ISA BTP, 1◦ann´ee ANN ´EE UNIVERSITAIRE 2013-2014
CONTR ˆOLE CONTINU
Alg`ebre lin´eaire
Dur´ee : 1h30 Les calculatrices sont autoris´ees.
Tous les exercices sont ind´ependants.
Il sera tenu compte de la r´edaction et de la pr´esentation.
Exercice 1 Un peu de th´eorie
1. Soit θ ∈ R. Dans le plan muni d’un rep`ere orthonorm´e R = (O ;−→i ,−→j ), on note ρ la ro-tation de centre O et d’angle θ. Donner la matrice de ρ dans la base {−→i ,−→j } (on pourra commencer par faire un dessin).
2. Soit A une matrice carr´ee n × n. Montrer que l’ensemble des solutions du syst`eme lin´eaire homog`ene A × X = 0 d’inconnue X =
x1 .. . xn
est un sous espace vectoriel de R
n.
3. Discuter de la validit´e des affirmations suivantes. Pour les affirmations vraies on donnera une justification rapide et pour les fausses, on donnera un contre exemple.
(a) Toute famille de n vecteurs de Rn est une base de Rn.
(b) Toute matrice admet au moins une valeur propre (´eventuellement complexe). (c) Les sous espaces propres d’un endomorphisme sont tous des espaces vectoriels.
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Exercice 2 Une transformation de l’espace
On se place dans l’espace muni d’un rep`ere orthonorm´e R = (O ; −→i ,−→j ,−→k ) et on note f l’endomorphisme de l’espace dont la matrice dans la base B = {−→i ,−→j ,−→k } est
M = 1 3 2 −2 1 −2 −1 2 1 2 2
On admet que le polynˆome caract´eristique de f est P (λ) = −(λ − 1)2(λ + 1) et que
1. D´eterminer les sous espaces propres associ´es `a chacune des valeurs propres et donner leurs dimensions.
2. Donner une base orthonorm´ee de chacun des sous espaces propres de f et montrer que la famille {e1, e2, e3} ainsi obtenue est une base orthonorm´ee de l’espace.
3. Donner sans calcul la matrice de f dans cette nouvelle base. 4. `A quelle transformation de l’espace correspond l’application f ?
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Exercice 3 Un syst`eme dynamique
1. Soit A la matrice d´efinie par A = 15 4 2 1 3
.
(a) Montrer que les valeurs propres de A sont λ1 = 1 etλ2 =
2
5. La matrice A est-elle diagonalisable ? (Justifier)
(b) D´eterminer une matrice P inversible telle que le produit P−1×A×P soit une matrice diagonale D `a pr´eciser.
(c) Montrer par r´ecurrence que
∀n ∈ N, Dn = 1 0
0 25n
(on admet que D0 = I2) puis que
∀n ∈ N, An = P × Dn× P−1
(d) En d´eduire An explicitement en fonction de n (on rappelle que si M = a b
c d
est inversible, alors M−1 = det(M )1
d −b
−c a
).
2. On consid`ere un r´eservoir `a deux compartiments s´epar´es par une parois poreuse.
En observant ce r´eservoir, on constate que chaque jour, un cinqui`eme de l’eau contenue dans le premier compartiment passe dans le second et deux cinqui`emes de l’eau contenue dans le second compartiment passent dans le premier.
Pour tout n ∈ N, on note xn la quantit´e d’eau pr´esente dans le premier compartiment
et yn la quantit´e d’eau pr´esente dans le second compartiment au n-i`eme jour.
(a) En notant Xn=
xn
yn
, exprimer Xn+1 en fonction de Xn et de A.
(b) Montrer que pour tout n ∈ N, on a Xn= An× X0.
(c) En d´eduire la quantit´e d’eau pr´esente dans chaque compartiment du r´eservoir au n-i`eme jour en fonction de n et de la r´epartition au premier jour.
(d) Donner la r´epartition d’eau dans chacun des compartiments au bout d’un temps infini.
? ? ?
CORRECTION
Exercice 1 :
1. Pour construire la matrice de ρ dans la base {−→i ,−→j }, il nous faut les coordonn´ees dans {−→i ,−→j } des images ρ(−→i ) et ρ(−→j ). Or sur le dessin ci-dessous, on a repr´esent´e le rep`ere R et les deux images ρ(−→i ) et ρ(−→j ).
O
~i
~j
ρ
(
~i
)
ρ
(
~j
)
θ
θ
D’apr`es les r`egles de trigonom´etrie dans le triangle rectangle, on lit ρ(−→i ) = cos(θ)−→i + sin(θ)−→j = cos(θ)
sin(θ)
R
ρ(−→j ) = − sin(θ)−→i + cos(θ)−→j = − sin(θ) cos(θ)
R
La matrice de ρ dans la base {−→i ,−→j } est donc
M (ρ) = cos(θ) − sin(θ) sin(θ) cos(θ)
2. Soit AX = 0 un syst`eme lin´eaire homog`ene et S l’ensemble de ses solutions. – A ×−→0 =−→0 . Le vecteur nul appartient donc `a S et S est non vide.
– Soient X et Y deux solutions de S et soient λ et µ des r´eels. On a A × X et A × Y . Mais alors
A × (λX + µY ) = λ.A × X + µ.A × Y =−→0 +−→0 = 0
Ainsi, S est non vide et stable par combinaisons lin´eaires. C’est donc un sous espace vectoriel de S.
(b) VRAI. Les valeurs propres d’une matrice M sont les racines du polynˆome det(M − λI). Il s’agit d’un polynˆome de degr´e n > 1. Il admet donc au moins une racine com-plexe. M admet donc au moins une valeur propre.
(c) VRAI. Ce sont des les solutions d’un syst`eme lin´eaire de la forme A×X = 0. D’apr`es la question 2, il s’agit d’un sous espace vectoriel de Rn.
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? Exercice 2 :
1. Les sous espaces propres de f sont les vecteurs solutions des syst`eme AX = X et AX = −X. Ainsi, – E1 : AX = X ⇔ 3AX = 3X ⇔ 2x − 2y + z = 3x −2x − y + 2z = 3y x + 2y + 2z = 3z ⇔ −x − 2y + z = 0 −2x − 4y + 2z = 0 x + 2y − z = 0 ⇔ x + 2y − z = 0
Le sous espace propre E1 est donc le plan d’´equation x + 2y − z = 0. De ce plan, on
peut extraire deux vecteurs orthogonaux. Pour cela, on commence par tirer un premier vecteur au hasard : ε1 = 1 0 1 (x = 1 et y = 0)
On cherche ensuite un second vecteur ε2 =
x y z
de E1 orthogonal au premier. Ses
coordonn´ees doivent donc v´erifier le syst`eme
x + 2y − z = 0 (ε2 ∈ E1)
x + z = 0 (ε1 · ε2 = 0)
Les solutions de ce syst`eme sont les vecteurs de la forme x −x −x . En posant alors ε2 = 1 −1 −1 , on obtient une base orthogonale du plan E1. On transforme alors {ε1, ε2} en une base
orthonorm´ee en divisant chacun des vecteurs par sa norme :
e1 = ε1 ||ε1|| = √ 2 2 1 0 1 et e2 = ε2 ||ε2|| = √ 3 3 1 −1 −1
– E−1 : AX = −X ⇔ 3AX = −3X ⇔ 2x − 2y + z = −3x −2x − y + 2z = −3y x + 2y + 2z = −3z ⇔ 5x − 2y + z = 0 −2x + 2y + 2z = 0 x + 2y + 5z = 0 ⇔ −x + y + z = 0 x + 2y + 5z = 0 5x − 2y + z = 0 ⇔ −x + y + z = 0 3y + 6z = 0 3y + 6z = 0 ⇔ x = y + z = −z y = −2z
D’o`u E−1 = {(−z, −2z, z), z ∈ R}. De cette droite, on tire un vecteur ε3 =
−1 −2 1
que l’on divise par sa norme pour obtenir un vecteur de norme 1 :
e3 = √ 6 6 −1 −2 1
2. Pour v´erifier que la famille {e1, e2, e3} forme une BON de l’espace, il reste `a v´erifier que
e3 est orthogonal `a e1 et e2. Or e1· e3 = √ 2 2 1 0 1 · √ 6 6 −1 −2 1 = √ 12 12 (−1 + 1) = 0 et e2· e3 = √ 3 3 1 −1 −1 · √ 6 6 −1 −2 1 = √ 18 18 (−1 + 2 − 1) = 0
3. Les vecteurs e1, e2 et e3 ´etant des vecteurs propres de f , la matrice de f dans la
base {e1, e2, e3} est une matrice diagonale D dont les termes diagonaux sont les valeurs
propres de f : D = 1 0 0 0 1 0 0 0 −1
4. Dans la matrice D, on lit que si l’on applique f `a un vecteur de l’espace, l’application conserve les coordonn´ees en e1 et e2 et transforme la coordonn´ee en e3 en son oppos´ee. f
est donc la sym´etrie orthogonale par rapport au plan E1.
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? Exercice 3 :
1. (a) Les valeurs propres de A sont les racines du polynˆome P (λ) = 4 5 − λ 2 5 1 5 3 5 − λ . Or 4 5 − λ 2 5 1 5 3 5 − λ = 4 5− λ 3 5− λ − 2 25 = λ 2−7 5λ + 2 5 = (λ − 1) λ − 2 5
On a donc bien Spec(A) = 1,25 et toutes ces valeurs propres sont d’ordre 1. La matrice A est donc diagonalisable.
(b) Toute matrice de passage entre la base canonique de R2 et une base faite de vecteurs
propres de A convient. Reste donc `a d´eterminer les vecteurs propres de A : – E1 : AX = X ⇔ 5AX = 5X ⇔ 4x + 2y = 5x x + 3y = 5y ⇔ x − 2y = 0 D’o`u ε1 = (2, 1) – E2 5 : AX = 2 5X ⇔ 5AX = 2X ⇔ 4x + 2y = 2x x + 3y = 2y ⇔ x + y = 0 D’o`u ε2 = (1, −1). La matrice P = 2 1 1 −1 convient et P−1AP = 1 0 0 25 . (c) Soit P(n) : Dn= 1 0 0 25n .
– Initialisation : par hypoth`ese, D0 = I2 =
1 0
0 250
donc P(0) est vraie. – H´er´edit´e : supposons qu’il existe un entier n ∈ N tel que Dn= 1 0
0 25n . Alors Dn+1 = D×Dn= 1 0 0 2 5 × 1 0 0 25n = 1 0 0 25 . 25n = 1 0 0 25n+1
Donc P(n + 1) est vraie et par r´ecurrence, P(n) est vraie pour tout n ∈ N. Soit maintenant Q(n) : An = P × Dn× P−1.
– Par hypoth`ese, on a A0 = I
2 = P × I2× P−1 = P × D0× P−1 donc Q(0) est vraie.
– Supposons qu’il existe en entier n ∈ N tel que An = P × Dn× P . D’apr`es les questions pr´ec´edentes, on a
Mais alors
An+1 = A × An = P DP−1× P DnP−1
= P × D × Dn× P−1= P × Dn+1× P−1 donc Q(n + 1) est vraie.
Par r´ecurrence, Q(n) est vraie pour tout n ∈ N. (d) D’apr`es la formule rappel´ee dans l’´enonc´e, on trouve
P−1 = −1 3 −1 −1 −1 2 = 1 3 1 1 1 −2 Ainsi, An = P × Dn× P−1 = 1 3 2 1 1 −1 × 1 0 0 25n × 1 1 1 −2 = 1 3 2 1 1 −1 × 1 1 2n 5n − 2n+1 5n D’o`u An = 1 3 2 + 2 n 5n 2 − 2n+1 5n 1 −2 n 5n 1 + 2n+1 5n
2. (a) D’apr`es l’´enonc´e, si xn et yn donnent la r´epartition au n-i`eme jour et xn+1 et yn+1
donnent la r´epartition au (n + 1)-i`eme jour, on a xn+1 = 4 5xn + 2 5yn yn+1 = 1 5xn + 3 5yn ⇔ Xn+1 = A × Xn (b) Par r´ecurrence.
(c) D’apr`es les calculs effectu´es `a la question 1, on a
∀n ∈ N, xn = 2 + 2 5 n x0 + 2 − 2 2 5 n y0 yn = 1 − 2 5 n x0 + 1 + 2 2 5 n y0
(d) Pour avoir la r´epartition dans le r´eservoir au bout d’un temps infini, il suffit de passer `a la limite n → +∞ dans le syst`eme pr´ec´edent. Or dans chacune des expres-sions pr´ec´edentes, on reconnaˆıt le terme 25n qui est le terme g´en´eral d’une suite g´eom´etrique de raison 25 < 1. Ainsi, tous ces termes tendent vers 0 et en note x∞
et y∞ les limites lim xn et lim yn, on a
Autrement dit, au bout d’un temps infini, le premier compartiment contient deux tiers de l’eau stock´ee dans le r´eservoir et le second compartiment contient le dernier tiers.
? ? ?