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Les automutilations à l'adolescence

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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Les Automutilations

à l’ Adolescence

Réunion PMS W-B.E. Verviers 16 janvier 2018

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Le problème de la

définition

1. Quel nom donner à ce

comportement?

• automutilation, autoagression, autooffence

• syndrome d’autoagression délibérée…

• injurious behaviour, self-mutilation

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2. Une notion difficile à circonscrire: • cpt direct ou indirect?

• cpt létal ou non? ( dans les

conséquences ou dans l’intention?) • cpt répétitif ou isolé?

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Définitions:

• Mutilation qu’on s’inflige à soi-même… volontaire,…..pathologique (Petit Robert) • Trouble psychiatrique qui consiste à

s’infliger soi-même des blessures (Larousse)

• Comportement autodestructeur pouvant conduire au suicide, chez l’enfant dans le cadre d’une arriération mentale, ou

d’une évolution psychotique ( Gd

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• Consensus plus restrictif mais précis pour le

NSSI: « destruction directe et délibérée d’une

partie de son propre tissu corporel,

socialement désapprouvée, et ce en

l’absence de l’intention de mourir »

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• Retenons trois éléments supplémentaires,

importants sur le plan clinique : - l’échec à résister à une

impulsion,

- la tension croissante préalable, - l’expérience de gratification ou de

soulagement pendant le passage à l’acte.

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• Mais aussi des éléments qui justifient une approche différente, parce que relevant

d’un diagnostic plus alarmant :

- les blessures d’automutilation grave

et volontaire qui évoquent un possible

diagnostic de psychose ,

- les mutilations stéréotypiques, qui

s’inscrivent dans un processus autistique.

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Que cherchent vraiment ces jeunes?

• Soulager une tension intérieure est quasi la règle, par la vue du sang qui coule, par la transformation d’ une douleur psychique insupportable en une douleur physique contrôlée (certains assurent toutefois ne pas avoir mal…?),

(9)

• Besoin irrépressible face à une angoisse ingérable, qui touche souvent aux fondements même de l’identité, l’attaque du corps permettant une reprise de contrôle du psychisme à la dérive,

(10)

• Retournement contre soi de

l’agressivité vécue comme

dangereuse si la colère qui la sous-tend s’exprimait contre autrui (souvent les proches, les parents qu’on aime par ailleurs…),

(11)

• Fondamentalement, attaque directe du corps, ce corps adolescent qui change tellement, et que l’on déteste parfois parce qu’il est source de tant d’incertitudes: l’attaquer, c’est le maîtriser, et le punir!

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• A priori, pas d’idée suicidaire, et au

contraire, panique si excès

d’écoulement de sang p. ex., avec appel au secours (ce qui n’empêche éventuellement pas le même jeune de poser un acte suicidaire dans un autre contexte…)

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• Caractère très variable de la dimension relationnelle de l’acte, entre exhibition et honte, dissimulation face aux parents et mode d’expression entre pairs (à comparer avec certaines tentatives de suicide à vocation d’appel au dialogue…)

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• Reste le problème de la contagion, propre à l’adolescence, par imitation des pairs: ce ne peut être un facteur causal, mais un agent facilitateur, notamment via les blogs et les multiples réseaux sociaux, où ce comportement est vécu et présenté comme une issue positive,

(romantique? ), au mal-être

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• Dans cette perspective, l’effet de mode n’est pas nul, mais limité à des jeunes fragilisés au départ; p. ex., la position « Emo » actuelle est un lointain avatar du mouvement punk, qui amalgame des traits gothiques noirs et des choix colorés, (rouges?): il s’agit d’un choix esthétique avant tout,

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• Le recours à la scarification est un détournement de cette approche, par l’utilisation personnelle de ces références esthétiques, le sang rouge qui coule, une dramatisation critique du monde actuel….

• C’est toute l’adolescence écorchée qui se joue dans ces scénarios!

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• Séquence comportementale classique dans les automutilations impulsives:

- un événement déclenchant,

- sur fond d’humeur dysphorique, morosité, tristesse,

irritabilité.., voire de sentiment de dissociation, - conviction de se retrouver dans une impasse, avec

l’envie de se faire mal , de façon irrépressible, - court laps de temps entre la décision et l’acte, - soulagement d’intensité et de durée variable.

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Développement d’un comportement addictif en aval de cette séquence:

Dégoût de soi-même et montée de la tension Dégoût de soi-même et montée de la tension Un évènement déclencheur augmente la détresse Un évènement déclencheur augmente la détresse Passage à l’acte automutilateu r Passage à l’acte automutilateu r Expérience d’un soulagement de la tension Expérience d’un soulagement de la tension Honte et culpabilité à l’égard de l’automutilatio n Honte et culpabilité à l’égard de l’automutilatio n

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La dissociation

Etat particulier d’ «automatisation» où une personne est déconnectée de son monde «interne» et des ses motivations; elle peut ainsi expérimenter une sorte de vide psychique et d’analgésie physique, comme si plus rien ne pouvait l’atteindre ;

C’est exactement ce que décrivent beaucoup d’adolescents, déconnectés d’eux-mêmes pendant ce passage à l’acte. Ils se retrouvent après , comme « rassemblés ».

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Un peu d’ épidémiologie

• Une comparaison entre études est difficile, car leur matériel est très différent,

• En gros, 1 jeune sur 6 passe par ce

comportement, entre 10 et 20%, 17% selon une étude sérieuse méthodologiquement,

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• La moyenne de l’âge de début est de 13,5 ans, mais il serait inférieur à 10 ans dans 5 à 20% des cas,

• Contrairement à l’idée classique de problèmes familiaux, 2/3 des parents seraient toujours en couple, sans problèmes apparents ,

• La durée de cette « phase » comportementale serait de 6 mois à 2 ans, et présenterait donc un caractère    »isolé », 

• Globalement, les études actuelles sont toutefois insuffisantes.

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• Les automutilations impulsives seraient

épisodiques, avec un caractère répétitif; les coupures sont les plus fréquentes, 7/10, puis viennent les brûlures, 3/10.

• Les automutilations compulsives concernent surtout la trichotillomanie, le grattage, et les coups donnés à soi-même ou aux objets.

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