Huixu 慧緒 (431-499). Nonne bouddhiste.
Originaire de Gaoping 高平 à Lüqiu 閭丘 (Shandong), Huixu entre en religion à dix-huit ans et s’établit au couvent Sanceng 三層寺 du Jingzhou 荊州. Elle se met à la suite d’une nonne recluse de Jiangling 江陵 (Hubei), de qui elle apprend à pratiquer la méditation de
pratyutpanna (banzhou 般舟), qui permet de se trouver en présence des buddhas.
Elle quitte la région lorsque le cishi 刺史 Shen Youzhi*, qui y avait été promu en 472, décide de réduire le nombre de religieux bouddhistes des deux sexes, et se rend à Jiankang 建康 (Jiangsu). Elle y retourne une fois que Shen Youzhi est défait dans sa tentative de rébellion contre Xiao Daocheng* (futur empereur Gao des Qi), en 478. Xiao Yi*, prince de Yuzhang 豫章王, qui y est envoyé dès la fondation des Qi, la fait venir et la loge dans sa résidence ; il lui octroie le nécessaire pour la pratique religieuse (sishi 四事 : nourriture, vêtement, literie, médecine). Elle côtoie alors Xuanchang*, qui l’instruit dans d’autres techniques de méditation et dont elle gagne l’admiration. Elle instruit à son tour l’épouse de Xiao Yi et d’autres femmes de la cour.
Quelques années plus tard, Xiao Yi la fait de nouveau l’accompagner à la capitale, où il lui fait construire le couvent Futian 福田寺 (Champs [producteurs] de bonheur) à proximité de sa propre résidence et il continue régulièrement de l’inviter pour y tenir des activités religieuses. La nature osmotique des liens qui l’unissent au prince et à sa famille fait que dès 491, elle tombe mystérieusement malade lorsqu’elle se trouve en sa présence. Cette maladie augure la mort du prince, qui survient l’année suivante. L’empereur Wu des Qi (Xiao Ze*, r. 483-493) la rapproche de la capitale dans un nouveau couvent qu’il fait bâtir à cette occasion, le Jishansi 集善寺. Dès lors, elle y reste recluse et ne fréquente plus le palais. La dernière fois où elle s’y rend, c’est en 499, pour officier une cérémonie de jeûne (zhai 齋) d’une semaine qu’une dame de la cour patronne. Elle fait ses adieux à l’issue de la cérémonie, écrit un poème et s’en va. Elle meurt un mois et demi plus tard. Le lettré Zhou She 周捨 (469-524), fils du croyant bouddhiste Zhou Yong 周顒 († 485), lui compose un éloge funèbre.
Bibliographie
I. Biqiuni zhuan 3 ; GSZ 8.
III. K. A. Tsai, 1972 (repr. 1994), p. 81-83.
Sylvie Hureau
Index des noms de personne Shen Youzhi 沈攸之
Xiao Daocheng 蕭道成 (empereur Gao 高 des Qi) Xiao Yi 蕭嶷 (444-492)
Xiao Ze 蕭賾 (empereur Wu 武 des Qi) Xuanchang 玄暢 (416-484)
Zhou She 周捨 (469-524)
Jiangling 江陵 (Hubei)
Jiankang 建康 : Nanjing 南京 (Jiangsu) Jingzhou 荊州 (Henan, Hubei, Shanxi) Lüqiu 閭丘 (Shandong)
Index des titres d’ouvrages (avec traduction) Index des termes techniques
Banzhou : pratyutpannaa sishi 四事
Index des titres officiels cishi 刺史
Mots clés
Dhyāna/méditation/contemplation Jeûne (cérémonie d’une semaine)
Maladie (et augure de mort d’un proche) Moines en relation avec des lettrés
Références :
Tsai, Kathryn Ann, Lives of the Nuns: Biographies of Chinese Buddhist Nuns from the Fourth to the Sixth Centuries, Honolulu, University of Hawaii Press, 1972 (repr. 1994).
T 2059, vol. 50, Gaoseng zhuan 高僧傳, Huijiao 慧皎. T 2063, vol. 50, Biqiuni zhuan 比丘尼傳, Baochang 寶唱.