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To cite this version:
Georgios Valentis. Épuration par cultures fixées sur support géotextile. Biotechnologies. Ecole na-tionale des ponts et chaussées - ENPC PARIS / MARNE LA VALLEE, 1988. Français. �pastel-00574109�
DOCTORAT
DE L'ECOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSEES
EPURATION PAR CULTURES FIXEES
SUR SUPPORT GEOTEXTILE
p a r
Georgios VÄLENTIS
Thèse soutenue le 23 novembre 1988
à l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées
devant un jury composé de :
M. D. THEVENOT Président
MM, D. CAILLE Directeur
S. ELMALEH Rapporteur
H. GIBERT Examinateurs
J. LESAVRE
F. ROGALLA
A mes parents
A mes ajnis
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EN P Csu
J'adresse mes vifs remerciements à Monsieur FABRET, Directeur de l'AGENCE SEINE-NORMANDIE, Monsieur DOUARD, chef de la Sous-Direction
Traitement et Dépollution des Eaux, et Monsieur TRANCART, ex-chef du Service Recherche et Développement, pour l'accueil à leur Centre de Recherche et les moyens qu'ils m'ont offerts pour l'accomplissement de cette étude.
Je tiens également à remercier pour la direction de ma thèse Monsieur CAILLE, professeur à l'E.N.P.C. et Directeur d'ANJOU RECHERCHE, qui m'a orienté de façon judicieuse vers des gens du métier auprès desquels j'ai bénéficié de précieux conseils.
Je n'oublie pas que le travail présenté est la continuation du D.E.A. de l'Environnement de l'Université Paris-Val de Marne dont le Directeur est Monsieur THEVENOT. Cette thèse est, dans une large mesure, le résultat de ses décisions. Qu'il trouve ici un témoignage de ma reconnaissance.
Monsieur ELMALEH, Professeur à l'Université du Languedoc, nous a fait l'honneur de juger ce travail et a bien voulu compter parmi les membres
du jury, malgré la distance qui le sépare de Paris. Je saisis cette occasion pour lui exprimer mes plus vifs remerciements.
Je remercie sincèrement Monsieur GIBERT, Professeur à l'E.N.G.R.E.F. pour avoir accepté d'accorder son attention à cette' étude.
Monsieur ROGALLA, de l'O.T.V., nous fait le plaisir de participer à notre jury. Qu'il trouve ici toute ma reconnaissance pour son intérêt et sa disponibilité tout au long de ce travail. Je ne pourrais pas non plus oublier le personnel de l'O.T.V. qui m'a confié une partie de son savoir-faire.
J'adresse également mes plus vifs remerciements au Conseil d'Administration de la Fondation BODOSSAKIS (Grèce) pour sa subvention qui m'a permis d'avoir des conditions de vie privilégiées en France.
Pour la réalisation du pilote, j'ai bénéficié d'innombrables "coups de main" et conseils techniques de la part de Monsieur BORGES. Je le remercie cordialement pour sa disponibilité et son amitié.
Que tous mes collègues du C.R.E.A.T.E. trouvent ici l'assurance de ma profonde reconnaissance pour l'aide amicale qu'ils m'ont apportée.
J'adresse encore un grand merci à mon collègue, Monsieur MICHAUX, avec qui j'ai parcouru une période de cette étude. Son aide sur le travail quotidien, son apport intellectuel et son amitié m'ont été inappréciables.
Je remercie vivement Madame FRUGIER, de l'E.N.P.C, pour avoir assuré, par son courrier, la liaison régulière Colombes-Ecole, pendant 3 ans.
Sur cette liste non-exhaustive, j'aimerais ajouter Mademoiselle MARECHAL qui a rendu lisibles tous mes brouillons.
Mon stage au C.R.E.A.T.E. (Centre de Recherches et d'Essais Appliqués aux Techniques de l'Eau) a fait l'objet de deux publications :
- LESA VRE J., VALENTIS G.
"Dimensionnement des silos destinés à l'épaississement gravitaire des boues activées d'aération prolongée".
La Tribune du CEBEDEAU, Vol. 41, N° 530, 1988. à paraître :
- VALENTIS G., LESA VRE J.
"Wastewater Treatment by Attached-Growth Micro-organisms on a Geo textile Support".
Water Science and Technology. ainsi qu'une communication :
- VALENTIS G., LESA VRE J.
"Epuration par Cultures Fixées sur Support Géotextile". Conférence CFRP-AGHTM, Nice, 4-6 avril 1989.
1. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE 4
1.1. Objectifs 4 1.2 Les Géotextiles 4
1.3 Les procédés d'épuration par bactéries aérobies fixées 5
1.3.1. T e c h n i q u e s modernes 6 1.3.1.1. Les f i l t r e s biologiques g r a n u l a i r e s 6
1.3.1.2. Les l i t s fluidisés 7 1.3.1.3. Les r é a c t e u r s à m a t é r i a u x en s u s p e n s i o n 8
1.3.1.4. Les l i t s immergés n o n - g r a n u l a i r e s 8
1.4. Les matériaux de garnissage des réacteurs biologiques 10 1.5. Critères de choix d'un support pour la fixation bactérienne 11
1.5.1. La formation du biofilm 11 1.5.1.1. Les mécanismes 11 1.5.1.2. Rôle de la n a t u r e du s u p p o r t 12
1.5.1.3. Discussion 12 1.5.2. P r o p r i é t é s n é c e s s a i r e s d'un s u p p o r t , compte t e n u du milieu
et de l ' u t i l i s a t i o n spécifiques 13 1.5.2.1. La s u r f a c e spécifique et le t a u x de vide 13
1.5.2.2. P r o p r i é t é s m é c a n i q u e s , chimiques et biochimiques 14
1.5.3. Modélisation des procédés à c u l t u r e s fixées 15 1.5.3.1. Les formules empiriques e t s e m i - e m p i r i q u e s 15
1.5.3.2. Approche t h é o r i q u e 16 1.5.3.2.1. Modèle de WILLIAMSON et McCARTY 17
1.5.3.2.2. Dynamique des p r o c e s s u s des c u l t u r e s fixées 23
1.5.3.2.3. Discussion 24 1.6. Etudes des p a r a m è t r e s h y d r a u l i q u e s 25
1.6.1. Modèle d'écoulement p i s t o n avec d i s p e r s i o n a x i a l e 27 1.6.2. Modèle de N r é a c t e u r s en série, p a r f a i t e m e n t mélangés 29
2.2. Partie expérimentale 32
2 . 2 . 1 . Les m a t é r i a u x choisis pour les e s s a i s en l a b o r a t o i r e 32
2.2.2. Dispositif e x p é r i m e n t a l 35 2.2.3. Méthodes 37 2.2.3.1. Respirométrie 37 2.2.3.2. Mesures p o n d é r a l e s 39 2.2.3.3. Analyse écologique 39 2.3. Résultats e t Discussion 39
2 . 3 . 1 . Déroulement de la c o l o n i s a t i o n e t aspect macroscopique
du biofilm 39 2.3.2. Accumulation et a c t i v i t é r e s p i r a t o i r e de la Biomasse 42
2.3.3. R é s u l t a t s de l ' a n a i y s e écologique 47 2.4. Conclusions e t choix d'un matériau peur la suite de l'étude 48
3. EXPERIENCES SUR PILOTE A L'ECHELLE INDUSTRIELLE 50
3.1. Objectifs 50 3.2. Choix du procédé 50 3.3. Matériel et Méthodes 50 3 . 3 . 1 . C a r a c t é r i s t i q u e s de l'eau à é p u r e r 50 3.3.2. Dimensionnement du p i l o t e 51 3.3.3. Méthodologie du s u i v i 56 3.3.3.1. Mesures r é g u l i è r e s 57 3.3.3.2. Plan des e x p é r i e n c e s et v a r i a t i o n des d i f f é r e n t s
p a r a m è t r e s 58 3.3.4. Lavage du massif é p u r a t o i r e afin d'éliminer la biomasse en
excès 59 3.3.5. C a r a c t é r i s a t i o n de l'écoulement p a r traçage 60
3.3.6. Mesure directe du t r a n s f e r t d'oxygène 61 3.3.6.1. A n a l y s e des gaz à l ' e n t r é e et à la s o r t i e du pilote 62
3.3.6.2. Suivi de l'oxygène dissous 64
3.4. Résultats et Discussion 68
3.4.1. P r é s e n t a t i o n g é n é r a l e des r é s u l t a t s 68 3.4.2. Définition du cycle de fonctionnement 68 3.4.3. D i s t r i b u t i o n du temps de séjour et modèle d'écoulement 73
3.4.3.1. R é s u l t a t s d ' e s s a i s en eau propre 73 3.4.3.2. R é s u l t a t s d ' e s s a i s en présence de biomasse 79
3.4.3.3. Conclusions de l ' é t u d e h y d r a u l i q u e 82 3.4.4. R é s u l t a t s r e l a t i f s à l ' u t i l i s a t i o n d'oxygène 82
3.4^4.1. C o n c e n t r a t i o n de l'oxygène dissous d a n s la colonne 82
3.4.4.2. T r a n s f e r t d'oxygène 84 3.4.4.3. Utilisation d'02 par la biomasse 88
3.4.4.4. Conclusions 89 3.4.5. Commande du procédé et t u r b i d i m é t r i e 39
3.4.6. Changements à l ' i n s u f f l a t i o n d'air dans le r é a c t e u r 91
3.4.7. Elimination des boues p e n d a n t le l a v a g e 93 3.4.8. Appréciation globale des performances du pilote 94
4. MODELE DE LIT IMMERGE, NON-GRANULAIRE 96
4.1. Introduction 96 4.2. Développement du modèle 96
4.3. Identification et calcul des pararamètres du modèle 100
4 . 3 . 1 . Calcul du coefficient kg 101
4.3.2. Calcul du coefficient kL' 105
4.3.3. Estimation de la fonction / ( u ) 107
4.4. Influence de la température et nature des coefficients kg e t kL1 109
4.5. Durée du cycle 111 4.6. Phase B, hors cycle 113
4.7. Discussion 114
123
ANNEXES
ANNEXE 1 : Fiche t e c h n i q u e du g é o t e x t i l e ENKAMAT ANNEXE 2 : Mesures de la masse du biofilm
ANNEXE 3 : R é s u l t a t s de l ' a n a l y s e écologique
ANNEXE 4 : A u t o m a t i s a t i o n du l a v a g e . Circuit é l e c t r i q u e ANNEXE 5 : Mesure de l'oxygène dissous
ANNEXE 6 : R é s u l t a t s du suivi du pilote ANNEXE 7 : R é s u l t a t s des t r a ç a g e s
ANNEXE 8 : Programme pour le t r a c é de la d i s t r i b u t i o n du temps de séjour 136 137 138 141 142 143 157 162 ABREVIATIONS ET SYMBOLES 167
RESUME
Les travaux présentés relatent la mise au point d'un procédé
d'épuration aérobie en lit immergé par bactéries fixées sur support géotextile.
Ce matériau facilite la réalisation et l'exploitation des installations par
rapport aux lits immergés granulaires.
La bibliographie et les expériences préliminaires menées sur différents
géotextiles démontrent que les critères de choix pour les matériaux de f i x a
-tion sont indissociables de leur mise en oeuvre. Pour la suite de cette étude
le géotextile ENKAMAT est utilisé.
La colonisation du support sélectionné est réalisée dans un pilote
industriel à l'intérieur duquel le matériau est disposé en nappes. La
métho-dologie du suivi consiste à faire varier la charge polluante en agissant sur le
débit d'eau et le dopage de l'effluent, voire les deux. Les performances du
procédé sont étudiées en mesurant régulièrement les paramètres classiques de
pollution. Les caractéristiques hydrauliques du lit se déduisent de la d i s t r i
-bution du temps de séjour, évaluée par traçage. La Chromatographie en phase
gazeuse permet de quantifier le transfert de l'oxygène.
Le procédé fonctionne par cycles de 2 à 12 jours entrecoupés de
lavages air-eau. La capacité maximale, mesurée en charge volumique
appliquée, est d'environ 7 kg DCO/m
3-j pour une durée de fonctionnement de
3-4 jours, satisfaisant le niveau de rejet e (norme française : MES 30 mg/1,
DBOs 30 mg/1, DCO 90 mg/1).
La modélisation des phénomènes de l'épuration révèle que :
- la cinétique d'élimination du substrat organique est d'ordre 1,
- la charge p a r t i c u l a t e de l'eau épurée dépend à la fois du
décrochage du biofilm, fonction de la vitesse de l'eau, et de la
croissance des bactéries libres,
- la durée du cycle est liée à l'accumulation de la biomasse fixée,
- et que la diffusion du substrat organique contrôle l'épuration.
De plus, cette modélisation a permis l'élaboration d'abaques de
dimensionnement de lit immergé sur géotextile.
Mots Clés : bactéries fixées, géotextile, lit immergé, modélisation,
dimensionnement.
bricoleur, de gré ou de force, demeure en-deçà, ce qui est une autre façon de dire que le premier opère au moyen de concepts, le second au moyen de signes... Pour le bricoleur, il s'agit de messages en quelque sorte prétransmis et qu'il collectionne... l'homme de science escompte toujours l'autre message...
Claude LEVI-STRA USS "La Pensée Sauvage"
Ces d e r n i è r e s a n n é e s les problèmes d'encombrement au sol ont conduit. à r e c h e r c h e r des méthodes d ' é p u r a t i o n i n t e n s i v e a y a n t comme r é s u l t a t de r e s -t r e i n d r e la -t a i l l e des i n s -t a l l a -t i o n s . La -t e c h n i q u e de l ' é p u r a -t i o n p a r b a c -t é r i e s fixées semble r é p o n d r e à ces c r i t è r e s . En effet, le procédé c l a s s i q u e à boues a c t i v é e s n é c e s s i t e un d é c a n t e u r s e c o n d a i r e pour la c l a r i f i c a t i o n de l'effluent, ouvrage volumineux dont l ' e x p l o i t a t i o n n ' e s t pas toujours a i s é e .
F o n c t i o n n a n t s u i v a n t le principe de biomasse fixée, les l i t s immergés g r a n u l a i r e s a s s u r e n t , par b i o f i l t r a t i o n , des performances n e t t e m e n t s u p é r i e u r e s aux boues a c t i v é e s , p e r m e t t a n t en même temps de s'affranchir du d é c a n t e u r s e c o n d a i r e .
Toutefois, les lits immergés g r a n u l a i r e s p r é s e n t e n t c e r t a i n e s c o n t r a i n t e s t e c h n i q u e s dues à l e u r c o n s t i t u t i o n :
- Des l a v a g e s f r é q u e n t s sont n é c e s s a i r e s en r a i s o n du colmatage du s u p p o r t .
- Le décolmatage du massif é p u r a t e u r impose une p u i s s a n c e i n s t a l l é e i m p o r t a n t e .
- La spécificité des m a t é r i a u x g r e n u s u t i l i s é s e n g e n d r e des exigences s p é c i a l e s pour leur mise en o e u v r e .
La r e c h e r c h e d ' a u t r e s s u p p o r t s , ne p r é s e n t a n t p a s ces i n c o n v é n i e n t s , nous a amenés à nous i n t é r e s s e r aux g é o t e x t i l e s .
Le plan de ce r a p p o r t e s t s t r u c t u r é de la manière s u i v a n t e :
- L'étude b i b l i o g r a p h i q u e a pour but de définir les c r i t è r e s qui p e u v e n t motiver le choix d'un m a t é r i a u s u p p o r t de fixation en é p u r a t i o n . A c e t t e occasion, elle fait la s y n t h è s e des a c q u i s sur les biofilms fixés et les t e c h n i q u e s qui accompagnent leur mise en oeuvre.
- Les e x p é r i e n c e s préliminaires en l a b o r a t o i r e p e r m e t t e n t de comparer e n t r e eux différents g é o t e x t i l e s v i s à v i s de la f i x a t i on b a c t é -r i e n n e . Elles c o n c -r é t i s e n t les c o n n a i s s a n c e s c o l l e c t é e s à l'étape p r é c é d e n t e .
- Les e x p é r i e n c e s sur pilote à l'échelle i n d u s t r i e l l e c o n s t i t u e n t la plus g r a n d e p a r t i e de c e t t e é t u d e . On développe une méthodologie de dimensionnement et de s u i v i du lit immergé sur g é o t e x t i l e . Les p r i n c i p a u x r é s u l t a t s t e c h n i q u e s y sont commentés.
- L'élaboration d'un mode de dimensionnement parachève l'étude du
géotextile sur lit immergé en effectuant la liaison entre l'analyse
théorique de la modélisation et la réalisation technique du procédé.
ou cause, ou élément, quand on a pénétré ces principes, causes ou éléments. Il est donc clair que dans la science de la nature, il faut s'efforcer de définir d'abord ce qui concerne les principes.
ARISTOTE "Physique"
1. SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
1.1. Objectifs
En épuration, la fixation des bactéries aérobies sur des supports
présente certains avantages par rapport aux procédés à bactéries en s u s p e n
-sion. Des performances plus élevées sont obtenues par l'augmentation de la
biomasse dans le réacteur. Un éventuel effet de filtration a comme résultat la
suppression du décanteur secondaire. L'accrochage des micro-organismes
contribue à leur vieillissement et à l'apparition de bactéries autotrophes, n i
-trifiantes, pour des temps de séjour de 1'effluent relativement courts. Ainsi,
des matériaux granulaires parfois spécifiquement conçus, sont souvent utilisés
dans des procédés d'épuration intensifs comme les biofiltres. Or, ces
supports,outre leur spécificité qui augmente leur coût, se colmatent rapidement et d e
-mandent des lavages fréquents.
L'objectif essentiel de notre travail a consisté à étudier les
perfor-mances d'autres matériaux de remplissage présentant les avantages suivants :
- facilité de mise en oeuvre ;
- exploitation aisée ;
- possibilité d'utilisation pour réhabiliter des stations d'épuration
existantes ;
- rendements épuratoires supérieurs à ceux des boues activées.
Dans cette optique, nous pensons que les matériaux granulaires a c
-tuellement utilisés peuvent être avantageusement remplacés par des
géotex-tiles choisis en fonction des propriétés physicochimiques des fibres et des
modes de liaison des filaments.
1.2. Les Géotextiles
Sous le vocable "géotextile" est désigné tout "produit ou article t e x
-tile utilisé en géotechnique et plus généralement dans les travaux de Génie
Civil" (1, 2).
Les géctextiles sont des nappes b i ou tridimensionneiles c o n s t i
-tuées de fibres synthétiques. Des polymères courants sont utilisés pour leur
fabrication : polypropylene, polyester, polyamide... Outre les constituants, les
géotextiles sont distingués par le mode d'assemblage des filaments.
Les caractéristiques des fibres et les modes de liaison déterminent
leurs propriétés principales : ouverture de filtration, permittivité,
transmissi-vité, résistance en traction, raideur etc. Ces propriétés sont définies en
fonc-tion des sollicitafonc-tions auxquelles les géotextiles sont soumis en génie civil.
Elles ne répondent pas forcément aux exigences d'utilisation dans un autre
domaine comme l'assainissement.
(action de s é p a r a t i o n , a c t i o n de renfort) ou combiné ( s y s t è m e a n t i - é r o s i f ) . Notons, d ' a i l l e u r s , qu'ils c o n s t i t u e n t déjà une t r è s grande famille grâce aux c a p a c i t é s de la t e x t i l u r g i e moderne.
1.3. Les procédés d'épuration par bactéries aérobies fixées
L'origine de l ' a p p l i c a t i o n de la biomasse fixée en é p u r a t i o n remonte v e r s les a n n é e s 1 8 8 0 - 1 8 9 0 . C e p e n d a n t , l ' u t i l i s a t i o n des b a c t é r i e s fixées, et notamment du procédé des l i t s b a c t é r i e n s , a é t é m a r g i n a l e en comparaison avec celle des procédés à boues a c t i v é e s . Les b a c t é r i e s fixées ont s u r t o u t connu un r e g a i n d ' i n t é r ê t vers les a n n é e s 1 9 5 0 - 1 9 6 0 grâce à l ' a p p a r i t i o n des g a r n i s s a g e s en m a t i è r e p l a s t i q u e qui ont s u p p l a n t é les g a r n i s s a g e s t r a d i t i o n -n e l s : p i e r r e , pouzzola-ne (3, 4).
Sommairement, la filière de c l a s s e m e n t des procédés d ' é p u r a t i o n b i o -logique qui s i t u e n o t r e r e c h e r c h e , se p r é s e n t e s u i v a n t le schéma :
Epuration b i o l o g i q u e aérobie
Boues B a c t é r i e s a c t i v é e s f i x é e s
, i
sur sur supports fixes supports mobiles
- lits bactériens - biodisques - filtres biologiques granulaires - lits fluidisés
- lits immergés non-granulaires - réacteurs à matériaux en suspension (mousses)
Parmi les objectifs a c t u e l s de la r e c h e r c h e sur l ' é p u r a t i o n , on peut inclure (5, 6) :
- l ' a c c r o i s s e m e n t des performances ;
- l ' a d a p t a t i o n de t e c h n i q u e s e x i s t a n t e s v i s a n t à l ' a d é q u a t i o n des procédés a u x s i t u a t i o n s (ex. : la r é h a b i l i t a t i o n de s t a t i o n s d ' é p u r a t i o n à boues a c t i v é e s , la p r i s e en compte de l'élimination de l ' a z o t e . . . ) .
La p r é s e n t a t i o n des différentes méthodes qui va s u i v r e , sera constamment o r i e n t é e v e r s ces deux pôles d ' i n t é r ê t . L'épuration par b a c t é r i e s en s u s p e n s i o n é t a n t a c t u e l l e m e n t la méthode la plus r é p a n d u e , s e r t d'élément de référence pour t o u t e a u t r e t e c h n i q u e proposée à s'y s u b s t i t u e r .
L'accroissement des performances de l'épuration qui est recherché
im-plique corrélativement l'augmentation de la concentration de la biomasse dans
le système. Cette condition est difficile à remplir dans le cas des bactéries
libres puisque l'efficacité du traitement dépend aussi du bon fonctionnement
du clarificateur secondaire. Les procédés à bactéries fixées s'affranchissent de
ce facteur limitant car :
- la biomasse est fixée sur un matériau support, ce qui permet une
grande concentration de celle-ci ;
- l'aptitude de la biomasse à la décantation n'est plus le facteur
limitant puisque le biofilm décroché possède une bonne
décantabi-lité (5, 7).
Ainsi, les systèmes à bactéries fixées possèdent un potentiel
épuratoire supérieur à celui des systèmes conventionnels. Tandis qu'en boues a c
-tivées, la charge volumique appliquée ne peut pratiquement pas dépasser 1,5
kg DBOs /m
3j (avec des valeurs courantes comprises entre 0,1 et 1), en b a c
-téries fixées, on a t t e i n t 8 kg DBOs /m
3-j (valeur courante pour les biofiltres :
environ 5 kg/m
3-j) (8, 9).
Le faible encombrement au sol du traitement esc une conséquence des
hautes concentrations en biomasse. L'obtention de performances élevées aussi
bien sur l'élimination des MES que sur l'élimination de la pollution dissoute,
rend envisageable la suppression du clarificateur secondaire et l'évacuation
des boues du lavage dans le décanteur primaire.
Parmi les avantages des techniques à biomasse fixée, on mentionne
encore (7, 10, 11) :
- une montée rapide au régime ;
- une réduction du risque de lessivage qui peut survenir lors des
pointes de débit dans les boues activées ;
- une bonne tolérance aux surcharges passagères de pollution.
Les lits bactériens et les biodisques sont des procédés déjà c l a s
-siques. Leur technique, bien connue, ne sera pas développée dans ce travail.
1.3.1. Techniques modernes
1.3.1.1. Les filtres biologiques granulaires
Parmi les systèmes modernes, c'est celui qui a connu jusqu'à
mainte-nant le plus grand nombre de réalisations (5, 8, 12).
Il s'agit d'un lit immergé garni en matériau granulaire de 1 à 10mm
de diamètre (voir 1.4.). La faible granulométrie du milieu épurateur sert à une
double fin :
. - créer une surface spécifique (surface par unité de volume)
impor-tante pour le développement des micro-organismes épurateurs ;
Suivant la technologie appliquée, on trouve des procédés fonctionnant
à flux ascendant ou à flux descendant.
Pour le développement de bactéries aérobies, il est nécessaire de
fournir l'oxygène. La présaturation, méthode utilisée autrefois, a complètement
été abandonnée au profit du transfert par aération dans le réacteur
biolo-gique même.
Dans un tel système, l'accroissement de la biomasse et les matières
en suspension de l'effluent retenues dans le matériau, vont colmater
progres-sivement le lit. Des lavages du matériau doivent donc être périodiquement
effectués. La durée des cycles, en ce qui concerne les applications courantes,
varie entre 24 et 48 heures. A l'inverse des procédés conventionnels, cette
technique est discontinue.
Le lavage est généralement issu des techniques appliquées en f i l t r a
-tion sur sable. La consomma-tion des eaux de lavage est d'à peu près 5% du
volume des eau:-: épurées.
Pour une DBOs rejetée de 30 rag/1, ce qui est souvent le but r e c h e r
-ché, il est possible d'appliquer jusqu'à 8 kg/m
3-j de DBOs . Le biofiltre a donc
des performances de loin supérieures à celles des boues activées.
Or, on peut difficilement envisager l'utilisation d'une telle méthode
pour la réhabilitation des stations d'épuration déjà existantes, sauf par
l'addition d'une filière supplémentaire.
1.3.1.2. Les lits fluidisés
Les lits fluidisés constituent une méthode d'épuration qui est au
stade expérimental. L'effluent à traiter traverse un lit garni de particules de
sable ou de charbon actif de granulométrie inférieure à 1 mm. La fluidisation
de ce matériau crée une surface spécifique importante pour la croissance du
biofilm épurateur (3000 à 4000 m
2/m
3). Les vitesses de fluidisation sont de
l'ordre de 20 à 60 m/h, selon la taille et le poids spécifique des particules
(13, 14).
Les lits fluidisés ne se colmatent pas. En revanche, on constate une
expansion qui compense le développement bactérien, très rapide pour les p r o
-cédés aérobies.
Les grains enrobés de biomasse voient une diminution de leur densité
apparente. Ils ont alors tendance, par la fluidisation. à se concentrer dans la
partie supérieure du lit. La hauteur du lit est donc commandée par extraction
des particules supérieures, qu'on recycle après les avoir lavées.
En raison de la grande surface offerte aux bactéries, les lits fluidisés
semblent posséder un potentiel épuratoire supérieur aux filtres biologiques
granulaires. Cependant, cet avantage est minimisé par le transfert d'oxygène.
Il apparaît que la technique économique par insufflation directe d'air ne s a
-tisfait pas aux besoins en oxygène. Un dispositif à prédissolution d'air ou
d'oxygène est indispensable (15).
En outre, une recirculation de l'effluent est nécessaire afin de diluer
l'eau à l'arrivée, et de créer un débit suffisant de liquide-vecteur pour
l'oxygène.
Toutes ces contraintes font des lits fluidisés une technique s o p h i s t i
-quée qui n'est pas encore rentable pour des applications industrielles malgré
ses performances élevées.
1.3.1.3. Les réacteurs à matériaux en suspension
Il s'agit d'une technique toute récente (16, 17). Les matériaux utilisés
pour la fixation de ia biomasse, ont une densité proche de celle de l'eau et
une granulométrie de quelques mm à quelques cm. Ils se trouvent en s u s p e n
-sion dans un bassin de boues activées et ils coexistent avec elles. Leur
faible densité contribue à une facile mise en circulation suivant la turbulence
des eaux du bassin.
Peu d'informations ont été publiées sur cette méthode.
Des petits cubes de mousse en polyuréthane et en poiyether ont été
t e s t é s . Le but recherché est d'augmenter la concentration de la faune b a c t é
-rienne dans le bassin d'aération sans pour autant diminuer son aptitude à la
décantation.
On peut envisager, ou non, l'extraction des matériaux afin de les
laver et d'en éliminer les boues.
La réhabilitation des stations fonctionnant à boues activées est p o s
-sible.
1.3.1.4. Les lits immergés non-granulaires
Des matériaux de garnissage de formes diverses sont proposés pour la
fixation des micro-organismes.
En raison de cette diversité, les caractéristiques de chaque lit
im-mergé sont, pour l'essentiel, déterminées par les techniques spécifiques de la
mise au point du support utilisé.
Une grande catégorie comprend tout matériau se présentant sous la
forme de feuilles synthétiques, rigides et ondulées, enroulées ou en
clayon-nage (voir § 1.4.). Les tubes cloisonnés, synthétiques, peuvent être classés
dans la même catégorie. Les supports modulaires facilitent la mise en oeuvre
(18).
Un autre procédé consiste à utiliser des panneaux de tissu ou voile
(19, 20, 21).
Les réalisateurs confirment qu'on peut ainsi doubler la capacité d'un
bassin d'aération à boues activées.
Le décanteur secondaire est indispensable quand la possibilité de l a
-vage n'existe pas. Un autocurage doit survenir et la croissance de la biomasse
est compensée par le décrochage du biofilm devenu trop épais.
Contrairement aux lits bactériens, on prévoit un dispositif d'aération
en tenant compte de la configuration spécifique du matériau-support.
Des fils, qui forment des boucles suspendues par une tresse centrale,
ont également été proposés (22). Les charges volumiques mentionnées en DBOa
atteignent les 8 kg/m
3-j.
1.4. Les matériaux de garnissage des réacteurs biologiques
Les matériaux-supports les plus couramment utilises dans les lits biologiques sont décrits dans le tableau suivant ( i l ) :
Tableau 1. Propriétés de quelques matériaux de garnissage représentatifs, u t i
-lisés dans les réacteurs d'épuration biologique.
Nom Scorie Basalte-Pouzzolane Dowpac ou Surfpac Flocor E (ICI) Cloisonyle (Sogecan) Hydropak (Hoechst) Surfpac normal Surfpac crinkleclose Plasdek B 27060 Brique ISO 40 (Sturm) Euromatic DK 3iopac (Hydronyl) type 90 type 50 Aero-block Filterpak (Mass Transfer Ltd) FLocor RC (ICI) Biolite, Biodamine Biogreg, Biodagène Mature Forme Dimensions 0 75-125 mm 0 15-20 cm-clayonnage de feuilles ondulées en PVC clayon, feuilles PVC tube cloisonné en PVC 0 80 0 102,5 feuilles ondulées à enrouler,0rouleau 1,5m clayonnage de feuilles ondulées en polystyr. clayon, feuilles PVC brique creuse à canneaux verticaux sphères 038,polyéthyl. anneaux à clayon.inter en polystyrène 0 90 L.90 mm
terre cuite vitrifiée anneaux en polyéthyl clayon.int.0 50 L.20mm anneaux avec ondulât, périphériques an PVC
0 35 L. 25 mm
grains d'argile calci-nés ou de schiste ex-pansé, dopés par des sels minéraux,01-10 mm Masse vol. apparente kg/m3 1350 1500-2000 — 36,8 88 70 -64 48 38 300 85 -1120 64 70 300-1500 Surface spécifique m2/m3 40-50 40 89 88,5 225 180 200 32 187 100 32 108 75 124 70 120 et 190 330 350-1500 suivant le 0 %Vide 50 53 94 93 94 96 94-98 94 94 95 50 31 93 53 93 95 s 50
1.5. Critères de choix d'un support pour la fixation bactérienne
Afin de définir des critères de choix d'un support, il faut, d'abord,
connaître quels principes régissent la fixation des bactéries sur les surfaces
et la création du biofilm.
Ensuite, on examinera les propriétés physico-chimiques et mécaniques,
qu'un matériau de garnissage d'un lit biologique doit manifester dans son
mi-lieu spécifique, v i s - à - v i s des techniques appliquées.
Enfin, à partir de l'étude de différents modèles théoriques proposant
d'interpréter l'épuration par cultures fixées, on déduira les paramètres
prin-cipaux qui se rapportent aux supports et leur degré d'influence.
1.5.1. La formation du biofilm
La fixation représente l'état prédominant des bactéries dans la nature
(23). Elles colonisent les supports immergés et forment parfois un film de
plusieurs dizaines de microns d'épaisseur.
1.5.1.1. Les mécanismes
Les descriptions, dans la littérature, du développement d'un biofilm
peuvent se résumer aux étapes suivantes (23, 24, 25, 26, 27) :
- transfert et adsorption de molécules organiques sur la surface ;
transfert et adsorption de cellules de microorganismes sur la s u r
-face ;
- fixation des bactéries et colonisation du support.
L'adsorption d'une couche de molécules organiques, peu de temps
après l'immersion du support dans les eaux naturelles, conditionne la surface
et prépare la fixation des bactéries.
Selon TRULEAR et al. (25), le transfert des cellules dépend du régime
hydrodynamique. La diffusion moléculaire, la dispersion cinématique, le
chi-miotropisme y interviennent suivant les conditions d'écoulement. L'adsorption
des bactéries est un phénomène physique réversible régi par des forces telles
que les forces de Van der Waals, de London, les interactions
électrosta-tiques... (23, 27).
La fixation est une étape irréversible. Elle survient, dans la plupart
des cas, à l'aide de composés polysaccharidiques exocellulaires synthétisés par
les bactéries (24, 28). Les polymères exocellulaires constituent l'élément
d'adhérence des cultures fixées. Ils leur confèrent une certaine protection
contre les prédateurs, contrôlent l'équilibre ionique et concentrent les s u b
strats nutritifs (29). La croissance du biofilm est l'effet combiné de la r e
-production cellulaire et de la -production des polymères exocellulaires.
1.5.1.2. Rôle de la nature du support
Il est généralement admis (6) que la charge bactérienne est négative.
A partir de cette constatation, LEBESGUE (30) essaie d'argumenter pour le
choix d'un support de nature spécifique, notamment l'argile kaolinite calcinée
et dopée d'éléments métalliques. Selon lui, le relargage cationique engendré
par le support dopé, favorise l'agrégation des bactéries, levures et virus en
milieu aqueux et l'adhésion de ces agrégats à la surface du matériau.
La synthèse bibliographique de BLOCK et COLIN (23) met en évidence
la capacité des bactéries à s'attacher aussi rapidement sur des matériaux
hydrophiles qu'hydrophobes. Néanmoins, ROSENBERG (31) a conçu un t e s t afin
de pouvoir séparer les souches hydrophiles et hydrophobes par fixation
sélec-tive sur une surface de polystyrène. Des conclusions contradictoires existent
en ce qui concerne l'influence de l'énergie libre de la surface (23. 24), ce qui
est probablement dû à la spécificité de différentes expériences.
BOLOORCHI et al. (32) font appel à la rugosité externe du support
pour expliquer le bon accrochage sur les grains d'argiles calcinés,
contraire-ment à celui observé sur des billes de verre.
En outre, plusieurs chercheurs affirment que les bactéries épuratrices
peuvent se développer sur presque toute surface. Des essais qui ont été
ef-fectués, en utilisant des matériaux divers sous les mêmes conditions de
fonc-tionnement, n'ont pas révélé de différences dues à la nature même du support
(7, 18, 25, 33, 34, 35). Dans le même sens, on peut apporter le témoignage
d'un autre domaine : le milieu marin. En fait, les micro-organismes finissent
par s'adapter et s'accroître même sur les surfaces couvertes d'un revêtement
de peinture inhibitrice.
1.5.1.3. Discussion
Les mécanismes d'accrochage des cellules sont encore mal connus et
des controverses existent sur l'influence des différentes propriétés des
maté-riaux supports.
La divergence des conclusions de différents auteurs ne permet pas de
définir précisément les critères de choix pour les matériaux de garnissage.
• Des notions comme celles du "bon" ou du "mauvais" accrochage (32,
36) n'ont pas de sens si le matériau support n'est pas considéré dans son
entité opérationnelle et si les impératifs ne sont pas préalablement définis
avec précision. D'une part, une "bonne" adhérence peut être une propriété
souhaitée pour des billes garnissant un lit fluidisé en turbulence, car elle va
assurer l'existence d'un biofilm suffisant à l'épuration. D'autre part, la même
propriété de la "bonne" fixation peut s'avérer problématique dans le cas d'un
lit immergé dense où un lavage est indispensable pour décolmater le réacteur.
Dans cette optique, on constate une lacune dans l'état actuel des
connais-sances.
1.5.2. Propriétés n é c e s s a i r e s d'un support, compte tenu du milieu et de l'utilisation spécifiques
1.5.2.1. La surface spécifique et le taux de vide
On appelle s u r f a c e spécifique le r a p p o r t de la s u r f a c e disponible à la colonisation d'un m a t é r i a u , par u n i t é de volume a p p a r e n t . Le t a u x de vide e s t le p o u r c e n t a g e du volume d'un lit, non occupé par le m a t é r i a u de g a r n i s s a g e . Les deux g r a n d e u r s s o n t liées e n t r e elles et j o u e n t un rôle i m p o r t a n t dans la conception des r é a c t e u r s à c u l t u r e s fixées.
I n t u i t i v e m e n t , il est admis que plus la surface d'échange de la b i o -masse, confinée d a n s un volume donné, e s t g r a n d e , plus la pollution éliminée e s t é l e v é e . Cette p r e m i è r e é v i d e n c e est confirmée par p l u s i e u r s é t u d e s , où la surface d'échange e s t implicitement s u p p o s é e égale à la s u r f a c e spécifique ( 1 1 , 18, 37, 38). BEN AIM et ROUSTAN s o u l i g n e n t le f a i t que l ' h y p o t h è s e p r é c é d e n t e n ' e s t p a s v a l a b l e d a n s tous les cas pour les l i t s b a c t é r i e n s parce que le dépôt de biomasse modifie de façon s i g n i f i c a t i v e la t e x t u r e du g a r n i s s a g e (39). En se r é f é r a n t toujours aux l i t s b a c t é r i e n s , c e r t a i n s c h e r c h e u r s c o n c l u e n t que l'influence de la surface spécifique sur ie r e n d e m e n t est faible (40, 41). Dans le même s e n s de la d i s t i n c t i o n e n t r e surface d'échange et surface spécifique- va l ' é t u d e de BOLOORCHI e t al. (32), dont le concept e s t r e p r é s e n t é figure 1.
lavage fonctionnement fonctionnement Figure 1. R e p r é s e n t a t i o n s c h é m a t i q u e de l'uniformisation de la forme e x t e r n e
des g r a i n s - s u p p o r t l o r s de la c r o i s s a n c e b a c t é r i e n n e , d ' a p r è s BOLOORCHI et al. (32).
La surface spécifique c o n s t i t u e p a r f o i s l'argument commercial pour la promotion d'un m a t é r i a u de g a r n i s s a g e . Dans le cas des s u p p o r t s poreux, comme les charbons a c t i f s , ou des s u p p o r t s c o n s t i t u é s de fibres Crès fines, comme les fourrures s y n t h é t i q u e s (42), les v a l e u r s proposées de s u r f a c e par u n i t é de volume (m2/m3) ou de poids (m2/g) sont plus é l e v é e s de q u e l q u e s
ordres de g r a n d e u r que celles p r é s e n t é e s dans le t a b l e a u 1. En ce qui concerne s p é c i a l e m e n t les c h a r b o n s actifs, l'accumulation de biomasse é p u r a -trice dans les pores e s t parfois a v a n c é e comme argument s u p p l é m e n t a i r e de leur efficacité. Après la colonisation, p o u r t a n t , s u r v i e n t u n e uniformisation de la surface i n i t i a l e a v e c d i s p a r i t i o n , au n i v e a u microscopique, des c r e u x et des p r o t u b é r a n c e s . Par c o n s é q u e n t , l ' i n t e r f a c e ultime, disponible aux é c h a n g e s ,
sera radicalement diminuée (figure 1). En outre, les pores de diamètre i n f é
-rieur à lum, qui créent en grande partie la porosité des charbons actifs, ne
peuvent pas être colonisés à cause de la taille des bactéries (alum). Des
problèmes de transfert d'oxygène ou de substrat organique, comme on va le
voir plus loin (§ 1.5.3.2.1), limitent encore plus l'impact de la micro-porosité
sur les performances.
Le taux de vide est parfois appelé porosité du lit, ce dernier terme
pouvant prêter à confusion. Bien que son importance soit reconnue (36, 39,
41), il n'a pas été étudié systématiquement. Le taux de vide est une grandeur
globale qui ne rend pas compte de la nature du vide. Ce paramètre exerce
une influence sur :
- La circulation du liquide et le transfert du substrat organique .
- La circulation de l'air.
- La rétention des MES pour un procédé filtrant.
- Le transfert du biofilm décroché pour un procédé comprenant un
clarificateur.
On remarque que le choix d'une valeur de taux de vide dépend aussi
de la conception du procédé d'épuration, dans sa totalité.
1.5.2.2. Propriétés mécaniques, chimiques et biochimiques
Il s'agit des propriétés fondamentales dont l'absence peut être
discri-minatoire pour le choix d'un support.
Il est souhaité de disposer d'un matériau qui présente :
- Une résistance mécanique importante. Une résistance à la traction,
à la compression ou à l'attrition est demandée quand le support est
suspendu, posé ou en fluidisation, respectivement.
- Une résistance au vieillissement, assurant la conservation des
pro-priétés au cours du temps.
- Un poids spécifique apparent faible. Ainsi, le transport du support,
les armatures qui le soutiennent et la mise en oeuvre sont moins
coûteux.
- Une stabilité chimique aux agents agressifs qui peuvent se trouver
dans les eaux usées. Aussi f a u t - i l que des composés toxiques ne
soient pas relargués.
- Une composition qui n'inhibe pas, a priori, le développement de ia
vie.
Dans une des rares études systématiques sur ce sujet, WHEATLEY et
WILLIAMS (35) ont testé certains aspects de la stabilité du PVC et du gravier.
La matière synthétique s'est révélée plus stable que la matière minérale dans
des milieux de pH élevé ou faible. Lors des lavages, le PVC a relargué des
métaux lourds à des concentrations bien inférieures à celles rencontrées dans
les eaux usées. Le vieillissement observé du polymère n'a pas, pour autant,
une influence significative sur son bon comportement mécanique, sa durée de
vie étant estimée à 40-50 ans.
1.5.3. Modélisation des procédés à cultures fixées
De nombreuses raisons justifient la modélisation d'un procédé :
- elle conduit à une meilleure compréhension du fonctionnement et
des phénomènes y résidant,
/- elle fournit la base des calculs de dimensionnement,
- elle est utilisée pour la prévision.
Selon VANDEVENNE (43), on distingue : les formules empiriques, les
modèles semi-empiriques et les modèles "rnécanistiques". A ce dernier terme,
nous préférerons celui d"'approche théorique". Notons, d'ailleurs, que cette
classification n'est pas unique (44).
1.5.3.1. Les formules empiriques et semi-empiriques
Les formules empiriques rendent compte avec précision des résultats
de l'expérimentation, mais elles n'expliquent pas le processus de l'épuration.
Le réacteur est considéré comme une "boîte noire". Une formule mathématique
provenant souvent d'un ajustement statistique relie la sortie avec l'entrée.
Les équations ainsi obtenues ne sont pas extrapolables pour des installations
qui diffèrent du pilote initialement étudié.
Les modèles semi-empiriques constituent la première approche d'une
explication rationnelle. Ils dépistent des paramètres importants dans le
do-maine cinétique ou dans le dodo-maine hydraulique. Ces paramètres sont
finale-ment structurés en formules mathématiques d'une façon empirique. L'analyse
reste encore au niveau macroscopique. Ce mode de considération, bien qu'il
soit plus général que le précédent, est tributaire de la spécificité du procédé.
Des descriptions commentées de ces modèles se trouvent in extenso
dans la littérature (43, 44, 45, 46, 47, 48, 49). Pour la plupart, ils se
réfè-rent aux lits bactériens et aux biodisques. En ce qui concerne les lits
im-mergés granulaires, GILLES (50) propose une courbe de fonctionnement qui
appartient à la même catégorie de corrélation empirique, figure 2.
30 10 0 CO D 3 O MEST ( k g DC0/m3.j) 10 Charge a p p l i q u é e ) 4
Figure 2. Qualité de l'eau épurée en fonction de la charge volumique pour un
lit immergé granulaire, d'après GILLES (50).
En raison de leur spécificité, les approches empiriques et
semi-empi-riques s'apprêtent mal à faire avancer notre recherche dont l'objectif a été
défini au début du chapitre 1.5. Notons, néanmoins, que ce qui est classé a u
-jourd'hui comme tentative empirique, était mentionné comme "theoritical model"
il y a à peine un quart de siècle (51).
1.5.3.2. Approche théorique
L'approche théorique est basée sur la prise en compte des phénomènes
microscopiques qui ont lieu au niveau de la zooglée et de son voisinage.
On reconnaît deux démarches méthodologiques sur la modélisation du
biofilm fixé : la première consiste à considérer un cas "universel", tandis que
la seconde procède suivant une méthodologie bien précise, cas par cas.
La méthode "universelle" examine l'épuration par cultures fixées dans
sa généralité la plus complète. On part d'hypothèses initiales, plus ou moins
vérifiées, et on construit un ensemble d'équations et de conditions, physiques
et mathématiques, qui permettent d'interpréter les phénomènes.
Le modèle "universel" qui constitue le point de référence de presque
toute la littérature récente sur notre sujet, est celui de WILLIAMSON et
Mc-CARTY (52, 53).
1.5.3.2.1. Modèle de WILLIAMSON et McCARTY
Les h y p o t h è s e s e x p l i c i t e s sont :
- Le biofilm e s t a t t a c h é s u r un s u p p o r t p l a t et i n e r t e .
- la réaction e n z y m a t i q u e dans la biomasse est limitée par u n seul s u b s t r a t .
La c o n c e n t r a t i o n du s u b s t r a t l i m i t a n t a t t e i n t u n e v a l e u r Sf m i n i -male et c o n s t a n t e , bien au fond du biofilm.
- La v i t e s s e d ' u t i l i s a t i o n du s u b s t r a t S, à tout point dans le biofilm, e s t décrite p a r l ' é q u a t i o n de Monod.
- On se t r o u v e en régime p e r m a n e n t .
Deux processus d é t e r m i n e n t le d e v e n i r du s u b s t r a t limitant :
(a) La diffusion jusqu'à la surface du biofilm à t r a v e r s une couche
limite côté liquide. Elle s'exprime p a r la loi de Fick (régime p e r m a n e n t ) :
S L - Ss
JA = DL [1]
ou
JA : Flux du s u b s t r a t l i m i t a n t , de l'eau v e r s le biofilm (MsL-2T_1)
DL : Coefficient de diffusion moléculaire du s u b s t r a t limitant d a n s le liquide (L2T-!)
SL : C o n c e n t r a t i o n du s u b s t r a t l i m i t a n t d a n s le liquide, loin du b i o -film (MsL-3)
Ss : C o n c e n t r a t i o n du s u b s t r a t l i m i t a n t à la s u r f a c e liquide-biofilm OdsL-3)
L : E p a i s s e u r de la couche limite côté liquide (L)
(b) La réaction a v e c diffusion dans la biomasse. Elle se décrit p a r un
bilan m a t i è r e , comme d a n s la t h é o r i e des r é a c t i o n s h é t é r o g è n e s , c a t a l y t i q u e s (régime p e r m a n e n t ) :
d2Se
DB - rv = 0 [2]
et en u t i l i s a n t l ' é a u a t i o n de Monod DB-d2SB dz2 ¿ X B SE K S + S B = 0 [ 3 ] ou rv : V i t e s s e de r é a c t i o n par u n i t é de volume (MsLr3T-1) SB : C o n c e n t r a t i o n du s u b s t r a t l i m i t a n t à un point d a n s le biofilm (MsL-3)
DB : Coefficient de diffusion moléculaire du s u b s t r a t l i m i t a n t dans le biofilm (L2T-i)
k : V i t e s s e spécifique maximale de consommation du s u b s t r a t l i m i t a n t (MsMx-lT-1) XB : C o n c e n t r a t i o n en biomasse d a n s le biofilm (MxL~3) Ks : C o n s t a n t e de s a t u r a t i o n (MsL~3) z : D i s t a n c e p e r p e n d i c u l a i r e à la surface du biofiim (L) La figure 3 i l l u s t r e le phénomène. Concentration du substrat limitant PHASE LIQUIDE 1er cas :
Pénétration totale sans
3e cas : Siofila Réaction résistances dirfusionneiles, réaction lente 8I0FILH 2e cas (général) : Diffusion + Réaction/Diffusion 'SUPPORT ^INERTE <; 'F fe C o u c h e i m m o b i l e L 8 i o f i 1 m actif _B î o F i 1 m_ inactif
Biofilm-Figure 3. Profils du s u b s t r a t au n i v e a u du biofilm, d ' a p r è s WILLIAMSON e t MCCARTY (52, 53).
Les conditions aux limites de l ' é q u a t i o n [3] sont :
SB = Ss au p o i n t z = 0 (surface du biofilm) [4]
dSß/dz = 0 au point z = La [5] où
La : E p a i s s e u r du biofilm a c t i f (L)
Comme biofilm inactif, on e n t e n d la p a r t i e où l ' a c t i v i t é e n z y m a t i q u e qui conduit à l'élimination du s u b s t r a t , c e s s e de se p r o d u i r e à c a u s e de l'épuisement des s u b s t a n c e s n u t r i t i v e s . La p a r t i e i n a c t i v e n ' e x i s t e pas iors de la première p h a s e de formation du biofilm ou lors d'une p é n é t r a t i o n t o t a l e (voir figure 3).
La solution de l ' é q u a t i o n [3] e s t o b t e n u e par des méthodes n u m é -r i q u e s . Une i t é -r a t i o n a j u s t e les é q u a t i o n s (1] et [3].
Comme on le c o n s t a t e sur la p r é s e n t a t i o n p r é c é d e n t e , le modèle i n i t i a l e s t valable u n i q u e m e n t l o r s q u ' u n s e u l s u b s t r a t e s t limitant p a r t o u t . La r é a c -tion métabolique se p r é s e n t e comme :
vdD + vaA + S u b s t a n c e s n é c e s s a i r e s à la vie —> Cellules + M e t a b o l i t e s .
où Vd et Va sont les coefficients s t o e c h i o m é t r i q u e s de la r é a c t i o n pour le donneur d ' é l e c t r o n s (D) et pour l ' a c c e p t e u r d ' é l e c t r o n s (A), r e s p e c t i v e m e n t . Lors de l'élimination de la pollution carbonée, l ' a c c e p t e u r d ' é l e c t r o n s e s t l'oxygène, e t le d o n n e u r d ' é l e c t r o n s e s t le s u b s t r a t o r g a n i q u e . WILLIAMSON et McCARTY ont d i s t i n g u é deux causes qui p e u v e n t r e n d r e un s u b s t r a t l i m i t a n t :
l'influence p r é d o m i n a n t e de la c o n c e n t r a t i o n d'un des deux s u b -s t r a t -s à la v i t e -s -s e de la r é a c t i o n , modéli-sée par l ' é q u a t i o n de Mo-nod,
- la r é s i s t a n c e due à la diffusion l e n t e d'un des s u b s t r a t s .
Deux conditions sont donc é l a b o r é e s . Pour la l i m i t a t i o n due à la v i -t e s s e de la r é a c -t i o n , on a : SB,a < (Ks,a/Ks,d) Sn,d ==> l ' a c c e p t e u r d ' é l e c t r o n s e s t l i m i t a n t [6] où SB.a, SB,d : C o n c e n t r a t i o n s r e s p e c t i v e s de l ' a c c e p t e u r et du d o n n e u r d ' é l e c t r o n s dans la biomasse (MsL-3) Ks.a, Ks,d : Coefficients de s a t u r a t i o n r e s p e c t i f s de l ' a c c e p t e u r et du donneur d ' é l e c t r o n s (MsL-3)
La v a r i a t i o n r e l a t i v e des c o n c e n t r a t i o n s de l ' a c c e p t e u r et du donneur d ' é l e c t r o n s à c h a q u e point du biofilm, est calculée par l ' é q u a t i o n ¡7] :
Ss , d - SB , d Dß.aVdMd [7] Ss , a - SB , a ÛB.dVaMa ou Ss,a, Ss,d : C o n c e n t r a t i o n s r e s p e c t i v e s de l ' a c c e p t e u r et du donneur d ' é l e c t r o n s , à l ' i n t e r f a c e biofilm/liquide (MsL~3)
Dn,a, ÜB.d : Coefficients r e s p e c t i f s de diffusion moléculaire de l ' a c c e p t e u r et du d o n n e u r d ' é l e c t r o n s (L2T_1)
Ma, Ma : Poids moléculaires r e s p e c t i f s de l ' a c c e p t e u r e t du d o n -n e u r d ' é l e c t r o -n s (M mol- 1)
Pour la l i m i t a t i o n due à la diffusion, on a
DB , d Va Ma SL , a < SL,d => l ' a c c e p t e u r d ' é l e c t r o n s e s t l i m i t a n t [8] DB , a Vd Md où Sua, Sua : C o n c e n t r a t i o n s r e s p e c t i v e s de l ' a c c e p t e u r et du d o n n e u r d ' é l e c t r o n s d a n s le l i q u i d e , loin du biofilm (MsL-3)
Afin de v é r i f i e r si un s e u l s u b s t r a t est l i m i t a n t , on procède de la façon s u i v a n t e :
- A l'aide de la r e l a t i o n [8], on d é t e r m i n e le s u b s t r a t qui limite la r é a c t i o n p a r la diffusion.
- On c a l c u l e la c o n c e n t r a t i o n Ss du s u b s t r a t l i m i t a n t , en r é s o l v a n t les é q u a t i o n s [1] et (3j, et la c o n c e n t r a t i o n du s u b s t r a t n o n l i m i -t a n -t par la s -t o e c h i o m é -t r i e .
- A p a r t i r de la [7], on t r o u v e des p a i r e s de v a l e u r s Sß.a, Sß.d pour tout point dans le biofilm.
- Finalement, en u t i l i s a n t les v a l e u r s Sß,a, Se,d, on vérifie, par la r e l a t i o n [6], si le même s u b s t r a t e s t toujours l i m i t a n t . Dans ce cas, le p r o c e s s u s de r é s o l u t i o n est v a l a b l e .
L'équation [8] prévoit que la diffusion d'oxygène limite la réaction, assez s o u v e n t l o r s q u ' i l s'agit de biofilms h é t é r o t r o p h e s .
L'analyse s u s m e n t i o n n é e concerne u n élément infinitésimal de la b i o -masse. Une i n t é g r a t i o n pour la t o t a l i t é du r é a c t e u r doit s'effectuer, en c o n s i d é r a n t un modèle d'écoulement. C'est, p r é c i s é m e n t , la démarche de JENNINGS et al. (54). Ils a s s o c i e n t la r é a c t i o n / d i f f u s i o n avec un écoulement p i s
-ton à t r a v e r s un l i t g r a n u l a i r e . La s o l u t i o n est o b t e n u e en fonction de groupes a d i m e n s i o n n e l s i n c l u a n t un f a c t e u r d'efficacité et un module de Thiele, deux notions e m p r u n t é e s à la t h é o r i e des r é a c t e u r s h é t é r o g è n e s c a t a -l y t i q u e s .
MEUNIER e t WILLIAMSON (55) a r r i v e n t à une s o l u t i o n a n a l y t i q u e du modèle, en f a i s a n t u n e h y p o t h è s e implicite s u p p l é m e n t a i r e : la c o n c e n t r a t i o n du s u b s t r a t l i m i t a n t a u fond du biofilm ( é p a i s s e u r = La) e s t nulle. Leur r é a c t e u r fonctionne en écoulement piston. Les conditions, pour le s u b s t r a t l i m i -t a n -t son-t r é a r r a n g é e s . Au lieu de la l i m i -t a -t i o n due à la v i -t e s s e de r é a c -t i o n (équation [6]), les a u t e u r s conçoivent la n o t i o n du s u b s t r a t l i m i t a n t à la surface du biofilm. A u s s i , la l i m i t a t i o n qui p r o v i e n t de la diffusion ( é q u a t i o n (8]), e s t - e l l e t r a n s f o r m é e en u n e condition qui détermine le s u b s t r a t limitant au fond du biofilm, là où la r é a c t i o n e n z y m a t i q u e cesse de se p r o d u i r e . Il s'en s u i t que si un s u b s t r a t e s t s i m u l t a n é m e n t l i m i t a n t à la s u r f a c e et au fond, il e s t l i m i t a n t p a r t o u t e t le modèle p e u t être résolu.
CASTALDI et MALINA (56) proposent u n e a u t r e méthode pour le calcul du s u b s t r a t limitant. Cependant, les h y p o t h è s e s a v a n c é e s sont p l u s nom-b r e u s e s que celles de WILLIAMSON et McCARTY. Le rôle du nomnom-bre Reynolds est également examiné. La t u r b u l e n c e dans le r é a c t e u r e s t désignée comme le p a r a m è t r e primordial p o u r l'efficacité de l ' é p u r a t i o n .
Un effort a é t é e n t r e p r i s afin d ' a j u s t e r la s o l u t i o n n u m é r i q u e , n o n a n a l y t i q u e , du modèle de WILLIAMSON et McCARTY par des é q u a t i o n s a n a l y -t i q u e s , empiriques (57). Le r é s u l -t a -t es-t une c i n é -t i q u e d'ordre v a r i a b l e s u i v a n -t la c o n c e n t r a t i o n du s u b s t r a t organique d a n s les eaux r é s i d u a i r e s . Une a n a l y s e de s e n s i b i l i t é de d i f f é r e n t s p a r a m è t r e s r é v è l e que la c o n s t a n t e de s a t u r a t i o n Ks, t r a d u i t e comme l ' a f f i n i t é des b a c t é r i e s du biofilm pour le s u b s t r a t , joue un rôle s e c o n d a i r e d a n s le modèle (58). En r e v a n c h e , la s o l u t i o n e s t sensible aux p a r a m è t r e s liés à la diffusion : DB, DL, L. La difficulté d ' e s t i m a t i o n ou de mesure de ces trois g r a n d e u r s e s t soulignée p a r les a u t e u r s .
RITTMANN et DOVANTZIS (59) ont é l a b o r é une s o l u t i o n du modèle de r é a c t i o n a v e c diffusion, dans le cas où deux s u b s t r a t s l i m i t a n t s e x i s t e n t , en comblant a i n s i une l a c u n e de la méthode i n i t i a l e . Ils c o n c l u e n t que le p h é n o -mène de deux s u b s t r a t s l i m i t a n t s e s t f r é q u e n t lors de l'élimination de la DBO et lors de la n i t r i f i c a t i o n .
L ' a d a p t a t i o n du modèle de r é a c t i o n avec diffusion en régime t r a n s i -toire, a é t é é t u d i é e p a r RITTMANN et BRUNNER (60) afin d ' u t i l i s e r les c u l t u r e s fixées à l ' é p u r a t i o n d e s eaux peu polluées. L'accroissement du film b a c t é r i e n et les p e r t e s en biomasse ont é t é pris en compte. RITTMANN, par a i l l e u r s , a démontré que les v a r i a t i o n s de la charge volumique r é d u i s e n t le r e n d e m e n t en é p u r a t i o n p r é v u par le modèle en régime p e r m a n e n t (61).
Le problème du régime t r a n s i t o i r e e t des v a r i a t i o n s de la c h a r g e v o -lumique a é t é repris p a r ANNACHHATRE et KHANNA (62). Les deux c h e r c h e u r s proposent également u n e solution numérique qui donne le temps de " m a t u r a -tion" du film biologique. Malheureusement, ce temps de " m a t u r a t i o n " s ' e n t e n d après que l'ensemencement et la formation d'un film i n i t i a l se s o i e n t e f f e c -t u é s . Il e s -t donc peu u -t i l e pour le calcul de la période du " s -t a r -t - u p " .
Un modèle simplifié a é t é t e s t é e x p é r i m e n t a l e m e n t par JANSEN et. HARREMOES (63). La diffusion du s u b s t r a t j u s q u ' à la s u r f a c e du biofilm n'est pas considérée. Une c i n é t i q u e a p p a r e n t e d'ordre 1/2 englobe la diffusion dans le film biologique et la r é a c t i o n m é t a b o l i q u e , suggérée d'ordre zéro. On note
que ce résultat se trouve déjà dans l'étude initiale de WILLIAMSON et
MC-CARTY (52).
Le modèle de réaction avec diffusion présente deux états extrêmes :
le bJQfilm totalement pénétré sans résistances dues à la diffusion, et ie
bio-film "profond" où la réaction est très rapide par rapport à la diffusion. Pour
ces deux états, on peut obtenir des solutions analytiques simples. En raison
de cette perspective, SUIDAN et al. (64) ont établi des critères qui
détermi-nent les conditions pour chacun de ces deux cas.
Le reproche souvent fait en ce qui concerne les efforts théoriques
présentés précédemment, est qu'ils manquent de simplicité et de facilité
d'application auprès des practiciens (43).
Nous tenons surtout à souligner deux lacunes du modèle "universel".
Elles sont associées à deux hypothèses implicites :
- Les matières en suspension n'entrent pas dans le jeu de l'épuration
par cultures fixées.
- Le film biologique est homogène, et, par conséquent, les paramètres
k, XB, KS, DB de l'équation [3] sont considérés comme constants
dans toute l'épaisseur de la zooglée.
En effet, les résultats de recherche suggèrent que la présence des
matières en suspension (MES) dans l'effluent à traiter, diminue généralement
le taux d'élimination de la pollution dissoute (37, 65). SARNER propose un
schéma illustratif pour le rôle des particules, figure 4 (66). En outre, la v i
-tesse spécifique de l'oxydation biochimique des particules varie avec leur
taille (67). Ainsi, on peut difficilement insérer le facteur "MES" dans un
mo-dèle global. BOUWER (68) distingue trois processus physiques provoquant
l'accumulation de particules sur le biofilm : la diffusion moléculaire, la d i s
-persion cinématique et la sédimentation gravitaire. Il examine l'effet relatif
de chaque processus et il estime des vitesses de transport plus lentes pour
les particules que pour les substrats solubles. Les constatations précédentes
amènent à la conclusion que la première hypothèse n'est pas vraisemblable.
LIQUIDE
substrat dissous PARTIC
ORGANI - ^ BIOFILM