MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITÉ FERHAT ABBAS-SETIF
INSTITUT D’ARCHITECTURE ET DES SCIENCES DE LA TERRE DÉPARTEMENT D’ARCHITECTURE
THÈSE
Présentée pour l’obtention du diplôme de DOCTORAT EN SCIENCES Option
Architecture
Thème
Contribution à une approche sensitive de la ville :
LES RÉFÉRENTS SPATIAUX PERCEPTIFS MNÉMONIQUES
Présentée par
MADANI BOUSNINA MONIA
Membres du Jury :
Pr. Belkacem LABI Président Pr. Université de Constantine Pr. Hamza ZEGHLACHE Encadreur Pr. Université de Sétif
Dr. Siham BESTANDJI Examinateur M.C.A Université de Constantine Dr. Saïd MADANI Examinateur M.C.A Université de Sétif Dr. Saïd BELGUIDOUM Examinateur M.C Université d’Aix
A la mémoire de mon très cher et regretté frère Samy Tu es parti si tôt……..
À mon très cher mari Abdelhamid, Moumi, pour son aide précieuse et sa
présence à mes côtés.
À mes chers enfants, Daoud, Houd et Noha, que ce travail soit pour eux
un exemple de persévérance.
À mon cher frère Itany, sa femme Sarrah, et ma magnifique nièce Fatima
Zohra; je vous remercie du fond du cœur pour votre soutien et votre
dévouement à toute épreuve.
À mon cher et adoré père, modèle de labeur, de réussite et de perfection. Je te suis redevable de tout ce que je suis aujourd’hui, je sais que cette
thèse représente pour toi l’ultime pierre à l’édifice. J’espère avoir été à
la hauteur de tes espérances et avoir fait ta fierté.
À ma tendre et adorée mère, «la meilleure des mamans », ta vie n’est qu’amour et bienveillance à mon égard….Merci.
Que Dieu vous garde et vous protège, je vous dédie cette thèse avec tout
REMERCIEMENTS :
Cette thèse est le fruit d’un travail de recherche de nombreuses années. En préambule, j’adresse mes remerciements à l’ensemble des personnes qui m’a aidé à son élaboration ainsi qu’aux membres du jury.
En commençant par remercier tout d’abord, le Professeur Hamza Zeghlache, directeur de recherche de ce mémoire, pour son aide, sa grande disponibilité, et ses encouragements. Vous m’avez guidé vers la lumière du savoir….. Je salue votre
sens du devoir.
Je tiens à remercier particulièrement le Professeur Djaafar Benachour pour son soutien et ses encouragements.
Mes remerciements vont aussi au Professeur Abdelmalek Arrouf qui a contribué à la préparation de cette thèse.
Je tiens à rendre hommage aux enseignants du Département d’Architecture de l’Université Ferhat Abbés de Sétif qui ont contribué à ma formation, notamment Mr Abdallah Khemal (paix à son âme)et Mr Saîd Chouadra.
Je cite aussi mes collègues enseignants du département d’Architecture ainsi que les membres du Laboratoire d’Architecture Méditerranéenne (L.A.M) et tout particulièrement mes amis et frères, Oussama Kharchi, Saîd Chouadra et Nadir Ali khodja.
I
SOMMAIRE
LISTE DES FIGURES………. X
LISTE DES PHOTOS……….. XIV
LISTE DES TABLEAUX………. XV
LISTE DES GRAPHES………... XVIII
CHAPITRE I : INTRODUCTION GÉNÉRALE……….. 1
I.1.Introduction générale………. 1
I.2.Projet de connaissance………... 5
I.3.Hypothèses et objectifs………. 7
I.4.Inscription épistémologique……….. 9
I.5.Introduction à la méthode……….. 10
CHAPITRES II : INSCRIPTIONS PARADIGMATIQUES………... 13
Introduction du chapitre……….. 13
II.1.LA VILLE OBJET DES REPRÉSENTATIONS………... 13
II.1.1.LA VILLE DANS SA DIMENSION SOCIALE, COGNITIVE ET HISTORIQUE….. 14
II.1.1.1. Prise en compte de la dimension sociale de la ville : la ville, espace socialement marqué……… 14 II.1.1.2. Prise en compte de la dimension cognitive de la ville : la ville, espace de représentation cognitive……….. 15 II.1.1.3. Prise en compte de la dimension historique de la ville ……… 15
II.1.1.3.1. L’inscription temporelle de la ville ………... 15
II.1.1.3.2. La dimension de la mémoire………. 16
II.1.2. LA VILLE DANS SA DIMENSION SÉMANTIQUE ET SYMBOLIQUE…………. 16
II
II.1.2.1.1.La structure du lieu : caractéristiques du lieu………. 18
II.1.2.1.1.1.Le « génius-loci »………. 18
II.1.2.1.1.2.Le lieu support d’orientation, d’identification et de mémoire………. 19
II.1.2.2.Les lieux dans la ville : la typologie du lieu……….. 20
II.1.2.2.1.Le concept de haut-lieu………. 20
II.1.2.2.1.1. Les lieux de mémoire, lieux exemplaires et lieux du cœur………. 21
II.1.2.2.1.1.1. Les « lieux de mémoire »……… 21
II.1.2.2.1.1.2. Les « lieux exemplaires »……… 22
II.1.2.2.1.1.3. Les « lieux du cœur » ………. 22
II.1.2.2.1.1.4.Comparaison des trois lieux………. 23
II.1.2.2.1.2.Lieux s’apparentant aux « hauts-lieux » : « symboles spatiaux », « espaces-symboles » et « géoespaces-symboles » 23 II.1.2.2.1.2.1. « Les symboles spatiaux »………... 23
II.1.2.2.1.2.2.L’espace-symbole………. 24
II.1.2.2.1.2.3.Le concept du « Géosymbole »………. 25
II.1.2.2.2.Synthèse et définition du « haut-lieu »……… 25
II.1.2.2.3.Définition du concept « réfèrent spatial perceptif mnémonique » ……… 29
II.2.LES REPRÉSENTATIONS………. 30
II.2.1. Approche philosophique de la représentation d’après Morin (1986)………. 30
II.2.2. Définition du concept de représentation………. 31
II.2.2.1. Les représentations en psychologie cognitive et environnementale……… 31
II.2.2.2.Les représentations sociales de l’espace……… 32
II.2.2.3.Les représentations spatiales en géographie………. 34
III
II.2.2.3.2.Nouvelle approche du concept des représentations en géographie ……… 36
II.3.L’IMAGE MENTALE ou LE PROCESSUS DE CONSTRUCTION DE LA REPRÉSENTATION MENTALE DE L’ESPACE 37 II.3.1.Définitions de l’« image mentale » ……….. 39
II.3.2.Fonctions de l’image mentale……….. 41
II.3.2.1.L’ « image mentale » comme stratégies de mémorisation des informations spatiales 41 II.3.2.2.Le « wayfinding »……….. 42
II.3.3.Confusion terminologique entre le processus et le produit de la représentation……… 43
II.4.LA CARTE COGNITIVE COMME PROCESSUS D’EXTÉRIORISATION DE LA REPRÉSENTATION MENTALE DE L’ESPACE 44 II.4.1.Choix de la carte cognitive………... 45
II.4.2.Intérêt de l’outil………... 45
II.4.3.Domaines d’utilisation de la carte cognitive……… 46
II.4.4.Conditions matérielles de réalisation……… 47
II.4.5.Formes de la carte cognitive……… 48
Conclusion du chapitre……….. 50
CHAPITRE III : MÉTHODOLOGIE D’ANALYSE………... 59
Introduction du chapitre………. 59
Première partie III.1. COLLECTE DES DONNÉES………... 60
Description des outils d’analyse III.1.1.LA CARTE COGNITIVE……….. 60 III.1.1.1.LA CARTE COGNITIVE : UN OUTIL POUR ÉTUDIER LA DIMENSION
MORPHOLOGIQUE DE LA VILLE
IV
III.1.1.1.1. LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DE LA CARTE COGNITIVE………... 60
III.1.1.1.1.1.D’après les travaux de K. Lynch (1960)………. 60
III.1.1.1.1.2.D’après les travaux de Garling et al. (1984)………... 61
III.1.1.1.2.LES STRUCTURES DE LA CARTE COGNITIVE……… 63
III.1.1.1.2.1.La structure de la carte cognitive selon Shemyakin (1962)……… 63
III.1.1.1.2.2.La structure de la carte cognitive selon Ladd (1970)………. 63
III.1.1.1.2.3.La structure de la carte cognitive selon Appleyard (1970)………. 63
III.1.1.1.2.4.La structure de la carte cognitive selon Pailhous (1970)………... 64
III.1.1.1.2.5.La structure de la carte cognitive selon Siegel et White (1975)………. 64
III.1.1.1.2.6.La structure de la carte cognitive selon Pick et Lockman (1981)……….. 64
III.1.1.1.2.7.La structure de la carte cognitive selon Ramadier (2002)……….. 65
III.1.1.1.3.FORMES DE LA CARTE COGNITIVE………. 65
III.1.1.1.4.PROPRIETES DE LA CARTE COGNITIVE………. 66
III.1.1.2.LA CARTE COGNITIVE : UN OUTIL POUR ÉTUDIER LA VILLE SOUS SES DIMENSIONS SOCIO-HISTORIQUES ET AFFECTIVES 66 III.1.2.L’INTERVIEW (le questionnaire)……….. 68
III.1.2.1.L'INTERROGATION (l’interview)………. 68
III.1.2.2. CARACTÉRISTIQUES DE L’INTERVIEW……… 68
III.1.2.3. APPRÉCIATION DES RÉPONSES VERBALES……… 69
III.1.2.3.1.Les questions ouvertes………. 69
III.1.2.3.2.Les questions fermées……….. 69
Deuxième partie : III.2. TRAITEMENT DES DONNÉES……….. 70
V
III.2.1.LA CARTE COGNITIVE, UN OUTIL POUR ÉTUDIER LA DIMENSION MORPHOLOGIQUE DE LA VILLE
70
III.2.1.1.Synthèse de lecture morphologique de la carte cognitive ……… 70
III.2.1.1.1.les points de repère (Gale et al. 1990)………. 70
III.2.1.1.2.les itinéraires………. 70
III.2.1.2.Exemple d’utilisation de la carte cognitive comme outil pour étudier la dimension morphologique de la ville : l’« image de la cité » par K. LYNCH (1960) 71 III.2.2.LA CARTE COGNITIVE, UN OUTIL POUR ÉTUDIER LA VILLE SOUS SES DIMENSIONS SOCIO-HISTORIQUES ET AFFECTIVES 72 III.2.2.1.Exemple d’utilisation de la carte cognitive comme outil pour étudier la ville sous ses dimensions socio-historiques et affectives 72 III.3.ANALYSE DE CONTENU DES CARTES COGNITIVES ET DES QUESTIONNAIRES 73 III.3.1.PREMIÈRE PARTIE : DESCRIPTION DE L’ANALYSE DE CONTENU…………. 73
III.3.1.1.Définition……….. 73
III.3.1.2.Nature et fonctions……… 73
III.3.2.DEUXIÈME PARTIE : MÉTHODOLOGIE……….. 74
III.3.2.1.Premier volet : la pré-analyse………... 74
III.3.2.2.Deuxième volet : exploitation des documents………. 75
III.3.2.2.1.Première étape : tamisage……….. 75
III.3.2.2.2.Deuxième étape : mise en relations………... 76
III.3.2.3.Troisième volet : conclusions………... 77
Conclusion du chapitre : Le protocole d’analyse………... 77
VI
Introduction du chapitre IV……… 82
IV.1. PRÉSENTATION DE L’AIRE D’ÉTUDE……….. 82
IV.1.1.Approche historique de la ville de Sétif……….. 82
IV.2. COLLECTE DES DONNÉES……… 98
IV.2.1.Présentation du corpus……… 98
IV.2.1.1.Règles de composition du corpus……… 98
IV.2.2.Échantillonnage et déroulement des entretiens……….. 98
Questionnaire 1 / Carte cognitive IV.2.2.1. Sélection des participants………... 98
Questionnaire 2 IV.2.2.2.Déroulement des entretiens………. 100
IV.2.3.Protocole d’entrevue………..……… 101
IV.2.3.1.Présentation du protocole d’entrevue………. 102
IV.2.3.2.Présentation du questionnaire (2)……… 104
IV.2.4.Présentation des cartes cognitives……….. 106
Conclusion du chapitre……….. 126
CHAPITRE V : ANALYSE DES DONNÉES……… 128
Introduction du chapitre………. 128
V.1.ETUDE DU SENS DE LA REPRÉSENTATION DE LA VILLE……… 131
V.1.1.LA FRAGMENTATION………... 131
V.1.1.1.ANALYSE DE CONTENU DES CARTES COGNITIVES ET DES INTERVIEWS 131 V.1.1.2.L’ANALYSE DE CONTENU DESCRIPTIVE……… 133
V.1.1.2.1. RECENSEMENT DES TRAITS DU CORPUS………. 133
VII
V.1.1.2.2.1.Interprétation des résultats………... 137
V.1.1.2.3. CLASSIFICATION THÉMATIQUE……… 138
V.1.1.2.3.1.Constitution des catégories du corpus: étude des éléments perçus ou représentés 139 V.1.1.2.3.2.Nombre de fragments urbains par catégorie……….. 143
V.1.1.2.3.3.Classement des catégories (thèmes) citées ou représentées graphiquement dans les deux modes de représentation 143 V.1.1.2.3.4.Interprétation des résultats………. 144
V.1.2. LES RÉFÉRENTS SPATIAUX PERCEPTIFS MNÉMONIQUES……… 146
V.1.2.1.Le « haut-lieu » comme « réfèrent spatial perceptif mnémonique » : (rappel de définition) 146 V.1.2.2. Définition du concept « réfèrent spatial perceptif mnémonique » ………. 147
V.1.2.3.ANALYSE………. 148
V.1.2.3.1.Le questionnaire………. 149
V.1.2.4. TRAITEMENT DES DONNÉES……… 151
V.1.2.4.1.Proximité des référents spatiaux perceptifs mnémoniques par rapport au centre-ville 151 V.1.2.4.2.Ancienneté du lieu………. 154
V.1.2.4.3.Qualité du lieu……… 155
V.1.2.4.4. Pratiques, fréquence et type d’usagers des référents spatiaux……… 156
V.1.3. LE MODE DE PERCEPTION DE LA VILLE :LES ASSOCIATIONS PERCEPTIVES 161 V.1.3.1. ÉTUDE DES TYPES DE STRUCTURES D’ASSOCIATIONS PERCEPTIVES 161
V.1.3.1.1.ETUDE DES TYPES DE STRUCTURES D’ASSOCIATIONS PERCEPTIVES CITES LORS DES INTERVIEWS 162
VIII
V.1.3.1.1.2.Structure d’association perceptive type 2 (T2)………... 163
V.1.3.1.1.3.Structure d’association perceptive type 3 (T3)………... 167
V.1.3.1.1.4.Structure d’association perceptive type 4 (T4)………... 168
V.1.3.1.1.5.Structure d’association perceptive type 5 (T5)………... 169
V.1.3.1.1.6.Structure d’association perceptive type 6 (T6)……… 171
V.1.3.1.1.7.Structure d’association perceptive type 7 (T7)………... 173
V.1.3.1.1.8.Structure d’association perceptive type 8 (T8)……… 175
V.1.3.1.1.9.Structure d’association perceptive type 9 (T9)………... 180
V.1.3.1.1.10.Structure d’association perceptive type 10 (T10) ………. 181
V.1.3.1.1.11.Structure d’association perceptive type 11 (T11)………. 183
V.1.3.1.1.12.Structure d’association perceptive type 12 (T12)……….. 186
V.1.3.1.1.13.Interprétation des données……… 189
V.1.3.1.2. ÉTUDE DES TYPES DE STRUCTURES D’ASSOCIATIONS PERCEPTIVES REPRÉSENTES GRAPHIQUEMENT DANS LES CARTES COGNITIVES 191 V.1.3.1.2.1.Structure d’association perceptive type 1’ (T1’)………. 191
V.1.3.1.2.2.Structure d’association perceptive type 2’ (T2’)……… 192
V.1.3.1.2.3.Structure d’association perceptive type 3’ (T3’)………. 194
V.1.3.1.2.4.Structure d’association perceptive type 4’ (T4’)……… 197
V.1.3.1.2.5.Structure d’association perceptive type 5’ (T5’)……… 199
V.1.3.1.2.6.Structure d’association perceptive type 6’ (T6’)……… 202
V.1.3.1.2.7.Structure d’association perceptive type 7’ (T7’)……… 205
V.1.3.1.2.8.Interprétation des données………. 212
V.2.ETUDE DE LA FORME DE LA REPRÉSENTATION : LES STRUCTURES MORPHIQUES 215
IX
V.2.1.CLASSIFICATION DE L’INFORMATION PRÉSENTE DANS LES CARTES COGNITIVES
215
V.2.1.1.Lecture des éléments constitutifs de la représentation spatiale (carte cognitive)……. 215
V.2.1.2.Lecture des relations spatiales de la représentation……….. 216
V.2.2.ANALYSE DES CARTES COGNITIVES : émergence d’une typologie de structures morphiques 217 TYPOLOGIE DES STRUCTURES MORPHIQUES V.2.2.1.LES CARTES SÉQUENTIELLES………... 219
V.2.2.1.1.Structure sous forme d’itinéraires (S1)……….. 220
V.2.2.1.2.Structure sous forme d’axialité (S2)……….. 232
V.2.2.1.3.Structure sous forme de croisement (S3)……… 242
V.2.2.1.4.Structure sous forme de croisement double (S4)………... 258
V.2.2.1.5.Structure sous forme de centralité + axialité (S5)……….. 266
V.2.2.1.6.Structure sous forme de plan (S6)……….. 274
V.2.2.2.LES CARTES SPATIALES……….. 283
V.2.2.2.1.Structure sous forme de centralité topologique (S7)………. 284
V.2.2.2.2.Structure sous forme de tâche (la ville est limitée) (S8)……… 291
V.2.2.2.3.Structure sous forme de fragment (S9)……….. 303
V.2.2.3.Synthèse des structures morphiques………. 314
Conclusion du chapitre……….. 316
CONCLUSION GÉNÉRALE……….. 319
BIBLIOGRAPHIE………... 324
X
Fig.II.1 Carte mentale individuelle sous forme de dessin……….. 48
Fig.II.2 Cartes mentales agrégées sous formes de configuration spatiale…………. reconstituée sous forme de lignes de fréquence 49 Fig.IV.1 État des lieux de la ville avant l’arrivée des militaires français……… 83
Fig.IV.2 Impact des éléments préexistants dans l’orientation de la trame urbaine…. 84 Fig.IV.3 État des lieux de la ville en 1842……….. 85
Fig.IV.4 Ville civile 1848……… 86
Fig.IV.5 Plan de la ville intra-muros 1859……….. 86
Fig.IV.6 Plan de la ville intra-muros 1859……….. 89
Fig.IV.7 Plan de la ville de Sétif 1903……… 90
Fig.IV.8 Tissu urbain et perspective de développement de la ville de Sétif (2007)… 97 Fig.IV.9 Carte cognitive n°30………. 106
Fig.IV.10 Carte cognitive n°75………. 107
Fig.IV.11 Carte cognitive n°100………... 108
Fig.IV.12 Carte cognitive n°17………. 109
Fig.IV.13 Carte cognitive n°03………. 110
Fig.IV.14 Carte cognitive n°27………. 111
Fig.IV.15 Carte cognitive n°22………. 112
Fig.IV.16 Carte cognitive n°25………. 113
Fig.IV.17 Carte cognitive n°09………. 114
Fig.IV.18 Carte cognitive n°74………. 115
Fig.IV.19 Carte cognitive n°23………. 116
Fig.IV.20 Carte cognitive n°98………. 117
Fig.IV.21 Carte cognitive n°38………. 118
Fig.IV.22 Carte cognitive n°03………. 119
Fig.IV.23 Carte cognitive n°81………. 120
Fig.IV.24 Carte cognitive n°01………. 121
Fig.IV.25 Carte cognitive n°101………... 122
Fig.IV.26 Carte cognitive n°48………. 123
Fig.IV.27 Carte cognitive n°59………. 124
Fig.IV.28 Carte cognitive n°91………. 125
Fig.IV.29 Carte cognitive n°16………. 126
Fig.V.1 Localisation des référents spatiaux perceptifs mnémoniques sur le plan de la ville de Sétif
XI
Fig.V.2 Plan de la représentation cognitive de la ville de Sétif chez les usagers… 160
Fig.V.3 Carte cognitive n°01/ structure figurant un parcours………... 221
Fig.V.4 Carte cognitive n°03/ structure figurant un parcours………... 221
Fig.V.5 Carte cognitive n°04/ structure figurant un parcours………... 222
Fig.V.6 Carte cognitive n°31/ structure figurant un parcours………... 222
Fig.V.7 Carte cognitive n°32/ structure figurant un parcours………... 223
Fig.V.8 Carte cognitive n°33/ structure figurant un parcours………... 223
Fig.V.9 Carte cognitive n°34/ structure figurant un parcours………... 224
Fig.V.10 Carte cognitive n°48/ structure figurant un parcours………... 224
Fig.V.11 Carte cognitive n°76/ structure figurant un parcours………... 225
Fig.V.12 Carte cognitive n°79/ structure figurant un parcours………... 225
Fig.V.13 Carte cognitive n°81/ structure figurant un parcours………... 226
Fig.V.14 Carte cognitive n°82/ structure figurant un parcours………... 226
Fig.V.15 Carte cognitive n°96/ structure figurant un parcours………... 227
Fig.V.16 Carte cognitive n°102/ structure figurant un parcours………. 227
Fig.V.17 Carte cognitive n°24/ structure figurant une axialité……… 233
Fig.V.18 Carte cognitive n°25/ structure figurant une axialité……… 233
Fig.V.19 Carte cognitive n°42/ structure figurant une axialité……… 234
Fig.V.20 Carte cognitive n°61/ structure figurant une axialité……… 234
Fig.V.21 Carte cognitive n°64/ structure figurant une axialité……… 235
Fig.V.22 Carte cognitive n°80/ structure figurant une axialité……… 235
Fig.V.23 Carte cognitive n°83/ structure figurant une axialité……… 236
Fig.V.24 Carte cognitive n°90/ structure figurant une axialité……… 236
Fig.V.25 Carte cognitive n°94/ structure figurant une axialité……… 237
Fig.V.26 Carte cognitive n°101/ structure figurant une axialité……….. 237
Fig.V.27 Carte cognitive n°02/ structure figurant un croisement + une centralité….. 243
Fig.V.28 Carte cognitive n°11/ structure figurant un croisement + une centralité….. 243
Fig.V.29 Carte cognitive n°12/ structure figurant un croisement + une centralité….. 244
Fig.V.30 Carte cognitive n°13/ structure figurant un croisement + une centralité….. 244
Fig.V.31 Carte cognitive n°19/ structure figurant un croisement + une centralité….. 245
Fig.V.32 Carte cognitive n°21/ structure figurant un croisement + une centralité….. 245
Fig.V.33 Carte cognitive n°28/ structure figurant un croisement + une centralité….. 246
Fig.V.34 Carte cognitive n°55/ structure figurant un croisement + une centralité….. 246
Fig.V.35 Carte cognitive n°58/ structure figurant un croisement + une centralité….. 247
XII
Fig.V.39 Carte cognitive n°70/ structure figurant un croisement + une centralité….. 249
Fig.V.40 Carte cognitive n°72/ structure figurant un croisement + une centralité….. 249
Fig.V.41 Carte cognitive n°74/ structure figurant un croisement + une centralité….. 250
Fig.V.42 Carte cognitive n°85/ structure figurant un croisement + une centralité….. 250
Fig.V.43 Carte cognitive n°87/ structure figurant un croisement + une centralité….. 251
Fig.V.44 Carte cognitive n°89/ structure figurant un croisement + une centralité….. 251
Fig.V.45 Carte cognitive n°95/ structure figurant un croisement + une centralité….. 252
Fig.V.46 Carte cognitive n°97/ structure figurant un croisement + une centralité….. 252
Fig.V.47 Carte cognitive n°09/ structure figurant un croisement double……… 259
Fig.V.48 Carte cognitive n°22/ structure figurant un croisement double……… 259
Fig.V.49 Carte cognitive n°36/ structure figurant un croisement double……… 260
Fig.V.50 Carte cognitive n°43/ structure figurant un croisement double……… 260
Fig.V.51 Carte cognitive n°51/ structure figurant un croisement double……… 261
Fig.V.52 Carte cognitive n°67/ structure figurant un croisement double……… 261
Fig.V.53 Carte cognitive n°71/ structure figurant un croisement double……… 262
Fig.V.54 Carte cognitive n°73/ structure figurant un croisement double……… 262
Fig.V.55 Carte cognitive n°10/ structure figurant centralité + axialité………... 267
Fig.V.56 Carte cognitive n°26/ structure figurant centralité + axialité………... 267
Fig.V.57 Carte cognitive n°35/ structure figurant centralité + axialité………... 268
Fig.V.58 Carte cognitive n°41/ structure figurant centralité + axialité………... 268
Fig.V.59 Carte cognitive n°84/ structure figurant centralité + axialité………... 269
Fig.V.60 Carte cognitive n°92/ structure figurant centralité + axialité………... 269
Fig.V.61 Carte cognitive n°98/ structure figurant centralité + axialité………... 270
Fig.V.62 Carte cognitive n°05/ structure sous forme de plan………. 275
Fig.V.63 Carte cognitive n°08/ structure sous forme de plan………. 275
Fig.V.64 Carte cognitive n°17/ structure sous forme de plan………. 276
Fig.V.65 Carte cognitive n°45/ structure sous forme de plan………. 276
Fig.V.66 Carte cognitive n°50/ structure sous forme de plan………. 277
Fig.V.67 Carte cognitive n°57/ structure sous forme de plan………. 277
Fig.V.68 Carte cognitive n°77/ structure sous forme de plan………. 278
Fig.V.69 Carte cognitive n°86/ structure sous forme de plan………. 278
Fig.V.70 Carte cognitive n°99/ structure sous forme de plan………. 279
Fig.V.71 Carte cognitive n°100/ structure sous forme de plan………... 279
XIII
Fig.V.75 Carte cognitive n°69/ structure figurant une centralité topologique……… 286
Fig.V.76 Carte cognitive n°91/ structure figurant une centralité topologique……… 287
Fig.V.77 Carte cognitive n°06/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 292 Fig.V.78 Carte cognitive n°14/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 292 Fig.V.79 Carte cognitive n°15/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 293 Fig.V.80 Carte cognitive n°18/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 293 Fig.V.81 Carte cognitive n°23/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 294 Fig.V.82 Carte cognitive n°27/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 294 Fig.V.83 Carte cognitive n°29/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 295 Fig.V.84 Carte cognitive n°30/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 295 Fig.V.85 Carte cognitive n°39/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 296 Fig.V.86 Carte cognitive n°40/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 296 Fig.V.87 Carte cognitive n°49/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 297 Fig.V.88 Carte cognitive n°52/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 297 Fig.V.89 Carte cognitive n°53/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 298 Fig.V.90 Carte cognitive n°65/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 298 Fig.V.91 Carte cognitive n°93/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée)… 299 Fig.V.92 Carte cognitive n°103/ structure sous forme de tâche (la ville est limitée).. 299
Fig.V.93 Carte cognitive n°07/ structure sous forme de fragments……… 304
Fig.V.94 Carte cognitive n°16/ structure sous forme de fragments……… 304
Fig.V.95 Carte cognitive n°20/ structure sous forme de fragments……… 305
Fig.V.96 Carte cognitive n°37/ structure sous forme de fragments……… 305
Fig.V.97 Carte cognitive n°44/ structure sous forme de fragments……… 306
Fig.V.98 Carte cognitive n°46/ structure sous forme de fragments……… 306
Fig.V.99 Carte cognitive n°47/ structure sous forme de fragments……… 307
Fig.V.100 Carte cognitive n°60/ structure sous forme de fragments……… 307
Fig.V.101 Carte cognitive n°62/ structure sous forme de fragments……… 308
Fig.V.102 Carte cognitive n°63/ structure sous forme de fragments……… 308
Fig.V.103 Carte cognitive n°75/ structure sous forme de fragments……… 309
Fig.V.104 Carte cognitive n°78/ structure sous forme de fragments……… 309
XIV
Photo.IV.1 Rue de Constantine 1843………... 92
Photo.IV.2 Le théâtre………... 92
Photo.IV.3 Collège colonial Albertini (actuel lycée Kérouani)……….. 93
Photo.IV.4 Recette des postes………. 93
Photo.IV.5 Hôpital civil………... 93
Photo.IV.6 La place nationale (actuelle place de la fontaine aïn el fouara)…… 94
Photo.IV.7 Église Sainte Monique(future mosquée Ben Badis)………. 94
Photo.IV.8 Le palais de justice (actuel musée des Moudjahidines)……… 94
Photo.IV.9 Mosquée el Attik 1845……….. 95
Photo.IV.10 Ruines romaines du jardin d’Orléans (actuel jardin Émir Abd el kader) 95 Photo.IV.11 La porte de Constantine………. 96
Photo.IV.12 La porte de Biskra………. 96
Photo.IV.13 La porte de Bougie……… 96
Photo.IV.14 La porte d’Alger……… 96
XV
Tab IV.1 L’échantillon des personnes interviewées pour la carte cognitive et le
questionnaire 1
99
Tab.IV.2 Présentation du protocole d’entrevue 101
Tab.V.1 Les fragments urbains cités en interview et en carte cognitive 331
Tab.V.2 Nombre de citations des fragments urbains dans les interviews et cartes cognitives
135
Tab.V.3 Classification thématique globale des traits du corpus: classification des
fragments perçus en catégorie
343
Tab.V.4 Classement nominatif des fragments des interviews par catégorie 141
Tab.V.5 Classement nominatif des fragments des cartes cognitives par catégorie 142
Tab.V.6 Nombre de fragments cités ou représentés graphiquement par catégorie 143
Tab.V.7 Les structures d’associations perceptives type 1 (T1) issues de l’interview 162
Tab.V.8 Les structures d’associations perceptives type 2 (T2) issues de l’interview 163
Tab.V.9 Les structures d’associations perceptives type 3 (T3) issues de l’interview 167
Tab.V.10 Les structures d’associations perceptives type 4 (T4) issues de l’interview 168
Tab.V.11 Les structures d’associations perceptives type 5 (T5) issues de l’interview 169
Tab.V.12 Les structures d’associations perceptives type 6 (T6) issues de l’interview 171
Tab.V.13 Les structures d’associations perceptives type 7 (T7) issues de l’interview 173
Tab.V.14 Les structures d’associations perceptives type 8 (T8) issues de l’interview 175
Tab.V.15 Les structures d’associations perceptives type 9 (T9) issues de l’interview 180
Tab.V.16 Les structures d’associations perceptives type 10 (T10) issues de
l’interview
181
Tab.V.17
Les structures d’associations perceptives type 11 (T11) issues de l’interview
183
Tab.V.18
Les structures d’associations perceptives type 12 (T12) issues de l’interview
186 .
Tab.V.19
Synthèse des types de structures d’associations perceptives citées lors des interviews
189
Tab.V.20
Répartition fréquentielle des différents types de structures d’associations perceptives cités lors des interviews
190
Tab.V.21
Les structures d’associations perceptives type 1’ (T1’) issues de la carte cognitive
191
Tab.V.22
Les structures d’associations perceptives type 2’ (T2’) issues de la carte cognitive
XVI
Tab.V.24
Les structures d’associations perceptives type 4’ (T4’) issues de la carte cognitive
197
Tab.V.25
Les structures d’associations perceptives type 5’ (T5’) issues de la carte cognitive
199
Tab.V.26
Les structures d’associations perceptives type 6’ (T6’) issues de la carte cognitive
202
Tab.V.27
Les structures d’associations perceptives type 7’ (T7’) issues de la carte cognitive
205
Tab.V.28
Synthèse des types de structures d’associations perceptives représentés graphiquement sur les cartes cognitives
212
Tab.V.29
Répartition fréquentielle des différents types de structures d’associations perceptives représentés graphiquement sur les cartes cognitives
213
Tab.V.30
Mode de représentation des éléments constitutifs de la représentation spatiale dans le type S1 (structure sous forme d’itinéraires)
228
Tab.V.31
Relations spatiales dans la structure morphique S1 (structure sous forme d’itinéraires)
229
Tab.V.32
Mise en valeur graphique des fragments urbains dans le type S1 (structure sous forme d’itinéraires)
231
Tab.V.33
Mode de représentation des éléments constitutifs de la représentation spatiale dans le type S2 (structure sous forme d’axialité)
238
Tab.V.34
Relations spatiales dans la structure morphique S2 (structure sous forme d’axialité)
239
Tab.V.35 Mise en valeur graphique des fragments urbains dans le type S2 241
Tab.V.36
Mode de représentation des éléments constitutifs de la représentation spatiale dans le type S3 (structure sous forme de croisement + centralité)
253
Tab.V.37
Relations spatiales dans la structure morphique S3 (structure figurant croisement + axialité)
255
Tab.V.38 Mode de représentation des éléments constitutifs de la représentation
spatiale dans le type S4 (structure sous forme de croisements doubles)
263
Tab.V.39
Relations spatiales dans la structure morphique S4 (structure figurant un double croisement)
264
XVII
Tab.V.42
Relations spatiales dans la structure morphique S5 (structure figurant centralité + axialité)
272
Tab.V.43 Mise en valeur graphique Type 5 273
Tab.V.44
Mode de représentation des éléments constitutifs de la représentation spatiale dans le type S6 (structure sous forme de plan)
280
Tab.V.45
Relations spatiales dans la structure morphique S6 (structure sous forme de plans)
281
Tab.V.46
Mode de représentation des éléments constitutifs de la représentation spatiale dans le type S7 (structure sous forme de centralité topologique)
288
Tab.V.47
Relations spatiales dans la structure morphique S7 (structure figurant une centralité topologique)
289
Tab.V.48 Mise en valeur graphique Type 7 290
Tab.V.49
Mode de représentation des éléments constitutifs de la représentation spatiale dans le type S8 (structure sous forme de tâche)
300
Tab.V.50
Relations spatiales dans la structure morphique S8 (structure sous forme de tâche)
302
Tab.V.51
Mode de représentation des éléments constitutifs de la représentation spatiale dans le type S9 (structure sous forme de fragments)
311
Tab.V.52 Relations spatiales dans la structure morphique S9 (structure sous forme de
fragments)
312
Tab.V.53 Mise en valeur graphique Type 9 313
Tab.V.54
Configuration morphologique de l’ensemble structures morphiques cognitives
XVIII
Graphe V.1 Histogramme des fragments urbains cités en interview 136
Graphe V.2 Histogramme des fragments urbains représentés
graphiquement dans les cartes cognitives
136
Graphe V.3 Histogramme des fragments urbains dans les deux modes de
représentation
136
Graphe V.4 Classement des catégories (thèmes) dans les deux modes de
représentation
143
Graphe V.5 Proximité réelle des référents spatiaux par rapport au
centre-ville
152
Graphe V.6 Proximité des référents spatiaux par rapport au centre-ville
selon la perception des interviewés
152
Graphe V.7 Ancienneté des référents spatiaux établie sur la base des données historiques de la ville
154
GrapheV.8 Ancienneté des référents spatiaux selon la perception des
interviewés
154
Graphe V.9 Qualités spatiales des référents spatiaux 155
Graphe V.10 Nature des pratiques et usages des référents spatiaux 156
Graphe V.11 Fréquentation des référents spatiaux 156
CHAPITRE I :
1
I.1.INTRODUCTION :
L’urbanisme n’est pas un champ de savoir unique, mais au contraire un vaste ensemble hétérogène de pratiques, de savoir-faire et de savoirs qui portent sur le même objet : la ville. « Les villes ne sont pas simplement des entités physiques. Elles sont aussi des lieux où les gens agissent, prennent des décisions et existent » (Golledge, 1976) 1. Il y a
par ailleurs la ville que certains auteurs qualifient de ville « objective » qui n’est autre que l’entité physique, soit la ville de référence, et la ville vécue par ses habitants, la ville « subjective ». À ce propos Denise Jodelet (2003) 2, sociologue, affirme que « la
relation homme –environnement se conçoit comme une transaction mentale. La ville matérielle et “objective” est alors exprimée sous forme d’une représentation à la fois espace vécu et perçu ». Il s’agit bien, dans ce contexte, d’appréhender le lien qui existe entre des habitants et les espaces dans lesquels ils s’inscrivent spatialement.
Nous nous situons, dès lors, dans une approche cognitiviste de la ville. C’est ce qui nous
a incités à chercher parmi les différents apports théoriques portant sur la ville, faisant explicitement référence à certains traits caractéristiques de l’approche cognitiviste des sciences sociales. Nous n’avons pas trouvé à proprement dit dans l’histoire de l’urbanisme des travaux se rapportant à ce que l’on pourrait appeler un courant cognitif. Néanmoins, au sein de travaux qui s’inscrivent dans ce champ émerge un auteur qui a tenté de constituer ce qui pourrait être qualifié d’« urbanisme cognitif », qui n’est autre que Kevin Lynch (1960) 3. Il a participé à développer un champ de connaissance et
d’investigation cognitive de la ville. Il a axé son travail sur la question de la représentation mentale et condensé sa réflexion dans son ouvrage The image of the city. La notion de carte mentale sera diffusée suite à cette célèbre étude ; à travers laquelle Lynch a examiné la qualité visuelle de la ville américaine à partir de la représentation mentale de ses habitants. Tout comme lui, nous nous intéressons particulièrement à « l’image » que les individus se construisent de leurs espaces de vie et le milieu dans lequel ils évoluent. C'est-à-dire à la façon dont ces espaces peuvent être pensés et représentés.
En référence aux lectures faites, dans le domaine de la psychologie cognitive, de nombreuses recherches ont été menées afin d’étudier la nature des représentations mentales impliquées dans les tâches spatiales (telles que la navigation). En d’autres termes, la conception que se font les gens de leur environnement contribue à ce que l’on
2
peut appeler l’expérience environnementale. Or, afin d’appréhender et de comprendre ces expériences spatiales de nombreuses méthodes ont été élaborées dans le cadre de la psychologie environnementale. Par conséquent, afin de savoir comment les usagers perçoivent et ressentent leur ville, nous avons eu recours à leur cognition spatiale de leur environnement.
D’après Moore et Golledge (1976), « La connaissance est la somme des concepts plus spécifiques et des sous-ensembles de sensation, perception, image, souvenir, raisonnement, solution d’un problème, jugement et évaluation (…) » 4. À cet effet, nous
cherchons à comprendre comment sont interprétées les informations spatiales et comment elles sont organisées dans la mémoire pour être réutilisées ultérieurement. À l’origine, l’étude des images cognitives de l’espace urbain avait pour objectif de mieux cerner la qualité des espaces urbains qui facilitent le déplacement des individus (K.Lynch, 1960). Leur investigation avait pour objectif de rechercher les formes urbaines qui facilitent l’organisation cohérente des éléments physiques qui composent l’espace de la ville.
Par ailleurs, l’intérêt de la connaissance pour les représentations cognitives de l’espace s’explique par le fait qu’elles sont d’importants révélateurs du rapport entre l’individu et le milieu. Puisque ces représentations se forment à partir de l’expérience individuelle d’une part et qu’elles dépendent, d’autre part, d’un système de valeurs étroitement associé à l’environnement en question et enfin, qu’elles dépendent aussi des caractéristiques physiques du milieu. La cognition spatiale peut être considérée comme un médiateur entre l’environnement spatial et l’individu (Ramadier, 2002) 5. Pour notre
part, nous tentons de révéler les mécanismes sous-jacents à cette médiation et nous nous en tenons à démontrer quelle est la représentation mentale que se fait l’individu de son environnement, dans l’intérêt d’élargir le domaine de la cognition spatiale en milieu urbain.
Suite à nos diverses prospections, il nous est apparu que certains termes relatifs à la représentation cognitive revenaient couramment tels que : « carte mentale », « carte cognitive », « image mentale »… etc. Nous avons remarqué que la carte mentale constituait une base solide de connaissances pour comprendre les significations que les utilisateurs attribuent aux lieux. On retiendra que le terme de carte mentale désigne « un processus cognitif par lequel les individus organisent et composent le monde qui les
3
entoure en codant, stockant, mémorisant et décodant les informations relatives aux caractéristiques d’un environnement. La carte cognitive est le produit de ce processus » (Félonneau, 1994) 6.
Elle nous renseigne « non pas sur l’espace tel qu’il est, mais sur la manière dont nous croyons qu’il est. » (Fischer, 1992) 7.
En ce qui concerne le contenu des représentations cognitives de l’espace à l’échelle de la ville, plus précisément, nous nous sommes référés aux travaux de Lynch, qui a défini une typologie des éléments constituants l’espace urbain : voie, nœud, quartier, limites, points de repère, Gärling (1984) 8 qui a distingué en plus des lieux, les relations
spatiales entre ceux-ci, Shemyakin (1962) 9, quant à lui, a souligné l’utilisation de route
maps et surveymaps et Ramadier (2002) qui a montré que selon le rapport à l’espace, la représentation spatiale de la ville figure soit une dichotomie entre le centre-ville et la périphérie, soit une structure polycentrique organisée autour des grands axes routiers. D’après les différents travaux, chaque individu a sa propre représentation de son environnement spatial, même si certaines représentations peuvent présenter des éléments communs entre elles. Dans ce processus cognitif, l’individu fait appel à divers mécanismes ou logiques. Dans sa vie quotidienne, les comportements spatiaux tels que la capacité à s’orienter, à s’identifier à des lieux et à diriger ses déplacements dans l’environnement spatial, impliquent le recours à des mécanismes cognitifs de base de la part de l’individu. Il fait appel à sa mémorisation des informations spatiales, lors de l’exploration de l’environnement. C’est cette représentation interne de son environnement spatial que nous allons tenter de mettre à jour.
À propos de la manière de se représenter l’espace, nous avons sollicité l’apport de nombreux auteurs. Nous nous contenterons de citer pour exemple Cauvin (1984)10 qui a
déterminé parmi les facteurs qui influencent et modifient les représentations cognitives : les facteurs liés au sujet (qui dépendent des caractéristiques familiales et individuelles, du contexte socio-économique, du contexte culturel et des spécificités personnelles du sujet), les facteurs liés à l’environnement ainsi que les facteurs liés à la manière dont on utilise l’espace.
4
Nous tenons à préciser que nous parlons de cognition et non pas de perception, en nous référant à Cauvin (1984b) 11 : « la perception suppose l’usage physique d’un des sens au
moins, en particulier celui de la vue, pour la perception spatiale ». Or, notre étude sur le milieu urbain s’intéresse à des lieux intégrés dans le mentale du sujet. Le terme cognition est donc plus approprié et plus adapté, puisqu’il s’agit de prendre en compte l’espace tel qu’il est vu par des sujets, mais aussi imaginé et construit avec l’adjonction de connaissances intériorisées (Cauvin, 1984).
5
I.2.PROJET DE CONNAISSANCE :
L’intérêt de cette étude est de montrer comment sont appréhendés le concept de « représentation » et la dialectique existante entre l’usager, l’espace et la représentation en elle-même. Au quotidien, l’individu se déplace, se meut dans des espaces, en fonction des motivations de chacun. Les caractéristiques de ces espaces « fonctionnels » sont modifiées, transformées, triées par des filtres comme le filtre culturel ou le filtre personnel. À travers ce processus, l’homme se crée un environnement qui répond à sa propre conception. Environnement construit des espaces cognitifs qui sont « intégrés » en lui sous la forme de ce que l’on nomme « une représentation cognitive de l’espace ». L’extériorisation et la matérialisation de cette représentation graphique sont appelées « configuration cognitive ».
La thèse s’attèle à démontrer l’existence de cette représentation cognitive de l’espace, de l’extérioriser et de la matérialiser. Notre questionnement, dans un premier temps, est de savoir comment s’élaborent ces représentations cognitives ? En d’autres termes, quels sont les processus mentaux mis en œuvre pour penser les représentations de la ville ? Cette approche nous permet de nous situer par rapport à diverses disciplines en premier lieu et en second lieu de présenter une ébauche de la méthodologie appliquée et des outils utilisés pour la mise en évidence du concept de « représentation spatiale ». Dans un second temps, notre préoccupation est de savoir si cette représentation de la ville est de type individuel ou groupé. D’après les travaux sondés, il s’est avéré que la perception individuelle engendrait des représentations collectives. À ce sujet, Lynch s’est intéressé aux « images collectives » que produit la ville, soit aux représentations mentales communes à une grande quantité d’habitants, qu’il a qualifiées de « zones d’accord que l’on peut s’attendre à voir apparaître sous l’interaction d’une même réalité physique, d’une culture commune et d’une nature physiologique identique » 12.
En outre, même si les individus ont leur propre cognition, ils peuvent partager des représentations identiques de certains éléments remarquables de leur environnement. En fait, nous estimons que « quoique la sélection de chaque individu et l’image qui en découle soient uniques, il existe un accord substantiel entre les individus qui ont des expériences et des caractéristiques similaires » (Golledge, 1976) 13. Ce qui soulève le
6
représentations se synthétise dans des formes catégorisées qui permettent de communiquer l’« image » de la ville ?
Dans un troisième temps, nous tentons à travers cette étude de déterminer quelles sont les modalités de perception mises en œuvre dans l’élaboration de la représentation spatiale. Tout en sachant que la représentation cognitive est constituée d’informations spatiales et d’informations propres aux caractéristiques individuelles et sociales ; qu’elle englobe les processus de perception, de cognitions et de croyances rattachées au milieu. Soulignons la différence entre la perception qui renvoie à une réalité présente dans l’action tandis que la représentation renvoie à une réalité absente et reconstruite à partir des caractéristiques à la fois individuelles, sociales et du milieu.
À travers l’étude des représentations cognitives de l’espace, le projet de recherche s’intéresse au contenu des représentations cognitives de l’espace, en référence aux travaux des précurseurs en la matière (Lynch et Gärling). Par la suite, nous allons tenter de définir les structures des représentations cognitives de l’espace en nous appuyant sur les études de Piaget (1947) 14, Shemyakin (1962) et Ramadier (2002).
Pour conclure par l’utilisation de la méthode de « la carte cognitive », sur la base de laquelle, nous appréhendons un processus cognitif classique selon lequel l’observateur sélectionne, organise et charge de sens ce qu’il perçoit de l’environnement. En d’autres termes, il s’agit de la reconstruction, la recomposition et la reproduction d’un réel spatial (dans le cas présent, la ville).
7
I.3. HYPOTHÈSES et OBJECTIFS :
Hypothèse principale :
Il existe, chez les usagers de la ville, des modes de représentation qui sont potentiellement connaissables, mesurables et compréhensibles.
HYPOTHESES :
1- Il existe une ou plusieurs logiques sous-jacentes à la représentation cognitive de la ville :
a-dans sa représentation mentale de la ville, l’usager fait appel à des mécanismes conscients et inconscients qui sont potentiellement connaissables ;
b- il est possible de déterminer quels sont les mécanismes auxquels fait appel l’usager dans sa représentation mentale de la ville ;
c- les représentations cognitives de l’espace de la ville sont constituées d’éléments qui sont reproduits chez de nombreux usagers ;
d-ces éléments communs sont des lieux privilégiés, des « hauts-lieux » que nous considérons comme des « référents spatiaux perceptifs mnémoniques » auxquels se réfère l’individu pour constituer son image mentale de la ville.
2-Il y a différents modes de représentation cognitive de la ville :
a- les mécanismes auxquels fait appel l’usager dans sa représentation mentale de la ville auraient certaines logiques qui peuvent figurer des structures de la représentation ; b- il est possible d’identifier ces différentes structures.
8
OBJECTIFS :
1-Définir les différents processus mentaux mis en œuvre pour construire les représentations de la ville.
2-Définir le contenu des représentations cognitives de l’espace de la ville.
3-Définir les « référents spatiaux perceptifs mnémoniques » qui constituent l’image mentale de la ville.
4-Mettre en évidence les différentes structures des représentations cognitives de l’espace de la ville.
5-Déterminer quels sont les mécanismes qui font que la multitude des représentations se synthétise dans des formes catégorisées qui permettent de communiquer l’« image » de la ville.
9
I.4.INSCRIPTION ÉPISTÉMOLOGIQUE :
L’objectif général de cette recherche est d’identifier les modalités de l’inscription spatiale des habitants dans la ville. Cet intérêt pour la cognition spatiale en milieu urbain concerne diverses disciplines. Urbanistes, géographes, sociologues et psychologues se sont intéressés à ce sujet. Cette thèse aborde plusieurs champs d’études de la ville : urbanistiques, géographiques, sociologiques et psychologiques. Elle montre par ailleurs que l’étude de l’homme dans ses rapports avec le milieu ne peut être l’attribut de telle ou telle discipline à part, mais se doit d’être effectuée dans le cadre d’une approche globale faisant largement appel aux divers courants qui se sont développés notamment au sein de la géographie et des sciences sociales.
Elle se situe donc dans le domaine de la connaissance. Celui de la manière de penser l’urbanisme au regard des sciences sociales. C’est dans cet esprit que le thème retenu, les « représentations spatiales de la ville » est appréhendé. À cet égard, l’élargissement de l’urbanisme, notamment vers l’approche géographique, le social ainsi que la psychologie cognitive s’est avéré nécessaire. Cette mutation engendrée par un transfert théorique, émanant en grande partie des sciences sociales, nous a permis d’appréhender la ville dans ses différentes dimensions.
Par conséquent, notre démarche cherche à illustrer les modalités et l’intérêt de l’utilisation du concept de « représentation » dans une réflexion et une démarche de recherche pluridisciplinaire. Cette notion de représentation constitue l’une des notions les plus polysémiques en sciences humaines et sociales. Néanmoins, selon les champs où elle est étudiée, on peut compter de nombreuses acceptions : représentations cognitives, collectives, sociales, spatiales… etc. Chacune renvoie à des courants théoriques différents, à l’étude de processus psychologiques spécifiques et donc à des paradigmes méthodologiques distincts.
Le projet de recherche a cerné cette notion de représentation dans différents champs disciplinaires tels que l’urbanisme, la géographie, la sociologie et la psychologie sociale et environnementale. À l’image d’auteurs tels que Piaget (1947), Lynch (1960), Schemyakin (1962), Appleyard(1970)15, Golledge (1976), Frémont (1976)16, Gärling
(1984), Kitchin (1994)17, Ramadier (2002), Jodelet (2003)… etc. Ce rapprochement
avec d’autres sciences humaines et sociales se traduit notamment par l’emprunt, à ces disciplines, de méthodes d’enquête, d’investigation et d’analyse.
10
I.5.INTRODUCTION A LA MÉTHODE
Le but de cette étude est tout d’abord de vérifier l’hypothèse principale selon laquelle le mode de représentation cognitive de la ville est potentiellement mesurable et compréhensible et de définir les processus mentaux mis en œuvre pour penser ces représentations. Mais pour cela, encore faut-il utiliser des techniques de collecte de l’information et d’analyse des données appropriées ; celles-ci peuvent être tirées des méthodes de collecte de données traditionnelles ou être plus innovantes. Parmi ces dernières, il en est une qui recèle un potentiel encore peu exploité en urbanisme et architecture : la carte cognitive. Très utilisée en psychologie et en géographie, la carte cognitive est un outil qui permet la rencontre entre la dimension mentale et la dimension matérielle des représentations.
Les sciences cognitives et la géographie ont développé, diffusé et élargi l’utilisation de cet outil. Les études ayant recours à une telle méthode sont en effet abondantes, notamment au sein de la géographie. Nombreuses sont par ailleurs les études provenant d’autres disciplines qui ont recours à un tel instrument soulignant ainsi la richesse d’informations que de telles cartes permettent d’appréhender. Cet outil d’investigation a été développé grâce aux travaux de psychologues et d’urbanistes tels que Kevin Lynch (1960), Gould et White (1984)18, Downs et Stea (1977)19,
Tuan (1977)20 et Appleyard (1970). Ces auteurs ont mené une série d’études,
demandant aux individus de dessiner un espace donné.
Le projet de recherche s’attardera plus précisément sur certaines approches telles que les travaux fondamentaux de Kevin Lynch sur l’image de la cité. Antoine Bailly (1992)21 sera, quant à lui, abordé dans sa définition de la perception de
l’environnement chez l’individu et l’appréhension de la notion d’espace urbain. Alors que Thierry Ramadier et Sandrine Depeau (2006)22 seront cités pour leurs
travaux sur l’étude de l’appropriation cognitive des lieux au cours du développement de l’individu.
11
Notes et références:
1-Golledge R.G.,Methods and methodological issues in environmental cognition research, pp. 300-314. In : Moore G.T., Golledge R.G., Environmental knowing. Dowden, Hutchinson & Ross Inc., 1976,435 p.
2-Jodelet D., Les représentations sociales, Editions PUF, 2003, pp 36-57.
3-Lynch K.,L´image de la cité. Editions Dunod, Coll. Aspects de l´Urbanisme,
1960-1976, 222 p.
4-Moore G.T.et Golledge R.G.(1976), Environmental knowing,op.cit, pp. 300-314.
5-Ramadier T., Centralité et banlieue depuis le quartier Duberger. In A. Fortin,
Editions C. Després & G. Vachon,La banlieue revisitée, 2002, pp. 213-232.
6-Félonneau M.L., Les étudiants et leurs territoires. La cartographie cognitive comme instrument de mesure de l'appropriation spatiale. In: Revue française de sociologie, 35-4,Monde étudiant et monde scolaire, 1994, pp. 533-559.
7-Fischer G.N., Psychologie sociale de l’environnement, Privat, Toulouse, 1992, p.84.
8-Gärling T., Böök A., Lindberg E.,Cognitive mapping of large scale environments,
Environment & Behavior, 16, 1,1984, pp. 3-34.
9-Shemyakin F.N.,General problems of orientation in space and space representations
In B. G. ANANYEV (Ed.), Psychological science in the USSR, Arlington, Va: US Office of Technical Reports, 1962, p.190.
10-Cauvin C., Espaces cognitifs et transformations cartographiques. Les conditions de la comparaison des espaces cognitifs : de la carte aux configurations. Exemple de l´espace urbain strasbourgeois. Thèse de doctorat d´État, Strasbourg, fascicule 1,1984, 303 p.
11-Cauvin C., La perception des distances en milieu intra urbain ; une première approche.,Editions du CDSH (CNRS), Synthèse et documentation, 1984 b, 284 p.
12
12-Lynch K.,L’image de la cité, Paris, Dunod,1976, p.8-9.
13-Golledge R.G., Methods and methodological issues in environmental cognition research, 1976, op.cit.
14-Piaget J. et Inhelder B., La représentation de l’espace chez l’enfant, Paris, PUF,
1947.
15-Appleyard D., « Styles and methods of structuring a city », Environment and
behavior, 2, 1, 1970, pp.100-117.
16-Frémont A., Recherches sur l’espace vécu, Paris, l’Espace géographique, 3, 1974,
pp. 231-238.
17-Kitchin R.M., Cognitive maps : what are they and why study them ? Journal of
Environmental Psychology. 14, 1-19, Academic Press Ltd, 1994.
18-Gould P. et White R., Cartes mentales, Fribourg, Éditions Universitaires de
Fribourg, 1984.
19-Downs R. et Stea D., Maps in mind : reflections on cognitive mapping, New York,
Harper & Row, 1977.
20-Tuan Yi-Fu, Space and Place : the Perspectives of experience, Minneapolis,
University of Minnesota Press, 1977.
21- Bailly A., Les représentations en géographie, In Bailly A., Ferras R., Pumain D., Encyclopédie de la géographie. Paris : Economica, 1992,pp. 371-383.
22-Depeau, S, De la représentation sociale à la cognition spatiale et environnementale : La notion de "représentation" en psychologie sociale et environnementale, Éso, Travaux et documents, 25, 8,2006.
CHAPITRE II :
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Introduction du chapitre :
Cette recherche a un objectif épistémologique qui nécessite la constitution d‟un corpus théorique et méthodologique succinct pour répondre au questionnement de la thèse : « Comment l‟usager se représente sa ville ? » Afin d‟y répondre, le chapitre traite de l‟objet représenté (la ville) ; le concept de représentation ; ainsi que le mode de représentation interne de l‟espace (l‟« image mentale »).
L‟étude se préoccupe, par ailleurs, des représentations mentales communes à un grand nombre d‟habitants, les « images collectives » (Lynch, 1976) 1. En ce sens, l‟intention
est de comprendre tout d‟abord comment un habitant se représente l‟espace de la ville, et ensuite, ce qui fait qu‟un lieu soit chargé d‟une valeur symbolique et s‟impose plus qu‟un autre dans le mental social. Par conséquent, l‟intérêt de cette approche réside dans le fait que malgré la disparité géographique des individus, de leurs lieux d‟habitation et de leurs « espaces vécus », certains lieux se réitèrent dans un grand nombre de représentations. Les groupes partageraient donc certains espaces (les espaces forts dans la ville), que nous tenterons de définir lors du développement de ce chapitre. Il met aussi en évidence la représentation de l‟espace urbain par le biais de l‟image mentale (processus interne de construction de la représentation d‟une manière cognitive) ; objet du troisième chapitre qui consistera à extérioriser cette représentation (image mentale) en utilisant l‟outil de la carte cognitive.
II.1.LA VILLE OBJET DES REPRÉSENTATIONS
Introduction :
Comprendre comment la ville est perçue par ses habitants requiert l‟interprétation des représentations sociospatiales de la ville par ses usagers. Dans cette démarche, l‟objet urbain est étudié sous ses multiples dimensions, sociales, cognitives, historiques, affectives, sémantiques et symboliques. En premier lieu, la ville est appréhendée comme un espace socialement produit et vécu ce qui suppose que :
-la ville (espace urbain) n‟est pas un espace neutre, mais un espace de représentation socialement et idéologiquement marqué à travers une « valorisation différentielle » des espaces.
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-la ville peut se concevoir comme un vaste champ d'informations, où les différents sens de l‟usager sont sollicités et que c‟est à travers cette perception de l‟espace urbain qu‟il fait son apprentissage de la ville.
En second lieu, la ville est considérée comme un champ sémantique et symbolique qui permet la mise en évidence du processus de « valorisation différentielle » selon lequel les usagers différencient un espace dans le référentiel urbain. Cet espace devenu « lieu » est investi de signification symbolique. Ce lieu « sursignifié » fait l‟objet d‟une catégorisation (typologie) de lieux dans la ville. Dans ce contexte, nous présentons une approche épistémologique du concept « lieu » : sur la base d‟une « typologie » des lieux en référence aux travaux de nombreux auteurs tels que Mario Bedard (2002) 2. Les
différents types de lieux sont répertoriés, définis et comparés, dans le but d‟acquérir la connaissance nécessaire au projet de recherche dans l‟analyse de cette notion.
II.1.1.LA VILLE DANS SA DIMENSION SOCIALE, COGNITIVE ET HISTORIQUE
II.1.1.1.Prise en compte de la dimension sociale de la ville : la ville, espace socialement marqué
La ville n‟est pas un espace objectif, neutre, indifférent et absolument continu. Elle est l‟objet de pratiques sociales et idéologiques qui différencient les lieux ou emplacements contenus dans ses limites (Martial Fauteux, 1977) 3, c‟est « un produit social » (Marion
Segaud, 1972) 4. En d‟autres termes, l‟espace urbain est structuré par l‟inscription
sociale des usagers : « c'est-à-dire qu'il offre des continuités et des discontinuités non organisées au hasard, mais selon un ordre de formes et de fonctions, de signes ou de symboles déterminés par les pratiques urbaines auxquelles ils se rattachent, qu'ils expriment et même spécifient » (Martial Fauteux, 1977) 5. L‟usager opère « une
valorisation différentielle » en regard de la multitude de lieux et d'emplacements contenus dans le référentiel urbain. Le continuum urbain est donc fragmenté et structuré par la valorisation de certains éléments de son contenu. Il est cognitivement organisé. L‟exemple d‟un groupe de sociologues montréalais a traité de ce phénomène ; après une recherche de 3 ans (1969-72), portant sur un échantillon de Montréalais dans des quartiers types (Outremont, Rosemont, Brossard, Hochelaga-Maisonneuve et Centre-Sud), ils concluent, entre autres, que : « L'espace urbain (montréalais) est
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“cognitivement organisé” en termes de “quartiers” et le critère principal de classification de ces “quartiers” est le “statut socio-économique”. Cette représentation stratifiée (ou idéologie de la stratification) dominante est éminemment conservatrice en ce sens que sa fonction principale est de masquer les rapports sociaux, i.e., de force, en les dissimulant sous des rapports de “sens” ou de statut » 6.
II.1.1.2. Prise en compte de la dimension cognitive de la ville : la ville, espace de représentation cognitive
La ville nous apparaît comme émettrice de nombreux messages, enchevêtrés et de connotations diverses. Elle peut ainsi se concevoir comme un vaste champ d'informations, complexe tant par les diverses catégories d'informations qu'il relaie que par le nombre de sollicitations que chacune de ces catégories supporte. Or, les sollicitations supportées par ces informations en provenance du champ urbain constitueraient un complexe de stimuli rendant possible la connaissance de la ville par l'individu, grâce à l'appréhension qu'il en a, selon des modalités sensorielles multiples (visuelles, auditrices, olfactives... etc.), c'est-à-dire en percevant ces stimuli. C‟est ce que Donald Appleyard (1973) exprime : « In cognitive representation of large cities, people have to schematize drastically if they are to gain any overall comprehension of urban structure. They extract dominant reference points, a group of districts, or a single line of movement on which to hang their recollections. These simple pattern and networks are also the common stereotype of utopian city design » 7.
L‟individu par sa perception, sa connaissance et ses pratiques de la ville en fait un espace représenté et valorisé cognitivement. Cette reconstruction cognitive, structurant et valorisant l'espace urbain, est multimodale, dans la mesure où la connaissance porte sur des choses, des événements et des attributs divers, perçus selon des modes de représentation variés (économique, symbolique… etc.), et à destination multiples (fonctionnelle, esthétique… etc.) (Fauteux, 1977).
II.1.1.3.Prise en compte de la dimension historique de la ville : II.1.1.3.1. L‟inscription temporelle de la ville :
La ville est histoire, au double sens du terme (Haas, 2004) 8. Elle engrange les souvenirs