ENVIRONMENT AND SCHOOL INITIATIVES
DE L'OCDE-CERI
Michela MAYER
CEDE - Centro Europeo dell'Educazione, Frascati, Italie.
MOTS CLES : O.C.D.E. - EDUCATION ENVIRONNEMENTALE - INITIATIVES SCO-LAIRES - RESEAUX INTERNATIONAUX- QUALITES DYNAMIQUES.
RESUME : L'OCDE-CERI a proposé depuis 1986 un réseau international de recherche sur l'éducation àl'environnement àtravers les initiatives scolaires. Les buts sont de comparer les contenus et les objectifs des initiatives,àtravers l'étude des cas conduits avec la méthode de la recherche-action et en vue de développer parmi les élèves soit le concept de développement soutenable soit les qualités dynamiques, comme la capacité de prendre des décisions ou d'avoir le sens de responsabilités, qui seules peuvent produire un changement des comportements.
SUMMARY : Since 1986 the OECD-CERI has proposed an international research network for environmental education through school initiatives. The aims are to compare contents and goals, using case studies and action-research methods, and to develop among the pupils the concept of sustainable development and dynamic qualities, such as decision making and awareness, which can result in changes in behaviour.
1. PRESENTATION DU PROJET
Le projet de recherche E.S.I. (Environnement et Initiatives Scolaires) sur l'éducation à l'environnement a été proposé et coordonné par le Comité pour la Recherche et l'Innovation dans l'Education de l'ü.C.D.E., le C.E.R.I.. En 1986 L'ü.C.D.E. a proposé aux Pays Membres une recherche sur l'éducationà l'environnement concernant;
- les thèmes de cette éducation, et surtout leur caractéristique de thèmes transversaux et interdisciplinaires aussi bien que de problèmes réels concernant les élèves d'une façon concrète;
- les objectifs,ne s'arrêtant pas aux objectifs d'acquisition de connaissances et compétences, mais prenant en compte aussi les attitudes, les comportements, les systèmes de valeurs.
En effet, l'éducationàl'environnement demande aux étudiants de mettre en place, au delà des qualités "statiques" qui caractérisent l'organisation actuelle de l'école (par exemple, l'ordre, l'obéissance aux règles, ['attention aux explications, ...), des qualités "dynamiques", telle que la capacité de prendre des décisions, d'assumer des responsabilités ou d'agir pour l'environnement.
Durant l'année 1988, cette recherche a conclu sa première phase par une rencontre internationale, qui a eu lieu en Autriche, où ont été réunis des élèves, des enseignants et des chercheurs de 11 Pays Européens, qui avaient pris part à plus de 40 projets choisis comme "exemplaires" de cette idée d'éducation à l'environnement.
Le succès de la première phase a permis d'étendre la recherche, et presque tous les pays membres de l'ü.C.D.E. ont décidé de participer à la deuxième phase, initiée depuis 1989. Actuellement, les pays se sont engagés à identifier des projets scolaires (de troisàvingt projets pour chaque pays) dont les contenus et les objectifs aient les mêmes caractéristiques que celles définies plus haut, projets par lesquels on puisse approfondir des thèmes de recherche communs, comme:
- l'introduction dans l'école du concept de développement soutenable et d'un système de valeurs et de comportements liés à ce concept;
- le rapport entre éducation à l'environnement et disciplines traditionnelles, surtout dans l'enseignement secondaire et dans les écoles professionnelles;
- les méthodes d'évaluation, des élèves et des projets, cohérentes avec l'éducation à l'environnement ;
- la possibilité de mettre en place des réseaux d'écoles, soit au niveau local, soit au niveau national ou international, pour permettre l'échange des expériences ou des projets de travail communs.
La méthodologie de recherche choisie par le groupe international de travail est celle dela recherche-action comme méthodologie cohérente, avec les buts de l'éducationàl'environnement, et qui permet en même temps de recueillir les données nécessaires et d'améliorer le niveau professionnel des enseignants.
Le réseau international est constitué par un coordinateur, responsable de la recherche, pour chaque pays (pour la France le coordinateur est l'Inspecteur Pierre Giolitto) et par un responsable du support pédagogique. Des rencontres périodiques permettent d'obtenir soit des approches et des démarches communes, soit une coordination du travail.
2. LE PROJET E.S.I. EN ITALIE
Dès la première phase, le CEDE - Centro Europeo dell'Educazione - a été chargé de la recherche; nous avons choisi douze projets "exemplaires",à travers un questionnaire envoyé a 500 enseignants de différents niveaux scolaires qui s'étaient distingués dans l'éducation à l'environnement. Les données recueillies par le questionnaire ont confll1Tlé celles d'une recherche effectuée dans les années 1986-87 sur toutes les écoles Italiennes par le CIREA - le Centre pour l'Information et la Recherche pour l'Education à l'Environnement de l'Université de Parma. Le cadre de la situation est le suivant:
- plus du 50 % des écoles répondent avoir mis en place des activités d'éducation à l'environnement mais en grande partie elles se sont limitéesà introduire des "notions" d'écologie dans les programmes de sciences naturelles; en réalité, le travail sur le terrain et les projets d'action pour l'environnement sont très peu répandus comme pratiques scolaires;
- les thèmes de l'éducation à l'environnement sont divers. avec pourtant une préférence pour les thèmes concrets du territoire où l'école se trouve;
- l'enseignement obligatoire Uusqu'à 15 ans) est bien plus engagé dans ('éducation pour l'environnement que l'enseignement secondaire, non seulement parce que les programmes, mis au jour pendant les dernières dix années, prévoient explicitement l'écologie et des éléments d'éducation à l'environnement, mais parce que plusieurs instituteurs ont pris conscience des objectifs et plusieurs d'entre eux se proposent explicitement de promouvoir une conscience environnementale et un changement de comportements ;
- le Nord de l'Italie est bien plus engagé dans cette direction que le Sud; la situation économique et politique locale se reflète sur les attitudes des enseignants et surtout sur la possibilité de l'école d'agir et de réagir: ce n'est pas par hasard que les Associations pour la protection de l'Environnement sont moins répandues dans le Sud que dans le Nord, et que même les Institutions locales,àtous les niveaux, sont moins actives.
Les douze projets choisis étaient "exemplaires" parce qu'ils montraient que, dans différentes régions de l'Italie, du Nord ou du Sud, et aux différents niveaux scolaires, il était possible de proposer une éducationàl'environnement, et des projets d'action en faveur de l'environnement, qui ont souvent modifié le rôle de l'école par rapport à la communauté.
La première phase de la recherche, avec les études de cas concernant les projets choisis, a été publiée en italien, et peut être demandée au CEDE ("Una scuola per l'ambiente. Risultatidiuna ricerca promossa dall'OCSE.", a cura di Michela Mayer, 1 Quademi di Villa Falconieri, no. 18) ainsi qu'un résumé en anglais, préparé pour l'OCDE.
En ce qui concerne la deuxième phase, le CEDE a choisi 20 projets (et plus de 30 écoles, puisqu'un projet est constitué par un réseau entre 12 écoles moyennes et 5 écoles secondaires de Mantoue), 10 relatifs à l'enseignement obligatoire et 10 à l'enseignement secondaire, répandus dans tout le territoire. On a essayé, avec les enseignants, de définir des objectifs communs de la recherche: l'indication des thèmesàintroduire dans les disciplines traditionnelles mais aussi le développement
des qualités dynamiques; les instruments nécessaires pour connaître et prendre en compte les conceptions des apprenants et leur "imaginaire"à propos de l'environnement jusqu'aux moyens d'évaluation de l'efficacité des projets en termes de changement d'attitudes et de comportements.
Un séminaire initial sur la méthodologie de la recherche-action a permis de s'accorder sur les méthodes et les instruments de recherche, qui sont maintenant appliquésàl'intérieur de chaque projet; des rencontres périodiques permettent de comparer les différentes expériences et de préparer des études de cas pour les répandre au niveau national.
3. RESUME DE LA DISCUSSION
Àla suite de l'exposé ci-dessus sur le projet de recherche E.S.l., celui-ci a porté sur plusieurs points :
3.1. Le rôle de l'école primaire pour le développement d'un comportement responsable.
S'il paraît possible d'envisager une éducationàl'action en faveur de l'environnement au niveau du collège, au niveau de l'école primaireilest bien difficile d'envisager une action, effectivement décidée par les élèves sans l'apport déterminant d'un adulte.Lerôle de l'école primaire semble plutôt être celui de préparer des conditions telles que les élèves puissent assumer des responsabilités et s'engager dans des actions en faveur de l'environnement au cours des phases successives de leur formation. Une de ces conditions est la capacité d"'écouter" l'environnement et même passivement de se maintenir en contact profond avec le milieu naturel. Surtout pour les enfants des grandes villes, cette capacité d'entrer en contact avec les éléments naturels et de créer des liens permet dans le collège un engagement envers une société compatible avec les équilibres de la nature.
Franco Lorenwni a parlé des expériences qu'il a conduites en cette direction et a montré aussi une vidéo. Pour en savoir plus on peut se référer à sa communication.
3.2. Comment un projet d'éducation à l'environnement peut-il changer les relations entre école et institutions locales?
Jusqu'ici l'école a demandé des servicesà la municipalité ou aux institutions locales plutôt qu'elle ne les a offerts. L'éducation à l'environnement peut changer ces démarches et proposer l'école comme sujet actif qui présente et réalise des projets d'intérêt commun à un prix très modéré.
En Italie on a eu plusieurs exemples de ce changement d'attitudes et de démarches:
- 4 écoles secondaires de Mantoue travaillent depuis dix ans au contrôle de la pollution des cours d'eau de la province. Il s'agit d'écoles à orientation technique (chimistes et micro-biologistes), mais il y a aussi une école de formation d'instituteurs qui contribue à l'identification du microplancton. Une vidéo a présenté les démarches du projet: d'abord les élèves localisent, d'après
les documents et sur le terrain, le bassin hydrographiqueàétudier, puis ils déterminent les lieux d'échantillonnage, font les analyses, interprètent avec l'aide des enseignants les données recueillies et enfin, avec l'aide des élèves de l'école d'Art, organisent une exposition ouverteàla communauté. Cene année, pour la deuxième phase de la recherche internationale, le projet a été élargi: les élèves des 4 écoles secondaires iront apprendre les techniques d'analyse de l'eau aux élèves de 12 collèges, en partant de l'identification de la flore et de la faune comme indicateurs de qualité de l'eau pour arriver aux analyses chimiques et bactériologiques, évidemment simplifiées. Les 12 collèges sont situés dans différentes petites villes, toutes sur un même bassin hydrographique, celui du Mincio, constituant ainsi un réseau pour le monitorage pennanent du fleuve; on espère que dans deux ans ces villes seront toutes connectées par voie d'ordinateur et qu'elles pourront alors fournir à l'administration provinciale l"'état de santé" du fleuve en temps réel;
- les collèges de la Val di Fassa (dans les Dolomites) ont décidé depuis plusieurs années d'organiser une partie du travail dite par "devoirs de réalité" ; cela veut dire que les classes sont invitéesàs'engager sur des contrats, etàfournir des "produits" commandés par une institution. Cette façon de travailler a conduit à plusieurs projets, età des produits pour l'environnement: une étude de l'utilisation par les oiseaux des nids artificiels construits à l'école (travail commandé par le WWF) ; une campagne publicitaire pour la collecte sélective des ordures ou encore la formulation d'un dépliant d'information et de recommandations aux citoyens au sujet de la nouvelle station d'épuration (travaux commandés par la Municipalité) ;
- d'autres écoles, comme celle de Mariella Morbidelli, de Castiglione dei Lago, travaillent dans cette même direction. Le rapport de son travail a été présentéàl'atelier et est présent dans ce livre. 3.3. Comment incorporer dans un projet les disciplines classiques ?
Le problème en discussion n'était pas seulement celui de la "convergence" disciplinaire mais surtout celui des compétences disciplinaires qui semblent indispensables (aux enseignants!)pour pouvoir envisager des problèmes réels et complexes comme ceux qui sont relatifs à l'environnement Les enseignants, surtout les professeurs d'école secondaire, pensent queilfaut~connaître les éléments de la discipline pour pouvoir les appliquer!Ulill. Par conséquent le moment de l'approche global et systémique, le moment du projet, n'arrive qu'à la fin du cours (ou plus souvent jamais!). Le risque, disent-ils, consiste dans le fait que l'approche ne soit pas globale mais seulement superficielle, et que l'on apprenne aux élèves à prendre des décisions sans en connaître les fondements scientifiques. Sans doute, le risque existe; la "solution" proposée par plusieurs écoles est celle de consacrer au projet une partie définie de l'horaire scolaire (de deuxàquatre heures par semaine, ou mieux un temps équivalent mais qui peut être fixé en suivant les exigences du projet) et d'orienter les finalités dans les disciplines vers la compréhension "scientifique" des différents aspects. Naturellement la condition la plus importante C'est que le projet corresponde au niveau des étudiants et que ceux-ci puissent en comprendre les éléments fondamentaux en utilisant les connaissances et les capacités, propresàleur âge.