OPTIMISATION DU PROC ´
ED´
E DE FABRICATION D’ISOLATEURS VIBRATOIRES
EN POLYCHLOROPR`
ENE
EMMANUELLE SOMMIER
D´
EPARTEMENT DE G´
ENIE M ´
ECANIQUE
´
ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTR´
EAL
M ´
EMOIRE PR´
ESENT´
E EN VUE DE L’OBTENTION
DU DIPL ˆ
OME DE MAˆITRISE `
ES SCIENCES APPLIQU´
EES
(G´
ENIE M ´
ECANIQUE)
D´
ECEMBRE 2013
c
´
ECOLE POLYTECHNIQUE DE MONTR´
EAL
Ce m´
emoire intitul´
e :
OPTIMISATION DU PROC ´
ED´
E DE FABRICATION D’ISOLATEURS VIBRATOIRES
EN POLYCHLOROPR`
ENE
pr´
esent´
e par : SOMMIER Emmanuelle
en vue de l’obtention du diplˆ
ome de : Maˆıtrise `
es sciences appliqu´
ees
a ´
et´
e dˆ
ument accept´
e par le jury d’examen constitu´
e de :
M. GOSSELIN Fr´
ed´
erick, Doct., pr´
esident
Mme ROSS Annie, Ph.D., membre et directrice de recherche
M. AIT MESSAOUD Djebar, M.Sc.A., membre
REMERCIEMENTS
Je remercie tout d’abord `
a remercier la directrice de recherche de mon projet, Mme Annie
Ross, pour m’avoir accompagn´
ee dans la r´
ealisation de ce travail, et pour ses conseils et son
grand positivisme.
Grands mercis ´
egalement `
a Edith-Roland Fotsing pour son aide pr´
ecieuse dans la r´
edaction
de ce m´
emoire.
Je tiens ´
egalement `
a remercier tous les employ´
es de Soucy Baron Inc. pour leur chaleureux
accueil, et en particulier Daniel Dufresne et Alain Raymond pour leur indispensable assistance
dans le moulage des isolateurs et la r´
ealisation des tests m´
ecaniques, ainsi que Martine Lavoie
pour le partage de ses connaissances et son support technique dans la r´
ealisation des travaux.
J’aimerais ´
egalement `
a remercier Eric Sing et Simon Bourgault-Cˆ
ot´
e, ´
etudiants stagiaires de
l’´
ecole Polytechnique qui ont grandement contribu´
e `
a certaines sections du projet.
R´
ESUM´
E
Ce projet de maˆıtrise a ´
et´
e mis en place dans le but de r´
epondre `
a une probl´
ematique
ren-contr´
ee dans l’industrie des v´
ehicules r´
ecr´
eatifs. Le moteur de ce type de v´
ehicule est source
de vibrations qui peuvent ˆ
etre inconfortables tant pour l’utilisateur que pour les autres ´
el´
e-ments m´
ecaniques du v´
ehicule. Dans le but de r´
eduire les effets nocifs de ces vibrations, des
isolateurs visco´
elastiques sont mont´
es entre le moteur et la structure. Certains isolateurs sont
fabriqu´
es `
a base de Polychloropr`
ene qui un ´
elastom`
ere offrant une combinaison de propri´
et´
es
m´
ecaniques et r´
esistances particuli`
erement int´
eressante pour une application d’isolation
vi-bratoire dans des environnements difficiles. Cependant, ces pi`
eces pr´
esentent des variabilit´
es
notables et inexpliqu´
ees de leurs propri´
et´
es m´
ecaniques suite `
a leur fabrication.
L’objectif de ce projet de recherche est donc d’investiguer les diff´
erentes sources ´
eventuelles
de variabilit´
e intervenant lors du proc´
ed´
e de fabrication des supports, et ainsi d’´
evaluer leur
impact sur les propri´
et´
es m´
ecaniques de ces pi`
eces. Il s’agit de regarder l’ensemble du
pro-c´
ed´
e de fabrication des supports de moteur, de la pr´
eparation du m´
elange d’´
elastom`
ere, au
moulage des pi`
eces puis de leur conditionnement apr`
es moulage jusqu’`
a la livraison au client.
Le travail de recherche effectu´
e a ´
et´
e divis´
e en deux volets. Tout d’abord, l’effet des diff´
erents
aspects externes au proc´
ed´
e central de moulage des pi`
eces a ´
et´
e analys´
e : le m´
elangeage (en
amont), la thermique du moule (pendant), et le refroidissement des pi`
eces (en aval). Ensuite,
les param`
etres intervenant lors du processus de moulage par injection des pi`
eces ont ´
et´
e
consid´
er´
es.
Pour mener `
a bien ces deux points, l’homog´
en´
eit´
e du m´
elange brut a tout d’abord ´
et´
e v´
erifi´
ee
`
a l’aide de mesures exp´
erimentales du module ´
elastique. Ces mesures ont ´
et´
e r´
ealis´
ees `
a l’aide
d’un tensiom`
etre sur des ´
eprouvettes du m´
elange ´
etudi´
e.
Par la suite, afin de v´
erifier l’uniformit´
e de la distribution de temp´
erature dans un moule `
a
injection, un mod`
ele thermique par ´
el´
ements finis d’un moule de production a ´
et´
e d´
evelopp´
e
et valid´
e par des mesures exp´
erimentales r´
ealis´
ees `
a l’aide d’un thermocouple. Cela a permis
d’acqu´
erir une premi`
ere id´
ee de la distribution de temp´
erature dans un moule, en d´
epit du
fait que les conditions aux limites appliqu´
ees se soient av´
er´
ees insuffisantes pour reproduire
fid`
element la r´
ealit´
e. N´
eanmoins, un moule permettant de mouler plusieurs pi`
eces `
a la fois
a ´
et´
e investigu´
e. Et l’effet de la position de la cavit´
e de cuisson sur les propri´
et´
es a pu ˆ
etre
analys´
e. Les supports ont ´
et´
e exp´
erimentalement caract´
eris´
es `
a l’aide d’une machine
servo-hydraulique de traction permettant d’´
evaluer leurs propri´
et´
es statiques et dynamiques.
Deux modes de refroidissement apr`
es cuisson ont ´
et´
e compar´
es, le refroidissement en
condi-tion normale de produccondi-tion, et le refroidissement `
a l’air ambiant. Il s’est av´
er´
e que le premier
mode ´
etait trois fois plus pr´
ejudiciable que le second et n’autorisait pas un refroidissement
uniforme ad´
equat des pi`
eces.
Finalement, la m´
ethodologie des plans d’exp´
erience a ´
et´
e appliqu´
ee et a permis d’identifier
les param`
etres d’influence du proc´
ed´
e de moulage par injection, et d’´
etablir une relation entre
eux et les propri´
et´
es m´
ecaniques. Il a ´
et´
e montr´
e que non seulement les param`
etres reli´
es `
a la
temp´
erature avaient un effet pr´
edominant, mais ´
egalement que la variabilit´
e diminuait pour
un ´
etat de cuisson plus ´
elev´
e des pi`
eces.
Mots-clefs : ´
Elastom`
eres, vibration, isolation, proc´
ed´
e de fabrication, moulage par
injec-tion.
ABSTRACT
The project presented in this thesis was established as a means to find answers to issues
encountered in the recreation vehicule industry. Recreation vehicule engine generates
vibra-tion that can lead to passenger incomfort or to mechanical failure. The reducvibra-tion of such
vibration has been a major focus for the industry. As a means to overcome this problem,
passive isolators are generally placed between the engine and the structure. However, engine
mounts made of Polychloroprene rubber present abnormal variability in their mechanical
properties.
The main purpose of this research project was to investigate the possible sources of variability
occuring during the manufacturing process of isolators, and thus evaluate their impact on
parts mechanical properties. The work consisted to look at the global manufaturing process,
namely elastomer mixture preparation, parts molding and cooling.
As such, the research work was divided in two major stages. First of all, external aspects
to the main molding process were considered, including mixture preparation, mold thermal
variations and parts cooling. Then the parameters directly involved during the injection
molding process were investigated.
The homogeneity of the raw mixture was analized through experimental measurements of
the elastic modulus. Tests were done with a tensiometer on dumbbells.
Subsequently, as a means to verify the uniformity of the temperature distribution in a mold,
a thermal finite element model was developped based on a production mold geometry. The
model was validated through experimental measurements using a thermocouple. Comparison
with experiment confirmed that the model gives a first good idea of the temperature
distri-bution in the mold. But some adjustments of the boundary conditions are still needed to
accurately reproduced the reality. Nevertheless, as the mold produces several parts at a time,
a comparison between cavity locations was done in order to assess their effect on properties.
Engine mounts were experimentally characterized using a servo-hydraulic uniaxial load
ma-chine to evaluate their static and dynamic properties.
Thereafter, two different cooling operation procedures were compared, namely the
produc-tion cooling method, and the ambiant air cooling method. It was found that the producproduc-tion
cooling method was three times more detrimental than the second method, and did not allow
an adequate uniform cooling of molded parts.
Finally, the design of experiments methodology was applied to identify the most influential
parameters of the injection molding process. A relationship was established between those
parameters and mechanical properties. It was found that temperature linked parameters had
a predominant effect. Moreover, it was demonstrated that the variability decreased with a
higher curing state of molded parts.
TABLE DES MATI`
ERES
REMERCIEMENTS . . . .
iii
R´
ESUM´
E . . . .
iv
ABSTRACT
. . . .
vi
TABLE DES MATI`
ERES . . . viii
LISTE DES TABLEAUX . . . .
x
LISTE DES FIGURES . . . .
xi
LISTE DES SIGLES ET ABR´
EVIATIONS . . . xiii
LISTE DES SYMBOLES . . . xiv
CHAPITRE 1
INTRODUCTION . . . .
1
CHAPITRE 2
REVUE DE LITT´
ERATURE . . . .
3
2.1
Les isolateurs passifs de vibration . . . .
3
2.2
Les ´
elastom`
eres . . . .
4
2.2.1
Les familles de polym`
eres
. . . .
4
2.2.2
Caract´
eristiques des ´
elastom`
eres . . . .
5
2.3
Mise en forme de pi`
eces en ´
elastom`
ere . . . .
7
2.3.1
Formulation du m´
elange . . . .
8
2.3.2
Fabrication du m´
elange . . . .
8
2.3.3
Le moulage . . . 10
2.3.4
Le refroidissement . . . 11
2.4
M´
ethodes de caract´
erisation des ´
elastom`
eres . . . 11
2.5
M´
ethodes d’optimisation de proc´
ed´
es . . . 15
2.5.1
Introduction aux plans d’exp´
erience (DOE)
. . . 16
2.5.2
M´
ethodologie d’un processus d’optimisation . . . 17
2.5.3
Outils d’analyse des donn´
ees d’un plan d’exp´
erience . . . 18
CHAPITRE 4
ARTICLE 1 : INFLUENCE OF MANUFACTURING NOISE
PARA-METERS ON THE PROPERTIES OF ELASTOMERIC VIBRATION ISOLATORS 23
4.1
Introduction . . . 23
4.2
Experimental procedures . . . 25
4.2.1
Homogeneity of elastomer blend . . . 26
4.2.2
Injection Mold Thermal Modeling . . . 28
4.2.3
Impact of cooling conditions . . . 31
4.3
Results and discussion . . . 31
4.3.1
Homogeneity and curing conditions of elastomer mixture . . . 31
4.3.2
Injection Mold Temperature . . . 35
4.3.3
Cooling Operating Conditions . . . 40
4.4
Conclusions . . . 41
CHAPITRE 5
ARTICLE 2 : CHARACTERIZATION OF THE INJECTION
MOL-DING PROCESS OF PASSIVE VIBRATION ISOLATORS . . . 43
5.1
Introduction . . . 44
5.2
Design of experiments (DOE) methodology . . . 46
5.2.1
Planning the experiment . . . 46
5.2.2
DOE phase 1: Screening Design . . . 47
5.2.3
DOE phase 2: Optimization . . . 48
5.2.4
Validation of the model . . . 49
5.3
Experimental procedures . . . 49
5.3.1
Methodology
. . . 49
5.3.2
Samples manufacturing . . . 50
5.3.3
Mechanical properties measurements . . . 51
5.4
Screening procedure . . . 52
5.4.1
Experimental design . . . 52
5.4.2
Initial results . . . 53
5.5
Optimization process . . . 54
5.5.1
Experimental design . . . 54
5.5.2
Results . . . 57
5.6
Discussion . . . 57
5.7
Conclusion . . . 66
CHAPITRE 6
DISCUSSION G ´
EN´
ERALE . . . 67
CHAPITRE 7
CONCLUSION . . . 72
LISTE DES TABLEAUX
Table 4.1
Number of dumbbell specimens per set of parameters used for the
ho-mogeneity study
. . . 27
Table 4.2
Ansys Workbench simulation parameters used in the finite element
modelling of a production injection mold . . . 29
Table 4.3
For batch A and B, comparison of static moduli obtained as the
300-500% strain slope of previous stress/strain curves . . . 33
Table 4.4
For batch A and B, comparison of stress and elongation at break of
obtained stress/strain curves
. . . 33
Table 5.1
List of studied input parameters for the screening design DOE1 . . . . 50
Table 5.2
Variability ranges for every chosen parameter used in the designs of
experiment
. . . 51
Table 5.3
Fractional factorial design of the screening phase (DOE1) . . . 53
Table 5.4
Split-plot experimental design of the optimization phase (DOE2) . . . . 55
Table 5.5
Regression coefficients obtained for each output mechanical properties
resulted from DOE2
. . . 57
Table 5.6
Global experimental errors of the molding process for DOE2 . . . 57
Table 5.7
Variability ranges used for input and output variables of the empirical
model . . . 60
Table 5.8
Mechanical properties of chosen triplets . . . 61
Table 5.9
Solutions density evolution in terms of curing time and temperature –
DOE 2 quadratic model . . . 63
Table 5.10
Solutions density evolution in terms of curing time and temperature –
DOE 2 linear model
. . . 63
Tableau 6.1
Erreurs permises sur la temp´
erature et le temps de cuisson entre les
LISTE DES FIGURES
Figure 2.1
Exemple de g´
eom´
etrie de supports de moteur [36] . . . .
3
Figure 2.2
Mol´
ecule ramifi´
ee [23] . . . .
5
Figure 2.3
Mol´
ecule fortement r´
eticul´
ee [23]
. . . .
5
Figure 2.4
Mol´
ecule faiblement r´
eticul´
ee [23] . . . .
5
Figure 2.5
Evolution du module ´
elastique d’un caoutchouc avec la temp´
erature
(adapt´
ee de [24]) . . . .
7
Figure 2.6
Evolution du facteur de perte avec la temp´
erature (adapt´
ee de [24]) . .
7
Figure 2.7
M´
elangeur interne . . . .
9
Figure 2.8
M´
elangeur externe . . . .
9
Figure 2.9
Le moulage par injection . . . 10
Figure 2.10
Sch´
ema de la cavit´
e d’un rh´
eom`
etre `
a matrices biconiques
. . . 12
Figure 2.11
Evolution du module ´
´
elastique lors de la vulcanisation
. . . 12
Figure 2.12
Test de tension avec extensom`
etre . . . 13
Figure 2.13
Exemple d’installation de test sur une MTS . . . 14
Figure 2.14
D´
etermination de la raideur avec la m´
ethode des tangentes . . . 16
Figure 2.15
D´
etermination de la raideur avec la m´
ethode des s´
ecantes . . . 16
Figure 2.16
Variables d’un proc´
ed´
e . . . 17
Figure 2.17
Exemple type d’histogramme Pareto . . . 18
Figure 3.1
Sch´
ematisation du processus de fabrication . . . 21
Figure 4.1
Components of an injection molding machine
. . . 24
Figure 4.2
Timed execution of the different steps of the homogeneity study . . . . 26
Figure 4.3
Cavities identification of the production mold studied . . . 28
Figure 4.4
Boundary conditions applied in the thermal model of a production mold 29
Figure 4.5
For 3 different batch locations, comparison of averaged stress/strain
curves of two Polychloroprene blend A and B cured at 165
◦C for 150s. . 34
Figure 4.6
Averaged stress/strain curves of rubber blend B for 4 different curing
conditions . . . 35
Figure 4.7
Heat probe temperature variation over 200 seconds for 10 successive
injection molding cycles - Comparison with thermal simulation results . 35
Figure 4.8
Averaged heat probe temperature evolution over 10 successive cures . . 36
Figure 4.9
Heat probe temperature variation measured from the end of an
injec-tion molding cycle to the beginning of a new one for 4 successive cycles
37
Figure 4.10
Map of the temperature distribution in the mold obtained with Ansys
Workbench after a cycle of 240s . . . 38
Figure 4.11
Isolator stiffness relative to 4 different mold cavity positions and
suc-cessive cures . . . 39
Figure 4.12
Isolator stiffness evolution over time and as a function of delivery box
filling . . . 40
Figure 5.1
Example of vibration isolator
. . . 44
Figure 5.2
Cause-and-effect diagram of the injection molding process of isolator
mounts . . . 49
Figure 5.3
Example of a strain-stress hysteresis profile obtained for the isolator
presently studied and used to evaluate the static stiffness . . . 52
Figure 5.4
DOE1 analysis: Diagram of the effects of DOE1 input parameters on
Static stiffness (a), Dynamic stiffness (b) and Loss factor (c). . . 54
Figure 5.5
Normal distribution of the residuals obtained with DOE2 – (a) Static
stiffness; (b) dynamic stiffness; (c) Loss factor. . . 56
Figure 5.6
Surface of the quadratic model solutions obtained from the analysis of
DOE2 results . . . 58
Figure 5.7
Surface of mechanical properties obtained from DOE2 results and as
a function of curing temperature and time: (a) Static stiffness – (b)
Dynamic stiffness for a 50hz excitation frequency – (c) Loss factor for
a 50hz excitation frequency
. . . 59
Figure 5.8
Scheme of the empirical model build from the DOE2 resulting
statisti-cal model . . . 60
Figure 5.9
Example of possible solutions obtained for the optimization process on
the three output variables . . . 60
Figure 5.10
Surface of solutions density obtained with the quadratic model from
DOE 2 in terms of curing time and temperature: (a) Comparison of 7
solutions - (b) Comparison of 3 solutions . . . 62
Figure 5.11
Solutions map of mechanical properties (stiffness and loss factor)
ob-tained with the linearized DOE2 . . . 64
Figure 5.12
Surface of solutions density obtained with DOE 2 (linear model) in
terms of curing time and temperature: (a) 7 solutions – (b) 3 solutions
65
Figure 6.1
Param`
etres de cuisson optimis´
es permettant d’atteindre les requis du
LISTE DES SIGLES ET ABR´
EVIATIONS
ANOVA
ANalysis Of VAriance
DFSS
Design For Six-Sigma
DMADV
Define Measure Analyze Design Validate
DMAIC
Define Measure Analyze Improve Control
DOE
Design Of Experiments
ETC
Easy To Change
HTC
Hard To Change
ppm
parts per million
REML
REstricted Maximum Likelihood
RSM
Response Surface Methodology
SBI
Soucy Baron Inc.
SP
Split-Plot
LISTE DES SYMBOLES
α
0, α
1, α
iCoefficients d’un mod`
ele de pr´
ediction
ˆ
α
0, ˆ
α
1, ˆ
α
iCoefficients d’un mod`
ele de r´
egression
δ
Angle de perte
η
Facteur de perte
ϵ
Terme d’erreur d’un mod`
ele de pr´
ediction
ϵ
i, ϵ
ijTerme d’erreur associ´
ee `
a chaque observation d’un plan d’exp´
erience
a
0, a
i, b
ij, c
iCoefficients d’un mod`
ele de r´
egression
c
kFonction de contrainte
C
1Conditions de vulcanisation 1
C
2Conditions de vulcanisation 2
C
3Conditions de vulcanisation 3
C
4Conditions de vulcanisation 4
d
D´
eformation
D
Dur´
ee de vulcanisation
˙e
vitesse de d´
eformation
E
Espace de contrainte d’´
egalit´
e
f
Fonction du mod`
ele de pr´
ediction
F
Force
I
Espace de contrainte d’in´
egalit´
e
K
dRaideur dynamique
K
sRaideur statique
T
Temp´
erature de vulcanisation
T
αTemp´
erature de relaxation principale
T
aTemp´
erature de l’air ambiant
T
cTemp´
erature des plateaux chauffants
T
dTemp´
erature de d´
ecomposition
T
gTemp´
erature de transition vitreuse
T
iTemp´
erature initiale du moule
W
Aire d’un cycle hysteresis
x
i, x
jVariables d’entr´
ee d’un mod`
ele de pr´
ediction
X
Facteur d’entr´
ee d’un Processus
Y
Facteur de sortie d’un Processus
Y
iVariable de sortie d’un Processus
ˆ
Y
Facteur de sortie d’un Processus
z
Facteur de bruit d’un Processus
CHAPITRE 1
INTRODUCTION
Probl´
ematique g´
en´
erale
Le confort de l’utilisateur est devenu au fil des ann´
ees un argument important de vente
des v´
ehicules r´
ecr´
eatifs. Pour cette raison, la r´
eduction des vibrations, source principale de
l’inconfort et parfois aussi de bris m´
ecaniques, est une ´
etape cruciale du design de ces
en-gins. Une pratique courante de r´
eduction des vibrations g´
en´
er´
ees par le moteur consiste `
a
isoler celles-ci du passager grˆ
ace `
a l’utilisation d’isolateurs passifs. Ces derniers sont plac´
es
`
a diff´
erents endroits strat´
egiques entre le moteur et le chˆ
assis du v´
ehicule. Ces isolateurs,
plus commun´
ement appel´
es supports de moteur, doivent ˆ
etre capable de supporter de fa¸con
homog`
ene le poids du moteur dans toute sa plage de fonctionnement.
Un ´
elastom`
ere offre d’int´
eressantes caract´
eristiques visco´
elastiques pour l’amortissement et
hyper´
elastiques pour la d´
eformation, qui en font un candidat id´
eal pour ˆ
etre utilis´
e dans la
fabrication de tels isolateurs. Chimiquement li´
e `
a des inserts m´
etalliques de fixation `
a l’aide
d’une colle adapt´
ee, l’´
elastom`
ere peut alors faire partie int´
egrante de l’architecture du v´
ehi-cule.
L’´
elastom`
ere utilis´
e comme support de moteur sur v´
ehicule r´
ecr´
eatif doit non seulement
poss´
eder de bonnes propri´
et´
es m´
ecaniques, mais ´
egalement offrir une bonne r´
esistance `
a un
environnement tr`
es sollicitant (humidit´
e, chaleur, ozone, fuel...) tout au long de la vie du
v´
ehicule. Un ´
elastom`
ere est en fait un m´
elange de diff´
erents constituants combin´
es ensemble
et permettant ainsi d’atteindre les propri´
et´
es recherch´
ees. Le caoutchouc est le principal
com-posant d’un l’´
elastom`
ere et lui conf`
ere ainsi ses propri´
et´
es visco´
elastiques et hyper´
elastiques
de base. Son association `
a diff´
erentes charges et additifs permet par la suite de renforcer
consid´
erablement ses propri´
et´
es et r´
esistances tout en augmentant sa dur´
ee de vie.
Parmi tous les ´
elastom`
eres, le Polychloropr`
ene est un caoutchouc synth´
etique qui pr´
esente
d’excellentes propri´
et´
es amortissantes, une bonne r´
esistance aux charges m´
ecaniques et au
vieillissement ainsi qu’une grande capacit´
e d’adh´
erence au m´
etal. Il poss`
ede par ailleurs une
´
etanch´
eit´
e ´
elev´
ee aux diff´
erents produits issus du p´
etrole ainsi qu’une forte r´
esistance `
a l’ozone
et `
a la chaleur, lui conf´
erant une faible flammabilit´
e ainsi qu’une d´
egradation r´
eduite au cours
du temps. Cela fait de lui un mat´
eriau id´
eal `
a la fabrication de supports de moteur utilis´
es
dans l’industrie des v´
ehicules r´
ecr´
eatifs.
Les isolateurs sont g´
en´
eralement fabriqu´
es par l’interm´
ediaire du proc´
ed´
e de moulage par
injection. Ce proc´
ed´
e consiste `
a injecter sous pression le m´
elange d’´
elastom`
ere brut dans les
cavit´
es d’un moule chaud afin de lui donner sa forme finie. Mais de la composition du m´
e-lange, au moulage, suivi du refroidissement des pi`
eces, puis du stockage jusqu’`
a la livraison
au client, chaque ´
etape du proc´
ed´
e de fabrication des isolateurs a une influence significative
sur les caract´
eristiques m´
ecaniques du produit final.
Des variations notables des propri´
et´
es m´
ecaniques ont ´
et´
e observ´
ees sur des isolateurs moul´
es
en Polychloropr`
ene, et provenant du mˆ
eme lot de m´
elange et du mˆ
eme cycle de moulage. Une
grande sensibilit´
e du m´
elange de Polychloropr`
ene aux param`
etres de fabrication est donc
en-visageable. Cependant, assurer une uniformit´
e et un contrˆ
ole strict des propri´
et´
es m´
ecaniques
des produits finaux est aujourd’hui un facteur crucial de vente dans l’industrie des v´
ehicules
r´
ecr´
eatifs.
Objectif g´
en´
eral
L’objectif global de ce projet est la compr´
ehension de l’influence des diff´
erents param`
etres
intervenant lors du processus de fabrication d’isolateurs en polychloropr`
ene. Un accent
parti-culier est mis sur l’´
etude de la variabilit´
e des propri´
et´
es m´
ecaniques (raideur statique, raideur
dynamique et facteur de perte) afin de proposer un meilleur contrˆ
ole qualit´
e des pi`
eces
pro-duites. Pour ce faire, chaque ´
etape de fabrication des isolateurs en Polychloropr`
ene a ´
et´
e
analys´
ee, incluant l’homog´
en´
eit´
e du m´
elange, l’uniformit´
e de la temp´
erature du moule,
l’im-pact de la temp´
erature et du temps de cuisson ainsi que des conditions de refroidissement.
Organisation du m´
emoire
Ce m´
emoire comporte quatre chapitres. Le premier chapitre passe en revue la litt´
erature
qui couvre principalement les m´
ethodes de mise en forme et de caract´
erisation, ainsi que
les outils statistiques, mis en œuvre dans le cadre du projet. Un second chapitre d´
ecrit la
d´
emarche appliqu´
ee pour la r´
ealisation de l’ensemble du travail de recherche. Le troisi`
eme
chapitre pr´
esente un article sur les diff´
erentes ´
etudes portant sur l’homog´
en´
eit´
e du m´
elange,
la distribution de temp´
erature dans le moule, et la m´
ethode de refroidissement des pi`
eces
apr`
es moulage. Le quatri`
eme chapitre est ´
egalement un article pr´
esentant la m´
ethodologie et
les r´
esultats de l’´
etude d’influence des param`
etres intervenant lors du moulage par injection.
Finalement, le cinqui`
eme chapitre consiste en une discussion g´
en´
erale sur l’ensemble des
r´
esultats du projet.
CHAPITRE 2
REVUE DE LITT´
ERATURE
Cette revue de litt´
erature contient cinq sections qui ont pour objet d’introduire les
dif-f´
erentes notions n´
ecessaires `
a la compr´
ehension du projet global. Dans un premier temps,
une pr´
esentation des isolateurs passifs ´
etudi´
es dans ce m´
emoire sera effectu´
ee. Ces isolateurs
´
etant constitu´
es d’´
elastom`
ere, les deux sections suivantes seront consacr´
ees `
a ce mat´
eriau,
ses propri´
et´
es et m´
ethodes de caract´
erisation existantes. Par la suite, une quatri`
eme section
s’´
evertuera `
a d´
ecrire les diff´
erentes ´
etapes du proc´
ed´
e de fabrication de pi`
eces en ´
elastom`
ere.
Finalement, une pr´
esentation de la m´
ethode statistique d’optimisation de proc´
ed´
e appliqu´
ee
dans le cadre du projet sera faite dans la derni`
ere section.
2.1
Les isolateurs passifs de vibration
Figure 2.1 Exemple de g´
eom´
etrie de supports de moteur [36]
Les isolateurs de vibration, de par leur nom, ont pour fonction d’isoler un syst`
eme des
sources de vibrations pr´
esentes dans son environnement. De nombreux mod`
eles possibles
d’isolation existent selon le syst`
eme vibratoire concern´
e, mais les isolateurs dits passifs sont
largement employ´
es en raison de leur faible coˆ
ut. En effet, leur utilisation ne n´
ecessite pas
de sources d’´
energie externe, impliquant ainsi peu d’entretien. Les isolateurs ´
etudi´
es dans ce
m´
emoire sont faits en ´
elastom`
ere dont les caract´
eristiques visco´
elastiques assurent la
fonc-tion d’isolafonc-tion. Le mat´
eriau est par ailleurs chimiquement li´
e `
a des inserts m´
etalliques qui
permettent de placer l’isolateur entre le syst`
eme vibrant et la structure `
a isoler. Cette
com-binaison simple permet `
a ce type d’isolateurs d’avoir des g´
eom´
etries tr`
es vari´
ees comme cela
peut ˆ
etre observ´
e aux exemples de la figure 2.1.
Les isolateurs passifs agissent principalement en modifiant la masse, la raideur et
l’amortis-sement d’un syst`
eme. Les principales propri´
et´
es permettant de caract´
eriser leur performance
sont les raideurs statiques et dynamiques, et le facteur de perte [48] :
– la raideur statique K
srenseigne sur l’aptitude `
a supporter le poids de la structure sous
laquelle est fix´
e l’isolateur.
– la raideur dynamique K
dinforme sur la capacit´
e de l’isolateur `
a supporter ce mˆ
eme
poids mais pour diff´
erentes conditions d’excitation vibratoire de la structure.
– le facteur de perte η qualifie directement l’effet d’amortissement d’un isolateur en
four-nissant la quantit´
e d’´
energie pouvant ˆ
etre dissip´
ee sur une plage de fr´
equences
d’exci-tation donn´
ee.
Les isolateurs utilis´
es dans les v´
ehicules r´
ecr´
eatifs sont plac´
es entre le moteur, source
de vibration, et le chˆ
assis du v´
ehicule. Afin de garantir un niveau de confort ´
elev´
e pour
le passager, la conception de tels isolateurs requiert la combinaison de diff´
erents facteurs.
Plusieurs isolateurs ´
etant utilis´
es par v´
ehicule, un positionnement et une orientation ad´
equate
doivent ˆ
etre rigoureusement choisie en fonction du syst`
eme d’application des forces mis en jeu
lors de l’utilisation du v´
ehicule [36]. L’isolateur doit poss´
eder des caract´
eristiques de raideur
et amortissement adapt´
ees afin de minimiser la transmission des forces vibratoires dans des
directions d’application donn´
ees. Une g´
eom´
etrie optimale doit donc ˆ
etre choisie permettant
de s’adapter ais´
ement `
a la structure du v´
ehicule tout en minimisant la transmissibilit´
e des
efforts [38]. Et c’est le rˆ
ole du mat´
eriau en ´
elastom`
ere constituant l’isolateur de remplir cette
derni`
ere fonction. Les caract´
eristiques des ´
elastom`
eres seront pr´
esent´
ees plus en d´
etail dans
la section suivante afin de donner une id´
ee plus claire sur l’origine de leur comportement
visco´
elastique si bien adapt´
e pour des usages d’isolation vibratoire.
2.2
Les ´
elastom`
eres
2.2.1
Les familles de polym`
eres
Les ´
elastom`
eres constituent l’une des trois principales familles de polym`
eres, les deux
autres ´
etant les thermoplastiques et les thermodurcissables. Ces trois familles se distinguent
par leurs propri´
et´
es physiques tr`
es disparates qui sont directement li´
ees `
a une organisation
diff´
erente de leurs chaˆınes macromol´
eculaires [23]. Les thermoplastiques sont constitu´
es de
macromol´
ecules lin´
eaires dont la coh´
esion est assur´
ee par des liaisons faibles (voir figure
2.2) qui peuvent facilement se rompre lors d’une augmentation de temp´
erature. Cela octroie
un comportement plastique r´
eversible permettant le recyclage du mat´
eriau. Les
thermodur-cissables, quant `
a eux, pr´
esentent un r´
eseau de macromol´
ecules reli´
ees entre elles par de
nombreuses liaisons fortes (voir figure 2.3) qui restreignent le mouvement des chaˆınes les
unes par rapport aux autres. Ils se caract´
erisent ainsi par une rigidit´
e ´
elev´
ee et un faible
al-longement ´
elastique. Les ´
elastom`
eres, finalement, sont constitu´
es par un ensemble de chaˆınes
lin´
eaires rattach´
ees les unes aux autres par quelques pontages atomiques (par exemple r´
eali-s´
es avec un atome de soufre) (voir figure 2.4). Le faible taux de r´
eticulation permet de garder
des chaˆınes souples qui conf`
erent au mat´
eriau ses propri´
et´
es hyper´
elastiques avec des taux
d’´
elongation pouvant atteindre 1000%. Ce comportement ´
elastique est par ailleurs r´
eversible,
chaque noeud de r´
eticulation constituant une cellule m´
emoire de la d´
eformation du mat´
eriau.
Figure 2.2 Mol´
ecule
rami-fi´
ee [23]
Figure 2.3 Mol´
ecule fortement
r´
eticul´
ee [23]
Figure 2.4 Mol´
ecule
faible-ment r´
eticul´
ee [23]
2.2.2
Caract´
eristiques des ´
elastom`
eres
La vulcanisation
Tout polym`
ere doit passer par une phase de polym´
erisation pendant laquelle les chaˆınes
mol´
eculaires s’agencent entre elles en cr´
eant des liens, permettant ainsi de donner au polym`
ere
sa forme finie. Dans le cas des ´
elastom`
eres, ce processus chimique se nomme la vulcanisation
et consiste `
a ”cuire” l’´
elastom`
ere `
a une certaine temp´
erature pendant un temps pr´
e´
etabli
cr´
eant des noeuds de r´
eticulation entre un agent de vulcanisation, par exemple des atomes de
soufre, et les chaˆınes macromol´
eculaires de l’´
elastom`
ere. Un param`
etre caract´
eristique de la
vulcanisation est le degr´
e de polym´
erisation qui correspond au nombre de groupes d’atomes
par mol´
ecule. Son amplitude informe donc sur la longueur de la mol´
ecule. Plus le degr´
e de
polym´
erisation est ´
elev´
e, plus la mol´
ecule est longue, et plus un ´
elastom`
ere sera r´
esistant
`
a la traction et aura des propri´
et´
es m´
ecaniques int´
eressantes. Ce ph´
enom`
ene est optimal
lorsque la polym´
erisation est compl`
ete, c’est-`
a-dire lorsque toutes les chaˆınes ont ´
et´
e reli´
ees
entre elles. Un autre param`
etre caract´
erique est le taux de r´
eticulation qui informe sur le
nombre de pontage cr´
e´
es. Il joue ainsi sur la souplesse de l’´
elastom`
ere et sa capacit´
e finale
d’allongement. En effet, un faible taux de r´
eticulation implique une plus grande ´
elasticit´
e.
Mais l’´
etape de vulcanisation n’est pas seule origine des propri´
et´
es finales d’un ´
elastom`
ere.
La formulation chimique de ce dernier tient ´
egalement une place importante. En effet, un
´
elastom`
ere non vulcanis´
e est non seulement compos´
e de caoutchouc et d’un agent de
vulca-nisation, mais ´
egalement de constituants vari´
es qui jouent tous un rˆ
ole, soient en facilitant
le m´
elangeage des ingr´
edients ensemble (ex. plastifiants), ou bien en am´
eliorant l’efficacit´
e et
la rapidit´
e du processus de vulcanisation (acc´
el´
erateurs et activateurs), ou encore en am´
elio-rant les performances et r´
esistances de l’´
elastom`
ere cuit (charges et stabilisants) [23]. Ainsi,
l’ajout d’additifs d’une part, mais ´
egalement l’application d’une temp´
erature ´
elev´
ee sont des
moyens pour faciliter l’obtention d’une vulcanisation compl`
ete du mat´
eriau et lui octroyer
des propri´
et´
es recherch´
ees, le comportement m´
ecanique d’un ´
elastom`
ere r´
esultant en grande
partie de la mobilit´
e de ses mol´
ecules.
Le comportement m´
ecanique d’un ´
elastom`
ere
Selon la temp´
erature caract´
eristique `
a laquelle se trouve l’´
elastom`
ere, celui-ci peut pr´
e-senter trois ´
etats distincts (Cf. figure 2.5) [23].
– A basse temp´
erature, les mol´
ecules du mat´
eriau se trouvent dans un ´
etat fig´
e dit vitreux
similaire aux thermoplastiques. La mobilit´
e mol´
eculaire est tr`
es faible, le module ´
elev´
e
et la th´
eorie des petites d´
eformations peut s’appliquer.
– Lorsque la temp´
erature augmente, la mobilit´
e mol´
eculaire augmente et l’´
elastom`
ere
rentre dans un ´
etat transitoire o`
u le module chute. On observe un ramollissement du
mat´
eriau dans cette plage dite de transition vitreuse qui permet le passage entre deux
´
etats thermodynamiques. Dans cette phase de transition, le mat´
eriau pr´
esente un
com-portement visco´
elastique ´
elev´
e. Lors de l’application d’une contrainte, un d´
ephasage
d’angle δ se produit dans la d´
eformation induite. Ce d´
ephasage repr´
esente les pertes
m´
ecaniques caus´
ees par le frottement interne des mol´
ecules sous l’effet d’une
sollicita-tion. On peut alors d´
efinir le facteur de perte tan(δ) caract´
eristique de l’effet amortissant
du mat´
eriau. Ce param`
etre atteint par ailleurs son maximum `
a la temp´
erature T
αde
re-laxation principale (Cf. Figure 2.6) qui elle va d´
ependre de la fr´
equence d’une excitation
cyclique appliqu´
ee sur le mat´
eriau. En effet, on observe que si la fr´
equence augmente,
T
αaugmente ´
egalement. Cet aspect est donc important lors de l’´
etablissement de la
formulation de l’´
elastom`
ere utilis´
e dans les supports de moteur. En effet, il s’agit de
formuler un m´
elange qui pour une certaine plage de fr´
equences donn´
ees, se trouvera
dans sa plage de transition vitreuse o`
u aura donc lieu le maximum de dissipation et le
plus grand amortissement.
– Lorsque la temp´
erature est ´
elev´
ee, l’´
elastom`
ere adopte un ´
etat dit caoutchoutique. La
mobilit´
e mol´
eculaire est ´
elev´
ee et le module est faible. L’´
elastom`
ere peut atteindre de
larges d´
eformations jusqu’`
a 1000% sa longueur initiale sous de faibles contraintes. La
th´
eorie de l’hyper´
elasticit´
e s’applique.
macromol´
eculles du polym`
ere se rompent et celui-ci se d´
esagr`
ege.
Figure 2.5 Evolution du module ´
elastique d’un caoutchouc avec la temp´
erature (adapt´
ee de
[24])
Module élastique Coefficient de perte Tem perature M o d u l e é l a s t i q u e T Transition vitreuse Etat caoutchoutique Etat f igé T g C o e f f i ci e n t d e p e r t eFigure 2.6 Evolution du facteur de perte avec la temp´
erature (adapt´
ee de [24])
2.3
Mise en forme de pi`
eces en ´
elastom`
ere
Le proc´
ed´
e de mise en forme de pi`
eces en ´
elastom`
ere met en jeu de nombreuses ´
etapes
qui affectent la structure macromol´
eculaire d’un ´
elastom`
ere et donc son comportement m´
e-canique final. Cette section a donc pour objet de d´
emontrer la complexit´
e de ce processus de
fabrication.
2.3.1
Formulation du m´
elange
La premi`
ere phase dans la production d’une pi`
ece en ´
elastom`
ere est l’´
etablissement de
la liste des diff´
erents ingr´
edients constitutifs du m´
elange ainsi que leur dosage respectif [19].
Le fait de m´
elanger un ´
elastom`
ere `
a d’autres composants a non seulement pour objectif
d’am´
eliorer ses propri´
et´
es, mais ´
egalement sa transformation en permettant une vulcanisation
plus rapide. Une r´
eduction de coˆ
ut est ´
egalement escompt´
ee car il n’est pas n´
ecessaire de
synth´
etiser un nouvel ´
elastom`
ere atteignant les propri´
et´
es recherch´
ees.
L’´
etape de formulation n´
ecessite une connaissance pr´
ealable de l’effet de chaque ingr´
edient
sur le m´
elange final. Un certain nombre de tests essai-erreur sont ´
egalement n´
ecessaires pour
fixer les param`
etres de vulcanisation principaux (temp´
erature et temps) permettant d’obtenir
un produit avec des propri´
et´
es sp´
ecifiques [5, 26]. Ces nombreux tests permettent par ailleurs
de mieux connaˆıtre l’effet des diff´
erents composants sur les propri´
et´
es d’un polym`
ere et ainsi
promulguer leur utilisation pour une application type. Mais en raison de la complexit´
e du
processus de r´
eticulation, il est important de choisir un dosage et des ingr´
edients compatibles.
En effet, la combinaison d’´
el´
ements incompatibles peut engendrer l’effet inverse que celui
escompt´
e et observ´
e avec les composants seuls.
2.3.2
Fabrication du m´
elange
`
A partir de la formulation pr´
e-´
etablie, les diff´
erents ingr´
edients sont dos´
es puis m´
elang´
es
en deux phases[20]. D’abord, les principaux composants (caoutchouc, charges, plastifiants,
additifs) sont travaill´
es par un rotor dans la chambre d’un m´
elangeur interne (Cf. Figure
2.7). Le caract`
ere rh´
eofluidifiant de l’´
elastom`
ere diminue sa viscosit´
e lors de son cisaillement,
mais engendre une augmentation de temp´
erature qu’il est n´
ecessaire de contrˆ
oler afin de
rester `
a une temp´
erature en-de¸c`
a de 120
◦C. Ensuite, `
a la sortie du pr´
ec´
edent m´
elangeur, le
m´
elange passe dans un m´
elangeur externe `
a rouleaux (Cf. Figure 2.8) qui a l’avantage de
pouvoir travailler le m´
elange `
a des temp´
erature plus basses inf´
erieures `
a 80
◦C, ce qui permet
d’incorporer les agents curatifs au m´
elange en limitant ainsi le risque d’une vulcanisation
pr´
ematur´
ee.
Il est `
a noter que des erreurs de dosage, une malfonction interne `
a un m´
elangeur peuvent
ˆ
etre `
a l’origine de variations au sein d’un mˆ
eme m´
elange. Un rem´
elangeage peut s’av´
erer alors
n´
ecessaire avec le rajout d’un composant dans le cas o`
u les propri´
et´
es sont trop basses. Dans
le cas contraire, le m´
elange pourrait ˆ
etre utilis´
e pour un autre type d’application afin d’´
eviter
d’avoir `
a le jeter.
Figure 2.7 M´
elangeur interne
2.3.3
Le moulage
Cavit´
e
Moule
Boudineuse
M´
elange brut
Piston
Buses
d’injection
Figure 2.9 Le moulage par injection
Il existe trois diff´
erentes m´
ethodes de moulage [20], par compression, par transfert ou par
injection, qui dans chaque cas donne une forme d´
efinitive au caoutchouc en vulcanisant le
m´
elange plac´
e sous pression dans les cavit´
es d’un moule chaud.
Le proc´
ed´
e de moulage par injection dont traite ce m´
emoire (Cf. Figure 2.9), est le plus r´
ecent
et le plus populaire. En effet, disposant d’un syst`
eme d’injection automatis´
e, il garantit `
a la
fois une plus grande productivit´
e pour une meilleure homog´
en´
eit´
e des pi`
eces, et permet de
mouler des pi`
eces de g´
eom´
etrie plus complexe. Les moulages par compression ou par
trans-fert sont appliqu´
es pour mouler des pi`
eces n´
ecessitant un temps de vulcanisation long, ou
bien des op´
erations complexes d’assemblage (par exemple dans le cas des pneus).
L’utilisa-tion de m´
elanges contenant des colorants est ´
egalement inadapt´
ee `
a un syst`
eme de moulage
par injection car salissant et requ´
erant un temps de nettoyage long du syst`
eme d’injection.
N´
eanmoins, bien que plus automatis´
e que ses pr´
ed´
ecesseurs, le moulage par injection requiert
tout de mˆ
eme une combinaison d’op´
erations manuelles et automatiques pr´
esent´
ees ci-apr`
es.
Le m´
elange d’´
elastom`
ere brut est, dans un premier temps, ins´
er´
e manuellement dans une
vis boudineuse qui va plastifier le m´
elange, le guidant vers la chambre d’attente du piston.
Pr´
ealablement avant injection, un op´
erateur ouvre le moule et lubrifie ses cavit´
es, avant d’y
placer des inserts m´
etalliques. Le moule est alors referm´
e. Apr`
es v´
erification des capteurs
de temp´
erature du moule, l’injection est lanc´
ee. L’op´
eration d’injection dans le moule et de
cuisson des pi`
eces se d´
eroule selon les diff´
erents param`
etres machine et de vulcanisation (d´
e-bit d’injection, temp´
erature et temps de cuisson...) pr´
e´
etablis. Lorsque le temps de cuisson
des pi`
eces est atteint, le moule s’ouvre automatiquement, et les pi`
eces chaudes sont retir´
ees
manuellement. De nouveaux inserts sont install´
es, et un nouveau cycle peut commencer.
Selon la taille et le type de pi`
eces `
a fabriquer, les moules peuvent avoir des formes et un
nombre de cavit´
es tr`
es divers. Plus la pi`
ece sera ´
epaisse et complexe, plus le moule sera gros
et subdivis´
e en plusieurs parties, impliquant un contrˆ
ole d´
elicat de la distribution de temp´
era-ture dans les cavit´
es du moule. En effet, le transfert thermique requiert un certain temps pour
que la temp´
erature se stabilise au centre des pi`
eces par rapport `
a leur couche externe. Les
diff´
erentes op´
erations mises en jeu lors du processus de moulage par injection peuvent ˆ
etre `
a
l’origine de variations importantes dans les propri´
et´
es finales de pi`
eces en ´
elastom`
ere. Dans
l’optique de r´
eduire cette variabilit´
e, diff´
erents travaux [43, 45] ont investigu´
e les possibilit´
es
d’am´
eliorer d’une part la conception des machines de moulage (optimisation du syst`
eme de
boudinage et d’injection de l’´
elastom`
ere brut), et d’autre part le contrˆ
ole du processus de
moulage (optimisation du syst`
eme de r´
egulation de la temp´
erature).
2.3.4
Le refroidissement
Il existe, `
a quelques variantes pr`
es, trois m´
ethodes de refroidissement possibles :
– Le refroidissement `
a l’eau est le plus efficace car il permet un refroidissement rapide
et uniforme. Il consiste `
a faire refroidir les produits dans un grand bac d’eau froide.
Peu utilis´
e en production en raison des contraintes de temps et de logistique li´
es au
s´
echage de pi`
eces moul´
ees, il est par contre syst´
ematiquement appliqu´
e pour refroidir
les m´
elanges frais suite `
a l’´
etape de m´
elangeage [20].
– Le refroidissement `
a l’air ambiant est normalement pr´
econis´
e pour les ´
echantillons
utili-s´
es dans le cadre de tests de qualification ou de d´
eveloppement [27]. Il est g´
en´
eralement
effectu´
e en laissant refroidir les pi`
eces ou ´
echantillons sur une surface en m´
etal dont le
coefficient de conductivit´
e thermique ´
elev´
e permet d’´
evacuer rapidement la chaleur.
– Dans le cas de requis de production rapide de pi`
eces, ces derni`
eres sont directement
plac´
ees dans leurs boˆıtes de livraison apr`
es moulage. Cela pose des incertitudes sur les
conditions de refroidissement r´
eellement subies et leurs cons´
equences sachant que la
temp´
erature de refroidissement a un effet sur les propri´
et´
es m´
ecaniques des pi`
eces [32].
2.4
M´
ethodes de caract´
erisation des ´
elastom`
eres
Rh´
eologie
De nombreux tests existent pour caract´
eriser le m´
elange d’´
elastom`
ere, mais aussi la pi`
ece
vulcanis´
ee [7]. Le test de rh´
eologie est le tout premier test effectu´
e sur un nouveau m´
elange
[11] car il permet de valider rapidement si oui ou non le m´
elange pr´
esente les propri´
et´
es
re-cherch´
ees ainsi qu’une vulcanisation ad´
equate avec les param`
etres de cuisson choisis.
Ce test est r´
ealis´
e `
a partir d’un petit ´
echantillon de m´
elange cru (environ 4.5cm
3) plac´
e dans
une cavit´
e entre deux matrices, l’une ´
etant mobile, capable d’osciller `
a une fr´
equence et une
amplitude (angle de d´
eformation) souhait´
ees (Cf. Figure 2.10). Pendant tout le test, la cavit´
e
est maintenue `
a une temp´
erature de vulcanisation pr´
ed´
efinie (avec une variation autoris´
ee de
±3
◦C). La d´
eformation cyclique en torsion engendre un couple qui lui d´
epend des propri´
et´
es
visco´
elastiques de l’´
echantillon. Le module de cisaillement du mat´
eriau est alors directement
d´
eduit du couple mesur´
e `
a partir de la g´
eom´
etrie de la cavit´
e ainsi que de l’amplitude de la
d´
eformation appliqu´
ee.
Figure 2.10 Sch´
ema de la cavit´
e d’un rh´
eom`
etre `
a matrices biconiques
0 2 4 6 8 10 12 14 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 M o d u l e d e ci sa i l l e m e n t ( kP a ) Temps (min) Module élastique Module de perte