1
11
A PROPO
S
D
E L'ÉN
ONCÉ DE LA FONCTIO
N
D
ES
OBJETS TECHNIQUES
Première étapede la leço n detec hnologie, l'éno ncé de lafonction d'un objet technique conditio nne sou-vent la déma rche quisera suivie par lemaît redans lacond uite de la classe et éveille aussi l'inté rêt desélèves pour le sujet traité.
Cetarticleexpose quelques réflexions person nelles issuesde critiq ues deleçons de C.A.P. E.S .ou de la
lecture des manuels de tecbn ologie. "
Lesinstruc tions officielles précon isent que «le plus souvent,la technologieseraenseignéeà partir d'un appa reilexistant...»,nous optero ns don cpourdesexemplesde leçonstraitéesàl'aide de la méthoded 'obser-vation et d'a nalyse, l'objet éta nt effectivement misentre les mainsdes élèves.
I. -
R
ÉFL EXIO NS SU
R L
E C
ONTENU D
E L'ÉN
ONCÉ D
'UNE F
ONCTION
L'obj et technique représente une des soluti ons du problème posé par la nécessité de satisfaire à un besoin donné. Tous les éléments dé ce problème doivent être fournis claireme nt et complètement dans l' énoncé de la fonction constituant ainsi un excelJent exercice de co ndensation dans un langage précis et ordonné.• Par exemple,dansle casd'unséche-cheveux, le besoinà satis faire est évident«sécher des cheveux mouil-lés», mais pour cela, ilfaut un courant d'air, le guider et le chauffer d'o ù la fonctio n.
«Produire un courant d'a ir chaud dirigé vers des cheveux» ;cet-éno ncé précised'une part l'action de l'objet sur lemilieu extér ieur(diriger un courantd'airchaud),et d'autrepartlafina litépratique(versdes che-veux) . Or, on peut lire souvent dans les manuels et en conséq uence on entend souvent.les candidats au C.A.P.ES affirmer que la fonction de sèche-cheveux est:
- «de sécher les cheveux»: dans ce cas,ila confusionentre la foncti on et la finalité;
«deproduire un cour antd'air chau d»:danscecas.il ya réduc tiondela fonctionà la seuleaction de l'objetsurle milieuextérie ursans tenir compte de son usage spécifique.(Un radiat eur souffla nt produi-sant aussi de l'air chaud pour une finalité différentedu sèche-cheveux).
• Prenonsencore un autre exemple ;('avertisse ur de bicyclette. Lebesoin àsatisfaire estd'avertir le piéton de la présence du cycliste, pour cela lecycliste agit sur la manette avec so ndoigt et le timbreémet le son, l'éno ncé de la fonction sera:
- « Émettre un son audible'par un piéton grâce à un petit déplacement du doigt de la main d'un cycliste».
On reconnait don c l'actio n du milieu exté rieur sur l'objet (le doigtagit surla manette) ou action d'en-trée,J'actionde l'objetsur le milieuextérieur (letim breémetleson)ou acti ondesortie,maisilfaut aussi men-tionner la finali té de l'objet qui assure cette «Iiaison sonore cycliste-piéto n»,
Là encore, on peut entendre prop oser comme fonction:
- «Avertirle piétonde la présence d'uncycliste. Dansce cas,ily a encore confusionent refonctio net finalité de l'objet;
ou encore:
- « Ëmettreunsonaudible» :dans ce cas l'énoncéest limitéàlaseuleactio n del'o bjetsur .le milieu exté-rieur.
• On pourraitciterdenombreux casde ce genre tanten 4equ'en~e,aussi pour l'héroï que targettedonton dit «qu'elleimmo bilise tempora ireme nt uneportedan sune position fermée»au lieu de«lier temporairement le dorman t et lebatta nt d'u neport e».Ou-bienencorepourlecoupe-ci rcu it à fusible dontlafonction est parait-il de ((protéger l'installati on contre lesrisqu esde court-circuit»au lieud'«interrompre lecircuiten fonda nt lorsque l'intensitédépasse une valeur dangereu sepour l'installati on».
Cesquelquesexemp lesmontrentla difficult éde tro uverunénon cé satisfaisantet on peut remarquer"que l'éno ncé complet de la fonction exigerait de préciser:
(1) l'act ion du milieu extérieur sur l'objet; (2) l'action de l'objet sur le milieuextérieur;
18
Les simplica tio ns abusivessignalées plus haut limitent l'énoncé au (2)ou au (3) etescamotent ainsides élémentsfonda mentauxdu problèrne; bien qu'à la rigueur le(1)ne soitpas toujours indispens able.Parfois on peutaussiliredes fonctionstropélaborées oùsontdéjà évoquéesles idées exploitées par l'objetetco nsti-tuentainsi son finage.
Par exemple,pour une perforatrice de bureau,ohlit «exécuterun trou sansbavure grâce àla transla
-tion d'unpo inçon ve rs un papier posé sur une matrice»au lie ud'«exécuterdansdu papier,des trousde dia-mètre bien détermi né,dans une position précisée par rapport aux bords de la feuille».
Ces quelques réflexions montrent bien la nécessité d'un équilibre harmonieux évitan t tou te
simplificatio nabusive ou tout dépassement exagérédel'éno ncéd'une fonctio nqui pourrait serésumerà
tra-duire l'action du milieu extériem sur l'objet et la miseen évidence de la finalité pratique.
n. -
RÉFLEXIONS
'
S
U
R
L
ES
TECH
NIQUES
DE LA CLASSE
Quelle quesoit la fonctio n del'objet,il fautamener progressivementlaclasse versun éno ncécorrec tet là encore,lesécueilssont encorenombreux.Par exemple,onassiste souventà unereche rched'une fonctio n
d'un objet qui n'est pas enco re entrelesmains desélèves et qui leur est remisdès lamiseau pointd'un énoncé
satisfaisant.
Or ilne faut pas perdre devueque pour prend re conscie ncede la fonction de l'objet, l'élèvedoitfaire
fonctionnercet objet plusieurs fois de suitesinécessaire;c'estune démarche indis pensa ble pou rdéveloppe r
«J'observati on man uelle»faci litan t ainsi l'a nalyse du problème résolu par l'objet.
De même on peut tomberdans l'excès cont rai re qui consisteàdistrib uerl'objet désledébut de la leço n
sansévoque rle besoinàsatisfai re,sansétudier le problème à résoudre. Dans ce
cas.
l'élève nepossèderapasto us les éléments conduisantàl'énoncé de la fonction,en particulieril faut laisser à laclassede larges possibi-litésd'exp ression verbaleetlamene rdepuisla prisede conscie ncede la fonctionexpriméeavecconfusio n
jus-qu'à l'énoncé rigoureux utilisant le vocabulaire précis exigible pour un scientifiq ue.
Là encore, tout n'est que question d'équilibre entre l'e xcès qui consiste à bavarder une demi-heure
autourdu problèmeà résoudreen évoquant tou tes les solutions possibles,y compris lesplus fantaisistes et les plusanachroniques,et celui qui réd uit l'éno ncéde la fonctionà une simpledictéed'une phrase à laquelle l' élèven'estpas invitéàréfléchir,ily aplace pourun début de leçon devan t provoqu er lamot ivati on pour le sujet traité. On peut retenir pas exemple, cette façon de procéder:
- 1°) Prise de conscience du besoinà satisfaire; - 2°) Analyse des éléments du problème à résoudre; - 3°) Observation et manipula tion de l'objet: - 4°) Éno ncé de la fonction.
Durée de 10minutes environ pourl'ensemble.
CONCLUS ION:
Ces quelques lignes n'avaientpas la prétention de proposer«La Manière»dedébuter une leçon,mais
mon inten tion était de signa lerquelquespoints délicats risq ua nt de fairedévierledébutde laleçonde ses pr incipa ux object ifsquisont, rappelon s-les, ledévelop pement des faculté sd'ob ser vat ion etd'a nalyse et la possibilité de larges interventions verba les pour les élèves.Ces objectifsseront atteints sile professe ur res-pecte,dés le début,trois réglespédagogiquesfondamentales.etqui sont: lamotivation pour le sujet traité, l'ad'IPtatio nau rythme de tra vail de la classe et la participation des élèvesà la construction de la leçon.
René VENT O LycéeSaint-Exupery - Marseille