Corruption et croissance économique à
Madagascar
RAKOTOARISOA Anjara Lalaina Jocelyn
Abstract
In 2009, Amartya Sen, a Nobel prize winner, wrote that a lack of trasparency
in the global financial was among the main factor contributing to the financial crisis
which began in 2008. Now, corruption is a preoccupant subject. This paper is offering
an analysis of the relation between corruption and economic growth in Madagascar.
For that, we’ve mobilized an empirical framework, by performing an econometric
diagnosis. The resultat show that the corruption penalizes the growth promotion in
Madagascar.
Keywords : Economic growth, Corruption, Madagascar, Econometric approach
Résumé
Ce document a pour objet
l’étude de la relation entre la corruption et la
croissance économique à Madagascar. A l’aide d’une approche économétrique, cette
étude stipule une liaison parallèle entre l’amélioration en matière de réduction de la
corruption et la croissance économique.
Introduction
La corruption est un phénomène universel. Rien n’est plus commun, pourtant rien n’est plus difficile à cerner que la corruption. Tout d’abord, ses contours sont très variables. « Partout où vous avez une corruption massive, le développement est en retard. » disait Akinwimi Adesina, Président de la Banque africaine de développement (BAD).
Un rapport publié par le General Accounting Office (GAO) vers 2016, à Washington, a stipulé que la corruption pénalise gravement la croissance économique à long terme de l’Afrique. En plus de celui-ci, les recherches du Fonds monétaire international (FMI) ont montré le fait que les investissements réalisés dans les pays corrompus sont 5% inférieurs à ceux qui sont réalisés dans les pays relativement non corrompus.
La corruption est devenue un sujet préoccupant. C’est une raison pour laquelle l’établissement d’un diagnostic sur la relation entre la corruption et la croissance économique est nécessaire. Selon la Banque mondiale, la corruption peut impliquer une baisse du taux de croissance économique de 0,5 à 1 point de pourcentage par an. Une étude menée par Alberto Ades et Rafael Di Tella en 1995 a aussi conclu que si le revenu par habitant augmente de 4400 dollars, le classement d’u pays concerné voit son classement, en matière d’indice de perception de corruption (IPC), amélioré de deux points. Rappelons que l’IPC est un indice standard compris entre 0 et 100. Un IPC nul indique que le pays est totalement corrompus et un IPC égal à 100 reflète que le pays est entièrement non corrompus.
Madagascar figure, en particulier, parmi les pays les plus corrompus. Son score en IPC est de 24/100 qui lui place au rang de 155ème sur 180 pays selon le Transparency international. La généralisation de la corruption à Madagascar semble pénaliser son économie. La situation décourage les investissements et les aides publiques au développement.
C’est à cet effet que nous nous posons la question : comment et la liaison entre la corruption et la croissance à Madagascar ? Et pour fournir un élément de réponse à cette question, nous avons recouru à une approche économétrique. Tel est l’objet du présent document.
Cadre analytique
Définitions et concepts de « corruption »
Alesina et Weder (2002) définissent la corruption comme l’utilisation abusive de la propriété de l’Etat par un fonctionnaire pour en tirer un gain personnel. Cette définition est proche de celle de Langseth (1997) définit la corruption come un abus de pouvoir donné pour obtenir un bénéfice personnel.
Pour Celentani et Ganuza (2002) la corruption se présente sous forme d’un échange, d’une faveur ou d’une facilité au service public. La corruption est ainsi liée aux activités administratives de l’Etat. C’est « Un acte […] résulte d’un abus de pouvoir public pour l’obtention d’un bénéfice privé. » comme Tanzi (1998) l’indique.
Etudes empiriques de la liaison entre la corruption et la croissance
Plusieurs études ont été effectuées concernant la liaison entre la corruption et la croissance. La corruption affecte la croissance ia un effet direct ou non, soit sur la capital humain, soit sur les dépenses publiques et soit sur l’investissement.
Lui (1974), Klitgaard (1988) et Rose-Ackerman (1989) ont rapporté les premiers travaux sur ce sujet. Mais la première évaluation empirique a été entretenue par Mauro (1995). Le caractère néfaste de la corruption sur l’investissement et la croissance a été mis en évidence par ces études.
Tanzi et Davvodi (2000) ont fait une étude et ces auteurs ont trouvé qu’une relation négative existe aussi. Cette idée suit l’ordre d’étude de Mookherjee (1997) qui considère que la corruption est bénéfique à l’économie puisqu’elle est à la base de mécanisme d’incitation au travail.
Relation corruption-croissance à Madagascar
Contextes de la corruption et de la croissance à Madagascar
En dépit des déclarations concernant la lutte contre la corruption, Madagascar a reculé en matière de perception de la corruption. Si en 2016 son IPC était de 26/100, l’année 2017 a enregistré un IPC de 24/100, soit une baisse de deux points. Les secteurs les plus touchés sont les Collectivités teritoriales décentralisées, la Gendarmerie ainsi que la Police nationale et la Justice, le Service Foncier. Les causes sont attribuées à la pauvreté, l’abus de pouvoir et le soif d’argent.
Du côté de la croissance, Madagascar réalise, en moyenne, un taux de croissance économique de 2 à 3%. L’industrie extractive et le tourisme sont les secteurs les plus porteurs. L’agriculture reste peu développée malgré le fait que presque 85% de la population œuvre dans ce secteur.
Ajustement corruption versus croissance à Madagascar
Notre étude utilise la méthode des moindres carrées pour le diagnostic. Il s’agit d’un ajustement entre l’IPC de Madagascar et son taux de croissance économique en tiraant une équation de la forme :
Les données fournies par le Transparency international et le Ministère de l’Economie et du Plan sont les bases de l’estimation des paramètres A et B de l’équation dont le résultat est le suivant :
Pente (coefficient A)* 0,7695
Constante (B) -21,6220
Coefficient de corrélation 0,5780
Coefficient de détermination (R²) 0,3341 Coefficient de détermination corrigé 0,2009
Erreur-type 3,3260
Nombre d’observations 7
Note : *le coefficient est significatif à 95%
La corrélation positive entre l’IPC et le taux de croissance reflète une relation positive entre ces variables. Plus le niveau de corruption diminue, meilleure sera l croissance. Malgré le fait que cette relation n’est statistiquement très significative, l’influence de la perception de la corruption sur la croissance n’est pas négligeable.
Conclusions
La corruption est généralement perçue comme un mal. C’est une évidence selon le résultat de notre étude. Celui-ci reflète une liaison parallèle entre la perception de la corruption et la croissance économique pour le cas de Madagascar. Malgré le cas qu’une relation peut exister comme Mookherjee (1997) l’indique, la perception de Mauro est plus valable dans la situation de Madagascar. Vu cet état, les autorités devraient intensifier la lutte contre la corruption pour permettre à la croissance économique de s’épanouir.