DICTIONNAIRE DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
NEUVIÈME ÉDITION
PRÉSIDENCE à PROMESSE
L’Académie française publie ici, au fur et à mesure de l’avancement de ses travaux, la suite
de la neuvième édition de son Dictionnaire, dont le tome I, A à Enzyme, a paru en novembre 1992,
et le tome II, Éocène à Mappemonde, en novembre 2000 (Imprimerie nationale – Librairie Arthème Fayard).
Le lecteur voudra bien se reporter à la liste des abréviations utilisées figurant dans le premier et le deuxième tome.
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ISSN 0242-6773 Lundi 18 octobre 2010
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DICTIONNAIRE DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
NEUVIÈME ÉDITION
Conformément aux dispositions prises par elle, et dont elle a fait état
dans le tome I de la présente édition du Dictionnaire, l’Académie signale
ci-dessous les mots pour lesquels une nouvelle orthographe a été
recommandée. Ces mots, dans le corps du texte, sont suivis d’une
indication typographique en forme de losange (
).
L’Académie a précisé qu’elle entendait que ces recommandations
soient soumises à l’épreuve du temps. Elle maintiendra donc les
graphies qui fi gurent dans son Dictionnaire jusqu’au moment où elle
aura constaté que les modifi cations recommandées sont bien entrées dans
l’usage.
– Presqu’ile
– Presse-citron, pl. Presse-citrons
– Presse-papier (sing.), pl. Presse-papiers
Aucune des deux graphies ne peut être tenue pour fautive.
PRÉSIDENCE n. f. XIVe siècle. Dérivé de président.
1. Action de présider une assemblée, une compagnie ou
de gouverner une collectivité, un pays ; charge, fonction de président. La présidence de la séance a été confi ée au
doyen d’âge. Cette manifestation se tiendra sous la haute présidence du Premier ministre. La présidence de la cour d’appel. La présidence d’une université. Présidence du conseil d’administration, du comité exécutif, d’un club sportif. Présidence d’honneur, fonction honorifi que confi ée
à une personne qui a cessé d’exercer sa charge de président, ou à une personnalité qui fait bénéfi cier une association, une cérémonie, etc. de son prestige, de son autorité.
La présidence de l’Assemblée nationale, du Sénat. La présidence alternative du Conseil de l’Union européenne. La présidence de la République française. La présidence des États-Unis. Ellipt. Elle est candidate à la présidence.
Par méton. Durée d’exercice de cette fonction ; période pendant laquelle elle s’exerce. Une présidence annuelle.
Sous la présidence du général de Gaulle. L’élargissement de l’Union européenne durant la présidence allemande.
Désigne aussi la résidence du président. Il s’est rendu à la
présidence. Les jardins de la présidence. Les services, les bureaux de la présidence.
Par anal. TAUROM. Charge de celui qui assure le bon dérou-lement d’une corrida et, par méton., personne exerçant cette charge. Les alguazils veillent à l’exécution des ordres de la
présidence.
2. HIST. En Inde, sous la domination anglaise, chacune des
trois grandes divisions administratives dont le gouverneur portait le titre de président. La présidence du Bengale, de
Madras, de Bombay.
PRÉSIDENT, -ENTE n. XIIIe siècle. Emprunté du latin
praesidens, « celui qui a la préséance ; gouverneur de province »,
participe présent de praesidere, « être assis devant ; veiller sur, protéger ».
1. Personne qui préside une compagnie, une
assem-blée, un tribunal, une cour, etc. pour diriger ses travaux et assurer l’ordre de ses délibérations. Le président ouvre, lève,
suspend la séance. Un bureau composé d’un président, d’un secrétaire et d’un trésorier. Président d’âge, qui préside
une assemblée parce qu’il en est le doyen. Un président de
séance, d’audience. Le président d’un jury, d’une commis-sion administrative. Le président du tribunal de grande instance. Le premier président de la Cour de cassation, de la Cour des comptes. Le président du Conseil supérieur de la magistrature. Président de chambre, qui dirige les
audiences d’une section du tribunal ou de la cour d’appel. Le
président de l’Assemblée nationale, du Sénat. HIST.
Prési-dent du Conseil des ministres ou, simplement, présiPrési-dent du Conseil, titre du chef du gouvernement sous la IIIe et la IVe
République (depuis 1959, en France, la personne placée à la tête du gouvernement est appelée Premier ministre).
Prési-dent de parlement, magistrat qui était amené à présider un
des parlements de l’Ancien Régime. Mathieu Molé était
premier président du parlement de Paris au moment de la Fronde parlementaire. Président à mortier, nom donné aux
présidents de parlement, parce qu’ils étaient coiffés d’un mortier dans l’exercice de leurs fonctions.
Suivi du nom de famille. Les « Lettres d’Italie » du
prési-dent de Brosses. Saint-Simon a brossé un célèbre portrait du président Harlay.
Au féminin. Pour désigner la femme d’un président.
Madame la présidente, la première présidente. Dans « Les Liaisons dangereuses », de Choderlos de Laclos, le vicomte de Valmont parvient à séduire la présidente de Tourvel.
Par anal. TAUROM. Celui qui est chargé de la présidence.
2. Par ext. Celui ou celle qui est à la tête d’une institution,
d’une collectivité, d’une société pour en assurer la direction, pour la gouverner. Nommer, élire un président.
Vice-prési-dent, voir ce mot. Un président honoraire, qui n’exerce plus
sa fonction mais en conserve le titre. Président d’honneur, qui n’exerce sa fonction qu’à titre honorifi que. Président à
vie. Le président, la présidente d’une association, d’un club, d’une fédération. Le président d’un groupe parlementaire. Conférence des présidents, où les présidents de groupe d’une
assemblée parlementaire arrêtent l’ordre du jour des séances.
Un président d’université. Président-directeur général ou,
par abréviation, P.-D.G.
Spécialt. Titre donné, dans la plupart des États républi-cains, au chef du pouvoir exécutif. Depuis la réforme de
1962, le président de la République française est élu au suffrage universel. Le président des États-Unis. Le président russe, bolivien, chinois. Le président Pompidou, le président Kennedy. Absolt. Le Président s’est rendu dans ce pays en visite offi cielle. En apposition. Prince-président, titre donné
à Louis-Napoléon Bonaparte de 1848, date à laquelle il fut élu président de la IIe République, à 1852, date à laquelle il
devint l’empereur Napoléon III.
*PRÉSIDENTIABLE (tia se prononce cia) adj. XXe siècle.
Dérivé de président.
Susceptible de présenter sa candidature à la présidence d’un État. Spécialt. Se dit d’un candidat, d’une candidate dont les chances de devenir président sont importantes.
Subst. Une lettre ouverte aux présidentiables.
*PRÉSIDENTIALISATION (tia se prononce cia) n. f.
XXe siècle. Dérivé de président.
POLIT. Dans un État de régime républicain, évolution conduisant à concentrer les pouvoirs entre les mains du président et à réduire le rôle des assemblées parlementaires.
La présidentialisation des institutions. L’élection du prési-dent de la République au suffrage universel a renforcé la présidentialisation de la Ve République.
*PRÉSIDENTIALISME (tia se prononce cia) n. m.
XXe siècle. Dérivé de présidentiel.
POLIT. Système politique dérivé du régime présidentiel, mais dans lequel l’équilibre des pouvoirs n’est pas respecté, le président disposant d’un pouvoir prééminent sinon personnel. Le présidentialisme latino-américain.
Par ext. S’emploie pour désigner, dans un régime parle-mentaire, un mode de fonctionnement des institutions poli tiques au sein duquel le président de la République jouit de prérogatives étendues.
PRÉSIDENTIEL, -IELLE (ti se prononce ci) adj. XVIe siècle,
présidental ; XIXe siècle, présidentiel. Dérivé de président.
Qui se rapporte à un président, en particulier au prési-dent de la République. Fonctions présiprési-dentielles. L’élection
présidentielle ou, ellipt., la présidentielle. En France, la durée du mandat présidentiel a été ramenée, en 2000, de sept à cinq ans. Majorité présidentielle, voir Majorité I. La grâce présidentielle. Résidence présidentielle. La tribune présidentielle. Voyage présidentiel, effectué par le Président
à titre offi ciel.
Par ext. DROIT CONSTITUTIONNEL. Gouvernement
présiden-tiel, dans lequel le gouvernement est responsable devant le
chef de l’État. Régime présidentiel, régime politique au sein duquel la séparation des pouvoirs exécutif et législatif est strictement établie, le gouvernement n’étant pas responsable devant le Parlement et le Parlement ne pouvant être dissous par le Président, par opposition à Régime parlementaire.
La Constitution des États-Unis fournit le modèle du régime présidentiel.
PRÉSIDER v. tr. et intr. XIVe siècle. Emprunté du latin
praesi-dere, « être assis devant ; veiller sur, protéger », lui-même composé
à l’aide de prae, « devant, avant », et sedere, « être assis ».
1. V. tr. Occuper la première place dans une assemblée,
avec la charge d’assurer l’ordre de ses délibérations et, plus particulièrement, de donner la parole, de recueillir les voix et de proclamer les décisions qu’elle rend. Présider une réunion,
un jury. Présider le chapitre, le synode. Présider le tribunal. En France, le Conseil des ministres est présidé par le prési-dent de la République. Le chancelier préside les séances de l’Académie française quand le directeur est empêché. Absolt. Le doyen d’âge présidait. Par méton. Conduire les
discus-sions. Présider un débat. Intranst. Présider à une assemblée.
Le pape ou un de ses légats préside aux conciles.
Par ext. Diriger en ayant le titre de président, être à la tête de. Présider une société, une association.
Par anal. Dans une réunion régie par des règles de préséance, occuper la place d’honneur et tenir le rôle du maître de cérémonie. Présider un dîner, une soirée de gala,
un festival. Le grand-père présidait le repas de famille.
Absolt. Présider à table.
Spécialt. RELIG. RÉFORMÉE. Célébrer le service divin. Le
pasteur préside le culte.
2. V. intr. Avoir la direction, le soin de ; veiller à. C’est
lui qui a présidé à la construction de ce pont. Le juge prési-dant à l’enquête. À Rome, les édiles présidaient aux jeux.
MYTH. Minerve présidait aux arts et aux sciences, Cérès aux
moissons, Mars aux combats. Les naïades sont des divinités qui président aux sources. Les esprits, les démons, les génies qui président aux vents, à la lune.
Par ext. En parlant d’une chose. Gouverner, régir. Le
cérémonial qui préside à l’entrevue. Les règles, les principes qui président à une élection. Absolt. Être prédominant, régner. Ce décor est un témoignage du goût qui présidait alors.
PRÉSIDIAL, -ALE n. et adj. (pl. Présidiaux, -ales). XVe siècle. Emprunté du latin praesidialis, « relatif à un gouverneur
de province », dérivé de praeses, « celui qui est à la tête de », lui-même composé à partir de prae, « devant, avant », et d’une racine
*sed-, marquant le fait d’être assis.
DROIT ANCIEN. 1. N. m. Sous l’Ancien Régime, tribunal
d’appel institué dans un bailliage, et qui jugeait en dernier ressort certaines causes de peu de gravité ou impliquant de faibles sommes d’argent ; par méton., siège de ce tribunal.
Henri II créa les présidiaux en 1552 pour soulager les parle-ments. Le présidial de Tours, d’Orléans. Désignait aussi un
juge siégeant dans un tel tribunal.
2. Adj. Qui concernait un tel tribunal ou était de sa
compé-tence. Siège présidial. Juges présidiaux. Sentence présidiale.
PRÉSIDIALITÉ n. f. XVIe siècle. Dérivé de présidial.
DROIT ANCIEN. Juridiction, ressort d’un présidial.
*PRÉSIDIUM (um se prononce ome) n. m. XXe siècle.
Emprunté du russe praesidium, lui-même emprunté du latin
praesi-dium, « protection, défense », dérivé de praeses, « celui qui est à la
tête de ; celui qui protège ».
HIST. En Union soviétique, présidence collégiale d’une assemblée. Le présidium du congrès du parti communiste
de l’Union soviétique. Désignait aussi l’organe permanent
de direction d’une assemblée ou d’un gouvernement et, en particulier, celui du Soviet suprême de l’U.R.S.S., entre 1936 et 1990, composé des présidents des soviets suprêmes des quinze républiques fédérées sous l’autorité d’un président.
Le présidium disposait des prérogatives qui, en Occident, sont celles du chef de l’État : droit de grâce, attribution de décorations. À partir des années soixante, Léonid Brejnev, le président du présidium, eut le statut de chef d’État.
(On écrit aussi Praesidium.)
*PRÉSOCRATIQUE (s se prononce ss) adj. XXe siècle.
Composé de pré- et de socratique.
Se dit des philosophes grecs antérieurs à Socrate, qui cherchèrent à rendre compte de l’origine et de la nature de l’Univers non plus selon des explications mytholo giques ou théogoniques, mais selon des principes rationnels, et qui marquèrent par là même la naissance de la philo sophie grecque. Thalès, Anaximandre, Héraclite, Pythagore,
Parménide, Démocrite et Empédocle comptent parmi les plus célèbres des philosophes présocratiques. Subst., au
masculin. Les présocratiques, l’ensemble de ces philo-sophes. Certaines œuvres des présocratiques, parvenues en
fragments, ont une dimension poétique.
PRÉSOMPTIF, -IVE adj. XIVe siècle. Emprunté du latin
praesumptivus, « qui prend d’avance ; présomptif », dérivé de praesumere, « prendre d’avance ; présumer », puis « trop présumer
de soi, être fi er », lui-même composé de prae, « devant, avant », et
sumere, « prendre, se saisir de ».
DROIT. Ne s’emploie que dans la locution Héritier
présomptif, qui a vocation légale à la succession d’une
personne. Sa nièce est l’héritière présomptive. Spécialt. Dans une monarchie. L’héritier présomptif de la Couronne,
du trône, le prince destiné, par l’ordre de sa naissance, à
devenir le prochain souverain.
PRÉSOMPTION (ti se prononce ci) n. f. XIIe siècle.
Emprunté du latin praesumptio, « anticipation ; hardiesse, assurance », lui-même dérivé de praesumere, « prendre d’avance ; présumer », puis « trop présumer de soi, être fi er », lui-même composé de prae, « devant, avant », et sumere, « prendre, se saisir de ».
1. Conjecture, jugement formés sur des indices ou des
apparences, et dont le bien-fondé n’est que probable. Légère,
faible présomption. De fortes, de sérieuses, de graves présomptions pèsent sur lui. Un faisceau de présomptions. Ce n’est qu’une présomption, qu’une simple présomption, mais… La présomption que cette substance est cancérigène en a fait abandonner l’emploi.
DROIT. Ce qui est supposé vrai jusqu’à preuve du contraire ; conséquence tirée de faits connus et qui porte sur un fait inconnu. Présomption légale, établie par la loi. L’aveu et
le serment judiciaires sont des cas de présomption légale. Présomption simple ou réfragable, présomption légale qui
peut être contestée par une preuve contraire, par opposition à Présomption absolue ou irréfragable, qui ne peut l’être.
Présomption de fait, qui n’est pas établie par la loi et que
le juge déduit de faits précis et concordants pour fonder sa conviction. Présomption d’absence, constatée par le juge des tutelles lorsque la disparition prolongée d’une personne peut faire douter qu’elle soit encore en vie. Présomption de
paternité, selon laquelle l’enfant conçu pendant le mariage a
pour père le mari. Présomption d’innocence, principe selon lequel toute personne suspectée ou poursuivie est tenue pour innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie.
2. Opinion trop avantageuse que l’on conçoit de soi-même.
Un homme empli de présomption. La folle présomption de la jeunesse.
PRÉSOMPTUEUSEMENT adv. XIVe siècle,
presumptueu-sement ; XVIe siècle, présomptueusement. Dérivé de présomptueux.
D’une manière présomptueuse.
PRÉSOMPTUEUX, -EUSE adj. XIIIe siècle. Emprunté du
latin praesumptuosus, « présomptueux », dérivé de praesumere, « prendre d’avance ; présumer », puis « trop présumer de soi, être fi er », lui-même composé de prae, « devant, avant », et sumere, « prendre, se saisir de ».
Qui a une trop bonne opinion de soi, qui fait preuve d’une confi ance exagérée dans ses capacités ou sa valeur. Le succès
l’a rendue présomptueuse. Subst. Un jeune présomptueux.
Par méton. Une attitude hautaine et présomptueuse. Une
affi rmation présomptueuse.
*PRÉSONORISATION (le premier s se prononce ss) n. f.
XXe siècle. Composé de pré- et de sonorisation.
AUDIOVISUEL. Au cinéma, à la télévision, technique qui consiste à enregistrer le son avant l’image, de sorte que les interprètes puissent mimer les gestes et les attitudes exigés par la bande sonore (on emploie aussi le terme emprunté de l’anglais Play-back).
PRESQUE (e fi nal ne s’élide que dans le nom Presqu’île ;
on rencontre parfois, dans la langue poétique classique, la graphie presques devant une voyelle) adv. XIIe siècle, a bien
pres, puis bien pres que et enfi n pres que. Composé de l’ancien
français pres, avec le sens de « presque », et de que.
À peu près, pas tout à fait, peu s’en faut. Il fait presque
nuit. Il ne dort presque pas. Il réussirait presque à nous faire douter. J’aurais presque envie de dire que… Le mot « aigle » s’emploie presque toujours au masculin. Un ouvrage presque achevé. Il vient presque tous les jours. Il s’en est fallu de presque rien qu’il remportât la victoire. Les deux trains sont arrivés presque en même temps, presque à la même heure. On pouvait trouver des annotations à presque toutes les pages ou presque à toutes les pages. Ellipt. « Le regrettez-vous ? – Presque. »
Pour apporter une nuance, une correction. C’était il y a deux
ans, presque trois maintenant. Il ne rit jamais, ou presque jamais. Ellipt. Cet exemplaire est neuf, ou presque. Il n’est pas tout à fait aussi grand que son frère, mais presque.
Devant un nom et après l’article. La mesure a été votée à
la presque unanimité. J’en ai la presque certitude.
PRESQU’ÎLE n. f. XVIe siècle. Composé de presqu(e) et
d’île, pour traduire le latin paeninsula, « presqu’île ».
GÉOGR. Étendue de terre entourée d’eau, reliée au conti-nent par une langue de terre appelée isthme. Le
Pélopon-nèse est une presqu’île rattachée à la Grèce continentale par l’isthme de Corinthe. Les presqu’îles de Quiberon, de Crozon.
Par ext. Péninsule de petite dimension. La presqu’île du
Cotentin. Dakar est située sur la presqu’île du cap Vert.
*PRESSAGE n. m. XIXe siècle. Dérivé de presser.
1. TECHN. Opération de façonnage, et en particulier de
moulage, réalisée à l’aide d’une presse. Un procédé de
pressage à chaud, à haute température. Le pressage du contreplaqué. Le pressage de la paille en balles. Le pressage d’un disque. Spécialt. Phase de la fabrication des fromages
à pâte pressée, qui consiste à placer le caillé sous une presse pour en accélérer l’égouttage.
2. TEXTILE. Apprêt mécanique donné à un tissu, lors du
fi nissage, pour le rendre lisse et brillant.
PRESSANT, -ANTE adj. XIVe siècle, au sens de « qui
serre fortement » ; XVIe siècle, au sens actuel. Participe présent de
presser.
1. Qui sollicite avec insistance. Vous vous montrez trop
pressant. Ses créanciers se font de jour en jour plus pressants.
Par méton. Il lui a demandé son aide de façon très pressante.
Des raisons pressantes. Une invitation pressante. Faire une cour pressante à quelqu’un.
Spécialt. Une douleur pressante, aiguë et violente.
2. Par ext. Urgent, qui impose une décision, une action
immédiate. Il s’agit d’une affaire pressante. Il a un pressant
besoin d’argent. Un devoir pressant exige que je vous quitte. Un danger pressant.
I. PRESSE n. f. XIe siècle. Déverbal de presser.
1. Action de presser, de comprimer. Laisser refroidir une
terrine de lapin sous presse pendant une nuit. ŒNOL. Vin de
presse, obtenu par le pressurage du marc, par opposition à Vin de goutte. Un jus de première presse.
Fig. et vieilli. Le fait de contraindre quelqu’un, de le solli-citer instamment. Il le lui demandait avec presse. Loc. Se
tirer de presse, se sortir d’un grand embarras.
MARINE. Anciennt. Enrôlement forcé des matelots dans la marine militaire. Colbert a mis fi n au système de la presse en
instituant l’Inscription maritime.
2. Dispositif, appareil, mécanisme comportant
générale-ment deux élégénérale-ments qui permettent de maintenir et de serrer un objet, une pièce, une matière ou d’exercer sur eux une très forte pression. Presse à vis, outil servant à maintenir un ouvrage de menuiserie ou de serrurerie.
Une presse d’établi. Les relieurs se servent de presses à endosser, à rogner, à dorer. Mettre sous presse, en presse une pièce de bois voilée. Châssis-presse, voir ce mot. Une presse à bras. Presse mécanique, hydraulique, pneumatique. Presse à disques, à plateaux, à cylindres, à rouleaux. Filtre-presse,
voir Filtre. Presse à métaux. Presse à découper, à emboutir,
à laminer. Presse monétaire, avec laquelle on frappe les
monnaies. Une presse à repasser. Presse chauffante. Presse
d’emballage, de moulage. Une presse à huile, à fromage.
Spécialt. Machine employée pour l’impression des feuilles d’un livre, d’un journal, le tirage de gravures, d’images, etc.
Presse d’imprimerie, presse à imprimer. Un livre imprimé sur les presses des Elzévir. Presse typographique, presse lithographique. Presse en taille-douce. Presse offset. Une presse rotative ou, ellipt., une rotative, dans laquelle
le papier passe entre des couples de cylindres, l’un des cylindres constituant la forme. Presse numérique, utilisant les techniques d’impression numérique. Par méton. S’emploie au pluriel dans le nom de certaines maisons d’édition.
Loc. et expr. Être sous presse, se dit d’un livre, d’un article, d’un journal, etc. en cours d’impression. Mettre un ouvrage
sous presse, le faire imprimer. Service de presse, exemplaire
non commercialisé d’un ouvrage, qui est envoyé aux critiques. Fig. et vieilli. Faire gémir la presse, publier un trop grand nombre de livres. Eugène Sue faisait gémir la presse.
3. L’ensemble des journaux, des publications périodiques.
Une annonce parue dans la presse. Un titre de presse, un
journal, un magazine, une revue. Un dessin de presse. Des
coupures de presse. Revue de presse, collecte, synthèse et
analyse des principaux articles des journaux. La presse à
grand tirage. Presse quotidienne, hebdomadaire. La presse locale, la presse étrangère. Presse d’opinion, d’information. Presse confessionnelle. La presse de gauche, de droite. Il ne lit que la presse bien-pensante. La presse clandestine. La presse économique, médicale, sportive. Presse à scandale. La presse du cœur. La presse féminine. Un photographe de presse. Un groupe de presse, voir Groupe. Une entreprise de
presse. Un patron de presse, un magnat de la presse. Messa-gerie de presse, coopérative chargée du transport et de la
distribution des publications périodiques.
Expr. Avoir de la presse, faire parler de soi, donner lieu à des articles, à des commentaires. Ce livre n’a eu aucune presse.
Avoir une bonne, une mauvaise presse, obtenir des articles
louangeurs, sévères ; fi g., avoir bonne, mauvaise presse, se dit de quelqu’un à qui l’opinion est favorable, défavorable.
Sa prise de position courageuse lui vaut une bonne presse. Cet avocat a mauvaise presse parmi ses confrères.
Par ext. L’ensemble des moyens d’information. Presse
parlée, presse audiovisuelle, par opposition à Presse écrite. L’internet fait partie du paysage moderne de la presse, de même que les journaux gratuits. Cette association a fait connaître sa position par voie de presse. La liberté de la presse, le droit de publier et de diffuser des informations,
des idées, des opinions par tout moyen de communication, sur toute matière et sans subir aucune censure. La législation
de la presse, la loi sur la presse. Le contrôle de la presse. Délit de presse, commis par le biais d’écrits publics ou de
tout autre moyen de communication. Une campagne de
presse, un ensemble d’opérations médiatiques coordonnées
qui visent à infl uencer l’opinion publique. Agence de presse, voir Agence. L’Agence France-Presse ou, par abréviation,
l’A.F.P. Dépêche de presse. Un correspondant de presse. Carte de presse, carte professionnelle d’un journaliste. Le bureau de presse du Saint-Siège. Le service de presse d’une mairie, d’un groupe industriel. Un attaché, une attachée de presse, voir Attaché. Dossier de presse, recueil d’articles
publiés dans les journaux, les périodiques, ou ensemble de documents d’information relatifs à un même sujet, mis à la disposition du public et des journalistes qui doivent rendre compte de quelque évènement. Communiqué de presse ou, simplement, communiqué, texte remis par un organisme public ou privé afi n qu’il soit porté par les médias, sans modifi cation, à la connaissance du public. Un point de
presse, une séance d’information où l’on dresse, pour les
journalistes, l’état des lieux, le bilan d’une situation.
Confé-rence de presse, réunion au cours de laquelle une
personna-lité s’adresse à des journalistes accrédités et répond à leurs questions.
Par méton. Les journalistes et, plus largement, les personnes travaillant pour un média. Les syndicats de la presse. L’argot
de la presse. Convoquer la presse. Le ministre présentera demain le projet à la presse. Déclaration à la presse.
II. PRESSE n. f.XIe siècle. Déverbal de presser.
Foule serrée, multitude de personnes rassemblées en un même lieu. Craindre la presse. Éviter la presse des grands
magasins. Fendre la presse. Il n’y a pas eu presse pour écouter cette conférence. Expr. vieillie. La presse y est, cela
attire du monde.
III. PRESSE n. f. XIIIe siècle. Déverbal de presser.
Le fait de se hâter ; urgence. Il n’y a pas de presse.
*PRESSÉ, -ÉE adj. XIVe siècle. Participe passé de presser.
1. Qui a été pressé ou comprimé. Une orange pressée, un
citron pressé, dont on a extrait le jus en les pressant ; par
méton., jus frais ainsi obtenu. Fromage à pâte pressée.
2. Le plus souvent au pluriel. Qui est serré contre autre
chose, entre plusieurs autres. Des badauds pressés contre
les barrières. Des maisons pressées autour de l’église. Les manifestants ont défi lé en rangs pressés, très rapprochés. Marcher à petits pas pressés.
3. Impatient, plein de hâte. Être pressé d’en fi nir. Prenez
votre temps, je ne suis pas pressé. Par méton. Il est brusque-ment sorti, l’air pressé.
Qui ne souffre pas de délai, urgent, pressant. Un travail
pressé. Il n’a rien eu de plus pressé que d’en parler à tout le monde. Subst. Aller, courir au plus pressé, s’occuper d’abord
de l’affaire la plus urgente. Pourvoir, parer au plus pressé. Titre célèbre : L’Homme pressé, de Paul Morand (1941).
*PRESSE-AIL (ail se prononce aye) n. m. (pl.
Presse-ails). XIXe siècle. Composé de presse, forme conjuguée de presser,
et d’ail.
Ustensile de cuisine constitué de deux branches articulées, dont l’une est pourvue d’un poussoir et dont l’autre contient un petit réservoir percé de trous, dans lequel on place les gousses d’ail pour les écraser.
PRESSE-CITRON n. m. inv. XIXe siècle. Composé de
presse, forme conjuguée de presser, et de citron.
Ustensile servant à exprimer le jus des citrons, des oranges ou d’autres agrumes (on trouve aussi Presse-agrume). Un
presse-citron électrique.
*PRESSÉE n. f. XVIIIe siècle. Forme féminine substantivée du
participe passé de presser.
Action d’exprimer le jus des fruits au moyen d’un pressoir.
La pressée des pommes à cidre. Par méton. L’ensemble de
ce qui est pressé en une fois ; le jus qui est ainsi obtenu.
Une pressée de quatre mille kilos de raisins. La première pressée.
*PRESSE-ÉTOUPE n. m. (pl. Presse-étoupes). XIXe siècle.
Composé de presse, forme conjuguée de presser, et d’étoupe.
TECHN. MARINE. Dispositif qui entoure une pièce en mouve-ment, telle une tige coulissante ou tournante, et la rend, par serrage, étanche à l’eau ou à la vapeur (dans le domaine technique, on dit aussi Presse-garniture). – ÉLECTR. Élément d’étanchéité qui assure le passage d’un ou de plusieurs câbles au travers d’une cloison.
*PRESSE-GARNITURE n. m. (pl. Presse-garnitures).
XIXe siècle. Composé de presse, forme conjuguée de presser, et de
garniture.
TECHN. Syn. de Presse-étoupe.
PRESSENTIMENT n. m. XVIe siècle. Dérivé de pressentir.
Sentiment non raisonné qui fait prévoir quelque évènement, le plus souvent fâcheux et redouté ; par ext., intuition confuse de ce qui peut être. Un fâcheux, un funeste pressentiment.
J’avais le pressentiment de cet échec. Guidé par un pressenti-ment, il annula son voyage. De vagues pressentiments.
PRESSENTIR v. tr. (se conjugue comme Partir II). XVe siècle. Emprunté du latin praesentire, « pressentir, prévoir, se
douter », lui-même composé de prae, « devant, avant », et sentire, « percevoir, sentir ».
1. Prévoir confusément quelque évènement, souvent
désagréable ou funeste, par un sentiment non raisonné. Il
avait pressenti le malheur qui lui est arrivé. On eût dit qu’il pressentait sa fi n. Je pressens qu’il nous créera des diffi -cultés.
Par ext. Entrevoir, deviner. Je pressens déjà votre
objec-tion. Il a laissé pressentir ses intentions. Pressentir un danger.
2. Sonder une personne, tâcher de découvrir ses
senti-ments sur quelque affaire, ses dispositions. Il a pressenti ses
parents sur ses projets. Pressentir quelqu’un pour un emploi, un poste. Il avait été pressenti pour entrer au gouvernement.
Au participe passé. Le successeur pressenti. Par anal. Une
commune pressentie pour accueillir le Tour de France.
PRESSE-PAPIERS n. m. inv. XIXe siècle. Composé de
presse, forme conjuguée de presser, et de papier, au pluriel.
1. Objet pesant de verre, de métal, de bois, etc., souvent
décoratif, qu’on pose sur les papiers d’un bureau pour empêcher qu’ils ne se dispersent.
2. INFORM. Programme qui utilise une partie de la mémoire
centrale de l’ordinateur pour stocker les informations que l’on souhaite reproduire ou déplacer ; cette zone de la mémoire.
Copier, coller, effacer le contenu du presse-papiers.
*PRESSE-PURÉE n. m. (pl. Presse-purées). XIXe siècle.
Composé de presse, forme conjuguée de presser, et de purée.
Ustensile de cuisine pourvu d’un tamis, qui permet d’écraser et de réduire en purée les pommes de terre, ainsi que d’autres légumes ou fruits cuits.
PRESSER v. tr. et intr. XIIe siècle. Issu du latin pressare,
« presser, serrer », lui-même dérivé de premere, « presser, comprimer ».
I. V. tr. 1. Peser, exercer une pression sur ; appuyer une
chose contre. Presser les fl ancs de sa monture. Presser la
détente d’une arme à feu. Elle lui pressa la main. Presser son front contre la vitre. Rabattez les bords de la pâte et pressez-les l’un sur l’autre.
Par ext. Pousser ; serrer de près. Il était pressé par la
foule. On pressa tant les ennemis qu’ils furent contraints à la retraite. Presser les rangs (vieilli), les resserrer. Pron. L’enfant se pressait contre sa mère. Nous nous presserons un peu pour vous faire place. Spécialt. Former une foule
compacte, se trouver en nombre. Un public enthousiaste se
pressait pour le voir. Les visiteurs se pressaient à la porte. Dans un essaim, les abeilles se pressent par milliers. Fig. Une clientèle étrangère se presse à la table de ce grand cuisi-nier. Les souvenirs se pressent à sa mémoire. Les paroles se pressaient à ses lèvres.
2. Serrer avec force ; comprimer. Presser quelqu’un dans
ses bras, entre ses bras. Presser un enfant sur son sein, contre son cœur. Presser une éponge imbibée d’eau. Presser dans un étau. Fig. La douleur le presse. Avoir le cœur pressé,
serré, oppressé.
Expr. fi g. Si on lui pressait le nez, il en sortirait du lait (pop.), voir Lait. Presser quelqu’un comme un citron (fam.), voir Citron. Prov. Quand on a pressé l’orange, on jette
l’écorce, après avoir tiré de quelqu’un tous les services qu’il
pouvait rendre, on le rejette.
Spécialt. Soumettre à l’action d’un pressoir, d’une presse.
Presser du raisin, des olives. Lors de la fabrication de certains fromages, on presse le caillé pour en accélérer l’égouttage. Presser de la paille pour la mettre en bottes. Presser une étoffe pour la lustrer. On pressait naguère les disques microsillons, on les fabriquait à partir de matrices.
3. Fig. Harceler ; contraindre, pousser avec insistance à
faire, à accepter quelque chose. Son créancier le pressait
vivement. Pressé de toutes parts, il ne savait que décider. Pressée par les syndicats, la direction de l’entreprise a accordé une augmentation de salaire. Presser quelqu’un de questions. Son conseiller le pressait d’agir. Pressée par la faim, la bête s’est rapprochée du village. Pressé par la nécessité, pressé par les circonstances.
Loc. vieillies. Presser une femme, la poursuivre de ses assiduités. Être pressé d’argent, en manquer, en avoir besoin.
4. Hâter, précipiter un évènement, une action, un
mouve-ment, etc. ; obliger quelqu’un à faire diligence. Presser son
départ. Il faut presser cette affaire. Presser l’allure, presser le pas. Vous avez beau me presser, je ne saurais aller plus vite. Il n’y a rien qui nous presse. Pron. Si vous ne vous pressez
pas, vous arriverez en retard. Marcher sans se presser. Se presser de rentrer chez soi. Ellipt. et fam. Pressons ! se dit
pour inciter quelqu’un à se dépêcher.
MUS. Presser le rythme, la mesure, accélérer la rapidité d’exécution ; fi g., se dépêcher ou hâter l’avancement d’une affaire.
II. V. intr. 1. Exercer une pression. Presser sur une touche,
sur un bouton. Presser sur un tube de dentifrice.
2. Être urgent, ne souffrir aucun délai ; obliger à ne pas
différer. L’affaire presse. Le temps presse. Rien ne presse.
*PRESSEUR, -EUSE adj. et n. XIVe siècle. Dérivé de
presser.
TECHN. 1. Adj. Se dit d’une pièce, d’une partie d’une machine qui exerce une pression. Un cylindre presseur. Le
pied presseur d’une machine à coudre. Subst., au masculin. Presseur de charge ou, simplement, presseur, élément d’un
chariot élévateur qui permet de bloquer et de stabiliser la charge lors de sa manutention.
2. N. m. Ouvrier qui, dans divers métiers, utilise une
presse. Presseur en bonneterie, en confection. En apposi-tion. Un verrier presseur.
PRESSIER n. m. XVIe siècle. Dérivé de presse I.
IMPRIMERIE. Anciennt. Ouvrier imprimeur qui travaillait à la presse à bras.
*PRESSING (n et g se font entendre) n. m. XXe siècle.
Emprunté de l’anglais pressing, « action d’appuyer, d’exercer une pression », lui-même dérivé de to press, « appuyer, exercer une pression ».
Établissement commercial où les vêtements sont nettoyés puis repassés à la vapeur.
PRESSION n. f. XIIIe siècle. Emprunté du latin pressio,
« pression, pesanteur, poids ; point d’appui », lui-même dérivé de
pressum, supin de premere, « presser, comprimer ».
1. Action de presser, de peser sur quelque chose. Exercer
une pression, relâcher la pression. La pression des doigts sur les cordes de la guitare. Le fi ligrane est obtenu par la pression d’un rouleau sur le papier. Par anal. Notre équipe a subi la pression de l’équipe adverse.
Spécialt. AGRIC. Extraire du jus, de l’huile par pression.
Pression à froid, sans cuisson ni chauffage préalable des
olives, des graines. Huile de première pression, obtenue par un seul pressurage, par opposition à Huile de seconde
pression, extraite du résidu de la première pression, moulé
en une sorte de galette appelée tourteau. – COUT. En compo-sition. Un bouton-pression, voir ce mot.
2. Employé dans les domaines scientifi ques et techniques.
PHYS. Force exercée par un corps, solide ou fl uide, sur une surface ; mesure de cette force rapportée à l’unité de surface.
La pression d’un liquide, d’un gaz s’applique perpendicu-lairement aux surfaces avec lesquelles il est en contact. La pression des fl uides se mesure à l’aide d’un manomètre. Le pascal est l’unité de pression du Système international, le bar, le millimètre de mercure et l’atmosphère sont d’autres unités encore en usage. Une colonne d’eau de 10 mètres de haut et de 1 centimètre carré de base exerce, par son poids, une pression de 1 bar ou 105 pascals sur le fond. Pression
hydrostatique, exercée par un liquide au repos sur les parois
du récipient qui le contient ou sur un corps plongé en son sein. La pression d’un gaz est fonction de son volume et de
sa température. Pression partielle, exercée par chacun des
constituants d’un mélange gazeux, considéré isolément.
Pression partielle de l’azote de l’air. Pression critique,
néces-saire pour liquéfi er un gaz à température critique. Pression
acoustique, qu’exerce une onde sonore en se déplaçant dans
un fl uide. Pression atmo sphérique, barométrique ou, simple-ment, pression, exercée par la couche d’air qui entoure la Terre. La pression atmosphérique se mesure à l’aide d’un
baromètre. L’absence de pression caractérise le vide. La pression atmosphérique diminue avec l’altitude. Pression normale, valeur de référence utilisée en chimie pour l’étude
des gaz, et qui est égale à 1 013 hectopascals à la tempéra-ture de 0 °C. – MÉTÉOR. Hautes, basses pressions. Un
anticy-clone est une zone de haute pression, une dépression une zone de basse pression. Gradient de pression, voir Gradient.
– AÉRON. Dans la cabine d’un avion, la pression est régulée
pour qu’elle demeure constante quelles que soient les phases de vol. Chute de pression, dépressurisation.
TECHN. La pression d’entrée, la pression de sortie d’un
compresseur, d’une pompe, d’un détendeur. L’autoclave utilise la pression de vapeur d’eau. La pression d’une chaudière. Un contrôleur, un modérateur de pression. Lampe à basse pression, dans laquelle la vapeur de mercure
et de sodium qui produit le rayonnement présente une faible pression, par opposition à Lampe à haute pression. La
pression de gonfl age d’un pneu et, par méton., la pression d’un pneu, qu’exerce sur l’enveloppe l’air injecté dans la
chambre à air ou dans le pneu lui-même. Spécialt. Bière à la
pression, ou, ellipt., Bière pression, bière conditionnée dans
un fût, qui est tirée à une certaine pression grâce à l’ajout de gaz carbonique au fur et à mesure que le fût se vide.
Loc. Sous pression, dont la pression est plus élevée que la pression atmosphérique. Dans une conduite forcée, l’eau
est sous pression. Gaz sous pression, qui est comprimé. Une machine à vapeur sous pression est prête à fonctionner. Fig.
et fam. Être sous pression, se dit d’une personne soumise à des contraintes, à des alarmes qui créent une grande tension nerveuse.
MÉD. Pression artérielle, force exercée par le sang sur la paroi des artères, que l’on mesure avec un sphygmoma-nomètre (dans le langage courant, on dit aussi, impropre-ment, Tension artérielle). Pression systolique ou maximale, mesurée lors de la contraction des ventricules. Pression
diastolique ou minimale, mesurée après une contraction,
lors du relâchement du cœur. Chez une personne au repos,
la pression systolique est en général de 12 cm de mercure et la pression diastolique de 8 cm. Pression veineuse, pression
du sang dans les veines. Pression intra-oculaire, exercée par l’humeur aqueuse sur les enveloppes du globe oculaire (dans le langage courant, on dit aussi Tension oculaire). Un
glaucome se manifeste par une augmentation de la pression intra-oculaire. – BIOL. Pression osmotique, Pression
oncotique, voir Osmotique, Oncotique.
3. Fig. Contrainte morale, infl uence exercée sur une
personne ou sur un groupe de personnes. Un moyen de
pression. Son directeur a fait pression sur lui pour qu’il démissionne. Être soumis à de fortes pressions. Le ministre céda sous la pression de l’opinion. Par anal. Il a dû transiger sous la pression des circonstances.
Loc. Groupe de pression, association ayant pour but de défendre certains intérêts en s’efforçant d’infl uencer les pouvoirs publics et l’opinion (on use, dans le même sens, du terme anglais Lobby). Pression sociale, ensemble des contraintes que la société fait peser sur les individus et qui les poussent à se conformer aux normes de leur milieu.
Pression démographique, résultant du rapport inégal entre
l’augmentation ou la densifi cation de la population sur un territoire donné et sa capacité à exploiter les ressources dont elle dispose. Pression fi scale, poids de la contrainte exercée par l’impôt dans une économie, mesuré par le rapport entre les recettes fi scales et le produit intérieur brut ou le revenu national.
Expr. fam. Mettre la pression sur quelqu’un, le soumettre sans relâche à l’obligation morale d’agir, de réussir, de fournir des résultats à court terme.
PRESSOIR n. m. XIIe siècle. Issu du latin pressorium,
« pressoir, presse », lui-même dérivé de pressum, supin de premere, « presser, comprimer ».
Machine servant à exprimer le jus du raisin, des pommes, des olives, etc., afi n de produire du vin, du cidre, de l’huile, etc. Pressoir à main. Pressoir mécanique,
hydrau-lique, pneumatique. L’arbre, la vis, les meules du pressoir. La cage, le cylindre d’un pressoir horizontal. Fouler le raisin dans un pressoir. Pressoir continu, dans lequel la
vendange est introduite au fur et à mesure, sans interruption. Par méton. Lieu, bâtiment où se trouve cette machine. Aller
dans le pressoir, au pressoir.
BX-ARTS. Le Pressoir mystique, thème iconographique représentant allégoriquement le Christ couché sous la vis du pressoir, versant, pour racheter les péchés des hommes, un sang qui est recueilli dans un calice ou un cuvier.
*PRESSOSTAT n. m. XXe siècle. Composé à partir de pression
et de -stat, tiré du grec statês, « qui maintient, qui stabilise ».
TECHN. Appareil permettant de maintenir un fl uide à une pression constante ; dispositif automatique commandant en fonction des variations de la pression le fonctionnement d’une machine ou d’une installation dans laquelle circule un fl uide. Le pressostat d’un compresseur, d’une chaudière. Le
pressostat d’un lave-linge contrôle notamment le remplis-sage de la cuve.
PRESSURAGE n. m. XIVe siècle, pressoerage ; XVIe siècle,
pressurage. Dérivé de pressurer.
AGRIC. Action d’écraser au pressoir. Le pressurage de la
vendange. Le moût issu du pressurage. Le broyage et le pressurage des olives.
PRESSURER v. tr. XIIIe siècle, pressoirer ; XIVe siècle,
pressurer. Dérivé de pressoir.
AGRIC. Écraser des raisins ou d’autres fruits au moyen d’un pressoir, pour en exprimer le jus. Pressurer la vendange.
Pressurer des pommes, des poires.
Fig. Obtenir de quelqu’un par la contrainte tout ce qu’il peut donner et, en particulier, écraser, épuiser par des impôts, des taxes. Le roi, pour lever son armée, a pressuré
ses provinces. Des contribuables pressurés.
PRESSUREUR, -EUSE n. XIIIe siècle. Dérivé de pressurer.
AGRIC. Celui, celle qui assure le fonctionnement d’un pressoir. Des journaliers embauchés comme pressureurs
pour les vendanges. Fig. et péj. Les pressureurs du peuple.
*PRESSURISATION n. f. XXe siècle. Dérivé de pressuriser.
TECHN. Action de créer artifi ciellement une pression déter-minée dans une enceinte hermétique, et de la maintenir constante ; résultat de cette action. La pressurisation des
cabines d’avion permet d’établir une pression proche de celle que l’on trouve au sol. La pressurisation d’un caisson de plongée. Certains aliments sont conditionnés et conservés grâce à un procédé de pressurisation.
*PRESSURISER v. tr. XXe siècle. Emprunté de l’anglais
to pressurize, de même sens, lui-même dérivé de pressure,
« pression ».
TECHN. Procéder à la pressurisation d’un espace clos. Au participe passé, adjt. Habitacle pressurisé. Par méton. Air
pressurisé.
PRESTANCE n. f. XVe siècle. Emprunté du latin praestantia,
« supériorité », dérivé de praestans, participe présent de praestare, « être devant, exceller ; exécuter », puis « mettre à disposition, fournir », lui-même composé de prae, « devant, avant », et stare, « être debout, se tenir debout ».
Maintien, port élégant et imposant, empreint de dignité.
C’est un homme qui a de la prestance, qui a beaucoup de prestance.
PRESTANT n. m. XVIIe siècle. Emprunté du latin praestans,
participe présent de praestare, « être devant, exceller ; exécuter », puis « mettre à disposition, fournir », lui-même composé de prae, « devant, avant », et stare, « être debout, se tenir debout ».
MUS. Jeu fondamental de l’orgue appartenant aux tuyaux visibles de l’instrument, dits « principaux », et sur lequel s’accordent les autres jeux.
*PRESTATAIRE n. XIXe siècle. Dérivé de prestation.
1. Personne ou société qui fournit une prestation. Un
prestataire de services. Adjt. Un organisme prestataire.
2. ADM. Personne qui bénéfi cie d’une prestation. Il est
prestataire de l’allocation d’invalidité.
PRESTATION n. f. XIIIe siècle. Emprunté du latin praestatio,
« action d’acquitter », dérivé de praestare, « être devant, exceller ; exécuter », puis « mettre à disposition, fournir », lui-même composé de prae, « devant, avant », et stare, « être debout, se tenir debout ».
1. Acte par lequel on s’engage solennellement. Ne
s’emploie guère que dans quelques locutions. Prestation de
serment. FÉOD. Prestation de foi et hommage, serment de fi délité prêté par le vassal à son suzerain.
2. Action de fournir un travail, un service ou des biens
en vertu d’une obligation, d’un contrat ; ce qui est ainsi fourni. Prestation en nature, qui, par opposition à Prestation
en argent, est constituée de productions du sol, de biens ou
de services divers. Pour l’entretien des chemins vicinaux,
les habitants des communes étaient à l’origine assujettis à des prestations en travail. Les vainqueurs reçurent d’impor-tantes prestations au titre des réparations de guerre. Presta-tion de services. Les prestaPresta-tions d’un hôtel.
Spécialt. DROIT. Prestation compensatoire, versement d’une somme d’argent déterminée, ordonné par un jugement de divorce et dont l’un des époux doit s’acquitter en faveur de l’autre pour compenser la disparité des conditions de vie créée par la rupture du mariage ; la somme ainsi versée. – ETHNOL. Prestations matrimoniales, l’ensemble des dons et des services consentis à la belle-famille pour la dédommager à l’occasion d’un mariage. – ADM. Le plus souvent au pluriel. Attribution d’une somme d’argent, fourniture par l’État ou par un organisme social d’un service ou d’un ensemble de services ; allocation. Être bénéfi ciaire de prestations
sociales. Prestations familiales, versées en fonction des
charges de famille.
3. Le fait de se produire en public. La prestation d’un
athlète, d’un chanteur. Il multiplie les prestations télévisées.
PRESTE adj. XVe siècle. Emprunté de l’italien presto, de même
sens, lui-même issu du latin tardif praestus, « prêt, disponible ».
Prompt, agile, alerte. Une fi llette vive et preste. Elle se
dégagea d’un mouvement preste. Advt. Vieilli. Vite,
promp-tement. Allons, preste !
Fig. Il est preste à la riposte. Une réponse preste.
PRESTEMENT adv. XIIe siècle. Dérivé de l’ancien français
prest, « agile, prompt », lui-même issu du latin tardif praestus,
« prêt, disponible ».
Avec promptitude et vivacité. Il se leva et s’habilla
preste-ment.
PRESTESSE n. f. XVIe siècle. Emprunté de l’italien prestezza,
de même sens, lui-même dérivé de presto, « preste ».
Litt. Promptitude, agilité et vivacité dans les mouvements, dans les gestes. La prestesse d’un pickpocket. Il a paré
l’attaque avec une grande prestesse.
Fig. La prestesse de son esprit.
PRESTIDIGITATEUR, -TRICE n. XIXe siècle. Composé à
partir de preste et du latin digitus, « doigt ».
Artiste qui accomplit des tours d’escamotage, de passe-passe grâce à l’agilité de ses mains. Le prestidigitateur sortit
un lapin de son chapeau.
Fig. Celui, celle qui est habile à travestir la réalité en suscitant des illusions.
PRESTIDIGITATION n. f. XIXe siècle. Tiré de
prestidigi-tateur.
Art du prestidigitateur. Un tour, un exercice de
prestidi-gitation.
PRESTIGE n. m. XIVe siècle. Emprunté du latin praestigium,
« charlatanisme, imposture », puis « illusion ».
1. Litt. Souvent au pluriel. Illusion attribuée à la magie,
obtenue par des sortilèges. Les prestiges du diable. Dans
« La Jérusalem délivrée », du Tasse, Renaud succombe aux prestiges d’Armide. Par anal. Les prestiges de l’optique
(vieilli), les illusions d’optique.
Fig. Forte impression faite sur l’âme, l’esprit, l’imagina-tion par ce qu’engendre l’art, la pensée. Les prestiges de la
scène. Les prestiges de l’éloquence.
2. Séduction exercée sur l’imagination d’autrui, qui
confère infl uence et autorité ; renommée, réputation dont une chose bénéfi cie. Jouir d’un grand prestige auprès du
public, parmi ses pairs. Perdre de son prestige. Cette affaire a terni son prestige. Le prestige de Napoléon a survécu à la campagne de Russie. Il a exploité le prestige de sa fonction à des fi ns personnelles. Défendre le prestige de la France à l’étranger. Le prestige de l’uniforme.
Loc. adj. De prestige. Une politique de prestige, qui est fondée sur la recherche de la grandeur et de l’éclat. Une
résidence de prestige, de grand luxe.
PRESTIGIEUX, -EUSE adj. XVIe siècle. Emprunté du latin
tardif praestigiosus, « qui fait illusion ; trompeur ».
1. Vieilli. Qui opère des prestiges. Un art prestigieux. Les
tours prestigieux d’un magicien.
2. Qui suscite une vive admiration, jouit d’une grande
considération, exerce un ascendant ; qui est très renommé.
Un nom, un titre prestigieux. Une école, une université prestigieuse. Les vestiges d’un passé prestigieux. Un vin prestigieux.
*PRESTISSIMO adv. XVIIIe siècle. Mot italien, superlatif de
presto, « vite, avec rapidité ».
MUS. Indication de tempo signifi ant qu’un passage doit être joué ou chanté aussi rapidement qu’il est possible. La
sonate « Waldstein », de Beethoven, s’achève prestissimo.
Subst. Passage exécuté selon cette indication. Un
prestis-simo, des prestissimos.
PRESTO adv. XVIIe siècle. Mot italien, issu du latin praesto,
« à la disposition, sous la main », tiré de praestare, « être devant, exceller ; exécuter », puis « mettre à disposition, fournir », lui-même composé de prae, « devant, avant », et stare, « être debout, se tenir debout ».
MUS. Indication de tempo signifi ant qu’un passage doit être joué ou chanté dans un mouvement très vif et rapide, plus animé que l’allégro. Un fi nale exécuté presto. Subst. Partie d’un morceau interprétée dans ce tempo. Un presto,
des prestos.
Fam. Rapidement, vite. Sortez d’ici et presto ! Expr. plaisantes. Illico presto, subito presto, sur-le-champ.
PRESTOLET n. m. XVIIe siècle. Emprunté du provençal
prestoulet, diminutif de prestre, « prêtre ».
Péj. et vieilli. Ecclésiastique insignifi ant. Il fait
l’impor-tant, mais ce n’est qu’un prestolet.
PRÉSUMABLE adj. XVIe siècle. Dérivé de présumer.
Qu’on peut raisonnablement conjecturer. La chose n’est
pas certaine, mais elle est présumable.
PRÉSUMER v. tr. et intr. XIIe siècle. Emprunté du latin tardif
praesumere, « prendre d’avance ; présumer », puis « trop présumer
de soi, être fi er », lui-même composé de prae, « devant, avant », et
sumere, « prendre, se saisir de ».
1. V. tr. Juger par induction, conjecturer, supposer.
Présumer le succès d’une affaire, l’issue d’un combat. Il est à présumer qu’il n’en demeurera pas là. Tout accusé est d’abord présumé innocent. Une personne disparue que l’on présume morte. En incise. C’est une erreur, je présume. Il a quitté la soirée, je présume, juste après nous.
Au participe passé, adjt. Selon la loi, dans un couple
marié, le père présumé d’un enfant est le mari de la mère. Le meurtrier présumé, que l’on tient pour coupable du
meurtre. Guilleragues est l’auteur présumé des « Lettres
portugaises ». Une guérison miraculeuse, ou présumée telle,
supposée telle.
2. V. intr. Présumer de, former, à partir de conjectures,
un jugement, une prévision. Ces premiers éléments ne
permettent pas de présumer du résultat. Ils poursuivent leur enquête sans présumer de rien. Présumer de la volonté, des intentions de quelqu’un.
Par ext. Avoir une opinion avantageuse. Vous présumez
de votre fi ls. Présumer de ses forces, de ses capacités, s’en
exagérer l’importance. Il présume trop de son pouvoir.
*PRÉSUPPOSÉ (le premier s se prononce ss) n. m.
XXe siècle. Participe passé substantivé de présupposer.
Ce qui est supposé, accordé préalablement, dans une opération de l’esprit. Les présupposés d’une démonstration
mathématique. Des présupposés méthodologiques.
LINGUIST. Information contenue implicitement dans un énoncé et tenue pour vraie. La phrase « Paul a arrêté de
fumer » a pour présupposé que Paul fumait.
PRÉSUPPOSER (le premier s se prononce ss) v. tr. XIVe siècle. Composé de pré- et de supposer.
Admettre, supposer préalablement. Présupposer la
vérité d’une prémisse. Descartes présuppose l’existence de Dieu pour établir la règle selon laquelle les idées claires et distinctes sont vraies. Dans le « Gorgias », de Platon, Socrate présuppose que celui qui connaît la justice est nécessairement juste. Présupposé que cela fût ainsi, cela présupposé…
En parlant d’une chose, d’une idée, d’une proposition. Nécessiter telle condition ou telle hypothèse préalable. Le
cours de philologie présuppose la connaissance du grec. La
notion de corps présuppose la notion d’espace. LINGUIST.
L’énoncé « Le fi ls du voisin a douze ans » présuppose que le voisin a un fi ls.
PRÉSUPPOSITION (le premier s se prononce ss) n. f. XIVe siècle. Composé de pré- et de supposition.
Supposition préalable ; présupposé. Admettre une
présup-position. Ce raisonnement part de la présupposition que l’homme est libre.
LINGUIST. Le fait qu’un énoncé contienne implicitement une information tenue pour évidente ; l’information implici-tement admise. La théorie de la présupposition. La négation
d’une phrase comme « Il a fermé la porte » n’affecte pas sa présupposition, à savoir que la porte était ouverte. Spécialt.
Loc. Relation de présupposition, relation entre deux unités linguistiques, dont l’une implique la présence de l’autre. Il
existe une relation de présupposition entre le déterminant et le substantif.
PRÉSURE n. f. XIIe siècle. Issu du latin populaire *pre(n)sura,
« ce qui est pris, ce qui fait prendre », lui-même dérivé de prehensum, supin de prehendere, « saisir, prendre ».
Substance extraite d’un des quatre estomacs, appelé caillette, de jeunes ruminants non sevrés, qui contient une enzyme permettant de faire coaguler le lait. La présure est
utilisée dans la fabrication des fromages.
*PRÉSURER v. tr. XVIe siècle. Dérivé de présure.
TECHN. Seulement dans la locution Présurer le lait, le faire cailler avec de la présure.
I. PRÊT, PRÊTE adj. XIe siècle. Issu du latin tardif praestus,
« dévoué, disponible », puis « prêt », lui-même dérivé de l’adverbe
praesto, « sous la main, à la disposition ».
1. Qui est en état de, préparé pour, disposé à. Être prêt à
partir. L’équipage est prêt à virer. Il ne se sent pas prêt pour passer l’examen. Je suis tout prêt à vous croire. Il est prêt à tout pour réussir. Je suis prêt à parier qu’il a oublié.
Absolt. Tenez-vous prêts ! Passez me chercher dans une
demi-heure, je serai prêt.
Expr. À vos marques, prêts, partez ! formule employée pour donner le départ d’une course à pied. Toujours prêt ! devise des scouts. Fam. Être fi n prêt, l’être tout à fait, parfai-tement.
Par anal. En parlant d’une chose. Qui a été préparé, que l’on a rendu propre à un usage ; qui est dans l’état souhaité.
L’avion est prêt à décoller, prêt au décollage. La terre est prête pour les semailles, prête à être ensemencée. Prêt-à-porter, voir ce mot. Absolt. Le dîner est prêt.
2. Qui est sur le point de. Elle était prête à fondre en larmes.
Cet arbre est prêt à tomber. Vieilli. Suivi de la préposition de. L’ennemi est prêt d’attaquer (on recommande plutôt
aujourd’hui l’emploi de la locution prépositive Près de).
II. PRÊT n. m. XIIe siècle. Déverbal de prêter.
Action de prêter quelque chose, en particulier une somme d’argent ; l’objet, la somme prêtés. Dans cette bibliothèque,
le prêt des livres est payant. Restituer, rembourser un prêt.
DROIT. COMMERCE. BANQUE. Convention en vertu de
laquelle une personne remet un bien à une autre personne afi n que celle-ci en fasse usage, à charge de restitution en nature ou en valeur. Prêt à usage, par lequel le prêteur livre une chose à l’emprunteur pour qu’il s’en serve, sous réserve qu’il la restitue après usage (on dit aussi Commodat). Prêt de
consommation ou simple prêt, par lequel le créancier fournit
à l’emprunteur une certaine quantité de produits que celui-ci pourra consommer, à charge pour lui d’en rendre autant de même espèce ou qualité. Prêt à intérêt ou, simplement,