Biotechnologies
et
agriculture
:impact
et
Perspectives
Jean Semal,
PhiliPPe
LePoivre
ri
*|'"
epuis
que les
sociétéshumaines
délaissèrent
Iacueillette
et la
chasse Pourse consacrer
à
I'agriculture,elles
ont mis en
æuvre dela
biotech-nologie
avantla lettre,
en manipulant-
les génomes desvégétaux, des animaux
O:l
?.1.microbes
(uia
Ia. sélection et-
l'hybridation des
organismes)et
entransfotmant
les
Produits
deI'agriculture .
Ces pratiques traditionnelles, que
l'on
seraii tenté de
qualifier
de u douces o,ont
brasséet
recombiné des myriadesde gènes végétaux
et
animaux,tout
enassurant
une
progressioncontinue
dela productivité
deI'agriculture et
unedivèrsification croissante dans
l'emploi
de ses
produits.
Ellesont
ainsi utilisé,de
façon
empirique,
les
micro-organismes naturels
pour
produire desboissons fermentées
ou
des fromages.L'avènement
des
biotechnologies, ausens
moderne
du
terme,
a
constituéune
rupture
technologique sansprécé-dent
qui
marquera
la
décennie 80.Alors
que les pratiques traditionnellesde
I'hybridation
opèrent sur desorga-Q
i:ï
î,'
:ï':::'
j;;,,xîï
":T'
il'.'ff
:lï
:lulaire et
moléculaire. Tandisque
lesméthodes classiques
se heurtent
auxincompatibilités
génétiques naturelles entre organismes éloignés, lesmanipu-lations génétiques et moléculaires
abo-lissent
les
barrières
infranchissables-
entre les espèces animales, végétales etmicrobiennes.
Transposant ces données
en
matièrethermodynamique,
Y.
Demarlyconsi-J.
Semal,P.
Lepoivre:
Laboratoire dePathologie végétale, Faculté des Sciences
agronomiques de Gembloux, 8-5030
Gem-bloux, Belgique.
dère
que
depuis3 milliards
d'annéesles aciàes nucléiques transmettent des
fonctions
à
des êtres
de
complexité croissanteen
échangeantde
l'énergieavec
I'environnement. La
gestion desressoufces naturelles
et
le
tecours auxcentres
de
diversification des espècesreprésentent
dès
lors
une
temontéed'entropie de
100 000 anstandis
queles manipulations
in
uitro
desstructu-res subcellulaistructu-res représentent
un
retouren
arrièrede
1 milliard
d'années [1](figure
1).Figure 1. Remontée entropique des biotechnolo-gies végétales.
Figure
1.
Entropicback
streamof
plantbiotechnology.
Mais
aujourd'hui
quela
biologie peut beaucoup,à
défaut
de
comPrendretout
ce qu'ellefait,
c'est l'ensemble dela communauté scientfique et
du
corpssocial
qui
est amené à s'interroger surles biotechnologies, o source
d'inznzen-ses pronzesses
et
de
dfficu/tîs
poten-tie[/es
,,
selon
les
termes
de\7.D.
Hopper,
vice-Présidentde
laBanque
Mondiale
[2].C'est que I'actuelle puissance,
poten-tiellement immense, des manipulateurs
de la vie,
n'éclaire guèresur
cequ'iI
convient
de faire
et
n'établit pas
depriorité
dans leschoix
à
opérer avecàes
moyens humains
et
matérielsnécessairement limités.
Certes,
on
nepeut
que donner raisonaux
acteursde
la
progressionfou-droyante
des sciencesbiologiques
etbiochimiques,
en
s'émerveillant
aveceux devant les
découvertes, toujoursplus
extraordinaires,dont ils
enrichis-ient
les connaissancesde I'humanité'
Mais les applications
à
grande écheliede ces découvertes posent des questions
nombreuses
et
controverséesà
propos desquelles lespoints de vue
dif{èrentou
même divergent.Il y a
les
firmes
Privées,
dontquelques-unes se sont lancées
à
corpsferdu
dans lesactivitésbiorechnologi-ques. Souvent, elies
fonr aujourd'hui
rettaite dans quelque havre protégé, où
la
haute
valeur ajoutéeattendue
desproduits permet de prendre des risques
ialculés. Elles attendent prudemment
que l'avenir se
décanteet
fasse unmeilleur
sort àla
propriété des gènes,à
la
brevetabiiité des otganismestrans-géniques
(ou
des techniquesqui
per-mettènt leur obtention),
ainsiqu'à
laréglementation régissanc
leur
exp-éri-méntation, leur mise en ceuvre et leur
rentabilité
économique.il
y
a
ies responsablèsde la politique
scientifique,
qui
manquent
souventd'informations
et
de recul pour
rma-ANN EIS 0 1992I
A
I I I I I I I I I3
1900È
g'=
1001 tttL Ë é=
= .qê
o = o c o Ë t0 o l0' Hybridotions CenTres de diversificolion lngenieriegénéTique te83T-I
'/>
ll
,â/
t\Æ
Y
æ*
lee?Cahiers
Agricultures
1992
; t :
7t3-62
giner
et
élaborer des stratégiesspécifi-ques, intégrant
les
biotechnologies nouvelles dans desfilières
deproduc-tion ou de
transfotmations
agro-alimentaires ou pharmacologiques,
qui
soient appropriées aux différentes
con-ditions
de
dévelopPement
socio-économique.Il
y
a
les législateurset
les économis-tesqui
s'interrogent sur l€s ajustementsà opérer en matière réglementaire pour
prendre
en
compte les nouvellesbio-technologies.
il
y
a les agriculteurs et les producteurs classiques de semences,qui ont
contri-bué au
progrèsde
la
productivité
aucours des décennies écoulées,
dont
leconcours est essentiel
quoi
qu'il
arriveet qui
s'interrogent sur les conséquen-ces économiques des changementsqui
s'annoncent.
I1
y
a
les associations soucieusesde
la protection des tessources naturelles, quicraignent des effets négatifs
sur
iadiversité
et
l'évolution
génétiques.Il
y
a enfin les consommateurs, pris enotage entre des protagonistes extrêmes,
dont
les unsfont
miroiterun
bien-être assuré, basé sur des accroissements deproductivité
qui
tiennent
du
miracle,êt
dont les
autres brandissent
lamenace
des
dangers générésPar
lapeur
de
I'inconnu.Il
convient donc d'analysersystémati-quement l'innovation technologique et ses applications, en les replaçant dans
leur
contexte
économique,social
etécologique
et
en
considérantglobale-ment les
processusd'adaptation
réci-proque entre les différents facteurs en
cause [3].
Des
prûductions
ag
rico!es
à la
moléculture
Le
rôle
des
biotechnologies
dans
les
pays
industrialisés
L'analyse des
flux
entte
lesagrofour-nitures (intrants sanitaires, additifs
ali-mentaires, engrais, semences),
la
pro-duction
agricole (animaleet
végétale)et
les utilisateursd'aval
(filièresagro-alimentaires, industries
pharmaceuti-ques
et
cosmétiques), confirmel'inter-dépendance entre 1'activité de ces
sec-teurs et
le
développement desbiotech-nologies (Tableau 1).
Chez les végétaux, on a vu s'accumuler
un
arsenal de méthodes d'analyse desgénomes (Tab/eau
2)
etune panoplie deméthodes de transformation génétique
qui
s'appliquent
non
seulement aux Solanacées et aux Cruci{ètes, mais aussi désormais aux céréales, auxlégumineu-ses
et
aux plantes ligneusesï4,
tl
Ces résultatsont
été
rendus possibles grâce au progrès des cultures de tissusin
uilro
et au développement detech-niques
de
transformation
génétique, comme l'électroporation,le
bombarde-ment
paniculaire (biolistique)et
I'uti-lisation
de vecteurs de gènes[6].
Desplantes transgéniques de qualité nutri-tionnelle accrue, capables de résister à
des attaques parasitaires
ou
à des her-bicides, ou encore productrices de nou-velles moléculesà haute
valeuraiou-;'"'J
:1:,:,ï'
^î
t'fi
ffi
o,îliï,'!)"rf
o
Après
une
premièrepériode de
rela-tions
conflictuelles entre les améliora-teurs classiques et lestenanr
dela
bio-logie
moléculaire,
on
reconnaît
aujourd'hui la
nécessitéd'intégrer
cesdeux
secteursd'activité
pout
Permet-tre l'étude
des produitsde la
transge-nèse dans les conditions pratiques de
culture, avec évaluation de leur
confor-Ouelques
étapes
récentes
du
développement
des
biotechnologies
en
agriculture
Biotechnologie microbienne Biotechnologie végétale Biotechnologie animale Années
-
mycorhizatton-
fixation d'azote-
culturede
méristèmes-
haplométhodes-
cryopréservation-
biopesticides (sélectionde
souches non modifiées)-
fusionde
protoPlastes-
variationset
somaclonalegamétoclonale
-
technologie des monoclonaux (diagnostic)antlcorPs-
reproduction animale(superovulation, transfert
d'embryons...)
-
technologie des anticorPsmonoclonaux (diagnostic) 1 980
*
bactéries antigel biopesticides (souches modifiées génétiquement) biost.rrulantsde la
croissance plantes transgéniques via Agrobacteriumtransfert direct d'ADN
-
amplification enzymatlquein
vitrod'ADN
(PCR)@ vaccins vivants molécules thérapeutiques animaux transgéniques-
amplification enzymatiquein
vitrod'ADN
(PCR)o 1 990-
contrôle microbiennesdes flores-
moléculture-
thérapie génique 1 99?Diagnostic moléculaire
par
caractérisation
des
acides
nucléiques
Sigle Méthodologie
Séquence d'ADN marqué (sonde) complémentalre d'une
séquence nucléotidique cible.
Le
marqueurest soit
un
lsotope radioactif,
soit
uneenzyme,
un
antigène...Transcriplion par une ADN polymérase.
Séquence d'ARN marqué (sonde) complémentaire d'une
séquence nucléotidique cible.
Transcription par une ARN polymérase
à
partir d'ADN. Amplification d'un segment polynucléotidique déterminé,compris entre deux courtes séquences.
Synthèse des amorces correspondant
à
ces séquencesde l'ADN cible et transcription répétitive du segment pré-déterminé par une ADN polymérase thermostable (Taq).
Analyse des fragments obtenus par traitement d'ADN
avec des enzymes
de
restriction. Après électrophorèsesur gel, le profil de restriction est caractérisé par
colora-tion des bandes ou par utilisation de sondes
complémen-taires marquées.
Amplification de séquences non définies à l'aide d'amor-ces aléatoires, suivie de RFLP pour caractériser les
pro-duits obtenus.
mité,
deleur stabilité et de leur
ren-dement
par
les spécialistesdu
terrain[1,
7].Dans
le
secteurdes
biotechnologies animales,la
prévention des maladies,la
fécondation
et
l'embryogenèsein
aitro, font
des progrès rapides chez lesmammifères domestiques, avec chez les
bovins,
la
possibilité
de
créer
desembryons transgéniques
pouvant
êtretransplantés chez des mères porteuses.
On
a
réalisé également
le
clonaged'embryons (plusieurs individus à
par-tir
d'une
seulecellule
fécondée) partransfert de noyaux dans des ovocytes
énucléés [8].
Il
se pose cependant des
questionsd'opponunité,
suscitant cenainescriti-ques
:
possibilité
d'appauvrissementgénétique, propagation possible
degènes
à
risque,
inrerrogations quantaux avantages économiques des
mani-pulations envisagées.
Quel
intérêt ya-t-il
d'amélioret
encore,pour
autantque ce soit possible, les performances
laitières
ou
la
production
de
vianded'animaux déjà
hypersélectionnés parles voies
de l'hybridation
classique ?A
cet égard,P. Douzou,
ancienprési-dent de
I'Institut
national de larecher-che
agronomique(INRA) de
Francevoit
un
avenir biomédicalà
I'agricul-ture, par exploitation du
modèleani-mai, naturel ou modifié par la
trans-genèse
[9].
Chezles
grandsmammi-fères domestiques (bovins,
caprins,ovins),
le
greffaged'un
gène étrangerpermet
de recueillir,
dansle
sang oudans
le
lait
des animaux transformés, des substancesd'intérêt
thérapeutiqueà
haute valeur ajoutée [10,
11].
P.Douzou
considèreque
la
perspectived'une
o humanisation,
des
organesprovenant des animaux d'élevage, afin
de les rendre greffables chez I'homme,
est
susceptibled'ouvrir
un
nouveauchamp d'applications aux productions zootechniques [12].
Les pays industrialisés
sont
les mieuxplacés
pour
développer lesbiotechno-logies
de
pointe,
car
ils
disposent-à
sulfisance des infrastructures
scientfi-ques permettantla
découverte,la
miseau
point
des applications, ainsi que,leconirôie
de
la
mise
en
ceuvre desméthodes biotechnologiques
et
desproduits transgéniques dans les
indus-tries, les grandes cultures
ou
l'élevage.A
cet égard, la moléculture (ou culrurede molécules) présente
un
intérêtpar-ticulier pour les agriculteurs européens,
t
cADN {1 ) cARN {2) PCR@ {3) RFLP (4) RAPD (5) AP.PCR@ (6)-l
(1) ADN complémentalre. (2) ARN complémentaire.(3) Amplification en chaîne par polymérase (ACP).
(4) Polymorphisme de taille des fragments de restriction (PTFR).
(5) ADN polymorphique amplifié de faÇon aléatoire.
(6) Amplification en chaîne par polymérase à l'aide d'âmorces arbilraires
Molecular diagnosis
by
characterization
of
nucleic
acidst
Principales applications agronomiques
chez les
végétaux
du transfert de
gènes
-
résistance aux herbicides:
tabac, pétunia, pommede
terre, peuplier-
résistance aux insectes {production de toxine de Bactllus thuringensis, inhibrteur de
protéase):
coton, pomme de terre, tabac-
résistance aux virus (production de la protéine capsidiale, ARN satellite):con-combre, tomate, pomme
de
terre-
résistance aux stress (métaux lourds, salinité):
tabac, tomate-
valeur nutritive améliorée (productionde
protéinesde
réserve: zéine, gluté-nine, conglycinine) au stade expérimental chez des plantes modèles : tabac, pétunla-
produclion de molécules à haute valeur ajoutée {par exemple hormones) : colza, tabac-
stérilité mâle (productiond'une
ribonucléase):
colza*
modificationdu
coloris des fleurs (ARN antisens):
pétunia-
modification de la maturation des fruits (ARN antisens de la polygalacturonase) :tomate
Major
applications
of
plant
gene
transfer
in
agriculture
soumis
au
stressde la Politique
Agri-cole Commune de la CEE. On envisage,pour ces moléculteurs, la production de sources d'énergie renouvelable, la
trans-formation
des
produits
agro-alimentaires,l'élaboration
de matières premières pour les bioindustries, lachi-mie fine et la
pharmacologie.A
titre
d'exemple,
les
programmesEURËKA
de
la
Communauté Euro-péenne compoftentun
financement de280
miliions d'ECU (1 ECU
=
7
FF)pour
des recherches dans lesquelles onrerrouve notamment
la
miseau
point dela
synthèse del'hormone de
crois-sance humaine dansle
navet (Brassica napus) , ainsi que nombre de projets surle
diagnostic biochimique
d'agentspathogènes.
Biotechnologies
et
pays
en
développement
Quels effets les biotechnologies auront-elies sur
l'agriculture
et l'élevage dans Ie monde ? Leur impact sera sans doute moins spectaculaire et moins rapide quedans
le
domaine biomédicalet
agro-alimentaire , car les systèmes de
produc-tion
agricolefont partie
intégrante du tissu social, économique ettechnologi-que.
On
nepeut
donc analyser lapro-blématique
de
leurs
applications
àI'agriculture, sans considérer I'ensemble des filières de production, notamment
dans le contexte particulier des relations
Nord-Sud ItA].
Dans
les
pays
en
développement, I'accroissementde
la
production
ali-mentaire, lafourniure
d'énergie à bonmarché
pour les
usages ménagers, lalutte
contre
la
désertification
et
ledéboisement devraient constituer des
priorités essentielles, avec l'amélioration
de
la
santé
et de
l'hygiène
publi-que
[14].
Certains
considèrentà
cetégard
les
risquesde
bouleversementséconomiques et sociaux qu' entraînerait
la
mise en ceuvre incoosidérée decer-taines biotechnologies, ce
qui
pourrait contribuer à accroître Ie fossétechnolo-gique Nord-Sud
[1i].
D'autres,encou-ragés par des réalisations scientifiques de
haut vol, veulent voir dans l'avènement
des
biotechnologiesune
source iné-puisable de bienfaits capables derésou-dre les
insuffisances chroniques dontSummary
Biotechnology
and
agriculture:
impactJ.
Semal, P. lepoivreApplication îo agiculture of the
new discoaeiesin
tltefeld
of
nzanipulating/iaing
organisnzs certain/1 opensinte-re$ing
perspectiues,but
a/so
raisespotentia/ prob/ems. Tbe most
recentsteps
in
tbe detelopment ofagicultu'
ral biotechnolog1 are listerl
in
Table 1,In
microbiology, progresl was nzainllin
tbefield
of
biopesticidesand
bio-stinzulants.On
tbe other band,p/ant
and anima/
sciencesbeneftted
fronzmajor aduancement
in
the
techniques of genetic manipulation, repro ductioncontro/,
disease diagnosisand
tbera-peulics,
t/tuspauing
tlte
wayto
tlte introduction of reuolutionary metbodsin
cropand animal
busbandry. Table 2 summaizestlte
techniquesof
nucleic acid cbaracteization cunenT/yused,
witb
increasing specificity,accu-racj, and rapiditl
in
identifying
biomo/eca/es.T/te malor applications of gene'trans'
fer
obtained tbusfar witb nop
plants are listedin
Table 3.Tbel
deal mainlywith dùearc and slress resiJTance, newer
tecbniques
in
geneticor
reproductionmanip u/ation, togeTlter
wit/t
improued
qua/ity and increased econonzica/ aa/ue
of
the products.Beside tlte successes t/tus obtained and
the perspectiues of euen more
sensatio-nal
discoaeries, thereis a
lessbight
sideof
tbe question, nanzefi tbe/imi'
taTions, either scientifical or
socio/ogi-cal,
of possible applications.Table 4 prerentr a sarvey of the
poten-tia/s of
plant
biotecltnology togetberwitb
the prob/erns encountered. Twonzain
oblectiaes
are
i//ustrated
:increase tbe
field
of a giuen genotypeby
sanitation
or
lranrgenesis;
and
modifjt tbe aaailable genomer by
spee-ding
up
genetic
imProuemenr Prograîls,
oa erconzing incornp atibility fac-toÆ,
or
creating additîona/
geneticuaiabilit1.
IY/tateuer
tbe
metltods
ured,
tlteimproued organisms shou/d be
subrnit-ted to
extensiuefield
testingin
orderto
ascertaintheir
aa/uesin
terrnsof
genetic conformity andslabi/it1,
sus-tainable
healtb
tbrough
successiuecroppings,
yield,
andproduct
qualhy.Saccessful sanitation
by meistern tip
and
perspectivesculture
is
exarnplifiedby
case studiesdealing
witb
sweet potato freedfrom
uirusesin
Guangc/ong prouince, China(figure 2), and
witb
tlteproduction
oJuirus-free poraîo
plant/ets
in
Rwanda (figures3
and4), witltin
tbe franze oJcooperatiue researc/t programs
uitb
tltefinancial support of EEC.
II/itlt
suclt aegetatiaely propagated crops, tbeualo-rization ofuirus-free c/ones rests on t/te
setTing up of controlled sbemes
of pro
duction
of
fleld-propagated
healtbyseed mateia/, by aaoic/ing natural
rein-fecTion, and by roguing infected plants. The sociological and economical
imp/i-cations of biotechnolog1 applicarions in agicu/ture s/tou/d not be
underestirza-ud,
notabfuin
deuelopingcountiet.
In
tltis respect, sucb issues arpaîentd-bility of
liuing
microorganisms, geneownership,
genetic diuersitl, or
far'
nzer'sigltts,
sbou/d be raised and ade' quatefudelt uith.
Tbe explosiue rleaelopmenr of
biotecb-no/ogy
in agicu/ture
raises rnixedfee-lings
of
adnzirarion andfear,
wbicbneed
to
be
rnanaged adequatel1 bytaLing
into
accounl tbe socia/,econo-mica/, scienrifc and eco/ogica/
enuiron-rnent, inc/uding tlte specific context
of
Nortb-Soutlt relationsbip.
In
industria-lized counties, the scientific and /egis'
latiue
bacAgrounda/lows
a
suitable control of biotecltnolog1 applications in industry, cropproduction,
and aninza/lt
u
ban dry. Biotecbnology innouationscou/d /ead tbere
to
an
increasing useof
transgenicp/ants and
anima/s, to produce specifc nzolecules intendedfor
bioindusiies,
fine
cbenzicals, or pltar-nzaceutica/s.In
deueloping counties,where production
of food
and of rene'wab/e- energy
are
essentia/, togetberwitb
cash ciops, biotecltnologieshaw
many
potential
applications.Benefit-ting
from
lhem,
howeuer, requires a progressiue and adapted deue/opment,basèd on legal and p/tysical
infrastruc-tures, as we// as the
hunan
sÀi/l toper-fornz on-site contro/.
Attention sltould
be
paid
a/so to ensure tbe rtaiouspro'
grirns
conespondto tbe
needsof
tbe \eleuant populations andto tlteir g/o'
ba/
enuironment.souffrent les pays
en
développement.Mais face aux exigences des bailleurs de
fonds internationaux (Banque Mondiale
er
Fond
Monétaire
International,
notamment) poftant sur
la
dette
despays
du
Sud,
avec les aménagementsirÉ.tut.lt
qui
en découlent, làscultu-res d'exponation risquent d'être les
seu-les à bénCficier de
l'appon
desnouvel-les biotechnologies,
au détriment
descultures vivrières, considérées comme
appaftenant à
un
secteur ., orphelin n,eitérieur au
système marchand.Plusieurs niveaux de complexité doivent
être
distingués
en
l'occuttence
(Tableau
4).
Certaines méthodes, ditesbiotechnologiques, relèvent
d'un
savoir-faire
traditionnel, ou ont
été mises en cÊuvreet
transférées depuis prèsd'un
demi-siècle
:
les pratiques
culturalesassociant mars et légumineuses en
Amé-rique
du
Sud, lafenilisation
desriziè-res
par
les
cyanobactéries fixatricesd'azote associées aux Azo//a, ou encote
l'utilisation
de Rbizobium pour l'enro-bage des grainesde
légumineuses envue de
la
production de nodules fixa-teurs d'azote atmosphérique. Cespra-tiques sont largement répandues dès à
présent dans les régions tropicales [16]
et leur
développementprofite
ample-ment
aux cultures vivrières.L'assainissement
de
clones
végétauxchez des espèces à propagation
végéta-tive,
constitueune
des retombées lesplus
anciennes des culturesde
tissus dans ies pays industrialisés et représentela
basede
la
lutte
contre
les
virusphytopathogènes
[17].
Les laboratoiresdes pays en voie de développement pos-sèdent dès à présent la capacité de
pro-duire,
àpetite
échelle, des vitroplantsassainis, libres de virus et autres agents
pathogènes. Néanmoins,
cette
opéra-tion
ne présente une rentabilitéécono-Ot",""r't't
"t
,,tt,
Objectifs Techniques Limitations
Accroître le potentiel
derendement du
génotypeassainissement virologique
création de résistance par transgenèse
multiplicat o.r des génotyoes performa nts
cultures de méristèmes thermothéra pie
intégration de nouveaux gènes (protérne caps'd ale de vi"us, toxi^e
insecticide, etc. ) m ic roboutu rage em bryogenèse non-conformité du phénotype non-conformité du phénotype
(
génotype réfractaireI
insrabir té du phénotyoeI
coût/bénéfice-u
Améliorerle
génotypeo
accélérerle
programme d'améliorationhaplométhodes
androgenèseO.u,'..,,on
in
vitro
gYnogénèseo
surmonter les facteurs d'incompatibilitésauvetage d'embrYons
fécondation
in
vitroo
créer une variabilité génétique additionnelle dérégulation de l'information génétiquegénotype réfractaire
non corrélation avec le comportement
au champ
génotype réfractaire
f
génotype réfractaireI
performance insuf fisante au champ(
instabilrté( i^.r.t^itiiÂ
\ .rr"*.,,".
d'expérimentation au champ)
performance insuffisanle au champ(oroblèmes liés à la valorisation commerciale
t
variation somaclonale
variation gamétoclonale
apport d'information génétique exogène
régénération
à
partir de cala nd roge nèse gynogenèse fusion de protoplastes transformation par :
-
vecteur procaryotique-
électroporation-
biolistiquePotential and limitations
to
plant biotechnology
Figure 2. Champ de multiplicatlon de patate douce dans la province chinoise de Guangdong
{Cliché J. Semal).
Figure 2. Field propagation of sweet potato plants in the Chinese province of Guangdong
de terre (PNAP)
dont
le siège est situéà
Ruhengeri,nous
avons ptocédé enl98r-1987
à l'assainissement devarié-tés
rwandaisesde
pommes
de
terte.Celles-ci ont été ffansférées au Rwanda
sous
forme de
microtuberculesou
demicroplantules. Sous la direction
du Dr
Tegera,
le PNAP
de Ruhengeria
misen place un iaboratoire de micropropa-gadonvégétative de la pomme de terre. Les produits assainis sont eûsuite
pro-pagés dans des champs
de
multiplica-tion
situés en altitude, àl'abri
descon-taminations par les pucerons vecteurs de
virus et par
la
bactériose àPseudorno-nas so/anacearunz. Cette
filière,
bienconduite, devrait permettre
d'approvi-sionner en plants de quaiité les
produc-teuts locaux de tubercules de
consom-mation
(figuresj
et
4).Un deuxième niveau
d'exploitatio"
d:O
biotechnologies végérales vrse à l'amé-
-lioration des plantes par diverses
métho-des de culture
in
aitroafin
de lever lesincompatibilités
rencontréeslors
deI'hybridation
ciassique. Sur le plan desinfrastructures scientifiques, la sélection de variants somaclonaux, ou
gamétoclo-naux (par cultute d'anthères
et
obten-tion
de dihaploïdes), requiertrelative-ment
peu d'investissements matériels,mais exige en tevanche une main-d'æu-vre
qualfiée,
dotéed'aptitudes
spéci-fiques.
Ii
s'agira donc surtoutici d'un
transfert de matière grise, aia la
forma-tion
de scientifiqueset de
techniciens dehaut
niveau.Un
exemplesignifica-tif
de I'exploitation de ces technologiespar un pays
du
Sud : les recherches suria tolérance
du
blé à la salinitécondui-tes à l'Université de Rabat (Maroc), en
:jji:î:
JHl'ffi
,u;i3:;:i":"#-o
Enfin,
l'insertion
et
l'expression
denouveaux gènes
dans
un
organisme, constituentl'une
des retombées impor-tantesde l'ingénierie génétique.
Cestechnologies de pointe sont certes riches en promesses et leurs applications dans les pays du tiers-monde pourraienr
pro-bablement aider
à
affronter
certainsproblèmes graves
qu'il
n'est paspossi-ble jusqu'à présent de résoudre par les
voies classiques, notarnment sur le plan
de la résistance aux maladies, aux pro-duits toxiques et aux facteurs de stress.
Ces projets ne sont cependant pas sans
susciter des polémiques eritre les
parti-sans de technologies légères, nécessitant
peu d'investissements et dont les
retom-bées sont prévisibles à
coun et
moyenmique adéquate que lorsqu'elle s'intè-gre daos une
filière d'amont et
d'avalpermertant
aux
plantes
assainiesd'exprimer pleinement leur
potentia-lité.
Si les filières d'avalfont
défaut, larentabilité de I'ensemble de I'opération
d'assainissement risque d'être
compro-mise, même si
la
maîtrise de lamicro-propagation
in
ailro
est assurée [18].Certaines
études
de
cas
permettentd'illustrer
ces situations.La patate douce est cultivée de manière
traditionnelle
dans
la
province
deGuangdong
(Chine),
avec desrende-ments
de I'ordre
de
20tlha
pour
lesvariétés locales. Des variétés améiiorées,
introduites
de
l'étranger
et
cultivéesavec engrais
et
protection
phytosani-taire, peuvent atteindre des productionsàe
75tlha.
Ces variétés performantess'avèrent cependant très sensibles aux
viroses
ffigure
2).Dans le cadre
d'une
recherchesubven-tionnée par
\a
CEE,en
collaborationavec I'Académie des Sciences agricoles de Guangdong, nous avons entrepris un
programme d'assainissement
virologi-que
des principales variétésde
patatedouce
du
Sud dela
Chine. La simpleculture de méristème, suivie de
micro-propagation, entraîne
des
accroisse-ments significatifs du rendement, aliant
jusqu'à
100 o/o chez certaines variétés[19]. Toutefois, la rentabilité financière de I'opération dépend de
la
vitesse de réenvahissement des plants assainis parles virus présents dans l'environnement
local, ainsi que du nombre de cycies de
multiplication
au champqu'il
estpos-sible de réaliser tout en maintenant une
qualité
phytosanitaire adéquate.
Lamise au
point,
dans notre laboratoire, de sérums appropriés, devraitpermet-tre
aux collègues chinois d'assurer unsuivi
adéquat
du
compoftement
auchamp des clones
de
patate
douce assalnls.Pour ce
qui
est de la pomme de terre,I'importation de plants de
l'étrangerassure, pour les pays en développement,
la
sécurité
d'un
approvisionnement régulier et rapide en variétés disponiblessur
le
marchéinternational.
Certainsfacteurs cependant
militent
en
faveutd'un
remplacement progressifde
cesystème
par
des productions locales :sonie de devises, qualité parfois
irrégu-iière
et
incontrôlable
des
produitsimponés et intérêt de cultiver des varié-tés locales, non disponibles sur
le
mar-ché international.
Dans
le
cadred'un
contrat
subven-tionné par la CEE, en collaboration avec
I'Institut
des Sciences agronomiques duRwanda
(ISAR),
responsabledu
Figure 3. Production de plants
sains de pomme de terre par
cul-ture de méristème dans un
labo-ratoire de l'( lnstitut des
Scien-ces agronomiques du Rwanda >
(ISAR) (Cliché J. Semal). Figure 3. Production of healthy
potato plants by meristem tip
culture in a laboratory of the
( lnstitut des Sciences
agrono-miques du Rwanda > (ISAR).
T
-.;
tÊ
I
tetme , et les tenants des technologies de
pointe,
requérant des investissementstrès imponants
et
dont
les éventuelsrésultats
ne sont attendus
qu'à
longtefme.
Plusieurs centres d'excellence, situés dans les pays en développement,
dispo-sent dès à présent
d'une
infrastructurematérielle adéquate
et d'une
expertisescientifique
suf{isantepour
mener
àbien
des programmesde
biotechnolo-gies, allant jusqu'à l'obtention de plan-tes transgéniques.
L'expérimentation au champ des
plan--
res transséniques vient de débuter dansJ.r p"yri
haur potentiel
scienrirlque.-
Prenant quelque recul, la transpositionde la transgenèse dans les pays en
déve-loppement devrait se faire
progressive-ment
et
de
manière adaptée,pat
Iamise en place préalable
d'infrastructu-res humaines, matérielles et
réglemen-taires
pour
rendre ces biotechnologies pleinement opérationnelles et rentables,tout en
assurantle suivi
expérimentalet le contrôle scientifique de leur mise
en ccuvre par les pays
du
Tiers-Monde en fonction de leurs besoins propres etde
leurs règles spéci{iques[20-22].
Il
faudra veiller à cet égatd à conserver ladiversité génétique
et à
respecter lesdroits de ceux
qui,
au cours de sièclesd'agriculture traditionnelle,
ont
arnenéjusqu'à nous
le
riche héritage d'un
patrimoine
génétique diversifié.Figure 4. Mulliplication
au champ de pomme de
terre de semence dans le
cadre du < Programme
National d'Amélioration
de la pomme de terre >
{Rwanda)
(Cliché J. Semal). Figure 4. Field multipli-cation of potato seeds in
the frame of the u Natio-nal Programme of Potato lmprovement D
{Rwanda}.
Aspects
socio-économiques
des
biotechnologies
et
législations
Les
premièresrègles
de
sécurité enmatière de biotechnologie
furent
codi-fiéespar le
< Livre Bleu ude
I'OCDE en 1986.Aux
USA, le Federal Registerdu
16
juin
1987 édictait les
règlesd'introduction dans
l'environnementd'organismes génétiquement modifiés.
Quant à
la
CEE, elle apublié
en i990ses propres directives
pour
l'introduc-tion planifiée
d'organismestransgéni-ques dans les milieux non confinés. Ces
différentes réglementations concernaient
exclusivement
les
organismes obtenuspar
les
techniquesd'ADN
recombi-nants, mais ce concept a évolué ensuite vers la notion plus large d'< organismesmodifiés génétiquement > (OMG).
Si l'exploitation
des micro-organismestransgéniques
en milieu
confiné
nesemble
plus
guèrefaire problème,
lerelargage
dans I'environnement
desmicro-organismes modi{tés
génétique-ment
soulève des questions[23].
Lesviolentes polémiques
et
lesconfronta-tions
juridiques
opposant lesécoiogis-tes américains (représentés par Jeremy
Rifkin)
et les promoteurs des recherchessur les bactéries génétiquement
modi-fiées, en vue de
protéger les plantescontre
le gel, ont
révélé des points del'ue très différents opposant panisans et adversaires de
l'emploi
généralisé de cestechniques [24].
Mais comment apprécier correctement
l'impact
del'introduction
dansl'envi-fonnement
d'une
souche microbiennemodifiée génétiquement, étant donné
I'ignorance relative dans laquelle nous
nous trouvons
quant
à
la
dynamiquedes
populations
de
micro-organismesdans
la
biosphère ? Seuleune
expéri-mentation
in
itu
bien
conduite peutappofter
une
réponse circonstanciée àcette question, ce
qui
requiert lapossi-bilité
de sonir les OMG
du
confine-ment
danslequel ils ont
été < créés >par
les biologistes moléculaires. Chez les végétaux, les réserves relativesaux manipulations génétiques relèvent
surtout
de
l'opportunité
socio-économique
ou
des dangers potentielsde
ces techniquespour
le
consomma-teur
et
l'environnement.
Les craintesexprimées
par
certainsquant à
l'utili-sation des plantes transgéniques, sont
liées notamment à notre relative mécon-naissance des risques potentiels attachés
à la
présence, dansun
organisme, de séquences.d'ADN
d'origine étrangère,aux mutations
qui
sont parfois associéesà ia transgenèse et aux penurbations de
la
régulation
du
génome végétal qui peuvent s'en suivre. Lors del'intégra-tion
d'ADN
étranger dansun
génomevégéta|, des séquences autres que cel-les
du
gène visé sont parfois intégrées,tandis
que le
gènede la plante
danslequel s'insère le nouvel
ADN voit
son expression modifiée, cequi
correspondà une mutation
aléatoire.On évoque également les risques de
dis-sémination
horizontale
incontrôléed'information
génétiqueà
partir
desplantes transgéniques vers d'autres orga-nismes
[25].
Quant aux risques de pro-pagation venicale (au sein d'une mêmevariété
ou
espèce),ils
sontde
naturestrès différentes selon
la
biologie de iaplante
(multiplication végétative
ousexuée)
et
son caractère autogame ouallogame. Beaucoup dépendra
enl'occurtence des précautions
qui
sont prisespour
éviter oupour
contrôler ladissémination du matériel transgénique. Dès lors que
I'on
veut expérimenter desplantes transgéniques au champ, la
des-cription
préalabledu
matériel végétaldevrait
inclure
la
caractérisationcom-plète de
I'ADN
inséré, ainsi que de sonmode
d'expression dansI'hôte.
Cette exigence,
qui
est cellede ia
Commis-sion française du génie biomoléculaire,implique une
maîtriseparfaite
de
laméthode de transformation utilisée, ce
qui
paraît
êtrele
casde l'emploi
duvecteur
plasmidique
d'Agrobacteium
tumefaciens, mais non de la transgenèsepar l'électroporation ou par le bombar-dement particulaire. Dans ce contexte,
pour
limiter
le
risque
d'un
transfert génétique d'une plante vers des bacté-ries,il
convient d'éviter l'insenion dansles plantes d'origines
de
réplications provenant de procaryotes, ou de gènesde
résistance aux antibiotiques [26].Dans
le
règne animal, les
réactionsnégatives
quant aux
applications dugénie génétique sont généralement tein-tées
de
facteurs émotionnels marqués[27). Le
débat tourne
notammentaurour des conséquences
qui
peuvent découler de recombinaisons génétiques à effets imprél'us chez le consommateurhumain,
Dans une
conférence récentefaite
àI'occasion
du
150' anniversaire de l'Aca-démie Royale de Médecine de Belgique,le
Pr. FrançoisJacob,prix Nobel,
con-sidère que les systèmes vivants se sont développés au cours de
l'évolution
en selivrant
au < bricolage n moléculaire,utilisant
une même protéine(et
doncle
gène codantpour
cette protéine) àdes usages les plus divers, selon les
cir-constances et les organismes. En
consé-quence, I'expression
d'un
même gèneaura
deseffets
bien
différents
selonl'état
(espèce, tissu, stade dedévelop-pement) de
la
cellule dans laquelleil
se tfouve.
On
sait que I'inactivation
de
gènesmurins, suite à I'insenion
d'un
segmentd'ADN,
produit
des mutants devenus:ïi:,f*
:*
J,lH:
iï
:'
li,'.ii!',î,iic
malgré I'inactivation de certains gènes, considérés apioi
comme essentiels ouimportants, les
phénotypesde
sourisétaient peu ou pas modifiés. C'est ainsi
que des lignées
à
l'aspectnormal
ontété trouvées entièrement déficientes en
une
enzyme considérée
jusque
là comme indispensable.A
contraio,
certaines inactivations degènes conduisent, chez
la
souris,
audéveloppement de syndromes patholo-giques imprévus,
dont
certains prochesde
maladies connues
chez
l'hom-me
[23].
On est donc amené às'inter-roger sur
la
pertinence des vues classi-ques portant surle
rôleindividuel
desprotéines, considérées comme des roues
dentées
au
sein
d'un
vaste systèmed'horlogerie cellulaire.
l::liffi
:ïl'J,?:*t'ËixËî1î'o
ves de retombées économiquesimpor-
-tantes pour des sociétés privées de
pro-duction de semences. Pour ces
derniè-res, des réglementations trop strictes en
matière
d'expérimentationau
champseront perçues comme des entraves à Ia
compétitivité
et à la
rentabilité
desinvestissements qu'elles
ont
consentis. Faceà
des règlestrop
contraignantes,certains évoquent le risque de délocali-sation des potentialités de la
recherche-développement, avec transfert
à
partirde payi
à
législation trop stricte ou mal adaptée à l'expérimentation des orga-nismes transgéniques, vers des zones àréglementation
mieux dé{inie ou
pluslaxiste [28].
La protection légale
traditionnelle
destale
reposaitjusqu'il
y
a peu sur
un monopble absolu protégeantla
multi-olicarion
d'une
nouvelle
vatiété,Ïaquelle demeurait cependant librement
utilisable comme géniteur pour de
nou-velles hybridations, présewant de ce
fait
I'accès
à la variabilité
génétique [29].Dans ce contexte, les variétés végétales
étaient exclues en fait du droit relatif au brevet d'invention, ce qui constituait un
frein à la
valorisation économique deI'introduction de gènes spécifiques dans
les plantes.
Actuellement, on s'oriente vers
ia
bre-vetabilité d'une information génétique
introduite anifi ciellement,
indépendam-ment de l'organisme qui l'héberge. Les
gènes brevetés resteraient protégés dans
la
descendance des plantes transgéni-ques, ou dans les hybrides où s'exprimeIeur
information
génétique. Unenou-velle variété, obtenue à panir d'un
géni-teur transgénique, serait protégée par un
certificat
d'obtention
végétale, mais sacommercialisation devrait rémunérer le
brevet couvrant le gène intégré dans le
parent transgénique [30].
Dans le secteul animal, ia situation est
moins claire, les animaux transgéniques
étant brevetables aux Etats-Unis, mais
non en Europe. Par ailleurs, ce qui tou-che à
la manipulation
génétique de la personne humaine est considéré commeun
domaineparticulier,
où
l'éthique
p.rend
le
pas sur les autres considéra-t10ns.Conclusions
Les priorités
à établir
dansla
gestion|
|
q$Ï3i:îil:?"1î,*:
j
Ëi,?"#""î*:;
à I'environnement local ou régional de
leur mise en æuvre, tant au plan social
\
qu'économique , scientifique etécologi-'
qu..
C'est
particulièrement
vrai
Iorsqu'on
est amenéà
considérer desbiosystèmes
en
voie
de
fragilisation, commele
sont ceux dela plupart
despays
du
Tiers-Monde.Par ailleurs, les réglementations en ces
matières devraient compofter une
néces-saire
publicité,
gràce à une informationdiversifiée des citoyens quant aux enjeux
éthiques,
politiques
et
socio-économiques
de la
révolution
biotechnologique.
Ricardo Petrella, Directeur
du
pro-gramme FAST dela
CEE, estime pri-mordial à cet égard d'arriver à unemeil-leure maîtrise des conséquences de nos
innovations. C'est pourquoi
il
fut l'un
desinitiateurs d'une formation
euro-péenne
pluriuniversitaire,
rassemblanticientifiques et philosophes, en vue de rechercher et de mieux comprendre les
interfaces entre technologie, science et sociécé. Ce questionnement constitue,
d'après
lui,
une opération à risque pourses promoteurs, car
il
va à l'encontre du techno-scientismeet
de
l'économismemarchand,
qui
sont aujourd'hui
lesvale
urs
dominantes
des
sociétésindustrialisées.
Dans cette
optique,
nous considéronsqu'effectivement,
il
convientde
doter le déveioppement biotechnologique de moyens d'évaluation qui soient à la foisttansparents,
lucides
et
efficaces. D'aucuns estimeront ces qualités incom-patibles entre elles, mais nous Pensons,au conttaite, qu'elles sont les véritables
prémisses
d'un
nouvel
humanismescientifi que planétaire, développant l' an de décrypter les codages et les
décoda-ges
de la
biosphère
et de
sesmanifestations.
La génétique, discipline dont les
appli-cations multiples soulèvent aujourd'hui
des sentiments mêlés d'admiration et de crainte ,
doit
se doubler d'une généthi-quequi
prenne en compte la nécessitéd'une
meilleure
évaluationet
d'unemaîtrise mieux assurée des
conséquen-ces économiques, sociales et écologiques de l'application généralisée des biotech-nologies, dans la perspective d'une prise
en charge responsable et consciente de
l'avenir
dela
biosphère et del'écosys-tème << Humanetum
n
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implication for human diseases, Biofutur 199O;
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Résu
mé
L'explosion des biotechnologies en
agri-culture
soulève des sentiments mêlésd'admiration et de crainte, qui ne
pour-ront être gérés correctement qu'en
pre-nant en compte l'environnement social,
économique, scientifique et écologique ,
notamment dans le contexte particulier
des relations Nord-Sud. Dans les pays
industrialisés,
l'infrastructure
scientifi-que et réglementaire permet au mieux la mise en ceuvte contrôlée desnouvel-les biotechnologies dans les pratiques industrielles, agricoles et zootechniques.
L'innovation biotechnologique pourrait
y
déboucher surl'utilisation
croissantede plantes et d'animaux transgéniques
pour
I'élaboration de moléculesdesti-nées aux bioindustries, ainsi qu'à la
chi-mie
fine
et à la pharmacopée. Dans lespays en développement,
où
laproduc-tion
alimentaire et la fourniture d'éner-gie renouvelable constituent despriorr-iés
essentiellesà
côté des cultures derente,
Ies biotechnologiessont
richesd'applicadons potentielles. Leur
valori-satior, cependant, requien
un
dévelop-pement
progressif
et
adaPté.
Ellei'appuiera sur une infrastructure légale
et matérielle et sur un potentiel humain compétent
qui
en
assurele
suivi
sur place selon des notmes spéci{iques, toutèn veillant à leur nécessaire adaptation
aux
populations concernéeset
à
leur envitonnement.13. Bunders JFG. Biotechnology for small-scale
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