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conference 2 jean paul berthias

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)
(2)

La Mécanique Spatiale est l’art de

guider les engins spatiaux vers leur

destination

Cette technique est mise en œuvre par les agences spatiales et les opérateurs de satellites

(3)

Les acteurs français

Centre National d’Etudes Spatiales

Siège

PARIS

192

Daumesnil

Lanceurs 234

TOULOUSE

Satellites 1752

KOUROU

265 Base de lancement

Trajectographie

Mécanique Orbitale

(4)

Les acteurs français

Opérateurs, Industriels, Laboratoires

TOULOUSE

CANNES PARIS

Opérateur de satellites: EUTELSAT (Paris)

Industriels: ASTRIUM (Toulouse, Les Mureaux, Kourou) THALES-ALENIA SPACE (Cannes, Toulouse) Sociétés de service

Astronomes IMCCE (Paris, Lille), OCA (Grasse) Communauté de Géodésie Spatiale

(5)

Les bases

Le mouvement orbital

perturbé

Transferts interplanétaires

Changements d’orbite

Bilan et perspectives

(6)

Lois de Kepler

L’orbite d’une planète est une ellipse dont le Soleil

occupe un foyer.

Le carré de la période orbitale

de la planète est proportionnel

au cube du demi-grand axe de

l’ellipse.

µ a 2 T 3 Π =

Le segment joignant la planète

au Soleil balaye une aire égale

durant des intervalles de temps

égaux.

(7)

Lois de Newton

Principe fondamental de la dynamique

..

=

=

r

m

m

γ

F

Loi Universelle de la Gravitation

Problème à deux corps (Soleil

+ planète) obéit au trois lois

de Képler

=

r

r

GM

m

F

3

(8)

Le mouvement d’un point dans l’espace est défini par

six composantes (position et vitesse)

dans un repère cartésien

     x, y, z, x ,y ,z

Cette représentation est souvent mal adaptée car peu

“physique”. On lui préfère souvent une représentation

équivalente en éléments orbitaux ou “képlerien”

Représentation des orbites

(

a,e,i,ω,,V

)

Cette représentation n’est pas unique, il en existe

beaucoup de variantes

(9)

La forme de l’orbite: a et e

V

e

e

a

r

cos

1

)

1

(

2

+

=

τ Perigee Apogee 2a (a = demi-grand axe) ra rp a.e b p τ A

P

S e = excentricité V

(10)

i

:

inclinaison

sur l’équateur

varie entre 0 et 180 degrés (i > 90

°°°°

= orbite rétrograde)

:

ascension droite du noeud ascendant

=

angle entre l’axe X et l’intersection du plan de l’orbite avec

l’équateur

Ligne des noeuds

Nœud ascendant z y Equateur Ω Ω Ω Ω i

L’orientation du plan : i et

Ω

Ω

Ω

Ω

Pole Nord

(11)

ω

ω

ω

ω

:

argument du perigee

= angle entre la direction du noeud ascendant et la direction

du périgée

V :

anomalie vraie

= angle entre la direction du périgée et la direction de l’objet

Ligne des apsides

DN Nœud ascendant x z y Equateur Ω i

ω

ω

ω

ω

Perigee

La position sur orbite:

et V

(12)

Le mouvement est périodique de période

mais le mouvement n’est pas uniforme le long de l’orbite (loi des aires)

On introduit un point fictif qui tourne à vitesse constante (moyen mouvement) qui sert à définir

l’anomalie moyenne GM a T 3 2Π =

)

(

et

2

périgée

t

t

n

M

T

n

=

π

=

Le mouvement sur l’orbite

Un autre angle:

l’anomalie excentrique

(13)

L’anomalie moyenne M est liée à l’anomalie excentrique E par l’équation de Kepler

L’anomalie vraie se calcule à partir de l’anomalie excentrique par

En pratique on calcule M en fonction du temps, puis E en résolvant l’équation de Kepler par itérations, puis V avec la formule ci-dessus

E

e

E

M

=

sin

+

=

2

1

1

2

tg

E

e

e

arctg

V

(14)

De même que le mouvement n’est pas

uniforme, la vitesse n’est pas constante le long

de l’orbite

         

=

a

r

µ

V

2

1

Va=1,6km/s Vp=10,25km/s τ

Exemple d’orbite de transfert vers l’altitude géostationnaire

La vitesse sur l’orbite

La vitesse est maximale au périgée

et minimale à l’apogée

(15)

a GM V a GM r GM v Energie e e e p r = ⇒ = − + − = + = inf 2 2 2 2 cos 1 1 cos 1

θ

θ

P a rp p Foyer A a ββββ θθθθinf Ligne des apsides |ra|

Moins fréquentes mais définies de la même façon

Asymptotiquement

V

(16)

Les bases

Le mouvement orbital

perturbé

Transferts interplanétaires

Changements d’orbite

Bilan et perspectives

(17)

Dans la réalité la trajectoire n’est jamais simplement Képlérienne car l’objet (satellite, planète) est soumis à des forces

perturbatrices

Equations du mouvement perturbé

Différentes approches existent pour intégrer ces équations: l’intégration numérique directe

les développements analytiques par approximation successive en développant suivant différents “petits paramètres”

l’intégration analytique des équations moyennées etc.

+

=

r

γ

p

r

GM

2

dt

r

2

d

3

Le mouvement perturbé

(18)

Equations de Lagrange

                              ∂ ∂ ∂ ∂Ω ∂ ∂∂ ∂∂ ∂∂ ∂                                   − − − − − − − − − − − − =                               − Ω M R R R i R e Ra R e na e na e na e na e i e na e na i e na e na e e na e na n dt dM dt ddt d dt di dt dedt da ω ω . 0 0 0 0 1 2 0 0 0 1 i cotg 1 0 0 0 0 sin 1 1 0 0 0 1 i cotg sin 1 1 0 0 0 1 1 0 0 0 0 2 0 0 0 0 0 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2

=

grad

R

p

γ

Lorsque la force perturbatrice dérive d’un potentiel

Applicable aux perturbations dues aux inhomogénéités du potentiel terrestre, aux autres corps, etc.

(19)

Equations de Gauss

mouvement

moyen

vitesse

=

=

+

+

=

n

V

w

W

n

N

t

T

p

γ

VT a n dt da 2 2 =

(

)

   − + = N a r v T v e V dt de sin cos 2 1

(

)

(

)

W e na v r dt di 2 1 2 2 1 cos − + = ω

(

)

(

)

W i e na v r dt d sin 1 sin 2 1 2 2 − + = Ω ω

(

)

(

)

W i e na v i r v e v e v e N v T Ve dt d sin 1 sin cos cos 1 cos cos 2 sin 2 1 2 1 2 2 2 − + −       + + + + = ω ω       + − +       + + − − = v e e v N v e e v T eV e n dt dM cos 1 1 cos cos 1 1 sin 2 1 2 2 2

En écrivant la force perturbatrice dans le repère orbital local

t : le long du vecteur vitesse w : le long du moment cinétique

n : perpendiculaire aux précédents, de façon à former un trière

direct t, n, w y n O S w t z x

(20)

Equations de Gauss

mouvement

moyen

vitesse

=

=

+

+

=

n

V

w

W

n

N

t

T

p

γ

VT a n dt da 2 2 =

(

)

   + = N a r v T v e V dt de sin cos 2 1

(

)

(

)

W e na v r dt di 2 1 2 2 1 cos − + = ω

(

)

(

)

W i e na v r dt d sin 1 sin 2 1 2 2 − + = Ω ω

(

)

(

)

W i e na v i r v e v e v e N v T Ve dt d sin 1 sin cos cos 1 cos cos 2 sin 2 1 2 1 2 2 2 − + −       + + + + = ω ω       + − +       + + − − = v e e v N v e e v T eV e n dt dM cos 1 1 cos cos 1 1 sin 2 1 2 2 2

(21)

Paramètres osculateurs

Orbite moyenne (“abstraite”)

Orbite “réelle”

Orbite osculatrice (“théorique”)

Orbite osculatrice = ellipse théorique tangente en position et vitesse

= le mouvement qu’aurait l’objet si la perturbation disparaissait

Orbite moyenne = orbite dont on a supprimé les courtes périodes

= ne conserve que les évolutions à long terme des paramètres

Conséquence des perturbations: tous les paramètres orbitaux évoluent avec le temps

Certains paramètres évoluent plus vite que d’autres (typiquement à la période orbitale)

(22)

Le champ de gravité terrestre

Aplatissement C2,0=-J2

Forme de poire C3,0= -J3

Harmonique zonal (9,0) Harmonique sectoriel (9,9) Harmonique tesseral (9,6)

Décomposition du potentiel sur une base d’harmoniques sphériques

( )

(

( )

( )

)

+

+





+

=

= ∞ + =

ϕ

λ

λ

ϕ

cos

sin

sin

sin

1

, 1 , , 1 m n n m m n m n n n n n eq

P

m

S

m

C

P

J

r

r

r

GM

U

(23)

) sin 3 2 )( ) 1 ( 4 3 ( ) sin 5 4 ( ) 1 ( 4 3 cos ) 1 ( 2 3 2 2 / 3 2 2 7 2 3 2 2 2 2 7 2 2 2 2 7 2 2 2 2 i e a .J .R a dt dM i e a .J .R dt d i e a .J .R dt d / T / T / T − − + = − − = − − = Ω

ω

La plus grosse perturbation est celle due à l’aplatissement terrestre. Ses effets se calculent à partir des équations de Lagrange. La principale conséquence est la

dérive séculaire de la longitude du nœud ascendant (précession du plan de l’orbite) et de la position du périgée sur l’orbite

Effet de l’aplatissement terrestre

Conséquence utile: si a, e et i sont tels que

dΩΩΩΩ/dt = 0,98°°°°/jour alors le plan de l’orbite suit

le mouvement du Soleil au long de l’année: ce sont les orbites héliosynchrones

(24)

Les équations de Lagrange permettent aussi de calculer les perturbations « rapides » dues à l’aplatissement de la Terre (courtes périodes)

~ 2 7 k m

Variation de l’altitude

(25)

Le champ de gravité de la Terre n’est pas constant: il varie sous

l’influence des marées, océaniques et solides (terre élastique)

Marées

Les marées se décomposent en ondes qui correspondent aux différentes fréquences excitatrices du mouvement relatif de la Lune et du Soleil Le potentiel du à la masse d’eau déplacée par chaque onde est décomposé sur la base d’harmoniques

sphériques

Composante principale de la marée (onde semi-diurne M2)

(26)

La fonte des glaces ou les variations hygrométriques dans les

grands bassins causent des déplacements d’importantes masses

à grande échelle qui sont visibles depuis l’espace

Dérives du champ de gravité

Effet sur l’altitude du satellite Envisat en millimètre par an Variation du champ de gravité

en mètres d’eau par an

Les effets du champ de gravité sont amplifiés par les résonances

(27)

Résonances

( )

( )

[

]

2

2

2

avec

sin

cos

a

U

0 0 2

π

ε

θ

ω

ψ

ψ

ψ

µ

lm lmpq lmpq nm lmpq lm l m l p q lpq lmp l l e

)

-

m(

q)M

p

(l -

p)

(l -

S

C

e

G

I

F

a

R

+

+

+

+

=

+

=

∑∑

= = ∞ −∞ = ∞ =

Le cas où la dérivée de est nulle correspond aux effets séculaires. Lorsque cette dérivée est proche de zéro il y a résonance. Cela

correspond à une relation entière approchée entre la période orbitale et la durée du jour

Exprimé au niveau du satellite en orbite le potentiel terrestre dépend des paramètres orbitaux et de l’orientation de la Terre (temps sidéral)

θ

m

M

q)

p

(l -

2

+

Pour un satellite en orbite basse on a environ 13 à 14 orbites par jour. Le mouvement orbital est donc très sensible aux termes du potentiel de m multiple de 13 et 14.

(28)

Influence des « troisièmes » corps

Pour un satellite en orbite terrestre les troisièmes corps sont la Lune, le Soleil, et les planètes.

De même que pour le potentiel central, des résonances entre les différentes fréquences en jeu peuvent conduire à des évolutions complexes de l’orbite

L’influence de la Lune et du Soleil est importante lorsque le satellite est éloigné de la Terre. Elle devient déterminante pour les orbites très excentriques

(

) (

)

(

)

(

2

)

*

(

*

)

* 2 2 2 Ω − Ω + + − − − − + − + − = Ψ m M j h l h l M q p l p l lmphqj ω ω

(29)

La composante principale est la pression directe due au Soleil La pression due à la lumière rediffusée par la Terre (albedo)

-représente 10 % du terme principal en orbite basse

L’émission infra-rouge thermique du satellite (faible mais permanente)

L’émission radio du satellite uniquement pour de fortes puissances)

Pression de radiation

La pression de radiation résulte du transfert de quantité de

mouvement entre photons et satellite

(30)

Le frottement atmosphérique est le résultat de l’interaction du satellite avec les atomes de l’atmosphère encore présents à haute altitude (jusqu’à plus de 1000 km). Le frottement engendre principalement une force de trainée de

direction opposée à la vitesse (la composante de portance est très faible). Il

a pour effet une décroissance du demi grand-axe (perte d’énergie).

Frottement atmosphérique

La densité de chacun des constituants

diminue de façon exponentielle avec l’altitude La densité résiduelle à haute altitude est très sensible au chauffage de l’atmosphère par le Soleil: pic de densité vers 15h locale, cycle solaire à 11 ans, éruptions solaires

(31)

Les vraies équations du mouvement qui décrivent le mouvement des satellites sont celles de la Relativité Générale et non celles de la

théorie Newtonienne

En pratique la Relativité Générale est traitée comme une perturbation à

la théorie Newtonienne qui se traduit par des forces supplémentaires

(approximation post-Newtonienne)

Relativité Générale

Les corrections relativistes sont indispensables pour calculer les trajectoires dans le système solaire (précession du périgée des

planètes notamment)

Pour un satellite en orbite basse, le plus gros impact de la relativité

générale est un décalage de l’altitude d’environ 4 millimètres

(

)

( )

[

]

( )( ) ( )

[

]

( )

R

r

J

r

J

r

r

r

r

r

r

r

r

r

R R R c GM r r c GM r GM r c GM S E E E

×

×

+

×

+

+

=

3 3 2 2 3 2 3 2

3

2

4

4

3 2

(32)

La propulsion embarquée

Le principe de base des propulseurs spatiaux consiste en l’éjection de matière à haute vitesse (propulsion par réaction).

La relation entre la masse d’ergol consommée et l’incrément de vitesse est donnée par l’équation de la fusée

          − = ∆ ∆ − sp 0I g V 0 1 e m m

L’impulsion spécifique Isp caractérise la performance du propulseur.

Les satellites utilisent 3 types de propulseurs pour les changements d’orbite

Gaz froid: gaz stocké à haute pression avec détendeur-régulateur; poussée 0,01 à 10 N / Isp 50 à 170 s

Liquide: réaction de décomposition ou de

combustion des ergols; poussée 5 à 500 N / Isp 280

à 340 s

Electrique: ionisation et accélération électrique du fluide propulsif; poussée 0,02 à 0,3 N / Isp 1200 à 2500 s

(33)

Les bases

Le mouvement orbital

perturbé

Transferts interplanétaires

Changements d’orbite

Bilan et perspectives

(34)

Changements d’orbite

Les satellites changent d’orbite en modifiant leur vitesse à l’aide de propulseurs (une poussée)

La durée d’une poussée peut varier de la seconde à l’heure

L’incrément de vitesse résultant d’une poussée peut varier du mm/s au km/s

La trajectoire du satellite est continue, donc l’orbite avant et l’orbite après la manœuvre ont nécessairement un point en commun

Pour passer d’une orbite donnée à une orbite

quelconque sans intersection, il faut nécessairement au moins une orbite intermédiaire et donc plusieurs manœuvres

Le choix de l’orbite intermédiaire se fait en minimisant le coût global (somme des valeurs absolues des incréments de vitesse)

(35)

Changements d’orbite

Seconde poussée Première poussée

(36)

Effet des manœuvres courtes

(

)

(

)

( )

(

)

( )

(

)

( )

W W N T W N T T V i e na v r V i e na v i r V v e v e v e V v Ve V e na r i V a r V V V e V e V V a n a ∆ − + = ∆Ω ∆ − + −       ∆ + + + + ∆ = ∆ ∆ − + = ∆     ∆ − ∆ + = ∆ ∆ = ∆ sin 1 sin sin 1 sin cos cos 1 cos cos 2 sin 2 1 1 cos sin cos 2 1 2 2 1 2 2 2 1 2 2 2 2 1 2 2 2 ω ω ω ν ω anomalie vraie mouvement moyen satellite du vitesse = = = ∆ + ∆ + ∆ = ∆ ν n V w V n V t V V T N W

Lorsque la poussée est très courte on peut facilement en calculer l’impact à l’aide des équations de Gauss

On en déduit quelques règles simples:

pour changer a ou eil faut pousser dans le plan, pour changer i ou ΩΩΩΩ il faut pousser hors plan il est plus efficace de corriger alà où la vitesse est maximale (périgée), de corriger i au nœud ( +νννν=0), de corriger ΩΩΩΩ à latitude élevée ( +νννν=90°°°°)

(37)

Changement d’excentricité

Une poussé tangentielle permet de changer l’excentricité. Exemple: mise en orbite des satellites géostationnaires

i = 7 deg T = 10,5 h 570 km Earth i = 3,4 degT = 13 h 7360 km DV1 i = 0,4 deg T = 20,5 h 27650 km DV2 i = 0 deg T = 23,9 h 35620 km DV3 Orbite initiale Orbite finale Orbites intermédiaires

(38)

2

sin

2

V

1

i

2

i

1

V

1 2

V

V

i

2 → 2 V → ∆V

Ligne des noeuds

Equateur

i

1

1

V

Le changement d’inclinaison se fait de façon optimale en poussant

perpendiculairement au plan de l’orbite au nœud (ascendant ou descendant)

Cette manœuvre est très couteuse car les vitesses orbitales sont très élevées. En orbite basse la vitesse est environ 7 km/s et il faut donc environ 130 m/s pour corriger d’un degré !

C’est pour cette raison que les sites de lancement proches de l’équateur sont très favorables: on ne peut injecter naturellement un satellite que sur une orbite

d’inclinaison supérieure à la latitude du site de lancement, donc les fusées lancées depuis des sites à latitude élevée doivent consommer beaucoup d’ergols pour réduire l’inclinaison lorsqu’elles visent l’orbite géostationnaire.

(39)

(

1 2

)

1 1 2 1 r r r r r 2 V − µ + µ = ∆

(

1 2

)

2 2 1 2 r r r r r 2 V + µ + µ − = ∆

Transfert à coût minimum entre deux orbites circulaires coplanaires Comme il n’y a pas d’intersection entre les orbites il y a utilisation d’une orbite intermédiaire et deux poussées

Terre

∆V1

∆V2

(40)

Les bases

Le mouvement orbital

perturbé

Transferts interplanétaires

Changements d’orbite

Bilan et perspectives

(41)

Application au transfert

entre planètes

Le transfert de Hohman donne une idée des conditions d’un transfert interplanétaire

Il faut que la planète de départ et la planète d’arrivée se trouvent au bon endroit au bon moment !

La géométrie planétaire fixe les créneaux de lancement

l’écart entre deux créneaux est la période synodique 2 1 2 1

.

T

T

T

T

P

=

378 399 781 584 116 Période (j) Saturne Jupiter Mars Vénus Mercure Planète

(42)

Transferts interplanétaires réels

Dans la réalité les orbites des planètes ne sont ni circulaires ni coplanaires

du fait de la différence de plans, le transfert de Hohman est le plus couteux, et il existe deux transferts optimaux, l’un plus court, l’autre plus long que celui de Hohman Du fait de l’excentricité de la planète de départ et de la planète d’arrivée certaines opportunités sont plus favorables que d’autres

Type II

Type I Durée du transfert Terre-Mars

Type I : 6 à 7 mois Type II: 10 à 12 mois

(43)

Le transfert complet

Le transfert complet comprend trois phases: L’échappée de la Terre

Le transfert

La capture autour de la planète cible

La sphère d’influence est le lieu où l’accélération centrale est comparable à l’accélération due au Soleil

L’énergie de la trajectoire de transfert est par

construction supérieure à la vitesse de libération:

à l’intérieur des sphères d’influence, dans les repères planétocentriques, la trajectoire est hyperbolique

(44)

200 k m

Sphère d’influence

Orbite autour du Soleil Trajectoire hyperbolique

( )

r

V

V

>

lib 2 2 2 lib

V

V

V

=

La sphère d’influence est loin (« à l’infini ») par rapport à la Terre

Toute trajectoire avec une vitesse initiale supérieure à la vitesse de libération est une hyperbole qui

quitte la sphère d’influence

( )

r GM r

Vlib =

La vitesse finale autour du Soleil est la combinaison de la vitesse relative à la Terre et de la vitesse orbitale de la Terre

(45)

Assistance gravitationnelle

Le principe de composition des vitesses conduit à des effets intéressants lors des survols planétaires

Va

Vd

Va

Vd

La vitesse relative à la planète change de

direction lors du survol, ce qui génère suivant les cas une augmentation ou une diminution de la vitesse absolue par rapport au Soleil

VP/*

ΔV

θ

L’angle de déflection se contrôle en jouant sur l’altitude du périapse

1 2

1

2

sin

− ∞

+

=

GM

V

r

p

θ

(46)

Applications de l’assistance

gravitationnelle

Aller au-delà de Venus et de Mars avec un transfert direct requiert un incrément de vitesse au départ trop élevé pour les lanceurs actuels (et un freinage à l’arrivée trop difficile à réaliser)

Deux solutions existent

L’utilisation de la propulsion électrique sur le satellite, qui permet de pousser très longtemps et donc d’augmenter petit à petit la vitesse L’assistance gravitationnelle qui permet d’augmenter la vitesse

(47)

Exemple: Voyager

Lancées en 1977 les sondes Voyager-1 et 2 tirent profit d’un

alignement optimal des planètes et de l’assistance gravitationnelle pour visiter Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune

(48)

Exemple: ROSETTA

Mission européenne d’étude de la comète 67P

/Churyumov-Gerasimenko lancée le 2 mars

2004 par Ariane 5 (v∞∞∞∞ = 3,5 km/s)

Croisière de 10 ans avec 4

assistances gravitationnelles à la Terre (2005, 2007, 2009) et à Mars (2007) 4 manœuvres en croisière (∆∆∆∆V = 204m/s) plus 2 manœuvres de rendez-vous (∆∆∆∆V = 1583m/s)

A titre d’exemple le 2ème survol

de la Terre (altitude 3350 km) a augmenté la vitesse de la sonde de 3,6 km/s soit l’équivalent de 2 tonnes d’ergols !

(49)

Exemple: BEPI-COLOMBO

Mission européenne d’étude de

Mercure qui doit être lancée par

Ariane 5 en 2015 (v∞∞∞∞ = 3,5 km/s)

Utilise la propulsion électrique et les assistances gravitationnelles pour réduire la vitesse

Les deux survols de Venus suffisent pour abaisser le périgée au niveau de Mercure !

La première phase de la capture en orbite autour de Mercure est passive (sur une orbite 490 x 178 000 km) !

(50)

Capture passive

Certaines trajectoires venant des points

de Lagrange et approchant la Terre (ou une autre planète) peuvent passer

suffisamment prés pour que l’objet soit « capturé » et reste en orbite au moins pendant quelques orbites

Ce mécanisme est utilisé pour aider à la mise en orbite d’un satellite autour d’une planète sans avoir à fournir une grosse décélération: au lieu d’aller directement à la planète on vise un passage au

voisinage d’un point de Lagrange Particulièrement adapté au cas des poussées faibles (ex. SMART-1, BEPI-COLOMBO)

(51)

Points de Lagrange

Cinq zones de l’espace où force de gravitation et force centrifuge s’équilibrent

Force Centrifuge

(52)

Problème circulaire restreint

à 3 corps

Modèle simplifié où:

- Il n’y a que trois corps, les deux corps principaux (Soleil+Terre ou

Terre+Lune) et le satellite

- Le satellite a une masse négligeable

- Les deux corps principaux ont un mouvement circulaire

Utilisé pour étudier la dynamique du satellite

i j m1 m2 msat k r G 1 ρ 2 ρ x y 2 3 2 2 1 3 1 1

ρ

ρ

ρ

ρ

m

Gm

m

Gm

r

m

=

Etudié en détail à la fin du 19ème siècle

(53)

Points de Lagrange

Les équations de Lagrange dans le repère tournant s’écrivent

(

)

(

)

2 2 1 1 2 2 2 2 1 , , ρ ρ m m y x n z y x U = + + + z U y U x U

z

x

n

y

y

n

x

∂ ∂ ∂ ∂ ∂ ∂

=

=

+

=

2

2

avec

L1

L2

L3

L5

Cinq extrema locaux 3 points selle 2 minima

(54)

Mouvement autour des extrema

Développement au premier ordre autour d’un extremum local E

z z z y y y x x x E E E ~ ~ ~ + = + = + =

( )

( )

( )

( )

( )

E z U z z E y U y E y x U x x n y E x y U y E x U x y n x 2 2 2 2 2 2 2 2 ~ ~ ~ ~ ~ 2 ~ ~ ~ ~ 2 ~ ∂ ∂ = ∂ ∂ + ∂ ∂ ∂ = + ∂ ∂ ∂ + ∂ ∂ = − car ∂2

( )

=∂2

( )

E =0 z y U E z x U

Il y a découplage du mouvement dans le plan et du mouvement hors plan.

Le mouvement hors plan est périodique

Le mouvement dans le plan dépend de la nature des valeurs propres (1 réelle + 1 imaginaire pour L1, L2 et L3, 2 réelles pour L4 et L5)

(55)

Mouvement autour de L1 et L2

Combinaison de deux

mouvements périodiques, un hors plan et un dans le plan, et d’un mouvement divergeant => orbites quasi-périodiques, instables sur le long terme La divergence est lente, il est donc possible de la

compenser grâce à de très petites manœuvres

(56)

Intérêt des points de Lagrange

Perturbations faibles, maintien de l’orbite peu couteux en ergols

Pas (ou peu) d’éclipses, très grande stabilité thermique

Visibilité permanente avec la Terre pour transmettre les données (mais loin ~50 fois la distance géostationnaire)

Source: ESA ■Lieu idéal pour les missions d’astronomie:

toutes les futures grandes missions

(57)

Comment y aller ?

Les orbites autour de L1 ou L2 étant naturellement instables, si on propage la trajectoire depuis tout point de ces orbites on peut se retrouver n’importe où !

(58)

Comment y aller ? (suite)

Si on choisit des conditions

initiales sur l’orbite de Lissajous qui mènent prés de la Terre,

inversement on dispose d’une trajectoire qui mène de la Terre à cette orbite !

Il suffit de s’injecter sur cette orbite de transfert et de la suivre jusqu’à l’orbite cible !

(59)

Encore plus fort !

Les régions autour de L1 et L2 correspondant à des niveaux d’énergie semblables on peut transiter de l’une vers l’autre … en étant très

patients ! Sun Earth L3 L4 L5 L1 L2

(60)

Exemple: GENESIS

Mission de collecte

d’échantillons des particules constituant le vent solaire A rejoint le point L1 avant de repartir vers L2 puis de revenir sur Terre

Calendrier:

Lancement: 8 août 2001

Insertion en orbite à L1: novembre 2001 Quitte orbite en L1: avril 2004

Passage par la Terre vers L2: mai 2004 Retour sur Terre: 8 septembre 2004

(61)

Interplanetary Highways

Source: Universitat

Politècnica de Catalunya

(62)

Optimum local vs global

Les approches précédentes permettent de trouver des trajectoires optimales, mais il est souvent difficile de savoir s’il s’agit d’un

optimum global.

Exemple: le transfert depuis une orbite circulaire autour de la Terre vers une orbite circulaire autour de la Lune

Plusieurs solutions sont possibles: Hohman, transferts directs, avec survol, via les points de Lagrange, etc. Elles conduisent toutes à des optimums différents. Terre ∆V1 ∆V2 Lune Coût V= V1+ V2

(63)

Synthèse des transferts

Terre-Lune

Source: F. Topputo IAC-11-C1.1.12

F. Topputo (Polit. Di Milano) a récemment (2011) exploré tous ces transferts dans le cadre du problème à 4 corps (Terre, Lune, Soleil,

satellite) planaire bi-circulaire et les a classés en fonction de la durée et du coût.

(64)

Synthèse des transferts

Terre-Lune

(65)

Les bases

Le mouvement orbital

perturbé

Transferts interplanétaires

Changements d’orbite

Bilan et perspectives

(66)

Bilan et perspectives

Le développement des missions spatiales a suscité des progrès rapides dans la maîtrise des techniques nouvelles

1957: 1ersatellite en orbite (Spoutnik-1)

1959: 1ersatellite atteignant la vitesse de libération (Luna-1)

1ersatellite impactant la Lune (Luna-2)

1962: 1ersurvol de Venus (Mariner-2)

1965: 1errendez-vous orbital (Gemini-6)

1ersurvol de Mars (Mariner-4)

1966: 1eratterrissage sur la Lune (Luna-9)

1967: 1ère capsule sur le sol de Venus (Venera-4)

1971: 1erorbiteur martien (Mariner-9)

1eratterrisseur martien (Mars-2)

1974: 1ère assistance gravitationnelle (Mariner-10 survol de Venus pour rejoindre

Mercure)

1977: 1ergrand voyage interplanétaire (Voyager-1 & 2)

1978: 1ersatellite sur une orbite de halo en L1 (International Sun/Earth Explorer 3)

1995: début du grand tour de Galileo

1998: 1ère mission utilisant la propulsion électrique (Deep Space 1)

sauvetage de Asia-Sat-3 en utilisant un transfert par la Lune 2001: 1ersatellite sur une orbite de Lissajous en L2 (WMAP)

(67)

Bilan et perspectives

L’Europe a progressivement rattrapé son retard et dispose maintenant de

compétences de pointe dans le domaine de l’astrodynamique

GIOTTO (avec NASA) 1985 Comète de Halley

ULYSSES (avec NASA) 1990 Soleil

SOHO (avec NASA) 1995 Halo en L1

MARS EXPRESS 2003 Mars

SMART1 2003 Lune (poussée électrique)

ROSETTA 2004 Comète 67P/CG

VENUS EXPRESS 2005 Venus

PLANCK 2009 Lissajous en L2

HERSCHEL 2009 Halo en L2

GAIA 2013 Lissajous en L2

BEPI-COLOMBO 2015 Mercure (poussée électrique)

SOLAR-ORBITER 2017 Soleil

EUCLID 2019 Lissajous en L2

(68)

Bilan et perspectives

Le coût très élevé des grandes missions spatiales, combiné avec la stagnation, voire la réduction, des budgets en Europe, entraine une baisse notable du nombre de projets complexes.

Dans le même temps, les missions d’observation de la Terre et de navigation par satellite, assez simples sur le plan de la Mécanique Spatiale, se multiplient.

Les efforts en Mécanique Spatiale s’orientent souvent aujourd’hui vers de nouveaux sujets « à la mode » qui sont perçus (probablement à tort) comme pouvant déboucher sur des missions à court terme:

Le service en orbite

La récupération de satellites morts, et leur désorbitation

Le vol en formation, qui combine plusieurs satellites volant a proximité l’un de l’autre pour remplir une mission

(69)

Quelques problèmes actuels

L’optimisation des transferts interplanétaires avec recherche

automatique des séquences d’assistances gravitationnelles, avec ou sans propulsion électrique.

L’évolution à long terme des orbites des satellites morts qui

gravitent autour de la Terre, et plus généralement, la modélisation de l’évolution statistique de la population des objets en orbite avec prise en compte des collisions.

La dynamique des objets à grand rapport surface sur masse, soit en relation avec le problème précédent, soit en relation avec les voiles solaires.

(70)

Pour en savoir plus

De nombreux ouvrages dont le livre de Mécanique Spatiale du CNES chez Cepadues (un peu ancien sur certains sujets)

Beaucoup d’informations sur les sites Web des agences spatiales (CNES, ESA, NASA), dont le très bon www.jpl.nasa.gov/basics

Expérimenter par vous-même avec les fonctions de Mécanique Spatiale disponibles en SCILAB dans la bibliothèque CELESTLAB (contribution CNES) - voir www.scilab.org

le mode demo permet d’obtenir des résultats sans efforts !

Résoudre les problèmes passés des Global Trajectory Optimization Competition (GTOC) www.esa.int/gsp/ACT/mad/index.html

Références

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