QUELLES PERSPECTIVES APRES LA
CONFER~NCEWCCE-81
C. PELLEGRItH
Centre Universitaire d'Informatique
Universit~
de
Gen~ve24, rue du Général Dufour
12I1 GENEVE 4
Les r0flexions qui sent pT~sentdes da!]s cet article sont ment has6es sur les id~es et les impressions qlle l'auteur se fÔdire .lcrs de la trc.isiÈme conférence sur l '.lntorrnatlç 1-;:[ 1'en::-,,-"Ù:;nement. Il l~e faut pa~ ''/oire ici aL"tre chose que 1::.: ref.<et d'''-'pin.iclfJS rt~rsonnelles qui, t.zen que ['artaCJÉes par d'autIE'f::,', nE
Introduction
Du 27 au 31 juil let 1981 s'est tenue à Lausanne la 3ème Conférence
mondiale sur l'informatique et l'enseignement, manifestation plus
connue des spécialistes par son acronyme anglais WCCE-81 (pour World
Conference on Computer in Education). Cette manifestation venait après celles d'Amsterdam en 1970 et de Marseilles en 1975. Cependant il ne faut pas déduire de cette chronologie que le prochain congrès
WCCE
setiendra en 1988 dans un lieu qui reste à déterminer, car de l'avis unanime des participants à la conférence de Lausanne) il faut augmenter la fréquence des manifestations WCCE. Ceci est d'autant plus important qu~ l'informatique prend une place de plus en plus grande dans l'enseignement et que son impact prend des formes extrêmement diverses auxquelles personnes n'auraient pensé il y 2 encore quelques années. D'autre part la pénétration des ordinateurs personnels dans presque tous les secteurs de l'activité hurr:aine fait qu'il est indispensable de donner à toute personne une "culture'l in format iquej donc l'ordinateur trouve sa place dans l'éducation à la fois comme out ils d'enseignement et comme sujet d'étudee
nécessaire d'offrir des occasions de plus en
I l est par conséquent plus nombreuses où les l' informat ique l'enseignement
spécialistes de
rencontrer et échanger leurs
et de
idées; ceci af in
peuvent se
dlarmoniser l'interpénétration des deux disciplines et d'éviter les à-coups que provoque une mauvaise maîtrise d'une technologie de pointe.
,ICCE-81
PIJc~e dan~ la perspective des rnanifestations d'Amsterdam et de ~·1arseilles, lA conférence WCCE-81 à Lausanne n'a pas marqué UI1 profond
cllanfement. 113 communications furent présentées en sessions alors que
6k C,)1nl'lUn icat ions furent rf'tenues pour participer à des tables rondes. Ainsi sur les 120 communications proposées 181 purent être portées au programme de la conférence, ce qui représente un pourcentage sensible:npnt supérieur aux précédents. Par conséquent, un plus grand
nonbre de personne a pu s'exprimer; ce qui est un des buts essentiels
df' ct" genre de grandes manifestat ions mündiales. En ce qui concerne If:"; thèl7les recouverts par les communicar ions, cela ne surprendra
pprS<..)(lflt:' cie di.~e que l'éventail à Lausanne était plus 1ar ge qu a
.'
Amsterdam DU Î-1arsei Iles. Certains thèmes faisaient leur entrée à
i-,lCr:E-81, comme par èxemple les systèmes " v ideotex" ou les ordinateurs
personnels, alors que d'autres disparaiss<lient. Ces disp.3ritions ne
doivent pas être considérées comme définitives, car toute
r.allifestation scientifique est, par son contenu, comparable à une
photo instantanée el ne peut être que le reflet d'tJne réalité
momentanée. Ainsi donc la conférence WCCE-81 de Lausanne a offert à
plus de 1"300 participanti:> un choix de 181 communications et une exposition de matériel et df' logiciel oÙ le micro-ordinateur et le jeu didactique règnaient en maître. Il faut également signalé une heureuse innovat ion des organisateurs qui, pour favoriser les cont ae ts individuels et les discussions par petits groupes, ont organisés un pet it-déjeuîlèr-débat qui regroupait, par table de 8 à 10 personnes, des participants désireux de débatre d'un sujet particulier~ à chaque
table une personne faisant autorit~ en la matière était changée
dlanimer la di::icussion.
Ouelques mots-clés issus de WCCE-81
Si de nombreuses communications prtisentées à WCCE-81 portaient sur les thèmes "classlC]ues" de l'informatique-et-enseignement, d'autres abord~rentdes sujets nouveaux.
(èS ,1(,IJ'h':'jll:< thèi:1p.cc, jPU',h"nt ?-trl? t:l1r,,(t,1rj~É:~ [l<1r 1('5 n'ts-cl';;s S!Jivanr.-:; : - réseaux - bases de donl~~cs - ordinRtpurs rersonnl~ls - nouvelles techlL)!ügies.
si les précédent"> rr:anift'statinns \",;C(r: nt" rnentionr.aipnt ou peu le.':> micro-prucesseurs, ceux-ci font UOf' entr<~e f>n force ~t presque toutes les COffil.lllnicilt ions y faisai\-"nt référt?ncl~il un ti~re ou à un autrea
Les réseaux qui "1va ienl déià percl~ l(lr~ dl" la prt-~cédenU~ conférence, prena if'nt 1loccasÎ'-ln de \o:CCE-S 1 des dimensions nouvelles. Ils se f."lis.1ipnt locaux, [Jé1tilE1<1UX ~)IJ 111[ernatlnn;1Ilx.
Lp.s bases de Jonnét~s) qui .";(1nt des élt-5ments-clés dans bien des applicat ions de 11inf,1rmarique clans l'enseiKneflk~nt (même SI ce n'est pas Sl)US ltappellation offi(ie1Il': de "bases dt": données"), connaissent un regain d'intérêt avec les systèmes répart i.'3 et les réSl'<111X.
presque ol!1niprésents au même Les ordinateur lnicro-pr()CeSSèllrs, personnels turentJ dan s le s titre que COmtnlJn icarions présentées L1.lIS;-:lnne et dans tes convers3t Inn::;. Ces nouvelles Q:'lchines de taille hllmain2, mais rie rllissanc~ f,igantesque, constitllent le '-loyen idéal ?0Ur faciliter la pénétrdtion de l'infonnatifJue dans l'enseignt>tnent. Elles sont universelles, versatiles, fidbles {~t le nOfrlbre de logiciels disp()ni~lE'sest très grand. De plus des langa,t',es,
tels que Logo, qui n'étaient dispoIltbles que sur dt:~~rande:-;
installat ldns, sont mai:1t2nant adaptés aux ordi:13tf'UrS personnels; ce qui ouvre des s~cteurs d'utilis.J::ion 5usqu1ici inaccessihles.
Des nouvelles technologies, pas nécessaîrer<lent lnfnrmatiques comme le vidéo-dis(]ue, viennent de ;Jlus eu ~lus com;:->l":tf'r l'\)rrlinatt:ur pour
pn faire un instrl1r1f,'nt hlPn ad.lpt'é ?! sDn uti1iS:lt i:)n dans If'
S€cteUl-particulièr de l'ensf'ignement. C'est ainsi qU(~ Les systèmes vidpotex peuvent constituer II? moyen de diffusion df> logicif'l dida<'tique ou, en offrant des ser\rlces d't>nsPlgn2ment, ils peuvi?nt êtrp des Doyens de
diffusion de connaissances. p;:'Jrrr:i ces nou'Jelles tr-"chnologips, la synthèse (t:,t htentôt la reconnaissancp) dp la vl,ix donne une nouvpl1e dimension aux appticatinns didacti("jues dt' l'informatique et permet
Persp0ctives après WCCE-81
Li c\lnférence ',·,'CCE-81, ayant 3bordé des sujets nouveaux, a ouvf:rt c!ps persppct ives nO'Jve Iles qui peuvent être réunies dans quatre orientations principals brièvement décrite ci-dessous:
1) Rarprocher 1f' 5YstèffiP_..;d"e:--,-l_'",u-,t..;i..;l..;i"s:.:ac:.-t"p:..:u=r • ce que permet le rnicro-ordinateur ou l'ordinateur personnel, mais les efforts
doivent être poursui vis pour que J'uri 1 isateur ait l'SOUS la main't
t:,t .?l SJ Sf'Ule disposit ion le maximum df' ressources. ) '
-
,
Rendre les tiyst~mes simple d'emploi.; cet objectif doit êtreréalisé Si l'on veut quP l'insertinn de llinformatique dans
l'f'llseignenwnt sl e ffectue "naturellellent". A une époque oÙ les fac!-t'ur~ humains des systèmes infor~r;atiquès sont enfin considérés aVrC 11 int6rêt et le sér ieux nécessaires, il est i.ndispensable de
joue r de t outps les rendre les systèmes
infor~atiquesd'enseignpment adapt~s et adaptables aux besoins des utilisateurs. Pour cf>la il faut drvelopper ou poursuivre les développements des langages dlintt.::>racti.on, utiliser le graphique et 11 synthèse/reconnaissance de 1~ voÎxo
J) Faciliter llaccès aux informatll)ns; DCllH créer une véritable
communauté d'utilisat~urs et pour faeiliter lléchange
dl i.nformations, il faut développer le:3 r-éseaux et augmenter les capacités de stockage local .<][in de permettre de disposer sur ?Jélce de toutes les informations nécessaireso
~) Développer des banques d'informations; tout comme il existe des
biblilJthèques d'ÜlJVrages pédagogiques et didactiques il doit
eXister des bast-'s df' données rassemblant des logiciels et des (joni1(~t:'- ;'édagogiques el didactirpJP'3o Dans ce domaine les outi ls infcnmatlCjues eXl:3tent, ce sont les systèmes de gestion de basf's de données; il s'agit donc ~lus d'uil effort visant à rassembler lps informations, à constituer les bases de données, à diffuser et à rendre access ible leurs contpnu qui doit être entrepr is. Cette br~ve énumération des perspectives et des objectifs n'est pas (-::,xri,·.:J.us~-i·~'e et certains travaux futurs viseront à mettre en valeur JIautres nripnt,1linps; ln prochalLlf' manifestation ~ICCE mettra en évidence les options retenues par les chercheurs et les utilisateurs.
I l y
qu'aucune. '~·lY.Hl1unicattlHl n'v 2Ît fail dirpctt'.'Trif'nt rpt~rence, ,.,st
ressortit'" dt' ~dusieurs discussion'.;: c'est l'e:Tlrloi dp systènf~S-p.xperts ':HJaptés ;~ l'f'nsei;.?nement. Il pst pvidcnt que CAS systèr:1es sont des olltils f'lico:n= peu répandus et qu'il est dlfficile d'en ~v.]JlJer l'irr.i.l<,ct sur l'pJlsf'i:~nl:mf'nt;n{,lnfTIoins leur domaine d'application très 1ar';'è pt leur puissance font quiils peuvent prenùre une ;'lldce impnrtante à côté des SystèfilE"S existant:,.
Cunclusioll
L'informatique et l'enseignement ont, après une pause, yr-pris leur développelTient ;·iVec des apt ions ~)]LJS réal istes se Ion les rli.res de.s spéci~::jlistes et si tJn parlait EAü, Enseignement Assisté par
Ordinateur, certains n'hésitent pas .?J. dire qu'il faut r.laintenant parler EIAO, Enspi~.nement Intelligemment Assist~ par Ordinateur. De
plus, et comme le Professeur A.P. Ersho\! le relevait dans sa expos{' introductif: llies ordinateurs ont déjà trouvé leur chemin vers les
écoles et leur nombre ne Vf.I. que croître. Ce qui est nécessaire
maintenarlt c'est de promouvoir un effort intellectuel pt
d'organisation concert~ pour canaliser ce processus de façon contrôlée
et éducativernent valable". IIinformatique est devenue la seconde
alphabétisation.
Références
1. World Conference on Computers in Education, 1970. Edited by B. Scheepmaker and K.L. Zinn. 1Fl", Amsterdar:l, 1970.
2. Compllter in Education.
Edited by o. Lpcdrme and R. Lewis. North Holland, 1975.
J. Comput~rs ln EduCéltion.
E:dited by R. Lewis and E. D. Tagg North Holland, 1981.