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Romains 13, 1-7 : étude exégétique

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ROMAINS 13» l~7i ETUDE.

EXEfiETlflüE

JEAN-FRANÇOIS RACINE

Mémoire présenté pour l'obtention

du grade de maître ès arts (M.A.)

ECOLE DES GRADUES UNIVERSITÉ LAVAL

JUILLET 1983

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RESUME

Analyse exégétique de Rm 13» 1-7. Des instruments appartenant à la méthode historico-critique sont utilisés pour déterminer l'authenticité paulinienne et la signification du morceau. Sur la base d'études de critique textuelle, de contexte, de vocabulaire et de structure, il apparaît que Rm 13, 1-7 fait partie intégrante de l'épître aux Romains, lettre adressée à une communauté divisée dont certaines factions sont tentées par la désobéissance civile. Le morceau traite strictement de la soumission des chrétiens à l'autorité civile et attribue à celle-ci un rôle dans le plan de Dieu. Paul n'exhorte pas à une obéissance aveugle, mais à une soumission critique et responsable. La pensée politique de l'apôtre s'inscrit aussi dans le courant de pensée politique judéo-hellénistique et manifeste l'influence des cultures juives et hellénistique subie par Paul.

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L'idée d'une étude de Rm 13, 1-7 est née un matin de novembre 1984, dans une classe de philosophie politique où j'avais été frappé par l'aphorisme "Toute autorité vient de Dieu". Cet énoncé attribué à Paul m'apparut un argument redoutable lorsqu'utilisé pour justifier la tyrannie auprès des chrétiens. L'impression fut assez forte pour motiver un mémoire en études bibliques... et pour s'accomoder du temps que prit sa réalisation. Ma perception de ce morceau de l'épître aux Romains a grandement évolué au cours de ces années, au fur et à mesure des recherches et des lectures. Le sentiment brut du départ s'est transformé en un discours plus large et plus rationnel, qui constitue, je l'espère une porte d'entrée dans l'univers paulinien.

Je tiens à remercier mon directeur, monsieur Pierre-René Côté, pour avoir su me ramener à l'essentiel de la théologie paulinienne. Le père Léas Sirard mérite également des remerciements pour m'avoir ouvert sa merveilleuse bibliothèque et m'avoir communiqué une part de son intérêt pour la critique textuelle. Merci aux amis qui ont patiemment supporté d'entendre parler de mes recherches et qui ont parfois eu la gentillesse de m'arracher à mon travail. Merci enfin à ce soleil d'été 1989 et aux montagnes du Maine dont le pressant appel me pousse à faire aboutir cette étude.

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TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos™™...™.™.™™™.™.™...™.™.™...™...™...™...™™™...™.™..™ i

Table des m a tie r e?s«...i. ii

Abréviations...™...™...™...™...™.™.™...™.™^^»»....™™™™.™™™.™.™.. iv

INTRODUCTION.™____________ ....____.._____________________ »»»»_________ 1

CHAPITRE I PAUL ET L'EPITRE AUX ROMAINS---»--- 4

A) Intégrité de l'épître. 4

B) Lieu et date de composition.

C) Buts de l'épître aux Romains...™...™...™...™...™.... 1. Situation de la communauté romair^e... 7 2. Situation 3. Situation politique...»»»».™»...™...™..™.»»»»»».™», de Paul 10 11 CHAPITRE II ROMAINS 13, 1-7.™. 15

A) Étude de critique textuelle...™...™.™.™. •••■•■■•«■■••a aavaaavaasaaeeavaaeava■■•(•(

B) Contexte littéraire

1. Parénèse des chapitres 12 - 15...... 2. Contexte immédiat (Rm 12, 9-21; 13, 8-14) C) Etude du vocabulaire MBtMMMMMMMIINttHMMMnMialtl D) Romains 13, 1-7 et la théologie paulinienne. E) Authenticité du morceau»»»™.»...»»..».™»» »• mva vevseaveveavvs MseeaevvevaaaaaeevaaBsoeaaaeaMBaeevaveaevaavaaaa vaaeaaaaMeeasosaveawaeMovvavaeenaovaMveveaava >w«ai 15 30 30 31 35 47 49 *•■•«■■■•■***■! F) Structure du morceau».™.™...™»...™»..»..»..».™.™»»...™».™.™»»...»»».... 51 G) Commentaire de Rm 13, 1-7...»»»»..»»»..»...™....»..».™.™..»»»»»..»..»....».. 53

CHAPITRE III FONDEMENTS DE LA PENSEE

POLITIQUE DE PAUL. 62

A) Ancien Testament».™».™.™.™»»..».™»».™...»....»»»»».™»».™...™..»»..»» 64 B) Littératures hellénistique et latine.™.™..™...™.™™..™...™...™...™...™.™... 66 C) Littérature Judéo-hellénistique..»...™.™»...™.™»™..™..».™.™»»»»....»»»»™. 67 D) Nouveau Testament..»»»»»»»»»....».™....»»..»...™...™»»..»..»..»»»..»....»»»»».. 69

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E) Originalité de Rm 13, 1-7... 70

CONCLUSION.—..._____________________..___.._____..________ _______ ______ 71

RÉFÉRENCES_________ .._____..___..______...___________________... 76

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)V ABRÉVIATIONS Arist.: Aristote de An.: De l'âme Pol.: Politique Rh.: Rhétorique Bib: Biblica

BibTb: Biblical Theology Bulletin BiKI: Bibel und Kirche

BiLeb: Bibel und Leben

EJRyL: Bulletin ot the John Rylands Library BLtg: Bibel und Liturgie

BVieChr: Bible et Vie Chrétienne BZ: Biblische Zeitschrift

CBQ: Catholic Biblical Quaterly Conc: Concilium D.: Démosthène Prooem.: Prooemia D. C.: Dion Cassiodore Dir: Direction D. S.: Diodore de Sicile * Epict.: Epictète * +

EtReh Etudes Théologiques et Religieuses ExpTim: The Expository Times

Hdt.: Hérodote Hes.: Hésiode

op.: Les oeuvres et les jours th.: Théogonies

HeythJ: Heythrop Journal II.: Iliade

Interp: Interprétation J.: Flavius Josèphe

BJ: La guerre des Juifs

JBL: Journal of Biblical Literature

JStNT: Journal for the Study of the New Testament JTS: Journal of Theological Studies

JTSAfr: Journal of Theology for Southern Africa KerDo: Kerygma und Dogma

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Neotest: Neotestamentica

Na26: NESTLE-ALAND, Novum Testamentum Graecae, 26 éd. NT: Novum Testamentum

NTS: New Testament Studies Od.: Odyssée

Ph.: Philon d'Alexandrie Caius: Legatio ad Caium De Ios.: De Iosepho De Leg.: De Legibus

Det. Pot. Ins.: Quod Deterius Potiori Insidiari Soleat De Virt.: De Virtutibus

Spec. Leg.: De Specialibus Legibus Vit. Mos.: De Vita Mosis

PhilipSa: Philippiniana Sacra PI.: Platon Aie. I: Alcibiade I Cra.: Cratyle Lg.: Lois Men.: Ménon Plb/Polybe

RE: Revue Eiblique

RechSR: Recherches de Science Religieuse RelStR: Religious Studies Review

RExp: Review and Expositor

RHPR: Revue d'Histoire et de Philosophie Religieuses RRéf: Revue Réformée

RtPhil: Revue de Théologie et de Philosophie S.: Sophocle

Ant.: Antigone Oed. Tyr.: Oedipe-roi

ScotJT: Scottish Journal of Theology ScriptB: Scripture Bulletin

Sen. Sénèque

Cl.: De la clémence

SEAsiaJT: South East Asia Journal of Theology ST: Studia Theologica

Suet.: Suétone

Cl.: Vie de Claude Ne/- Vie de Néron

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SW JT Southwestern Journal of Theology Tac.: Tacite

Ann.: Annales Hist.: Histoires

TDNT: Theological Dictionary of the New Testament TExH: Theologische Existenz Heute

TGI: Théologie und Glaube Th.: Thucydide

TLZ: Theologische Literaturzeitung TOB: Traduction œcuménique de la Bible TTod: Theology Today

WestTJ: Westminster Theological Journal X.: Xénophon

Cyr.: Cyropédie

Z

Oec.: Economique Mem.: Mémoires

ZEvEthik: Zeitschrift fur Evangelische Ethik

ZNW: Zeitschrift fur die Neutestamentliche Wissenschaft und die Kunde des Alten Christentums

ZTK: Zeitschrift fur Théologie und Kirche

À noter que toutes les citations bibliques sont faites» à moins d'avis contraire, à partir de la Traduction oecuménique de la Bible (TOB).

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%

A la lecture de Rm 13» 1-7» on est frappé par le caractère singulier de %

ce morceau. A première vue» Rm 13, 1-7 contredit l'attitude générale de Paul face au monde en attribuant à celui-ci une attention à laquelle il ne nous a guère habitués. De plus» la soumission à l'autorité civile recommandée par l'apôtre est peu conforme à une certaine image d'un Paul audacieux» au verbe haut, ne refusant pas la confrontation avec les foules et les autorités.

On aperçoit rapidement l'usage qu'on peut faire de Rm 13, 1-7 d'une part pour justifier un régime tyrannique et d'autre part pour encourager une soumission aveugle à l'autorité civile. Combien, trop faibles pour s'opposer à l'autorité, ont pris prétexte du sceau apostolique apposé à Rm 13, 1-7 pour justifier leur servilité?^ Cela fait de ce "passage maudit"^ une des paroles du Nouveau Testament les plus mal utilisées/* ayant contribué à jeter le discrédit sur l'apôtre.

Mise à part cette disqualification de Paul, d'autres attitudes sont possibles face à Rm 13, 1-7. On peut ainsi choisir de nier l'authenticité paulinienne du morceau et en faire une interpolation tardive ou encore de modifier son interprétation en transformant la signification de certains mots-clés. Pour notre part, nous avons résolu de faire confiance aux lumières de l'apôtre des Gentils et de passer outre à la rugosité du morceau pour tenter d'en dégager un sens digne de la théologie paulinienne. Nous examinons néanmoins avec attention les arguments contre l'authenticité de Rm 13, 1-7 de même que les différentes interprétations qui ont pu en être données. A ces fins, nous avons soigneusement étudié l'abondante littérature sur ce passage parue dans les soixante dernières années.

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Romains comme cadre général de notre morceau. Cette courte étude se limite aux lieu et date de composition, de même qu'aux circonstances entourant la rédaction de l'œuvre.

La seconde étape de notre travail est consacrée à l'étude de Rm 13, 1-7. Elle débute par une étude de critique textuelle. Nous pensons en effet qu'avant d'établir la signification de ce que Paul a écrit, il convient de connaître le mieux possible la teneur de ses propos. En fait, il existe deux principales lectures de notre passage aux tons quelque peu différents. Il importe de savoir laquelle est la plus proche de l'original. De plus, cette étude de critique textuelle constitue un argument important lorsqu'il est question de l'authenticité sachant qu'une interpolation se traduit parfois par des omissions dans les manuscrits et que la critique textuelle peut fournir des indices sur l'origine et l'époque de ces interpolations.

La partie suivante s'attache à examiner la façon dont s'insère Rm 13, 1-7 d'abord dans la section parénétique des chapitres 12 - 15 de l'épître aux Romains pour ensuite considérer l'insertion du passage dans son contexte immédiat. L'étude de vocabulaire suivant cette étude de contexte constitue une part importante de notre travail. Cette importance s'explique par le fait que plusieurs interprétations de Rm 13, 1-7 découlent directement de la signification donnée à certains mots et que la négation de l'authenticité paulinienne s'appuie parfois sur la présence ou l'usage peu courant de certains mots. Pareille étude de vocabulaire permet aussi d'introduire l'étude de la signification de Rm 13, 1-7 et évite d'alourdir le commentaire par de trop fréquents et trop longs apartés sur certains mots.

La suite du mémoire revient à des considérations plus générales en traitant des rapports de Rm 13, 1-7 avec la théologie paulinienne pour conclure sur l'authenticité paulinienne du morceau à l'aide des données précédemment amassées et après avoir examiné les dernières objections à cette authenticité. Enfin, dernier préalable au commentaire, l'étude de la structure logique de Rm

13, 1-7 a pour but de donner un aperçu général de l'enchaînement des idées.

Notre commentaire constitue la synthèse des parties précédentes. Soucieux de dégager la signification particulière des divers éléments du morceau, il porte attention aux circonstances historiques, aux mots utilisés et aux liens grammaticaux.

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%

l'autorité civile. A cette fin, nous relevons les parallèles les plus significatifs des littératures vétéro-testamentaire, hellénistique, judéo-hellénistique et néo-testamentaire. Cette collection de parallèles contribue à situer la pensée politique de Paul dans un courant plus large et plus ancien, à montrer l'enracinement de l'apôtre dans les cultures juive et hellénistique et à découvrir ce qui fait l'originalité de la pensée politique paulinienne.

Convaincu que Paul n'a pas commis avec Rm 13, 1-7 une malheureuse bévue, nous nous permettons de terminer notre travail par quelques perspectives d'actualisation afin de montrer que cette exhortation de l'apôtre contient suffisamment d'esprit évangélique et d'universalité pour traverser les siècles et inspirer notre génération.

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CHAPITRE I

PAUL ET L'EPITRE AUX ROMAINS

A) Intégrité de l'épître

Nous n'avons pas l'intention de nous étendre longuement sur le problème de l'intégrité de l'épître aux Romains. Une littérature abondante témoigne de cette discussion qui est loin d'être close. Rappelons cependant que le litige porte principalement sur l'appartenance du chapitre 16 1 à la rédaction primitive de l'œuvre.^ Certains considèrent ce chapitre comme un billet adressé à la communauté d'Ephèse que l'on aurait greffé plus tard au corps de l'épître. Pourtant, la plupart des commentaires récents considèrent l'épître aux Romains comme comptant 16 chapitres malgré qu'il n'y ait pas unanimité au sujet de la doxologie finale (Rm 16, 25-27) omise dans quelques manuscrits^ et placée ailleurs dans plusieurs autres.® L'œuvre la plus récente et la plus intéressante sur le sujet est celle d'Harry Gamble qui conclut à l'intégrité de l'épître après des recherches de critique textuelle approfondies.® Pour notre part, nous souscrivons aux conclusions auxquelles arrive celui-ci.

B) Lieu et date de composition

Il est courant de situer la composition de l'épître aux Romains à Corinthe. Lors de son troisième voyage missionnaire, Paul s'est déplacé d'Antioche à

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à Ephèse. Dans cette ville» il est resté de deux à trois ans . L'apôtre est ensuite passé en Macédoine» puis en Achaïe pour aboutir à Corinthe, y séjournant environ trois mois.8 Les Actes affirment que de Corinthe, Paul se prépare à monter à Jérusalem pour la Pentecôte.8 Cela concorde avec la mention que fait Paul dans l'épître aux Romains10 de son prochain départ pour Jérusalem. Ce voyage a pour but entre autres, de porter l'argent de la collecte faite en faveur des chrétiens de Jérusalem.11 Deux autres mentions de l'épître concourent à situer la composition de l'épître à Corinthe. En effet, l'apôtre recommande aux Romains Phœbé, une diaconesse de Cenchrées,18 un des deux ports de Corinthe. Paul dit aussi résider chez un certain Gaius. Celui-ci pourrait être le même que le Gaius qu'il a baptisé lors d'un séjour à Corinthe.1*1

Même si la plupart des commentateurs sont d'accord pour situer à Corinthe la composition de l'épître aux Romains,18 il s'en trouve quelques-uns pour la situer à Éphèse.16 Selon ces vues, le corps de l'épître aux Romains aurait été écrit à Ephèse au cours du long séjour qu'y fit Paul1 lors du troisième voyage missionnaire. Le chapitre 16 aurait été rédigé à Corinthe peu avant le départ pour Jérusalem.18 La rédaction éphésienne ferait de l'épître aux Romains et de la première épître aux Corinthiens des lettres écrites pratiquement l'une à la suite de l'autre. Ainsi pourraient s'expliquer le fait que les deux lettres traitent de la question des viandes dans la même perspective.18 Par ailleurs, la recherche de similarités tourne rapidement court, les propos des deux œuvres étant fort différents et l'ampleur du style n'étant pas non plus la même.

Franz J. Leenhardt80 émet l'hypothèse que l'épître aux Romains aurait été rédigée sur la route de Jérusalem. Ainsi, Rm 15, 25 indiquerait que Paul est déjà sur la route et Rm 15, 30-31 présenterait un Paul inquiet de sentir les Juifs à ses trousses.81

La date de composition de l'épître aux Romains ne fait pas non plus l'unanimité. Si l'on admet qu'elle fut rédigée à Corinthe, à la fin du troisième voyage missionnaire et peu avant le départ pour Jérusalem, il est possible d'avancer une date en se basant sur l'inscription de Delphes.

En 1905, on découvrait à Delphes une inscription portant la mention suivante: "Tibère Claude César Auguste Germanicus, pontife souverain, en la douzième année de son tribunat, acclamé empereur pour la 26e fois, salue la

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ville de Delphes... mon ami Lucius Julius Gallion m'informe..."22 L'on sait par les Actes23 que Paul eut à comparaître devant le même Gallion, proconsul d'Achaïe, au bout de dix-huit mois de séjour à Corinthe. L'inscription date de la 26e année du règne de l'empereur Claude soit d'entre janvier et août 52. Une charge proconsulaire est attribuée à partir d'avril.241 On est moins sûr de la durée d'une telle charge, mais on sait que le proconsul est en poste pour un maximum de deux ans.23 Paul aurait donc rencontré Gallion en 52 ou 53. Il serait arrivé pour la première fois à Corinthe en 50-51 et aurait quitté cette ville pour entreprendre son troisième voyage un certain temps après cette comparution. 23 Le troisième voyage durant à peu près trois ans, il est vraisemblable que Paul soit revenu à Corinthe vers 56-58.

On situe à l'hiver ou au printemps le temps de l'année où fut écrite l'épître aux Romains. En effet, Paul dut passer l'hiver à Corinthe attendant les jours propices à la navigation qui s'ouvrait aux Ides de mars dans ces régions, soit entre le 5 et le 10 mars.

Les ouvrages consultés situent pour la grande majorité la date de rédaction de l'œuvre en 56-58.28 Quelques-uns préfèrent une date antérieure qui serait 55-5628 ou même 53-54.3^* Quelques rares commentateurs avancent 58-59 comme date probable de rédaction de l'épître.3 *

C) Buts de l'épître aux Romains

La densité doctrinale de l'épître aux Romains de même que le rôle qu'a joué son interprétation dans l'histoire du christianisme, notamment pour la Réforme, peuvent faire passer au second plan le fait qu'elle est, au même titre que toutes les autres lettres pauliniennes, un écrit de circonstance. C'est pourquoi il est nécessaire de s'attarder au milieu auquel l'épître est destinée et à la situation de Paul, "apôtre des Gentils" prêchant un Evangile qui ne fait pas l'unanimité.

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1. Situation de la communauté romaine

Alors que dans ses autres épîtres Paul s'adresse à des communautés qu'il connaît bien pour les avoir fondées» l'apôtre destine cette épître à une communauté qu'il n'a pas fondé et qu'il ne connaît que de réputation.32

Ni l'épître ni les Actes ne font mention d'un quelconque fondateur de la communauté de Rome. On peut cependant penser qu'au moment de la rédaction de l'œuvre cette communauté existe depuis un certain temps puisque Paul dit vouloir s'y rendre depuis plusieurs années.33 L'Ambrosiaster (IV siècle) parle des premiers chrétiens de Rome comme de gens qui «ont accepté la foi au Christ sans avoir vu un seul miracle ni un apôtre.» Il est courant d'attribuer la fondation de cette communauté aux convertis de la Pentecôte parmi lesquelles se trouvent des Juifs venus de Rome.33 La communauté romaine pourrait bien aussi avoir été fondée par des missionnaires itinérants ou par des commerçants de passage à Rome.33 N'oublions pas qu'il s'agit ici de la capitale de l'empire représentant pour l'époque autant que pour nous New York» Londres, Paris et Tokyo réunis. De tous les coins du monde y affluent non seulement les marchandises les plus diverses mais aussi toutes les nouvelles idées. Dans ce prolongement, la mobilité des premiers chrétiens est un autre facteur pouvant expliquer une fondation ancienne et non-apostolique. Paul donne lui-même un exemple de cette mobilité en saluant vingt-six personnes avec qui il a précédemment travaillé et qui ont émigré à Rome.37 Seul Maillot accorde encore à Pierre une place de choix parmi les fondateurs potentiels: «Je ne vois vraiment pas, dans ces circonstances, Cignorance du fondateur] pour quelle

*

raison on refuserait à Pierre sa 'qualité' de fondateur de l'Eglise de Rome. Car il a fallu que ce soit au moins une des 'colonnes' de Gai 2, 9 pour que Paul soit ainsi tenu dans le strict respect du contrat de Gai 2, 7-10; ce qui tout de suite prouve que Pierre est allé à Rome bien avant 49 ... et qu'il a fondé (ou suivi) alors une communauté judéo-chrétienne.»33

Vers 49, l'empereur Claude proclama par un édit l'expulsion des Juifs de la capitale. Commentant ce geste, Suétone39 écrit qu'il fut motivé par l'agitation causée par un certain Chrestos.410 II est aisé de penser que par Chrestos,411 il est question de disputes entre Juifs "orthodoxes" et de Juifs se réclamant du Christ.412 Cela laisserait alors croire que la communauté chrétienne de Rome existait depuis 49 au moins. Mais il est également possible que Chrestos ait été le nom d'un fauteur de troubles juif, ce nom étant courant, notamment chez les

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esclaves.43

Quant à la composition de la communauté romaine, elle ne laisse pas non plus d'être ambiguë. L'épître aux Romains laisse deviner qu'elle est composée de chrétiens d'origine juive auxquels Paul s'adresse formellement en Rm 2, 17: «Mais, si toi qui portes le nom de Juif, qui te reposes sur la loi et qui mets ton orgueil en ton Dieu,...» Un autre signe de cette adresse juive est l'abondance des citations de l'Ancien Testament (près d'une soixantaine). D'autre part, cette communauté compte aussi des chrétiens d'origine païenne qui ont droit à l'attention de l'apôtre; ainsi Rm 11, 13: “Je vous le dis donc, à vous les païens: dans la mesure même où je suis , moi, apôtre des païens."; 15, 15-16: "Cependant pour raviver vos souvenirs, je vous ai écrit par endroits avec une certaine hardiesse, en vertu de la grâce que Dieu m'a donnée d'être un officiant auprès des païens."

Il est fort probable que la communauté chrétienne de Rome ait pris racine en milieu juif. Il est de coutume pour les prédicateurs chrétiens de profiter de l'institution synagogale pour commencer leur enseignement.44 Les Juifs de Rome sont pour une bonne part les descendants d'esclaves juifs ramenés par Pompée lors de la capture de Jérusalem en 63 av. J.-C. Ils ont eu à subir une première expulsion sous Tibère en 19 et se remettent de l'expulsion ordonnée par Claude.43 Rome comptait à l'époque plusieurs synagogues ce qui laisse croire que la population juive était assez nombreuse.

On s'interroge sur la proportion judéo-chrétiens - pagano-chrétiens de la communauté romaine au moment où Paul écrit l'épître aux Romains. L'élément païen a dû fortement croître pendant la période suivant l'édit d'expulsion si on pense que le recrutement ne se faisait que chez les Gentils. On s'imagine qu'au retour d'exil, les judéo-chrétiens, qui avaient connu une communauté ils étaient peut-être majoritaires et où ils possédaient sûrement beaucoup de pouvoir, se sont retrouvés en moins grande proportion, sous l'obligation de partager plus largement le pouvoir. On devine les conflits que peut engendrer une telle situation.

L'influence du judaïsme serait restée assez forte chez les chrétiens de Rome.48 Ils avaient en effet gardé la coutume juive des bains purificateurs du lundi et du jeudi pour celui qui devait être baptisé à Pâques. On a aussi noté que l'organisation des catacombes chrétiennes de cette époque est semblable à

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qq celle des catacombes Juives.

Raymond E. Brown3*-* sur la base des propos de Paul sur la loi et les règles de pureté3* propose de voir la communauté romaine comme composée de quatre tendances. Ces tendances originent des deux catégories de "membres fondateurs" de cette communauté» soit les Juifs hébreux et les Juifs hellénisés. Les chrétiens de la première tendance pratiqueraient toutes les prescriptions de la loi. Ce mouvement serait originaire de Jérusalem. La deuxième tendance n'insisterait pas sur la circoncision mais garderait quelques prescriptions de la loi relatives à la pureté. Cette conception originerait également de Jérusalem mais du cercle de Pierre et de Jacques. C'est le christianisme qui fera fortune à Antioche et dans toute la Cappadoce. La troisième tendance» originaire d'Antioche est plus libérale. Elle ne se préoccupe pas de la loi ni d'aucune règle de pureté. Elle a cependant gardé un certain attachement au Temple. Enfin» la quatrième tendance est tout-à-fait affranchie du judaïsme» la loi» la circoncision» les règles de pureté et le Temple» n'éveillant plus de souvenirs chez elle. Toutes ces tendances comptent des adeptes autant chez les judéo-chrétiens que chez les paganos-chrétiens. Les deux premières tendances sont le lot de mentalités hébraïques et la troisième d'une hellénisation avancée. Seule la quatrième tendance peut vraiment être qualifiée d'hellénistique. Selon Brown, Paul aurait voulu réconcilier entre elles toutes ses tendances en les amenant à une forme de "concertation".

Paul S. Minear33 établit aussi» quant à lui, cinq groupes de chrétiens romains. Deux de ces groupes auraient été composés d'extrémistes soit judaïsants, soit épris d'une liberté sans frein. Le troisième groupe constitué de judaïsants mitigés violait parfois les prescriptions de la loi, ce qui leur causait des problèmes de conscience. Quant aux quatrième et cinquième groupes» ils auraient rassemblé des "faibles" et des "forts'®3 s'acceptant mutuellement et vivant comme Paul demandait de le faire. Dans l'épître» l'apStre s'adresserait principalement aux trois premiers groupes pour amener la communauté à une plus grande unité.34

Outre l'hypothèse de plusieurs groupes à l'intérieur de la communauté chrétienne de Rome» quelques-uns ont proposé l'existence de plusieurs communautés chrétiennes distinctes à Rome.33 On remarque que Paul mentionne souvent nommément les églises auxquelles il écrit.33 Même dans l'épître aux

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Romains» il cite l'église de Cenchrées,8? l'église qui se réunit chez Prisca et Aquila.88 L'épître ne fait cependant nulle part mention de l'église de Rome ou des Romains» ni d'un chef de la communauté. Même pour ce qui concerne les synagogues romaines» il n'y a pas trace d'une autorité centrale comme c'est le cas pour Alexandrie.89 L'hypothèse de l'existence de plusieurs communautés romaines apparaît selon nous la plus sérieuse étant donné la grandeur de la ville et la présence de plusieurs synagogues où des missionnaires chrétiens de

*

différentes origines ont pu annoncer l'Evangile. Le contenu de l'épître aux Romains laisse aussi deviner une lutte entre plusieurs tendances à l'intérieur du christianisme romain. On imagine aisément plusieurs églises à Rome» chacune possédant ses traits particuliers.

Si l'on se fie à la liste des noms mentionnés au chapitre 16 (vv. 5-15)» les chrétiens de Rome étaient de diverses origines ethniques et appartenaient à toutes les couches de la société. Certains noms sont grecs: Apelles» Épénète» Narcisse» Tryphène et Tryphose; d'autres romains: Julie» Rufus» Urbain; ou encore juifs: Andronicus» Aquilas, Aristobule» Junias» Marie» Prisca. A côté de noms d'esclaves ou d'affranchis (Ampliatus» Asyncrite» Hermas» Hérodion, Nérée, Olympas» Patrobas, Persis» Philologue, Phlégon, Stachys), on retrouve le nom d'Aristobule, peut-être membre de la famille d'Hérode. On sait aussi que la gent commerçante était représentée chez les chrétiens romains (Prisca et Aquilas).

2. Situation politique

Au moment de la rédaction de l'épître aux Romains, Néron est encore un empereur assez populaire, particulièrement auprès des provinciaux dont les affaires sont traitées avec soin.81 À cette époque, l'empereur est sous l'influence bénéfique de Sénèque et ses tendances meurtrières ne se sont pas encore manifestées. Les chrétiens ne sont soumis à aucune persécution de la part du pouvoir impérial. En Palestine cependant» règne une grande agitation due en bonne part à l'action des zélotes. Cette action, dirigée contre les Romains, apparaît teinté de messianisme politique. Flavius Josèphe, dans la Guerre des Juifs, donne un aperçu de ces troubles et de l'atmosphère de messianisme qui les alimentent.88 L'occupant ne se prive pas de l'usage de la violence pour maintenir l'ordre: «Félix, ayant réussi à capturer Eléazar, le chef des brigands, qui avait pillé la région pendant vingt ans, et beaucoup de ses complices, les envoya à Rome. Le nombre de brigands qu'il fit crucifier et d'habitants convaincus d'être complices qu'il fit châtier était infini.»83 De plus, le comportement de certains gouverneurs contribue à maintenir un climat social

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troublé, tel cet Albinus, procurateur de Judée:

«Mais Albinus, qui succéda à Festus, ne suivit pas la même méthode dans la conduite des affaires et il n'est pas de genre de malhonnêteté qu'il n'ait pratiqué. Il est sûr que non seulement dans l'exercice de sa fonction publique il escroquait et pillait les biens des particuliers, et qu'il accablait toute la population de contributions extraordinaires, mais encore il rendait à leur proches, moyennant rançon, ceux qui avaient été mis aux fers pour brigandage par les conseils locaux ou par les précédents procurateurs, et seul celui qui n'avait rien versé restait en prison comme un criminel. Alors, à Jérusalem, les audaces de ceux qui aspiraient à une révolution se firent de plus en plus hardies. Les plus puissants se concilièrent Albinus à prix d'argent, de sorte qu'il leur assurait l'impunité pour leur activité révolutionnaire, et dans le peuple tout ce qui n'aimait pas le calme allait rejoindre les complices d'Albinus.»®* 1

Les Juifs romains ne sont pas insensibles aux événements de Palestine; peut-être sont-ils contaminés par le messianisme de leur compatriotes? ®® S. Hutchinson®® pose d'ailleurs la question de l'influence zélote chez les Juifs de Rome, influence ayant pu provoquer le même type d'agitation que celle causée par les Irlandais émigrés en Amérique (Fennians). L'expulsion de 49 pourrait être la conséquence d'une telle agitation.®?

Le climat politique de l'époque est aussi troublé par le mécontentement de la population vis-à-vis du système de taxation. Ce mécontentement qui s'étend autant à la métropole qu'aux provinces est surtout causé par l'avidité des collecteurs de taxes. Une partie de la population refusa même de payer une nouvelle taxe que Néron avait imposée afin de financer une expédition militaire en Gaule. Ce refus était prétexté par la certitude que cet argent engraissait non pas le trésor public, mais les goussets des collecteurs et délateurs.®®

3. Situation de Paul

a) Par rapport aux autorités de Jérusalem

Au moment de rédiger l'épître aux Romains, Paul se prépare à s'embarquer pour Jérusalem.®® Il s'attend probablement à une confrontation

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12

importante au sujet de son ministère et de son Évangile. Le récit que fait Luc de la rencontre de Jérusalem7^ révèle que les craintes de l'Apôtre des Gentils sont fondées: Devant le récit de Paul sur ce que, "par son service. Dieu avait accompli chez les païens." (Ac 21, 19), Jacques et les anciens répondent en lui parlant des milliers de fidèles juifs qui sont d'ardents partisans de la loi.71 On s'empresse de lui dire que la liberté qu'il prêche à l'égard de la loi lui rend hostiles les Juifs et probablement une bonne part des judéo-chrétiens.73 Pour terminer l'entretien, les gens de Jérusalem lui proposent de faire taire les détracteurs en accompagnant au Temple quatre disciples qui doivent accomplir les rites de purification.73 Ainsi Paul prouvera son attachement à la loi. Quant à la collecte qui constitue un des buts de la visite, Luc ne mentionne aucune manifestation de gratitude émanant de Jacques et des anciens ce qui laisse croire qu'on y accorda moins de signification comme signe de communion ecclésiale que Paul n'en avait escompté.

Les préoccupations de l'apôtre sur ce qui l'attend à Jérusalem sont pour beaucoup dans le contenu et la forme de l'épître. C'est l'occasion pour Paul de clarifier sa pensée afin d'être prêt à faire face aux questions qui lui seront bientôt posées.74 Par le chapitre 11 sur le salut d'Israël, l'apôtre veut dissiper les ambiguités de son engagement pour les païens qui peut sembler par trop exclusif. Les chapitres 7 et 8, portant sur la libération de la loi pour ceux qui vivent sous le règne de l'Esprit, clarifient la position de l'apôtre qui a la réputation de prêcher une liberté proche de l'anarchie. Enfin, le chapitre 14 reprend le développement de 1 Co 8 en insistant encore plus sur la nécessité de ne pas choquer le frère et d'être cause de sa chute en affichant une liberté indélicate vis-à-vis la nourriture.

On a vu dans l'épître aux Romains une sorte de testament de Paul.73 L'apôtre sentant sa carrière approcher de la fin aurait voulu exposer les

*

grandes lignes de son Evangile dans une ceuvre plus théorique et plus systématique. Pourtant, il manque à l'épître aux Romains plusieurs grands thèmes pauliniens pour en faire une exposition générale et exhaustive de la pensée de l'apôtre. Il manque entre autres le thème eschatologique,76 primordial chez Paul. De plus, l'apôtre semble plutôt optimiste quant à son avenir, confiant à ses auditeurs les projets qui l'habitent et dont nous traiterons ci-après.

b) Par rapport à la communauté romaine

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Paul devant le voyage à Jérusalem, c'est aux Romains qu'est adressée cette épître.77 L'apôtre y affirme son désir de se rendre à Rome.7® Ce projet de visite fait cependant partie d'un projet plus vaste d'une mission en Espagne'’ pour laquelle l'aide des chrétiens romains serait requise.®0 On peut penser qu'avant de se présenter devant eux, Paul sente le besoin de se faire

*

connaître par une lettre où il expose l'Evangile qu'il annonce. De la sorte, il évite que les Romains n'apprennent à le connaître par des on-dit qui ne peuvent qu'être défavorables®1 et il souhaite museler les quelques détracteurs qu'il aurait à Rome.®2 Dans le cadre d'un projet de mission espagnole, le support de Rome comme base avancée est fort utile. On ne sait cependant pas si l'aide que l'apôtre Paul souhaite obtenir auprès des Romains est en termes de ressources humaines ou de ressources financières. On sait que Paul a toujours été fier de proclamer son indépendance financière,®3 *ce qui laisse croire qu'il serait peut-être plutôt intéressé à trouver des collaborateurs romains.®41 Paul S. Minear prête moins d'ambition à Paul: l'apôtre voudrait s'assurer que son

Qr

2. L'épître aux Romains est pour Paul un instrument de réflexion sur son *

Evangile et une préparation à la rencontre de Jérusalem.

projet espagnol ne sera pas contrecarré par les chrétiens de Rome.

W. S. Campbell®6 critique l'opinion selon laquelle l'épître aux Romains serait une lettre d'introduction afin de se concilier les chrétiens de Rome. Campbell pense que Paul doit être assez connu pour se passer d'une telle lettre. De plus, l'apôtre parle de son intention de visite de façon vague, presqu'accidentelle. Campbell se demande enfin pourquoi Paul met tant de soin à

*

exposer son Evangile s'il n'a besoin de Rome que comme base avancée. Il faut dire que cet exégète considère l'épître aux Romains comme une lettre adressée aux chrétiens romains et traitant de leurs problèmes, c'est-à-dire des tensions causées par les différentes tendances présentes parmi les Romains et leur(s) communauté(s).®7 Il n'est pas le seul à considérer l'épître aux Romains

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uniquement ou principalement sous cet angle puisque R. J. Karris, ° G. S. Campbell®9 et A. Viard90 abondent dans le même sens.

Nous préférons une position plus synthétique dans la ligne de celle de M. Theobald91 en distinguant cinq buts à l'épître aux Romains:

1. L'épître aux Romains est une lettre de présentation où Paul en se faisant connaître sous un jour favorable contribue au succès d'une mission espagnole ultérieure.

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14

3. L'épître aux Romains» bien qu'adressée à une communauté particulière aux prises avec des problèmes particuliers peut avoir été conçue peut-être plus que les autres lettres comme une lettre circulaire.

4. Par l'épître aux Romains» Paul veut contribuer à la réconciliation de l'Eglise *

romaine (Kirchenversohnang) afin qu'elle forme une seule Eglise.

* * 5. Paul veut apporter un élément de solution à la crise d'unité que vit l'Eglise. Certains pensent en effet qu'il serait préférable de fonder des églises distinctes de judéo-chrétiens et de pagano-chrétiens» chacune pouvant s'adonner au type de pratique qui lui convient. A cette tentation» Paul oppose l'unité du dessein de Dieu unissant toute l'humanité en un seul salut.®^

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ROMAINS 13, 1-7

A) Etude de critique textuelle

On ne peut affirmer que rétablissement du texte de Rm 13, 1-7 pose de grands problèmes de critique textuelle. Pourtant on ne peut passer outre à cette étude et se fier sans critique au Standard Text des éditions courantes.1 Le désir de saisir en effet, avec le plus de nuance la pensée de Paul dans ce morceau nous force à prêter attention à l'établissement du texte en espérant que les variantes choisies nous rapprochent de son état original.

Dans le cadre de cette étude, nous utilisons la classification des manuscrits du texte en trois types de Kurt Aland et Barbara Aland telle qu'exposée dans The Text of the New Testament, An Introduction to the Critical Edition and to the Theory and Practice of Modem Textual Criticism, Grand Rapids, MI: Eerdmans, 1987,2 pp. 50-67.

Chacun des types du texte correspond à une des grandes recensions faites au IlIe/IVe siècles. Nous avons le type alexandrin H ou B, le type Koine ou byzantin K et le type "occidental" D. Bien que Kurt Aland et Barbara Aland se refusent à utiliser l'appellation "occidental" pour le type D, nous avons résolu d'en user pour sa commodité, tout en étant conscient que ce type du texte n'est probablement pas originaire de l'occident. C'est pourquoi nous employons toujours l'expression "occidental" entre guillemets.

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16

Nous laissons de côté les suggestions de Frédéric George Kenyon à propos des types du texte césaréen T et syriaque E3 et celles de Bruce M. Metzger sur les textes pré-alexandrin et pré-césaréen, d'abord pour ne pas compliquer outre mesure la classification et surtout parce que l'existence de ces types du texte est encore contestée par de nombreux spécialistes.

Plusieurs papyri (dont P**®) n'appartiennent à aucun type du texte puisqu'ils datent d'avant les grandes recensions. On parlera alors de "texte libre". Il ne faut cependant pas voir là un synonyme de texte original.

Chaque type du texte possède ses caractéristiques. Celles-ci contribuent à établir une hiérarchie entre ces types. Ainsi le type alexandrin est habituellement considéré comme le meilleur texte et le plus digne de foi à cause de sa brièveté et de son austérité. Vient ensuite le type "occidental" que sa prédilection pour la paraphrase rend souvent suspect. Quant au type byzantin, il est considéré comme le plus éloigné de l'original, ses recenseurs ayant cherché à polir les rugosités du texte et à combiner les lectures divergentes.

Les manuscrits étant répartis entre les types du texte, il est aisé d'apprécier chacune des variantes de notre morceau selon les témoins qui les attestent. Cette "critique externe" accomplie, nous pouvons passer à la "critique interne". Il s'agit d'expliquer les variantes à l'aide de certaines règles, à savoir la difficulté et la brièveté des leçons, les fautes courantes des copistes, et ce que nous connaissons du style et du vocabulaire de l'auteur.

Enfin, nous nous appliquons à faire nos choix d'abord d'après les résultats de la "critique externe" étant donné que les résultats de la "critique interne" sont davantage exposés à la subjectivité du chercheur. 3

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verset 1

variante A *■

* \ / 4 / « /

riocacx '/■t’xrç e^oocrccxLÇ urrûpexouaocLq unoTO<.craea&cü

attestée par:

N A B D2 * 33. 81. 88. 104. 181. 326. 330. 436. 451. 614. 629. 630. 1241. 1739. 1877. 1881. 1962. 1984. 1985. 2127. 2942. 2945. Byz Lect it* itd*m ite itx itz vg syP Syh Sypal cosa co^ goth arm eth; Origène^ Origènela* Acacius Basile de Césarée Didymela* Jean Chrysos tome Augustin Théodoret de Cyr Gennadius Cassiodore Jean Damascène

variante B

/ > f 4 f K f

riixo-iXLç ê^ovCTLO«.ç urr^p^ouacuLq urroroicrcrea&e

attestée par:

p46 d* f g itar ^d jtg ^m ^t . jrlat Ambrosiaster Tertullien

Le nombre des témoins favorise la variante A. Cette variante profite également de la qualité des témoins. Ainsi X A B + appartiennent au type du texte alexandrin considéré par beaucoup de spécialistes de la critique textuelle comme offrant généralement la lecture la plus proche du texte original.® Plusieurs des minuscules cités soit 33. 81. 104. 326 sont aussi de ce type.

La variante B est attestée par P**®, un témoin de grande valeur par son ancienneté (Ile/IIIe s.) qui en fait un manuscrit "indépendant" des grands types du texte nés au IlIe/IVe s.7 Les autres onciaux cités à l'appui, soit D* F G,8 appartiennent au type dit "occidental".8

La variante A offre la difficulté du rrocaoc Qui ne se trouve pas dans la variante B. Peut-être cette dernière leçon a-t-elle voulu écarter l'expression 77o<œo< V-'t'XQ à. cause de sa connotation hébraïsante.10 L'expression est utilisée ailleurs dans l'épître (Rm 2, 9) sans qu'aucun copiste n'ait choisi de la biffer ou de la transformer. Elle est encore utilisée à quatre autres reprises dans le NT soit Ac 2, 43; 3, 23 (citant en cela Lv 23, 29, Septante); 23, 27; Jude

4 4 \

15. 1 Sans que l'expression notaa V-uxQ soit courante chez Paul ou à l'intérieur du Nouveau Testament, elle est suffisamment employée pour prétendre ici faire partie du texte original. Cela nous fait opter pour la variante A ainsi que le

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18

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verset 1

variante Al

> \ >r > f > x «

ou yo<p taruv e^ouuca. eu xxrç utto êeou

attestée par;

N A BD2 P + 33. 81. 88. 104. 181. 326. 330. 436. 451. 614. 630. 1241. 1739. 1877. 1881. 1962. 1984. 1985. 2127. 2942. 2945. Byz Lect ît6® itd®m it® itx itz vg SyP Syh syP* 1 cosa colbo goth arm eth; Origène^1" Origène5** Acacius Basile de Césarée Didyme^ Jean Chrysostôme Augustin Théodoret de Cyr Gennadius Cassiodore Jean Damascène

variante B1

/ X >/ > f > X >

ou ycx.p eorut/ e^oucruoi eu w] &.tto 6eou

attestée par: D

* F G 629. 945 pc 12

Encore une fois la variante A bénéficie de la quantité et de la qualité des témoins.

Il est fort plausible de penser qu'une erreur de copiste soit à l'origine de la lecture divergente d'autant plus que les deux prépositions sont possibles. Elles donnent en effet un sens cohérent et similaire à cette section du verset et demandent toutes deux le génitif.

Par conséquent nous ne nous reposerons que sur le nombre et la qualité des témoins pour favoriser la variante A.

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verset 1

variante A2

< X -T« « X ** f > f

ou, Se ouctcxl urro Geou 7C7oty(«,€L'Ou, tLucv.

attestée par:

H A B D* F 0 6. 81. 1506. 1739. 1881 al latt co; Origène

variante B2

< x > / / x f y f

ou, Se oyczou, e^ov<7to<c urro Qeou 7«ray/x.€uoti élcciz.

attestée par: D2 4' MâJ sy

La variante A profite de témoins de grande qualité: K A B auxquels l'appartenance au type alexandrin donne un préjugé favorable. D* F O appartiennent au type du texte "occidental". Les minuscules cités sont à considérer. En effet, 6. 81. 1739 sont de type alexandrin. Quant à 1506 et 1881 Kurt Aland et Barbara Aland les jugent des manuscrits de bonne qualité malgré qu'ils soient parfois contaminés par la recension byzantine.15

La variante B ne peut compter que sur un témoin de type alexandrin soit 4-, auquel la composition tardive (Vlüe/IXe s.) donne moins d'autorité qu'aux onciaux plus anciens tels K A B. On ne peut non plus tellement considérer D2 étant donné la date de correction inconnue et la possibilité que le correcteur ait voulu conformer son édition à un modèle byzantin.

Si, selon Johann Albrecht Bengel15 et Johann Jacob Oriesbach1?

Brevior lectio probabilitor,15 la variante A doit être préférée à la variante B

d'autant plus que ê^ovocou, ajouté ici peut être vu comme une précision accessoire, le risque de confusion sur l'identite de cxt, ouaocc étant faible.

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verset 1

variante A3

occ Sê ouacx.L utto Geou Tèrcx-y/xei/CKc euau/.

attestée par: H

* A B D F 0 F 81. 104. 365. 1506. 1739. 1881 al; Origène

variante B3

< \ *r- < \ / > f

(XL Se Ol/C7O<C 1/770 TOU QtOU T6TO<.y^,6t/Olb &,QUV.

attestée par: Xe 4- MaJ

La variante A possède encore pour elle le nombre et la qualité des témoins. On doit signaler la présence d'un nouveau témoin soit F 025, un manuscrit du IXe s. appartenant au type alexandrin. Ce manuscrit est habituellement inclus dans MâJ, mais il offre ici une lecture différente.19 Remarquons aussi pour cette variante, le nombre important de minuscules appartenant à la catégorie des témoins constants pour les épîtres pauliniennes. 20

La variante B offre peu de témoins, et ceux-ci sont de peu de valeur. Cela n'a toutefois pas empêché Wettstein et surtout Tischendorf de préférer cette lecture. Quant à von Soden, il l'a considérée comme un ajout de correcteur en la plaçant entre crochets.^1

Si l'on applique encore une fois le principe de la leçon breve comme étant la meilleure et que l'on considère que les témoins de la variante B avaient comme prétexte d'adoucir la rugosité du passage en ajoutant l'article rou, on ne peut que choisir la lecture A.

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verset 3

variante A

< X >Z » , X / 'X > »x „ > X zx zx

oc yo<p cxpxoï/reç ocx eccrctz <pof3oq rcp ocycxGip epycp <xXXo< 7<p xocxcp.

attestée par:

P46 H A B D* F(c) O P 6. 630. 1506. 1739. 1801 pc (lat) co; Irlat Origène Clément d'Alexandrie Tertullien

variante B

< x >/ > > x / ~ > X **

oc yocp ocpxoï/reç ovx ecoci/ 0oÆoç rue/ o<yo<0uv epywiz o<XXo< tlm xocxuv.

attestée par: D2 + MaJ (sy) arm

variante C

< X >/ > > X f > ** > X

ol yo<p ocpxoï/'reç ovx ecocu 0oÆoç 7ip ocyocGüjepycp o<XXo< 7<p xocxcp.

attestée par; p

*

vid

La variante A jouit encore une fois du nombre et de la qualité des témoins. F s'ajoute a la liste habituelle, ce qui donne un poids supplémentaire à cette variante.

La variante B offre des témoins de moindre valeur en D2 + et Maj

La variante C n'est appuyée que par F. La mention "videtur" faite par les épigraphistes pour indiquer l'incertitude de la lecture donne encore moins d'importance à cette leçon.

> /

Les variantes A et C choisissent un datif d'attribution de ecoci/ alors que la variante B préfère un génitif d'espèce de ÿoÆoç. Les deux usages sont possibles quoique l'usage du datif serait ici plus normal dans un contexte où la

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préoccupation de Paul est l'autorité (ici &.pxpt/req} et non la peur (<po8oq).

Nous nous baserons néanmoins sur le nombre et sur la qualité des témoins pour favoriser la variante

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24

verset 4

variante A

s / f > % »

©eoi? y<xp Suaxot'oç earu/ ucn, scç...

attestée par:

P46 K A B D P 6. 630. 1506. 1739. 1881 pc (lat); Irl<t

variante B

êsov yàp Scocxoc/oç Ïutlv eiç...

attestée par: F G boms

La variante A est attestée par un bon nombre de témoins de qualité (P N A B) devant lesquels F et G ne font pas le poids. Pourtant, si la leçon courte devait être préférée, on devrait omettre aoc. Cette règle ne doit cependant pas être appliquée partout et sans réflexion étant donné que l'utilisation du pronom personnel datif ool a été préparée dans les trois propositions précédentes par l'utilisation de verbes à la 2e personne du singulier: GsXêcç, ttocsl, «Çecç.

Par conséquent, s'appuyant sur les témoins de la variante A et sur la vraisemblance de l'emploi de croc dans ce verset, nous préférons cette lecture.23

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verset 4

variante Al

** X / / > XXX» /

Geof yocp Sbotxovoç earbv aob ecç ro œycxOoi/.

attestée par:

P46 N A D* F G P 6. 630. 1506. 1739. 1881 (lat) co; IrUt

variante B1

X / / » X X » /

$€ou yap Slïxkoi/oç eorbv oob ecç <xy«x7Oi/.

attestée par: B pc

La variante B possède peu de témoins. Le seul oncial offrant cette lecture est B 03 Vaticanus dont la qualité du texte pour les épîtres pauliniennes est inférieure à celle des évangiles.^** N'était la qualité des témoins de la variante A, la variante B serait à considérer plus attentivement à cause de l'attestation de B 03.

Le fait qu'au verset 3» le même mot (ocyocOotz) soit accompagné de l'article

to nous conforte dans notre opinion selon laquelle la variante B ne serait qu'un

(34)

26

verset 4

variante A2

X / /> M > > X X X /

fteou ytnp Slockoc/oç ecrru/ éxScxoç ecç opyqv rip to r.&.x.ov rrpo(.aaovT<..

attestée par:

F46 If A B L P + OT8 81. 104. 365. 630. 1506. 1739. 1881 pm

variante B2

X / / > >/ X X X /

&eou 'yoip StotKotzoç sotlv êK&Lxoç ecç rtp to ko<.kov rrpo<.oaovTL.

attestée par: D

* F 0

variante C2

X / /> > >/ > X ~ X X /

Geou ycxp Slcx.kovoç sotlv ecç ékSlxoç opyqv Ttp to wmv tjpcx.coovtl.

attestée par: ^

*

> D2 33. 945. 1175. 1241 pm

La variante A est attestée par des manuscrits de bonne qualité: p4^ A B apparentés au texte alexandrin. Le témoignage de L a moins d'importance: ce manuscrit datant du IXe s. et appartenant à la famille byzantine. Par contre, le témoignage de 048, un manuscrit alexandrin de bonne qualité contenant Rm 13, 4 - 15, 9 apporte une voix importante en faveur de la variante A.2® Les témoignages de P et de + ne font qu'ajouter au nombre. Il est curieux de constater à quel point le témoignage des minuscules est partagé entre la variante A et la variante C. Peut-être peut-on distinguer 33. 1175. 1241 comme des minuscules émanant de N .

La variante B est la lecture du type du texte "occidental". Elle n'est soutenue que par des manuscrits de ce type.

Quant à la variante C, nous l'identifions comme une variante existant à l'intérieur du type alexandrin, D2 ayant probablement été corrigé à partir de N

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En ne considérant que les témoins, notre choix se porte naturellement vers la variante A. D'un autre côté la variante B étant plus brève, nous serions tentés de la regarder comme témoin du texte original. Il est néanmoins possible qu'un copiste ait voulu supprimer le mot opyfjv en constatant qu'il alourdissait inutilement la phrase et surtout nuisait à son rythme. Le verset 5 plaide pourtant en faveur des variantes A et C en utilisant le mot opyrj d'une façon qui sous-tend une utilisation precedente: Sco owocyxq uTrorotaaecrGou,, ou

r \ \ \ * \ \ \ r

(J.OVOV Scoc tt)v opyr/v cxXXoc xo<c tt)v cruve^rjocv.

Nous voyons dans la variante C une faute d'inattention du copiste >/

puisqu'il nous semble que cette inversion, enclavant le substantif exScxoç entre la préposition €tç et op'yrjv, n'est pas correcte au point de vue syntaxique. '

Figure

TABLE  DES MATIÈRES

Références

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