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A PROPOS DE L'EXPRESSION GRAPHIQUE EN TECHNOLOGIE
De nombreux collègues se demandent si on doit conserver le dessin technique dans le cadre étroit de l'horaire actuel. Sous quelle forme, dans quelle proportion
?
Une réponse a été fournie par l'Inspection Générale de physique dans l'annexe 3 du texte mettant en place la formation des stagiaires de Sciences-Physiques du C.P.R. en Technologie (voir bulletin nO 12).
Le volume indiqué est d'une quinzaine d'heures annuelles par classe et 2 ou 3 dessins au net en quatrième.
Il est mis l'accent sur la lecture de dessin.
Une récente enquête menée sur l'expression graphique bien que n'ayant apporté qu'un nombre assez restreint de réponses au niveau de l'Acadé-mie, et les observations que nous pouvons faire en classe nous amènent à faire quelques remarques.
Il Y a convergence sur l'importance pour l'élève et sa formation culturelle de l'expression graphique sous ses diverses formes (schématisation, construction de graphiques représentation normalisée, lecture de documents, etc •.. ) •
si nous faisons l'inventaire des moyens d'expression dont dispose l'élève à l'entrée en 4ème pour traduire ses remarques, son observation d'un Objet Technique nous constatons qu'il dispose essentiellement du langage cou-rant avec un vocabulaire technique et scientifique très limité (lu entendu çà et là). Il dispose également d'éléments de schématisation acquis en biolo-gie, des règles du dessin d'art. Il sait représenter un cube en perspective sans avoir toujours conscience des règles qu'il emploie pour cette représen-tation. Il sera facile de les faire préciser.
Ce qui lui manque le plus est la représentation en cou-pe d'une pièce, d'un ensemble et les notions de réprésentation plane en plu-sieurs vues.
Il ne sait représenter que les éléments extérieurs de l'objet. C'est ce qui fait la difficulté de la schématisation.
Exemple schémat i sation du guidage en rotation et translation d'une tige par 3 traits.
Plutôt que d'imposer trop rapidement et trop arbitrairement la re-présentation conventionnelle de telle ou telle fonction, je pense qu'il f aut amener l'élève à simplifier progressivement son croquis, son dessin en
fai-
-47-sant apparaître que ce schéma fera mieux ressortir le principe de fonctionnement de l'appareil.
Un moyen de faire passer plus facilement, plus naturellement l'é-lève de l'objet concret à sa schématisation abstraite est de passer par l'inter-médiaire d'une maquette. Exemple - maquette de perforatrice, d'arrêt de porte, interrupteur à lame, ... etc ... Une fois acquises par l'élève, les quelques rè-gles de schématisation s'avèrent un outil précieux et indispensable pour expri-mer sa créativité. Il ne saurait pas dire comment il conçoit un dénoyauteur
(dans le principe) il sait le schématiser. Il est bon de laisser aux élèves la liberté de fournir plusieurs possibilités de schématisation. La diversité des solutions peut donner lieu à une discussion intéressante et une confrontation a-vec la représentation la plus généralement adoptée.
L'unicité de représentation du guidage en translation pourra venir après que l'on ait fait apparaître l'unicité de fonction sur des objets où elle est réalisée de diverses façons (pénétration cylindrique, section prismatique •.. ).
A la question d'enquête: "Les élèves aiment-ils la schématisation" les collègues ont répondu en majorité OUI
-J'ajoute pour terminer: "à condition qu'elle n'apparaisse pas comme une contrainte mais comme une nécessité. A la question "Aiment-ils l'exécution normalisée" la réponse est également OUI. Ils en demandent même davantage parfois.
Cela traduit probablement le sentiment de sécurité qu'ils ont, la satisfaction d'un travail net, propre. Mais ce n'est pas là un argument de très grand poids.
Essayons de passer en revue les avantages de la représentation nor-malisée ou de la lecture de dessin, les deux étant évidemment des exercices à
la fois indispensables et formateurs.
En effet le schéma ne dit pas tout, ne montre pas tout. Un détail, une condition de fonctionnement, pourra n'apparaître clairement qu'en faisant une représentation réelle de la pièce ou d'un ensemble de pièces.
Et sans être des fanatiques de la normalisation nous ne pourrons pas laisser faire n'importe quci aux élèves. Certains d'entre eux iront dans l'ensei-gnement technique et nos collègues auraient beaucoup de mal à redresser certai-nes erreurs.
Un de normalisation s'avère indispensable. Une arête cachée en trait interrompu court, un axe en trait interrompu mixte fin ne représentent pas une contrainte insurmontable.
Il faut évidemment proscrire le dessin fait à part de l'analyse technologique. Pas de dessin sans objet du moins au début - et un objet qui soit inclu dans un ensemble.
C'est la compréhension qui compte avant tout .
Faut-il sortir la planche et les instruments chaque fois que l'on fait du des-sin ?
Non bien sûr. On peut très bien se contenter d'une représentation normalisée sur papier quadrillé.
Ne pas faire non plus systématiquement 3 vues mais plutôt faire dé-terminer aux élèves le nombre de vues juste nécessaire et le choix de ces vues.
-48-Faut-il faire repasser le dessin à l'encre?
Il est impossible de donner une réponse catégorique à cette ques-tion. Au cours de réunions qui ont eu lieu dans l'Académie de Grenoble il est apparu que les avis sont très partagés. Le travail à l'encre est mieux fini et plus net. Un coup de gomme fait disparaître les traces superflues de crayon. Mais il yale problème des tâches. Certains professeurs arrivent à obtenir de
très bons résultats rapidement. Le débat reste ouvert et livré à l'apprécia-tion de chacun.
L'exécution normalisée peut participer à l'éducation gestuelle de l'élève.
A la question "Pensez-vous que l'exécution normalisée soit un con-tinuel exercice de mesure si on dessine ce que l'on voit sur l'objet" la majo-rité des réponses étaient: NON.
Le professeur peut fournir un certain nombre de dimensions et en faire déterminer d'autres sur le dessin, (conditions de fonctionnement, par exemple). Ce qui ne veut pas dire non plus qu'on ne fera pas de mesures sur une pièce. Tout est affaire d'équilibre et surtout d'intérêt de l'exercice vis-à-vis de la formation de nos élèves.
Enfin la lecture d'un document sera souvent indispensable pour une partie cachée et indémontable d'un appareil, d'un ensemble technique 0
On pourra juger de l'aptitude à la vision spatiale, de la faculté d'abstraction de nos élèves par ces passages de l'objet au dessin, du dessin à l'objet du dessin au schéma, de l'objet au schéma, du schéma à l'objet.
Je terminerai en parlant d'une autre forme très importante d'ex-pression graphique: la construction de graphiques traduisant des lois.
C'est un outil très précieux et indispensable au physicien, au chimiste mais aussi à l'historien, au géographe, à l'économiste et j'en ou-blie ..•
Comment traduire autrement les résultats d'une enquête sur l'évo-lution d'une population dans une ville, un village, même dans le cadre des ac-tivités d'éveil de l'école élémentaire?
On est amené très souvent à tracer une échelle linéaire des temps en histoire par exemple. C'est déjà une représentation graphique intéressante.
En conclusion il apparaît qJ'il est important pour la formation de nos de premier cycle, pour leur avenir, de les initier à ces diver-ses formes d'expression. Tel élève qui ne saurait s'exprimer verbalement le fait d'une façon éclatante par le schéma, le dessin. En dehors de toute autre considération, les diverses formes d'expression graphique peuvent constituer un moyen de rattrapage, de certains élèves, un moyen d'appréciation de leurs