la mécanisation très difficile. Cette zone est exploité par un élevage très extensif;

ZONE 2 : Plaine, qui présente une gradation : le bocage est de plus en plus ouverte lorsqu’on se dirige vers l’Est.

Ces terres de plaine concentrent aujourd’hui l’essentiel de l’activité agricole.

Figure 3 : Zonage de la zone d’étude

Ils sont été identifiés et modélisés 7 systèmes de production:

Les systèmes de culture :

SP Maraîchage : Systèmes de cultures maraîchers (Elles sont généralement fait de néo ruraux, non originaires de Corse. Ces exploitations disposant d’une très faible surface en propriété ont choisi la voie de l’intensification en travail

(22)

par le biais du maraîchage.)

SP Viti : Système de culture viticoles (La vigne est une culture traditionnelle de l’extrême sud corse et le vins du canton de Figari bénéficient d’une certaine renommée, permettant un bonne valorisation du produit. La quasi-totalité du vignoble est en AOC. La vigne dégage une valeur ajoute nette par hectare importante, mais son extension est limitée par l’obligation de disposer de droits de plantation.)

Les système d’élevage :

SP POF : Système « Petit élevage Ovin avec transformation fermière » (Ces petites exploitations ont un cheptel restreint, moins de 250 têtes, mais se caractérisent surtout par un foncier peu sûr.)

SP GOF : Système « Gros élevage Ovin avec transformation » (Ces exploitations disposent d’un large cheptel de brebis laitière de 300 à 600 têtes de race corse ou croisée avec des brebis sardes, elles sont principalement menées dans la plaine et sont caractérisées par une très bonne maîtrise du foncière Il font appel à une main d’œuvre salariée.) SP GOL : Système « Gros élevage Ovin avec vente du Lait » (comme le système ici dessous.)

SP BHE : Système « Élevage Bovin Hyper-Extensive » (exploitations que n’ont pu réaliser d’intensification fourragère du fait du manque de sécurité foncière ou de disponibilité de capital et ont basé leur stratégie sur l’hyper-extensivité.)

SP BIF : Système « Élevage Bovin avec Intensification Fourragère » exploitations localisées dans la plaine et orientées vers la production de veaux bien conformés valorisable en grande surface en utilisant des reproductrices croisées et des taureaux en provenance du continent.

Figure 4 : Comparaison des RAN/UTAf des différents S de P

IV.

Dynamiques actuelles, perspectives et relatifs pistes du développement

L’étude de le système agraire de le Canton de Figari permet de faire des hypothèses sur l’évolution de l’agriculture sur la zone d’étude :

 Les exploitation ovines familiales et maraîchères risquent de disparaître lorsque les exploitations prendront leur retraite. Ces systèmes dégagent un revenu modeste et ils sont très demandeuse en travail. Un nombre de petit éleveurs réoriente leur exploitation vers l’élevage bovin qui assure un revenu minimal grâce aux primes et laissent du temps pour permettre une activité complémentaire ;

 La viticulture est dynamique. On peut supposer que ces exploitations vont dégager des revenus qui vont augmenter dans les années à venir grâce à la politique de qualité et promotion du produit ;

 Les petites exploitations d’élevage disparaissant avec la retraite des exploitants, on s’oriente certainement vers un concertation des activités d’élevage (ovin et bovin) avec une intensification fourragère ;

(23)

 L’élevage bovin est dominante dans la zone, mais dégage une valeur ajoutée faible, ce qui fait que le revenu dépend largement du montant des primes. Si les primes seront revues à la baisse les éleveurs bovins de la zone connaitront de graves difficultés.

L’agriculture du canton de Figari pourra se développer grâce à une meilleure maîtrise fourragère (et donc la maîtrise des coûts de production), la promotion de ces produits de qualité et porteur de l’identité corse (qui bénéficient d’une meilleure valorisation) et la diversi ication vers l’agrotourisme, qui représente une source de revenue complémentaire importante mais également l’assurance d’un débouché pour les produits locaux. En effet, le canton de Figari est déficitaire en offre de lits pendant la saison touristique alors que cette zone bénéficie d’atouts climatiques et paysagers uniques, ainsi que de la proximité de grands pôles touristiques que sont Porto-Vecchio et Bonifacio.

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2) Analyse Diagnostic de l’agriculture du Golfe de Lava Corse du Sud:

Analyse des pratiques pastorales de brûlages agricoles

Synthèse du mémoire de Cécile Carcelle (2007)

Andrea Ricci

I.

La Zone d’étude : La Plaine Orientale du Sud

La zone du Golfe de Lava, située en Corse du Sud, à une quinzaine de kilomètres au Nord d’Ajaccio est une

zone périurbaine, mais aussi littorale et touristique, qui fait l’objet d’une forte pression foncière. Cette zone d’une quarantaine de kilomètres carrés comprend quatre communes : Afa, Alata, Appietto et Villanova. Toutes les

communes de la zone d’étude ont été crées durant le XIX siècle et sont issues du même mouvement d’installation des bergers transhumants des villages de Bocognano et Bastelica. Toutes ces communes sont administrativement rattachées au canton d’Ajaccio. La densité démographique de la zone d’étude est de 150 habitants/Km2. Deux principaux axes routiers traversent cette zone et mènent à Ajaccio : la D461 reliant Alata à Ajaccio, ainsi que la D81 reliant Afa à Ajaccio.

Figure 1 : Localisation de la zone d’étude Figure 2 : Géologie de la Corse

La zone d’étude est située dans le massif occidental de Corse constitué de granites hétérogènes plus ou

moins résistants et présente un relief accidenté. Tous ces granites sont acides et la proportion de silice et surtout de

quartz est le critère de différenciation constituant les éléments essentiels de résistance de chaque type de granite (Simi, 1981). Les sols de la zone d’étude sont granitiques, graveleux et caillouteux, peu argileux et acides. Ce sont des

sols bruns à bruns lessivés en fonction du type de granite et de la position par rapport aux versants. Les sols bruns se

développent entre autres sur des terrains siliceux. Ainsi la zone est aujourd’hui constituée de quatre massifs assez

pentus et au relief élevé, entourés de zones d’effondrement. Deux de ces massifs, situés au Nord et au Sud du golfe

délimitent la zone d’étude. La limite Est de la zone d’étude correspond à la fin de cette surface d’effondrement d’Afa qui débouche sur la plaine alluviale de la Gravone. Géo-morphologiquement, la zone peut-être délimitée en trois sous

zones :

• le ond du gol e ainsi que les bas de versants et zones d’e ondrement entre les massi s : ces secteurs ont un relief assez plat et ce sont des terrains mécanisables. L’altitude y est comprise entre 0 et 20 mètres.

(25)

deviennent abrupts. Ces terrains sont pentus et difficilement mécanisables. L’altitude entre 20 et 700 mètres

• Enfin vers le Sud-Est, la redescente de l’autre coté des versants d’Alata aboutit sur la sur ace d’A a, une zone vallonnée de basses collines aplanies ayant profité de l’érosion des Gozzi. L’altitude entre 150 et 220 mètres.

Figure 3 : Territoires des communes de la zone d’étude Figure 4 : Légende du transects

Figure 5 : Transect de Pevani à Villanova Figure 6 : Transect d’Appietto à Alata

La zone connaît un climat méditerranéen caractérisé par de longues sécheresses estivales s’étalant entre les mois de mai et septembre. Les hivers sont doux et les gelées inexistantes. L’autre caractéristique de ce climat est la violence ainsi que l’irrégularité des précipitations.Leur total annuel est de 640 mm.

De nombreux ruisseaux sont présents sur la zone et coulent au fond des talwegs mais il n’y a pas aucun fleuve ou rivière au débit important. Le principal ruisseau est le Lava dont la source est située à Appietto, et qui se déverse dans la mer Méditerranée au niveau du golfe de Lava. Le débit des ruisseaux de la zone est proportionnel au rythme des précipitations avec un décalage de trois à quatre semaines. L’altitude de la zone d’étude est comprise entre 0 et 750m ce qui correspond à l’étage de végétation méso-méditerranéen. La végétation caractéristique de cet

étage est le maquis.

En conclusion, les analyses géologiques, pédologiques et climatiques montrent que cette zone est peu

avorable au développement d’activités agricoles. En effet, de nombreux terrains sont pentus ou pierreux et par

conséquent difficilement mécanisables. De plus, les sols sont peu épais, acides et filtrants et sont associés à des

précipitations irrégulières et des sécheresses estivales. Il n’y a pas sur la zone de fleuves ou de rivières au débit

important et les agriculteurs n’ont pas accès à d’importantes infrastructures d’irrigation. Toutes les parcelles ne sont pas clôturées et sont par conséquent peu identifiables, les prairies sont reparties entre des prairies permanentes (gyrobroyées) et des prairies artificielles (semées annuellement). Les parcours sont des parcelles utilisées pour le pâturage des animaux sur les versants non mécanisables de la zone. Ces parcelles sont soit non entretenues soit entretenues par des brûlages réguliers. Une double dynamique d’utilisation du territoire est présente sur la zone d’étude. Au Nord du golfe, zone où les brûlages sont autorisés, la dynamique est l’entretien des parcelles par brûlages et l’utilisation de tous les terrains. Tandis que sur les massifs du reste de la zone, seules les parcelles les plus planes sont mises en valeur et les autres parcelles sont abandonnées. Donc, l’essentiel des activités agricoles est par conséquent situé sur les zones d’effondrement d’Afa et entre les massifs où se situent les prairies permanentes et artificielles.

II.

L’évolution du système agraire

Autrefois zone inhabitée dévolue à la transhumance hivernale des bergers montagnards, cette zone a

progressivement connu au cours du XIX siècle l’installation de ces bergers et la création des villages agro-pastoraux composant cette zone. La crise céréalière du début du XX siècle libera d’importants espaces utilisés pour l’élevage pastoral. Puis l’arrivée des fromageries Roquefort ainsi que l’importante émigration que connut la population corse,

(26)

encouragea cette spécialisation pastorale de la zone d’étude et favorisa le maintien d’éleveurs ovins et caprins. Le feu représentait alors une technique d’ouverture des milieux précédent l’ensemencement.

L’importante diminution démographique durant la première moitié du XX siècle aboutit à la spécialisation des exploitations de la zone d’étude en élevage ovin laitier. Les différents statuts fonciers des exploitants donnèrent lieu à différentes dynamiques d’utilisation du territoire durant les années 70. Les exploitations jouissant de terrains en propriété se mécanisèrent, concentrèrent alors leurs efforts culturaux sur les parcelles planes et abandonnèrent les coteaux. Simultanément, l’utilisation des brûlages ne se maintint que sur la commune d’Appietto et les exploitations de cette commune développèrent cette technique comme unique mode de gestion de leurs parcelles.

La pression oncière et le développement de l’habitat périurbain d’Ajaccio figea les inégalités foncières des exploitations et signa le début d’une concurrence sur les terres de cette zone entre agriculture et habitat. Cette pression foncière constitua alors un frein de développement important pour les exploitations ayant leurs terrains en location.

La diminution constante des exploitations durant les années 80 puis 90, couplées à la possibilité d’incinération des parcelles, permit aux exploitants d’Appietto d’agrandir de manière considérable la surface de leur exploitation en élevages ovins et caprins laitiers puis plus récemment en élevages bovins de type ranching. Les brûlages pratiqués sur cette commune depuis les années 70 devinrent de plus en plus fréquents et incinérèrent des surfaces de plus en plus importantes. Ainsi au début des années 2000, un dispositif fut mis en place afin de limiter la dangerosité de ces

feux ainsi que leurs surfaces.

Figure 7 : Localisation des zones des brûlages pastoraux et de pression foncière périurbaine

III.

Les systèmes de production actuels

L’agriculture du golfe de Lava est peu différenciée. Elle est spécialisée vers l’élevage de type extensif ovin laitier ou bovin allaitant basé sur des races rustiques adaptées à ces conditions difficiles valorisant ces terrains peu favorables. Les exploitations pastorales semblent être le type d’exploitations s’accommodant le mieux à la pression foncière en valorisant des versants abandonnés et participent à la lutte contre les incendies. Environ quarante

exploitations d’élevage sont présentes sur cette zone. L’essentiel des exploitations sont des exploitations familiales à un ou deux UTH. Trois des quatre type d’exploitations présentes sur la zone reposent sur des races ovines, caprines

et bovines rustiques de race corse. Une des caractéristiques des élevages de la zone d’étude est la pratique de la

(27)

de la zone est assez complexe et représente un des principaux freins de développement des exploitations de la zone. Les politiques foncières des communes de la zone durant les dernières décennies semblent avoir favorisé le développement de zones d’habitation. La SAU totale de la zone d’étude a diminué de plus de 40% depuis 1970. Cette précarité du statut foncier des éleveurs n’encourage pas la réalisation d’investissements et favorise les pratiques de gestion des terrains à court terme telles que les brûlages pastoraux par les éleveurs que est la principale caractéristique de la zone du golfe de Lava. Toutefois l’évolution historique montre que cette pratique agricole est concentrée au Nord du golfe, sur le territoire d’Appietto qui est un secteur peu urbanisé. Au sud de la zone la diminution de main d’œuvre familiale et du nombre d’exploitations, ainsi que de moto mécanisation de certaines exploitations a provoqué l’abandon des terrains les moins favorables de la zone qui se sont retrouvés recouverts d’un maquis dense encore présente aujourd’hui. L’agriculture du golfe de Lava est aujourd’hui fortement stigmatisée en raison de la pratique des brûlages, et cette pratique sert d’argument notamment aux maires des communes afin de limiter les surfaces agricoles de cette zone.

Quatre types d’exploitations ont été identifiés selon leur dynamique historique, leur fonctionnement

technique et leurs résultats économiques :

 SP n°1 : Éleveurs ovines laitières « extensives »

 SP n°2 : Éleveurs ovines et caprines laitières avec intensification fourragère

 SP n°3 : Éleveurs bovines allaitantes avec intensification fourragère

SP n°4 : Eleveurs bovines allaitantes de type ranching associées à une activité d’agrotourisme ou à un atelier d’élevage caprin laitier.

Figure 8 et 9 : Comparaison de la valeur ajoutée par actif pour chaque système de production (par hectare et par UGB)

Les courbes de modélisation économiques montrent que la valeur ajoutée créée par hectare par le deuxième système de production (ovin intensifié) est naturellement supérieure à celle par hectare du premier système de production (extensif). La différence est encore plus forte entre la productivité des éleveurs de bovins intensifiés et non intensifiés. De même que la productivité des éleveurs extensifs transformateurs et beaucoup plus forte que celle des éleveurs qui vendent leur lait.

Il est fort probable que à moins de transformer eux même leur lait les éleveurs ovins laitiers extensifs, bien que leurs revenus soient situés au-dessus de seuil de reproduction, disparaissent à court terme de la zone d’étude. Par contre les revenus des exploitations d’élevages ovins laitiers livreurs avec intensification fourragère sont supérieurs aux seuils de reproduction et d’incitation à l’installation, mais cela est conditionné par leur situation dans des zones labourable. Les éleveurs bovins allaitants avec intensification fourragère ont les meilleurs revenus pas actif de tous les systèmes de production de la zone d’étude. Ces résultats pourraient laisser penser que d’autres éleveurs ovins avec intensification fourragère pourraient se reconvertir vers ce type d’élevage, mais cela est lié au régime de subvention. Toutes les exploitations de la zone d’étude montre une fort dépendance aux subventions, mais elle est la plus importante pour les éleveurs bovins allaitants avec intensification fourragère dont les subventions représentes aujourd’hui 70% de leurs revenus.

L’élevage caprin laitier génère des revenus intéressants dans les zones les plus pentues, couplé à l’élevage bovin allaitant extensif.

Figure

Figura 1 : Localisation de la zone d’étude   Figura 2 : Composition du sol
Figure 1 : Localisation de la zone d’étude          Figure 2 : Géologie de la Corse
Figure 3 : Territoires des communes de la zone d’étude      Figure 4 : Légende du transects
Figure 7 : Localisation des zones des brûlages pastoraux et de pression foncière périurbaine
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