Ville e t SIG
Avant-propos
Laurent Aubry (UMR ArScAn - Archéologie et systèmes d ’informations),
Pierre-Marie Blanc (UMR ArScAn - Proche-Orient hellénistique et romain),
Odile Daune-Le Brun (UMR ArScAn - Préhistoire en Méditerranée orientale),
Virginie Lanièpce (UMR ArScAn - Archéologie et systèmes d ’informations)
L 'a p p lic a tio n d e la g é o m a tiq u e e t des Systèmes d 'in fo rm a tio n G é o g ra p h iq u e plus com m uném ent connus sous l'acro nym e S.I.G., est de plus en plus fré q u e n te en a rch é o lo g ie . C et e n g o u e m e n t provient d e deux phénom ènes distincts :
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) depuis une vin g ta in e d 'a nnées, on a c o m m e n c é à prendre en considératio n en archéologie les problém atiques d e transformation du milieu g é o g ra p h iq u e induite par l'hom m e, d 'a rch é o lo g ie du paysage (voir les séminaires du Thème Environnement, Sociétés e t Espaces), il a alors fallu croiser des données d e natures diverses.Le géoréférencem ent — ou spatialisation — des données perm et d 'é ta b lir une com m unication a v e c d 'a u tre s acteurs d e la réflexion environ nementale.
2) D'un point de vue purem ent technique, les SIG sont longtem ps restés inaccessibles : ils n'existaient que sur station d e travail et d o n c étaient réservés aux seuls spécialistes d e ca rto g ra p h ie . L 'a v è n e m e n t des jeux vid é o e t d e la m icro- in fo rm a tiq u e personnelle a permis d 'a v o ir des m achines toujours plus puissantes à des prix abordables. Les éditeurs de logiciels ont com m encé alors à dé ve lo p p e r e t à décliner leurs produits pour différents profils d'utilisateurs, du spécialiste /c o n c e p te u r à l'utilisateur.
Dans un article paru en 1985, René Ginouvès soulignait d é jà l'im p o rta n c e croissante d e la dimension spatiale en a rchéolog ie
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: « Ainsi, l'o b je t de l'arch éologie n'est plus seulement l'ensemble des créations matérielles dues au travail humain, mais aussi l'ensem ble des transformations que l'hom m e aQu’est ce qu’un Système d’information Géographique ?
Définir un système d'inform ation géographique est particulièrement difficile tant les ce term e englobe de réalités diverses. On peut toutefois le définir, sans s'enfermer dans un cadre sémantique trop strict, com m e étant un « système d'information » traitant d'« information géographique », selon les définitions suivantes :
• Système d’information : système d e com m unication perm ettant de com m uniquer et de traiter l'information (norme internationale ISO 5127-1-1983),
• Information géographique : L'information géographique est la représentation d 'u n objet ou d'u n phénomène réel, localisé
dans l'espace à un m om ent donné (Q uodverte P., 1994. Cartographie numérique et information géographique, Thèse unlv. Orléans).
Dans les communications d ’autres définitions seront abordées (Robert e t Costa, Aubry et Guyard) qui viendront apporter des éclairages distincts.
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1 Ginouvès R. 1985. L'archéologie e t l'hom m e. Paris, Le grand Atlas d e l'archéologie. Encyclopaedia Universalis.
Laurent Aubry, Pierre-Marie Blanc, Odile Daune-Le Brun e t Virginie Lanièpce
im posées à la faune, à la flore, au milieu g é o g ra p h iq u e , et, en définitive, l'en sem ble des relations réciproques, a v e c son environnement, de l'ho m m e to u t entier ».
Aujourd'hui, on assiste c e rta in e m e n t à un tournant, où le besoin en g é o m a tiq u e est plus la rg e m e n t ressenti e t où l'é ta p e d e g é o ré fé re n c e m e n t des données a rchéolog iques vient co m p lé te r l'enregistrem ent traditionnel. Au sein d e l'UMR ArScAn, c e tte extension se traduit depuis cinq ans dans les diverses équipes par des pratiques réelles de form ation, des achats de matériels e t de logiciels. Depuis plusieurs années, des études synthétiques d 'u n territoire existaient- par exemple, sur la Vallée d e l'Aisne (Protohistoire européenne, a v e c l'a id e d e Michèle Chartier, géographe), le Bassin parisien (Ethnologie préhistorique) ou en Orient (Du Village à l'Etat e t Proche Orient hellénistique et romain). De nouvelles recherches émergent, profitant d 'u n accès plus facile aux outils SIG et de personnes d a v a n ta g e form ées : citons le program m e transversal sur le Bassin parisien mené conjointem ent par six équipes d e l'UMR (Ethnologie préhistorique, Protohistoire européenne. Environnement, Gaule, Pléistocène e t A rc h é o lo g ie e t Systèmes d 'in form ation) e t s'a p p u ya n t sur les com pétences d 'u n p ô le g é o m a tiq u e (Laurent Aubry, Laurent Costa) ou encore le program m e sur l'organisation g é o grap hique d e l'A ttiq ue en G rèce (Archéologie du m onde grec archaïque),
Dans c e processus d 'in té g ra tio n d e la g é o m atiqu e, le p a rta g e d 'e xp é rie n ce a un rôle
im portant à jouer. En regroupant le Thème Bâti et H abitat e t le Thème Outils e t méthodes, nous nous sommes interrogés sur le traitem ent d'inform ation élaboré par différents archéologues travaillant sur des territoires urbains, en France e t à l'étranger. R espectant les consignes des organisateurs, les différents intervenants o n t présenté leurs projets, en cours d 'é la b o ra tio n , conduits à te rm e ou abandonnés, a v e c le souci d 'e n montrer à la fois les apports mais aussi les difficultés e t les contraintes. Les SIG apparaissent co m m e des outils très perform ants dans l'a id e à la recherche et à la présentation des données a rchéolog iques, par la co m p o s a n te ca rtograph ique mais aussi heuristique qui a p p o rte bien d a v a n ta g e : le test progressif des interprétations. A uparava nt indépendantes, les bases d e données archéologiques, la topographie, la cartographie, les représentations stratigraphiques ou architecturales, déjà informatisées, co m m e a u ta n t d e ressources indépendantes, se trouvent repositionnées dans un véritable e space g é o grap hique e t sous la form e d 'u n système d'in form ation cohérent interrogeable par le chercheur (voir encadré).
À l'issue d e c e tte journée, il est clairem ent apparu qu'il est indispensable de bien évaluer les objectifs scientifiques e t les moyens humains et financiers, existant ou à venir. Les cinq contributions publiées ici a id e n t à mieux situer les démarches, leurs auteurs re n d a n t c o m p te des a v a n ta g e s du tra ite m e n t inform atisé, des choix préalables d e constitution des données, des stratégies d'apprentissage ou de collaboration.
Que peut-on attendre d’un S.IG, ?
De manière très générale, un S.I.G. se doit de répondre à un certain nom bre d e questions élémentaires liées à la gestion e t à la relation des objets localisés dans l'espace quelque soit l'échelle du phénom ène étudié :
• Analyse thématique, Où se trouvent tous les objets d'un m ê m e type ?
• Inventaire localisé, Qu’y a-t-il à c e t endroit ?
• Analyse spatiale, Com m ent ces deux types d e données sont ils liés 7
• Analyse temporelle, Com m ent tel phénom ène évolue dans le temps ?
• Modélisation, Quelles seraient les conséquences si tel scénario se produisait ?
Bien entendu, c e t inventaire n'est pas exhaustif et ces questions élémentaires peuvent se panacher à l'envie en fonction des problématiques et leurs évolutions.