LES FONCTIONS IMPLICITES DE L'APPRENTISSAGE
DES PROCÉDURES DANS L'UTILISATION
DES TECHNOLOGIES ÉDUCATIVES
Michel SONNTAG, Françoise WERCKMANN École Nationale Supérieure des Arts et Industries de Strasbourg
MOTS-CLÉS: PROCÉDURES - LOI - SOCIALISATION - INSTRUMENTATION-INTÉRIORISATION
RÉSUMÉ: La maîtrise des nouvelles technologies repose sur le respect de règles ou de procédures. Par ailleurs, les outils informatiques permettent des productions de textes où l'on consacre plus de soin
à
la mise en forme qu'au contenu. Nous nous sommes intéressés aux effets éducatifs implicites des nouvelles technologies utilisées dans l'enseignement. Le respect des procédures peut favoriserlasocialisation; la fascination des mises en forme, en revanche, peut soutenir la confusion entre l'esprit et la lettre.
SUMMARY : The mastery of new technologies rests on the respect of rules or procedures. In addition, the data-processing tools allow productions of texts where one devotes often more care to working than with the contents. We were interested in the educational effects of the characteristics of the new technologies used in teaching. The respect of the procedures can support socialization ; the fascination of workings, on the other hand, can support confusion between the spirit and the letter.
1.
INTRODUCTION"Les procédures sont les mêmes pour tous." Les N.T.I., plus que d'autres objets techniques, soulignent la nécessité de l'apprentissage et du respect de règles. On n'y déroge pas ;
il
n'y a pas de passe droit. C'est la condition delamaîtrise de l'objet technique et non l'expression de lavolonté d'un maître. Nous illustrerons à travers des exemples l'intérêt de cette exigence, notamment pourlaquestion de la socialisation.
Mais au cœur de cette exigence habite aussi le risque de confondre formation et formalisme. Les techniques visent l'efficacité, qu'on atteint parlamaîtrise des procédures.
Mais
laformation sollicite l'engagement si l'on veut que l'apprenant devienne auteur de ses apprentissages. Nous pensons que la fascination de la maîtrise des procédures et des formalismes que suscitent certains usages de l'outil informatique oblitère la question du sens et conduità
la confusion entrela fm et les moyens, les conventions et les enjeux.Lafone introduction des N.T.I. dans l'enseignement et la formation doit nous rendre attentifs au fait qu'il faut veillerà
la dérive formaliste et au risque de confusion entrelaforme et le contenu. L'autorité des procédures ne doit pas faire oublier que la formation vise aussi à préparer les apprenants à s'assumer, à prendre en compte l'incenain et l'imprévisible, et à ne pas oublier que la complexité humaine n'est pas réductible au calcul procédural.
2. DES PROCÉDURES TECHNIQUES AUX RÈGLES SOCIALES 2.1 Les respects des règles comme fondement de l'autonomie
L'objectif d'un cours est de faire acquérir des connaissances dans la perspective d'un examen par exemple, ou d'un concours. C'est l'objectif
à
coun terme, communément admis.À
long terme, ils'agit pour l'apprenant de participer au monde delaconnaissance, de s'inscrire dans la société, de devenir plus autonome et responsable de son componement. Cesont, du moins, des finalités que l'école peut afficher.
Laréflexion actuelle sur la formationàla citoyenneté, l'autonomie etlaresponsabilité s'inscrit dans ces visées éducatives. Devenir un citoyen responsable, participer au construit social, c'est d'abord accéder au sentiment de son autonomie relative, se socialiser et accepter que le componement humain se soumetteàl'ordre symbolique et non à celui des pulsions ou impulsions du moment. À ce titre,la
réflexion pédagogique débouche toujours sur des positions axiologiques. L'idée d'autonomie et de responsabilité est particulièrement complexe et s'anicule de façon quasi paradoxale autour des notions d'intégration dans une communauté et de capacité à prendre des initiatives et des décisions sous contrainte. On retrouve cette situation au centre des questions d'éducation et de formation. Composer un texte personnalisé en respectant les règles de la syntaxe, appliquer les règles de calcul à des problèmes paniculiers ; sans cesse cette dialectique entre initiative et conformité est en jeu.
Dans le respect des normes se lit aussi, en arrière fond, le respect delaloi qui fondelacommunauté humaine. C'est pour cette question que les nouvelles technologies présentent une opponunité éducative qui demande
à
être exploitée. En effet, par le biais des procédures qui déterminent leurfonctionnement, les nouvelles technologies mettent en évidence la force des normes et des règles procédurales et par voie de conséquence évoquent la question de la loi sociale. L'idée de contraintes à respecter fait le lien entre les deux univers.
Mais le respect des règles et des lois sociales nous paraît indissociable du sentiment d'autonomie. En effet, pour respecter la loiilfaut avoir conscience de son autonomie relative et de sa responsabilité. Le sentiment d'autonomie ne se fonde-t-i1 pas sur l'estime de soi et le sentiment d'être responsable ? Cette prise de conscience personnelle détermine l'aptitude à prendre des décisions, à se ftxer des objectifs,
à
les atteindre, la capacité d'entreprendre, d'interpréter et d'utiliser des informations, le respect de soi et des autres, la capacitéà
communiquer et la conftance en soi.Face à ce tableau idéal, le constat de comportements 'sauvages' qui se produisent dans des cours et sont adoptés par des jeunes peu socialisés est saisissant. Paradoxalement, ces jeunes ne connaissent bien souvent que des rapports de domination ou de séduction et ne supportant de ce fait ni les règles, ni l'autorité. L'intériorisation des règles donnant le sentiment d'un contrôle personnel sur les orientations à prendre et qui permet de répondre efftcacement aux sollicitations semble faire défaut ici, de même que l'estime de soi qui permet d'adhérer à un esprit d'école sans avoir l'impression de se perdre. Est-il possible de transmettre des connaissances dans ce contexte? Beaucoup d'enseignants se posent la question. Comment susciter chez ces élèves la conscience de l'enjeu des règles et pallier les difftcultés du sentiment de "tout est permis et possible" qui est la marque de ceux qui n'ont pas intériorisé la dimension symbolique de la loi et vivent les rapports humains sur le mode du seul rapport de force ou bien de la séduction.
2.2 Les N.T.I. comme support pour éduquer à la conscience et à l'enjeu des règles Une manière d'opérer et de 'pacifter la classe'. Nous en avons parlé dans une précédente communication ici même, il y a un an. Les nouvelles technologies et plus particulièrement l'ordinateur, dans leurs modes d'emploi nous ouvrent une autre perspective. C'est le point que nous souhaitons préciser ici. Nous admettons que sous certaines conditions, l'ordinateur peut favoriser l'appropriation du savoir, il peut jouer un rôle de médiateur patient et non dévalorisant,ilpeut aider l'élève en difftculté. Nous pensons aussi que cet outil ne peut avoir de succès que si l'enseignant reste présent et assure une aide bienveillante et structurée à l'élève, parce que le désir d'apprendre est soutenu par la reconnaissance des autres et non le rapport
à
la machine. Enftn, pour travailler avec l'ordinateur et ses logiciels, il faut respecter les procédures requises. Par voie de conséquences, cette exigence peut favoriser la prise de conscience du rôle des conventions, des règlements, de la loi. La rencontre avec la force contraignante des procédures situe l'élève dans la logique de la réalité. Il ne s'agit plus, pour l'élève, d'imaginer ce qu'il pourrait faire ou savoir s'il le voulait ou de penser que si son travail n'est pas bien évalué, c'est la faute de l'enseignant qui met de la mauvaise volonté à reconnaître les mérites. L'ordinateur est implacable et non insultant: il faut respecter les procédures pour réussir. La présence du professeur est au surplus rassurante, favorisant les relations sociales dans la mesure où il n'abandonne pas l'élève, s'attarde de temps en temps auprès des élèves endifficultés, leur parle personnellement, les aides ou les fait aider par un autre élève et manifeste ainsi
l'intérêt qu'il porteà
leur apprentissage.Lafonnation prend du temps, nous le savons, et l'élève en difficulté n'en a pas conscience, le plus souvent. Il voudrait tout savoir tout de suite, surfer vers les sites qui l'intéressent. Or, utiliser un ordinateur demande un minimum de connaissances, et atteindre l'infonnation désirée demande
de
se situer dans l'architecture informatique et la logique de son fonctionnement: suivre des consignes par le déplacement du curseur à l'aide de la souris, suivre les ordres qui s'affichent à l'écran. Dans certains cas,ils'agit de suivre un processus en arborescence qui va du général au particulier, mais on ne voit pas l'arborescence:ilfaut l'imaginer dans une suite de mots clés et d'actions proposées par le logiciel, découvrir la logique cachée et la respecter. Pour la consultation d'Internet, beaucoup d'élèves voudraient trouver immédiatement le site qui les intéresse, sans passer par le cheminement de laconsultation. Ils font appel
à
leur enseignant qui joue un rôle primordial dans cet apprentissage et notamment dans la prise de conscience du temps nécessaire pour apprendre. Il peut indiquer les étapes, rappeler les objectifs, souligner les acquisitions.Ce respect strict des procédures est incontournable et ne s'improvise pas, y compris pour des logiciels simples comme les logiciels de traitement de texte ou les tableurs. C'est en ce sens que l'ordinateur est un outil fascinant, différent des objets techniques plus communs souvent utilisés dans un mode dégradé, dans un respect approximatif des consignes, parfois détournés de leur fonction. Ainsi, bien des automobilistes ne respectent pas tout à fait leur voiture : changements de vitesse brutaux, poussées d'accélération violentes, moteur peu entretenu!,mais la machine obéit cependant ou paraît obéir. C'est plus difficile pour l'ordinateur. Il est très proche de nos démarches mentales. Pour l'usager, il 'écrit, calcule, dessine, joue, enquête, explore, simule et observe', selon des règles qui lui sont propres et devant lesquelles nous devons nous incliner si nous voulons l'utiliser.
On
doit donc alleràla rencontre de l'ordinateur pour le faire fonctionner. Àtravers la simulation cognitive qu'il opère,ilpermet de prendre conscience presque physiquement de la démarche mentale imposée à l'occasion des apprentissages.L'élève accepte ces procédures, ne conteste ni ne se plaint car la règle est indiscutable, lamême pour tous. Cela n'est pas le cas pour bon nombre de règles concernant aussi bienladiscipline, la politesse, le règlement intérieur ou les règles propres à chaque matière. Des conventions comme les règles de politesse, de savoir-vivre ou de la technique de la dissertation, de grammairepeuvent toujours se discuter. Même si les règles de la dissertation ne sont pas respectées, le stylo ne refusera pas d'écrire un texte que l'on pourra lire et que certains pourront admirer. En revanche, l'ordinateur refuse de fonctionner si l'utilisateur ne se soumet pas à son mode de fonctionnement,ilne cède pas,
à
lalimiteil"meurt". Mais jamais le logiciel n'est 'injuste' ou contesté dans sa logique. Pourtant,ilsanctionne implacablement! Grâce à la médiation de l'enseignant, les liens peuvent se tisser entrela procédure imposée par l'ordinateur et la nécessité des règles pour vivre en groupe, sans pour autant tomber dans le monde d'Huxley. Laprésence et laparole de l'enseignant assurent la différence entre le monde technique et celui des hommes; L'épreuve des procédures et des règles techniques convient particulièrement aux jeunes ne supportant ni l'autorité, ni le rapport frontal avec l'adulte, l'ordinateur fait écran entre le maître et l'élève. Et la "violence" de la règle technique est plus supportable, car elle rappelle l'épreuve des faits et non la soumission à la volonté de l'autre, vécu sur le mode de l'assujettissement. Dans la confrontation à l'ordinateur, l'élève découvre la contrainte et les
possibilités des procédures techniques, l'enseignant peutytrouver un point d'appui pour parler de la règle sociale. C'est cette opportunité que nous exploitons dans les classes hypothéquées par des comportements de jeunes en rejet de l'autorité.
2.3 Les risques des dérives instrumentales dans l'usage des N.T.1.
Lerespect des procédures conditionne l'utilisation des logiciels et peut constituer une ouvenure sur la socialisation. Le protocole est considéré à ce titre comme une métaphore des règles de la vie communautaire. Mais le formalisme inhérent à l'usage des outils informatiques peut aussi induire des dérives qui enferment les apprenants dans des biais et une culture instrumentale qui oublie que l'incertain et l'imprévisible sont au cœur des relations interpersonnelles. On risque d'oublier que le sens ne se réduit pas au calcul mais émerge de l'engagement des sujets dans l'action. Nous explorerons deux dérives de cette nature, qui pèsent sur les N.T.I. et leurs usages en formation. 1 -Lapremière concerne le risque de perdre le sens de certaines activités pédagogiques au profit de la correction formelle. Ainsi les bases de données couplées au traitement d'images et de textes rendent aisée la production de textes bien mis en pages sans qu'il
y
ait appropriation du contenu. Nous parlerons de dérive formaliste.Nous avons mis en place un enseignement à l'I.S.T., exploitant l'accès à des bases de données multiples via des CD-Rom et Internet. Par aiIIeurs, les étudiants savent utiliser les traitements de texte et la P.A.O. et connaissent les applications des scanners. Nous espérions une utilisation raisonnée de ces outils qui devrait faciliter la production de mémoires mieux documentés, agréablement présentés, aux références bibliographiques un peu plus riches qu'auparavant. C'est le cas pour la plupan des mémoires. Mais certaines dérives formalistes sont significatives et méritent d'être interrogées. Dans ces dérives, les textes deviennent des ressources qu'on manipule comme des blocs sémantiques bien "encapsulés". Il suffit de les lier les uns aux autres en veillant à une mise en page visuellement agréable, l'ensemble étant souvent illustré par des images bien choisies. On produit un document de 20, 50 pages fabriqué à panir de blocs de texte copiés/collés pris dans des contextes différents et reliés par quelques coordinations forcées. Mais le tout a de l'allure, la mise en page est travaillée, l'illustration est recherchée. Nous sommes dans une culture de l'image. L'intelligence du texte s'estompe devant l'intelligence de l'agencement des textes. Cette démarche est identique aux opérations mises en œuvre par des logiciels de DAO! CAO puisant des ressources dans une bibliothèque de données. On conçoit des objets nouveaux par combinaisons de formes élémentaires bien identifiées.
Dans le cadre d'un mémoire, cette démarche ne va pas sans dire, car il s'agit de production de sens et non de forme. Un "mémoire compilé" peutêtreconstruit en un temps record par réunion de blocs de textes thématiquement regroupés et disponibles dans des bibliothèques de données. On respecte le cahier des charges de la présentation et l'on compile. Ne nous offusquons pas trop rapidement de ce comportement, il se retrouve sous bien des pratiques de conception à partir de la combinaison d'unités basiques préalablement identifiées et mémorisées. Ce qui nous surprend, c'est l'effacement du
contenu au profit de la forme dans la démarche d'apprentissage et la revendication de la légitimité pour
mémoire "fonnellement correct" et bien présenté, il est donc logique qu'il soit bien évalué. Cetteperte d'attention pour le contenu au profit de l'arrangement formel trouve son écho dans des pratiques sociales où la culture du respect des procédures éclipse celle de l'intention et des enjeux. Ces questions sont plus lourdes en conséquence qu'il n'y paraît. Le formalisme et le respect des procédures relève de l'instrumentalisation des pratiques, mais aussi de sa déshumanisation au sens où l'intention et la finalité peuvent facilement passer au second plan au profit de la légitimité fonnelle.
En
assurance qualité, si les procédures sont respectées, on estime que la qualité est assurée. Mais on n'interroge pas la nature de la qualité visée.
2 -Laseconde dérive, nous la nommerons illusion de la connaissance totale. Seul, sans ses prothèses cognitives, l'individu mesure aisément sa rationalité limitée, pour reprendre l'expression d'Ho Simon: mémoire limitée, capacité limitée
à
prévoir les conséquences de ses actions et àanticiper le comportement des autres et des phénomènes. C'est pourtant dans ce contexte d'incertitude et d'imprévisibilité que l'individu doit décider. En réalité, les décisions se prennent souvent par intuition et pour des raisons plus ou moins claires.
L'outil infonnatique avec sa capacité à traiter les infonnations, les progrès des sciences et la capitalisation des infonnations sur les situations et les phénomènes laissent entendre que nous arrivons à mieux maîtriser les situations. Tous les systèmes XAO vont dans ce sens. Conception, maintenance, gestion assistées par ordinateur, prévision des comportements des produits et des systèmes, ces outils d'aide à la prise de décision rationnelle laissent entendre que nous vivons dans un système d'informations maîtrisées et que la décision pourrait découler du calcul de préférence. On ne peut nier qu'en augmentant considérablement les capacités à stocker les infonnations et à les mobiliser rapidement, les outils infonnatiques pennettent de prendre des décisions plus éclairées, fondées sur optimisations. Cette culture largement induite dans une fonnation d'ingénieur oublie cependant deux aspects. D'une part, la rationalité de la décision est possible dans un système d'informations maîtrisées et limitées et par rapport
à
des critères fixés d'avance et d'autre part la finalité ou les valeurs ne relève pas du calcul mais de prises de position qui affmnent des choix existentiels ou des conceptions du monde non réductiblesà
des calculs économiques. L'usage des XAO dans la fonnation des futurs décideurS risque de faire oublier que les décisions qui engagent les grandes orientations politiques et existentielles demandent des engagements pour des valeurs et non des calculs pour des préférences économiques. En d'autres tennes, on laisse entendre que la finalité pourrait elle-même se réduire au calcul à partir de la maîtrise des informations. Ici, la fascination de l'outil infonnatique peut laisser entendre que la décision est affaire de calcul et que la seule légitimité dans les choix est celle de l'optimisation par traitement de l'information. Nous pensons au contraire que la fonnation doit pennettre la prise de conscience, qu'il existe des domaines où décider revient à prendre des risques et à oser affinner des valeurs non réductibles aux calculs d'optimisation induit par le traitement infonnatique de données. C'est admettre que le sujet transcendantal Kantien ne se réduit pasà
l'ordre des phénomènes.En effet, l'instrumentation par les N.T.!. des processus de décision induit l'idée d'un esprit sans sujet comme le disait Paul Ricœur à propos du structuralisme et contribue à la déconstruction de la métaphysique de la subjectivité. On ramène la décision à la compréhension d'un réseau complexe
d'interactions entre des entités simples. Dans ce cadre la valeur deviendrait une simple préférence et non la manifestation d'un sujet transcendantal qui fonde le sens et la dignité humaine.Ladécision et valeur seraient calculables et non essentiellement fondées en Raison.
3. CONCLUSION
L'usage de l'informatique en pédagogie mérite une attention particulière parce qu'il simule et amplifie nos démarches cognitives. C'est à travers le jeu de correspondances analogiques avec d'autres pratiques et situations de la vie sociale que les N.T.!. peuvent stimuler ou induire des effets qui dépassent la signification immédiatement attachéeàleur usage. La nécessitéàrespecter les procédures ou les règles de fonctionnement confronte les apprenants aux exigences de la réalité et, partant, peut contribuer à la socialisation et faire comprendre la justification des règles sociales à des jeunes en rupture avec la loi vécue sur le mode du rapport de force. Inversement, le formalisme inhérent aux outils informatiques risque d'induire une vision instrumentalisée du monde humain et faire oublier que le sens ne se confond pas avec la forme ni la décision avec le calcul. C'estàtravers l'attitude de l'enseignant et sa capacité à situer les limites et les atouts de l'outil et à accompagner l'apprenant dans sa maîtrise des contraintes techniques que s'opèrent, pensons-nous, ces effets secondaires.Àce titre, l'éducation et la formation passent d'abord par la médiation du sujet humain.
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