CONFRONTATION D'IMAGINAIRES LORS DE
LA GENESE D'UNE EXPOSITION SCIENTIFIQUE
Eric TRIQUET et Pierre CLEMENT L.I.R.D.I.S., Université Lyon 1
MOTS-CLES MUSEOLOGIE DES SCIENCES EXPOSITION SCIENTIFIQUE
-RECHERCHE - EVALUATION - NEUROSCIENCES.
RESUME: Les concepteurs d'une exposition sur le cerveau voulaient répondreàdeux objectifs: les attentes identifiées du public et les grandes tendances des recherches actuelles en neurosciences. Les scientifiques ont fourni une ample information, mais en restant sur des terrains bien connus, sans se hasarderàdes bilans de connaissances faibles sur les thèmes attendus par le public. Ds ont aussi sélectionné les thèmes et équipes qui méritaient d'être intégrées dans cette exposition. Concepteurs et réalisateurs (graphistes et architecte) ont alors réalisé des prouesses créatrices pour mettre en scène les contenus finalement sélectionnés. Les scientifiques, lors de l'inauguration, ont été ravis du résultat. Les réactions des visiteurs restentàobserver etàanalyser.
SUMMARY: Those who conceived that exhibition about human brain wanted both to come up to the public's expectations, and to show the newest ideas in Neuro-sciences researches This scientists have given large information to be shown, but in a sphere they perfectly controlled without giving an evaluation of incomplete knowledge on themes expected by their public. They have selected the thernes and the work-tearns that were worth joining that exhibition. Those who conceived, and those who made (designers,architect) briantly rnanaged to show what had been selected before.The scientists were delighted at the result on the opening day of this exhibition. Visitors' reactions have not been analysed yet by they will soon be.
1. INTRODUCTION
Une exposition scientifique est une création dont les mécanismes sont trop complexes pour être encore, et peut-être jamais, réductiblesà des logiques informatisables. Cette création, cette naissance, est le produit d'une embryogenèse sur laquelle il nous semble néanmoins important de travailler. Comment s'articulent, s'enchevêtrent, les imaginaires des différents acteurs qui, en simplifiant, peuvent être regroupés en trois catégories: concepteurs, scientifiques, réalisateurs (ici graphistes et architecte? Quelles conceptions des attentes du public, ou des publics précisément visés, animent, ou non, les propositions et réalisations de ces acteurs? Quelles contraintes, notamment économiques ou sociales, pèsent sur chacun d'entre eux? Finalement est-ce que suivre la genèse d'une exposition scientifique introduit de nouvelles clefs de lecture de cette exposition, par exemple pour comprendre de qui précisément elle porte la trace, dans tel choix, telle image, tel contenu, telle organisation générale? De telles questions n'ont guère été posées par les évaluations d'expositions scientifiques jusqu'ici réalisées (GOTŒSDIENER, 1987 ;GUIGUEet BILLEZ, 1988; CLEMENT, 1989a).
Leprésent travail est la première phase d'une recherche autour de ces questions. Il sera peut-être soutenu par le CNRS (ATP muséologie des sciences et des techniques, dossier rédigé par P.CLEMENT, 1989b). Il constituera, quoi qu'il en soit, une partie de la thèse de l'un d'entre nous, ETriquet.Lecorpus rassemblé, et qui n'est encore décrypté qu'en panie, comprend:
-Les documents de présentation du projet d'expositionàdifférents stades de conception. -L'enregistrement de tous les entretiens entre concepteurs et scientifiques (une quarantaine d'équipes consultées une à trois fois chacune, pendant une à plusieurs heures chaque fois).
-L'enregistrement des réunions de travail regroupant concepteurs, graphistes et architecte. -Des interviews complémentaires des différents acteurs.
-Les textes et images du produit final (exposition), et de différentes phases intermédiaires. Enfin nous sommes actuellement en train de compléter ce corpus, autant que faire se peut, étant donnés les moyens très limités dont nous disposons jusqu'à présent, par le recueil :
-Des réactions des scientifiques face au produit fmi.
-Des réactions du public par rapport à certains modules de l'exposition. -Et l'analyse des cheminements du public (avec l'aide de Sophie Mariani).
2. LE PROJET INITIAL D'EXPOSITION SUR LE CERVEAU
LeCCST-Grenoble avait déjà organisé des débats sur le cerveau avec des chercheurs de l'INSERM, et réalisé des cassettes audio sur ce thème (CCST.-INSERM, 1984). Dès 1986 l'INSERM a sollicité le CCST-Grenoble pour la coproduction d'une exposition sur le cerveau. Auparavant le CCST-Grenoble, en relation avec la M.J.C. d'Oullins et la Boutique des Sciences de Lyon, avait participé à l'évaluation de l'exposition "Découvrons notre cerveau" (1984, MIC Oullins), notamment
en recensant les attentes du public sur ce thème (CLEMENT, 1986).
Ces attentes furent à l'origine de la défInition de douze thèmes qui constituent le scénario d'un projet initial. Celui-ci a pour objectif de "mettre en exposition les connaissances les plus avancées et celles qui interpellent le plus notre être biologique et pensant "(document produit par le groupe de conception, CCST -Grenoble).
Nous allons voir qu'il n'était pas aisé de tenir conjointement ces deux gageures. L'évaluation présentée ici sera particulièrement attentive à l'évolution et l'infléchissement progressif de ce projet initial.
3. IMAGINAIRE DES SCIENTIFIQUES ET THEMES SELECTIONNES
L'INSERM,coproductrice de l'exposition, a suggéré le nom de responsables scientifIques qui ont coordonné tout le travail de conception pendant un an. Une liste de scientifIquesàconsulter a été rapidement établie pour atteindre les deux objectifs initialement avancés. Mais, au fur età mesure que le temps passait, cette liste des scientifIques s'est élargie pour que soit mieux atteint le premier objectif (mettre en exposition les connaissances les plus avancées sur le cerveau), tandis que les douze thèmes initiaux, ceux qui interpellaient le plus le public, étaient progressivement oubliés.Lafigure de la page suivante illustre ce phénomène.
Nous avons établi une typologie de différents cas de fIgure concernant les thèmes initiaux et ceux qui sont apparus ultérieurement :
aldisparition d'un thème initial, soit de manière radicale, soit par glissement vers des thèmes plus pointus ou, en tous cas, mieux maîtrisés par les scientifIques.
bl
apparition de thèmes nouveaux, suggérés par les scientifIques, et ensuite soit éconduits parce que trop hardis, soit renforcés àcause de la situation privilégiée de tel patron ou de tel laboratoire travaillant dans les domaines des neurosciences régionales ou nationales.cl
persistance de quelques-uns de ces thème initiaux, ceux qui d'ailleurs ne correspondaient pas aux attentes les plus nettes du public: ex: "le développement embryonnaire du cerveau" est devenu le thème "construction" ; "la chimie du cerveau", présente dès le début, l'est encoreàla fm.TI est possible de prendre quelques exemples comme illustration de ces cas de figures.
3.1. Pensée et intelligence
Aucun scientifIque n'a osé aborder ces thèmes pourtant retenus dans la maquette initiale parce qu'ils correspondaientàune attente réelle du public. TI n'y a même pas eu une tentative partielle de les prendre en charge.
Ont tout simplement disparu ces deux thèmes initiaux: "que savons-nous de la biologie de l'intelligence?" et "le cerveau, ordinateur de la pensée: esprit, où es-tu 7".
"construction", "chimie"
-+---....;.---+
"Pensée","lntelligence" Pôle public "Le rêve"---x---1--+
~---...-
+
"Expérimentation animale" ---x-"Localisations cérébrales" "homme-femme" "gauchers" Pôle scientifiqueExemples de localisations cérébrales: "La réaction d'orientation", "le langage"
- - - ---i=:.:+:J
"L'olfaction" dec 1988 dec 1989 tpsEvolution des choix thématiques au cows des rencontres avec les scientifiques
3.2. Localisations cérébrales
Plusieurs attentes du public concernaient ce thème: "où se situe la mémoire?"; "existe-t-il des différences entre le cerveau des droitiers et des gauchers", ou "entre celui des hommes et celui des femmes?".
Les scientifiques pressentis pour traiter ces questions les ont estimées "mineures et délicates" ; en fait difficilesàtraiter dans une exposition car abordant des problèmes chauds et controversés. Ils ont préféré proposer un exemple mieux balisé: "la réaction d'orientation".
Les concepteurs ont ensuite insisté pour que ce thème soit enrichi par un exemple moins pointu, plus proche du public: les aires du langage, depuis Broca jusqu'à des images de scintigraphie et un test informatique sur les fonctions respectives des deux hémisphères dans le langage.
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3.3. Expérimentation animale
Ici c'est un scientifique qui a proposé un thème non prévu au départ : "mettre en scène l'expérimentation animale" avec des propositions précises de scénario. Mais les autres scientifiques ont alors prôné la prudence sur ce thème chaud qui n'a finalement été traité que sous la forme plus aseptisée d'un dossier de presse.
3.4. Le rêve
Ce thème fascine régulièrement le public:ilaurait été obligatoirement présentil ya seulement quelques années dans une exposition analogue. Dans le cas présent, après une apparition tardive dans le scénario, il a été écarté. "Sollicitez certes le responsable du laboratoire qui traite du rêve, mais sans trop insister!" auraient suggéré les scientifiques aux concepteurs. Cette exposition reflète aussi l'évolution de la communauté scientifique des neurosciences.
3.5. L'olfaction
Ce thème, absent du projet initial aussi bien que dans la liste des attentes du public, va au fil des rencontres prendre une importance croissante. A la différence du cas précédent, le responsable du laboratoire qui travaille sur l'olfaction, paraît désormais incontournable.
En fait, les concepteurs ont aussi saisi cette occasion pour que puisse être mise en oeuvre une interactivité originale avec le public, en sollicitant son nez au moyen de tests olfactifs.
Les lignes qui précèdent sont focalisées sur le choix des thèmes de l'exposition. Le même type de travail aurait été possible quant au contenu plus détaillé de chaque thème. Une question qui traverse ces analyses est de savoir qui, dans cette élaboration, est porteur de la prise en compte des attentes du public. L'exemple pris, une exposition sur le cerveau, est intéressant en ce qu'une partie des attentes du public est identifiée par des enquêtes préalables. Maisils'avère que celles-ci ont peu de poids par rapport aux choix des scientifiques. Les concepteurs ont besoin des scientifiques; assez vite ils adhèrentàleurs choix. Ils n'ont jamais osé le conflit avec les scientifiques en insistant pour que ceux-ci fassent, par exemple le point sur ce qui est su ou non su par rapportàtelle ou telle question que tout le monde se pose sur le cerveau.
Les concepteurs ont donc offert un espace d'exposition dans lequel les scientifiques avaientà apporter le contenu. Ceux-ci l'ont fait, en privilégiant les règles qui leur sont familières, celles de la communauté scientifique: cooptation de thèmes et équipes, en fonction de stratégies visant la reconnaissance et le développement de leur discipline. Les scientifiques avaient peut-être leur idée de ce qui pouvait intéresser les visiteurs, mais ils se sont beaucoup reposés sur les concepteurs pour que soit assurée une adéquation aux visiteurs; leur souci à eux a été de présenter du sûr, du solide, du précis,à la fois pour défendre leur image de marque et parce que c'est le critère qui régit la scientificité de leurs travaux. Que des attentes identifiées dans le public soient évacuées n'implique d'ailleurs pas forcément une insatisfaction du public qui peut être avide de nouvelles connaissances, questions et motivations; même si cela implique des frustrations prévisibles par rapport aux thèmes évacués. Enfin, comme nous allons le voir, la prise en compte du public s'effectue surtout, ici, après cette définition des thèmes, par un travail conjoints des concepteurs et du groupe graphistes-architecte.
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4. L'IMAGINAIRE DES REALISATEURS DE L'EXPOSITION (CONCEPTEURS, GRAPHISTES, ARCHITECTE)
L'imaginaire des scientifiques nous a donc semblé plus guidé par le regard des collègues que par celui du public. En revanche, ce regard du public est une référence essentielle dans l'activité de création de l'exposition à partir des thèmes fmalement définis.
Les deux concepteurs, et principalement J.-L. Parei, ont joué un rôle décisif dans cette création : d'abord en inventant, avec les coordinateurs scientifiques, la cohérence des thèmes, leurs articulations, et le choix du contenu précis de chaque thème, ensuite en les présentant aux graphistes et à l'architecte, avec suffisamment d'enthousiasme pour que ceux-ci donnent le meilleur d'eux-mêmes.Cerôle complexe de conception méritera d'être analysé plus en détail: il s'est manifesté ici par un respect total, une écoute attentive, d'abord des scientifiques, puis des graphistes et de l'architecte; tout en assumant l'ensemble du projet et de sa réalisation avec les engagements pris.
Les graphistes et l'architecte ont donc pu jouer un rôle considérable. En intervenant sur la forme et l'organisation de l'ensemble, ils étaient aussi attentifs à son contenu. Les quelques exemples qui suivent, pris parmi bien d'autres possibles, l'illustrent.
4.1. Le thème olfaction
La dissociation de la prise en charge du message est ici très forte : une première partie a été totalement écrite, dans tous ses détails, par le responsable du laboratoire; y compris pour le dessin qui présente le système olfactif. Les initiatives étaient limitées, quoique réelles, pour présenter ce contenu.
Une seconde partie, réalisée indépendamment de la première, a en revanche plus permis l'expression de la volonté conjuguée des concepteurs et des graphistes de renvoyer le public à un environnement émotionnel et affectif, en "contrebalançant la première partie, ardue et d'abord difficile, par des aspects touchant le public de l'intérieur" ; sont ainsi proposés aux visiteurs : un test ludique et interactif de discrimination des odeurs, un poster "géant" de Marcel Proust à l'intérieur du module, et des madeleines distribuées dès l'entrée de l'exposition.
4.2. Les sujets disparus
Les graphistes avaient pensé intégrer dans l'exposition des panneaux vides de texte, en mémoire des attentes du public évacuées: sur la pensée, l'intelligence, le cerveau des hommes et des femmes, etc...Cette idée n'est pas parvenue jusqu'aux concepteurs par crainte qu'elle ne soit interprétée comme une provocation au sein d'une équipe réduite et conviviale oùilétait connu que les deux concepteurs avaient déjà fait un deuil irréversible de ces attentes.
4.3. Structuration de l'ensemble
Ilyaurait beaucoup à dire sur ce point sur lequel les graphistes et l'architecte ont été très créateurs. Le constat de départ de leur travail s'exprimait ainsi: "L'exposition veut être une vulgarisation de certaines questions très complexes qui appartiennentàla problématique des
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chercheurs. A aucun moment, pourtant, il n'est encore prévu de laisser au public l'idée qu'il y a des doutes dans les recherches sur le cerveau...Ilfaut pouvoir l'exprimer et mettre le public dans des situations de meilleures compréhension".
Ils ont alors retenu, par exemple, l'idée de ce qu'ils ont appelé une "exposition labyrinthe" : une succession de modules (chaque module est identifiable par une similitude de repères graphiques), créant un cheminement possible, mais non obligatoire, car chacun peut être reliéàplusieurs autres: retours en arrière et cheminements bouclés, sont ainsi favorisés; comme on imagine être la circulation de l'information dans le cerveau.
Initialement cette idée n'avait pas plu aux concepteurs qui auraient préféré un parcours plus fléché et une numérotation des modules. Mais les graphistes ont tenu bon et à présent, cette organisation générale de l'exposition, avec de multiples parcours possibles, analogue à un fonctionnement cérébral, séduit toutes les personnes qui en prennent conscience.TIsemblerait même que cette organisation fonctionne et que les visiteurs bouclent et rebouclent leurs cheminements: ce qui reste à observer avec plus de précision, d'une part quant à la réalité de ces trajectoires, d'autre part quantà leur impact sur la qualité de la visite.
Ce labyrinthe veut exprimer également le doute et permettre une prise en charge individuelle de la connaissance guidée par le"fild'Ariane" que chaque visiteur tisserait ainsi.
Les graphistes et l'architecte ont néanmoins regretté de ne pas pouvoir aller aussi loin qu'ils l'auraient souhaité dans cette reconstruction de l'information : les libellés des messages écrits soit par les scientifiques, soit sur leurs recommandations expresses, étaient "intouchables".
4. CONCLUSIONS
Ce travail n'est que préliminaire.Ilidentifie les principaux acteurs dont l'enchevêtrement des actes et des imaginaires a fmalement donné naissance à cette exposition sur le cerveau qui aura peut-être un grand succès: les responsables du CCST-Grenoble en sont fiers, et les scientifiques étaient ravis du résultat quand ils ont visité l'exposition le soir de son inauguration officielle. Ce ravissement des acteurs scientifiques ne nous a pas surpris: leurs propositions ont été à la fois scrupuleusement respectées et mises en valeur par des trouvailles de présentation qu'ils ne pouvaient pas imaginer
a priori.
Il reste à savoir si le public éprouvera le même ravissement, ou un autre. Nous espérons pouvoir l'évaluer. L'observation des premiers visiteurs semble montrerà la fois un intérêt attentif et enthousiaste, et la persistance de quelques frustrations par rapport à des attentes persistantes qui s'exprimentà nouveau dans les commentaires que le visiteur peut laisser dans une boîte aux lettres à sa sortie de l'exposition.
Mais, au delà de cette évaluation nous souhaitons aussi que cene recherche commenceàillustrer les caractéristiques singulières d'une transposition didactique dont le média est une exposition scientifique dans le domaine de la biologie. Nous analyserons pour cela quelques modules plus en détail, à la fois dans leur genèse et dans leur impact sur des visiteurs en interaction avec l'ensemble de
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l'exposiûon. L'adhésion des scienûfiquesàcette exposition suggère qu'ils n'y détectent pas de dénaturation de leur message scientifique: la rupture analysée par CHEVALARD(1986) dans la transposiûon didactique des mathémaûques, serait-elle ici absente?
S. BIBLIOGRAPHIE
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CLEMENT(p.),1989b. -Des concepts et méthodologie de la didactique des disciplines scientifiques pour des expositions scientifiques.Projet soumis à l'ATP-CNRS "Muséologie scientifique". CLEMENT (P.), 1986. - Réaliser une animaûon scientifique. Coproduction Bouûque de Sciences de Lyon, CCST Grenoble et MIC Oullins. Ed. T.de T.
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CCST-INSERM, 1984. - Ledéveloppement du cerveau.Ed. CCST Grenoble.
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