HAL Id: dumas-01549845
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Améliorer la gestion de la collection d’une bibliothèque
de musée : application d’une démarche de benchmarking
au cas de la bibliothèque du Palais des Beaux-Arts de
Lille
Élise More
To cite this version:
Élise More. Améliorer la gestion de la collection d’une bibliothèque de musée : application d’une
démarche de benchmarking au cas de la bibliothèque du Palais des Beaux-Arts de Lille. Sciences de
l’information et de la communication. 2015. �dumas-01549845�
a
Université
de Lille
■7 SCIENCES HUMAINES O ET SOCIALESvillede4»
lillE
DépartementSciences de l'Informationetde la Documentation
Elise MORE
MASTER 1, MENTION ICCD
(Option :Sciencesde l'Informationetdu Document)
MEMOIRE DE STAGE
Missioneffectuée du 13avrilau22 mai 2015 à labibliothèque du Palais des Beaux-Artsde Lille
Améliorer la
gestion de
la collection d'une bibliothèque
de
musée
:application d'une démarche de benchmarking aucasde la bibliothèque du Palais desBeaux-Artsde Lille
Sousla direction de :
Mme LaureBOLKA-TABARY(tuteur universitaire) MmeDelphine ROUSSEAU(tuteur professionnel)
Soutenu le 25 Juin 2015 à l'UFRDECCID-SID
Université Charles deGaulle, Lille 3(Campus Pontde Bois)
BP60 149, 59 653Villeneuved'Ascq Cedex
Elise MORE | Mémoire destage | M1ICCDSID | 2014-2015
Remerciements
Je tienstoutd'abord à remercier, Mme Delphine Rousseau, pour son accueil, ses conseilset
sonsuivitoutau long de lamission quim'aétéconfiée, ainsiquel'équipede labibliothèque,M. Kamel
HachemietMme AnneRouabahpourleur accueiletlepartagedeleur expérience. Plusgénéralement,
jeremercie l'ensembledupersonnel du musée pourleuraccueiletleurdisponibilité.
Je tiens également à remercier Mme Laure Bolka-Tabary pour son suivi pédagogique etses nombreux conseils donnés dansle cadredela réalisation dece mémoire.
Enfin, je remercie les personnes qui ont accepté de me rencontrer et qui m'ont donné de
nombreux conseils pour menerà bien cetteréflexion :
Mme Christine Ferret, responsable du service de développement des collections à la
bibliothèque de l'INHA.
Mme CorinneBarbant, responsable de la bibliothèque Dominique Bozo au LaM.
Mme Frédérique Desreumaux, responsable du fonds d'histoire de l'art de la bibliothèque d'UFR Michelet à l'Université Lille3.
Mme Mica Gherghescu, responsable « Recherche et salle de lecture publique » à la
bibliothèque Kandinsky, Centre de documentation et de recherche du Musée national d'art
EliseMORE | Mémoire de stage | Ml ICCD SID | 2014-2015
Résumé
Ce mémoire porte surlagestion de la collection de la bibliothèque du Palais des Beaux-Artsde Lille. L'adoption d'une démarche de benchmarking a permis successivement d'établir un diagnostic de la gestion de la collection de la bibliothèque,de le confronter à d'autres systèmes d'organisation dont
les caractéristiques ont pu être analysées à travers une grille d'étude, pour enfin émettre quelques
propositionsen vued'améliorerlagestionde la collection de la bibliothèquedu musée.
Mots-clés
Bibliothèque de musée ; gestion des collections ; politique documentaire ; accès aux collections ;
benchmarking
Summarv
Thisdissertationisabout thecollection from thelibraryofPalaisdesBeaux-ArtsdeLille. Theadoption
of a benchmarking process has enable to establish successively diagnosis about the collection
management, toconfrontitwith otherswaysofmanagementwhosefeatureshas been analyse trough
a benchmark, to finally émit some proposai for the purpose of the enhancement of the collection
managementfrom the muséum library.
Kevwords
EliseMORE | Mémoire destage| MlICCDSID | 2014-2015
Table des
matières
Remerciements
Résumé
Sigles
et
abréviations
Introduction
I. LECONTEXTE DU STAGE
1. Lastructured'accueil :le Palais desBeaux-Artsde Lille
1.1Historique du muséeetdesescollections
1.1.1 Al'origine de la création du musée(1793-1809)
1.1.2 Ducouvent des Récollets à l'Hôtelde Ville(1809-1880)
1.1.3 LePalais des Beaux-Arts(1881-1991)
1.1.4 La rénovation du musée
1.2 Lemuséeaujourd'hui :missions etfonctionnement
2. Leservicebibliothèque-documentation du Palais desBeaux-Arts
2.1 Le servicede documentation
2.2 Labibliothèque
2.2.1 Présentationde labibliothèqueetdeses missions
2.2.2 Lepublic
2.2.3 Lepersonnel
2.2.4 Les moyensfinancierset matériels
3. Lamission destage
3.1 La bibliothèqueetses problématiques
3.2 Rappel de lamission
3.2 Présentation de la démarche: lebenchmarking
II.DIAGNOSTIC DE LA GESTION DE LA COLLECTION
1. L'absence d'une politique documentaire
1.1Qu'est-ce quela politique documentaire ?
1.2Quellepolitique documentaire à la bibliothèque du Palais des Beaux-Arts ?
1.3.1 La politiqued'acquisition
1.3.2 La politique deconservation
2. Unaccès à la collection àrepenser
2.1Qu'entends-t-on par «accès à la collection »? 2.2Aménagement des locauxetmobilier
Elise MORE | Mémoire destage| MlICCDSID | 2014-2015
2.3 Lefonctionnement dela bibliothèque 21
2.4 La médiation de lacollection 22
2.4.1 Uneclassification « maison» 22
2.4.2 Problèmes rencontrésavecla classification 24
2.4.3 Les problèmes liés àlasignalétique 25
2.4.4L'absenced'expositions etd'animations 25
2.5 Lavisibilité de labibliothèqueauseindel'espace muséal 25
3. Lepointdevuedesusagers :laréalisationd'uneenquête d'usages 25
3.1 Lesobjectifsde l'enquête d'usages 25
3.2 Lechoixd'une méthode qualitative 26
3.3 Lesthèmesde l'enquête 27
3.4 Echantillon etdéroulement desentretiens 27
3.5Analyse des entretienset résultats 28
III.PROPOSITIONS POUR LA GESTION DE LACOLLECTION 30
1.Réalisation d'une étudecomparativepréalable :le benchmark 30
1.1L'identification des lieux 30
1.2Présentation desbibliothèques 31
1.2.1 La bibliothèque DominiqueBozo 31
1.2.2 La Bibliothèqued'UFR Michelet 31
1.2.3 La bibliothèque Kandinsky 32
1.2.4 La bibliothèque de l'INHA 32
1.3 Les critèresanalysésetla réalisationd'une grille d'étudecomparative 33
1.4 Résultatsdubenchmark 33
1.4.1 L'offre documentaire 33
1.4.2L'accèsauxcollections 35
1.4.3Visibilité de labibliothèque dans l'espace muséal 36
2.Propositionsetdémarcheà suivrepouraméliorerla gestion descollections 37 2.1Adopterunenouvelle classification :la Classification Décimale deDewey 37
2.1.1Présentationde la Classification Décimale deDewey 37
2.1.2 Lesinconvénientsdela Classification Décimale deDewey 38
2.1.2 Pourquoichoisirla Classification Décimale de Dewey? 39
2.1.3 LaDeweyadaptée àunfonds spécialiséen histoirede l'art 40
2.1.4Réduire lasubjectivité :établirune listedecotesvalidées 42
2.2 Repenserla collectionde labibliothèque du Palais des Beaux-Arts 42
2.2.1Définition de lanotiondecollection 43
Elise MORE| Mémoiredestage| MlICCDSID | 2014-2015
2.3 Repenserl'organisation spatiale : lelibreaccès est-ilapproprié? 47
Conclusion
49
Bilan
de
stage
50
Glossaire
54
Elise MORE | Mémoire de stage | MlICCDSID | 2014-2015
Sigles
et
abréviations
BM:BibliothèqueMunicipale
BPI: Bibliothèque Publique d'Information
BU :Bibliothèque Universitaire
BUFR :Bibliothèqued'UnitédeFormation etde Recherche
CADIST: Centred'Acquisitionetde Diffusion de l'InformationScientifiqueetTechnique CDD:Classification Décimale deDewey
CDU : Classification Décimale Universelle
ENSSIB:EcoleNationaleSupérieure desSciencesdel'Informationetdes Bibliothèques ICOM: International CouncilofMuséums(Conseil International des Musées)
SCD:Service Communde Documentation UFR:Unité de Formationetde Recherche
EliseMORE | Mémoiredestage [ MlICCD SID | 2014-2015
Introduction
Lecœurd'unebibliothèqueestsacollectionde documents. Selon la Chartesdesbibliothèques
adoptéeparle Conseil supérieur desbibliothèquesle7 novembre1991,«Toutecommunedoitassurer ledéveloppement, laconservation etl'accès auxpublics des collections dont elleestpropriétaire ou dont elleal'usage1 ».
La bibliothèque du Palais des Beaux-Arts de Lille est actuellement confrontée à un certain
nombre de dysfonctionnements qui l'empêchent de répondre à ces missions : espace de stockage saturéetproblèmes derangement,ouvrages enmauvaisétatetmalconservés, systèmede classement obscuretsignalétique inadaptée,etc.
Face à cettesituation, la responsable de la bibliothèque etduservice de documentation du
muséem'a confié, durantmessixsemainesdestagedu 13 avrilau 22 mai2015,lamission de faireun
diagnostic de la bibliothèque et de ses problématiques pour enfin proposer des solutions en vue d'améliorerlagestionde celle-ci.
Auvue de la mission qui m'a été confiée etdes problèmes actuels de la bibliothèque,je me suis interrogée dans ce mémoire sur la manière d'améliorer la gestion de la collection d'une
bibliothèque de musée,enl'occurrencespécialiséeenhistoire de l'art,afin de faciliterl'accès dupublic
auxdocuments.
Tout d'abord, nous allons poser le contexte du stage en présentant davantage la structure d'accueil, en rappelant la mission et en présentant la démarche employée pour y répondre : le
benchmarking. Ensuite, ils'agira d'établir undiagnostic de lagestionde la collection de la bibliothèque
du Palais des Beaux-Artsde Lille.Enfin, la troisième partiedecemémoireconsisteraàconfronter, par laréalisation d'unbenchmark, les différents élémentsanalysés lors du diagnosticavec ceuxdéveloppés
dansd'autres structures puis ce sera finalement l'occasion d'émettre quelques propositionsen vue d'améliorer lagestionde lacollection de labibliothèqueduPalaisdesBeaux-Artsde Lille.
1
ConseilSupérieur des Bibliothèques. Charte des bibliothèques adoptée parle Conseil supérieur des bibliothèques le 7 novembre 1991 [en ligne]. Paris : Association du Conseil supérieur des bibliothèques, ministères de l'Educationnationale, de la Cultureetde la Recherche, 1991. [Consulté le11/06/2015]. Disponiblesurleweb:< http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/1096-charte-des-bibliotheaues.pdf>
EliseMORE| Mémoire destage| MlICCDSID | 2014-2015
I. LE CONTEXTE DU STAGE
1. La structured'accueil :le PalaisdesBeaux-Artsde Lille 1.1 Historique dumuséeetdesescollections
Nous allonstoutd'abord dresser un historique du musée. Ce dernier apparaît indispensable
puisque l'histoire de la bibliothèque et desonfonds est étroitement liée à l'évolution du musée, de
sescollectionsetdesa programmationculturelle.
1.1.1 Al'origine de la création dumusée (1793-1809)
Avant la Révolution, la ville de Lille ne possédait pas de musée. Les personnes souhaitant visualiser des oeuvres d'art devaient se rendre dans les églises, les couvents, ou encore chez des amateursfortunés. A la Révolution, ces oeuvres ont été confisquées et la plupart d'entre elles ont constitué un socle lors dela création de musées.
Ainsi, comme beaucoup de musées en France, le Palais des Beaux-Arts de Lille est né à la
Révolution. C'est Louis Watteau (1731-1798), le 17février1792, qui propose aux administrateurs du
Districtde Lille la création d'un musée pourl'instruction du publicen utilisantles tableauxsaisisdans les églises. En décembre 1793, il regroupe les peintures les plus importantes des églises et des
monastères de la ville à l'Académie des Arts. En effet, le 9 décembre 1793 il déclare avoir « fait transporter etdéposeràl'Ecole gratuitedesArts, avecpermission descitoyensadministrateurs, cinq
tableaux del'église de la Magdeleine (réquisitionnée le2décembrepourlebattage des grains)et vingt-trois autres pris au chapitre des ci-devant Récollets, provenant de diverses maisons et ci-devant abbayes »2. Ce musée « embryonnaire » à l'Académie des Arts était uniquement ouvert à aux étudiants. Progressivement,etenfonction descirconstances, la collectionsedéveloppeetle nombre
detableauxréuniss'élèveà environ soixanteen1797.
Avec LouisWatteau,l'idéede musée était doncnée. Maissonactede naissanceofficielestle
décretsignéparNapoléonBonapartele1erseptembre1801,connu sousle nomdedécretChaptal,qui
partage entrequinzevillesde province, dontLille,846œuvresprovenantdes collections duLouvreet
deVersailles, des églises de Parisoude Belgique mais aussi saisies dans lespaysconquis parl'armée. Lilleen reçoitfinalement46 qui appartiennentauxécolesfrançaise,flamande,hollandaise,ouencore
italienne.
2
Elise MORE | Mémoire destage| MlICCD SID | 2014-2015
Afin de les recevoir dans de bonnes conditions, la municipalité de Lille aménage l'ancienne
église du couventdes Récollets.Le 15 août 1809, lemuséeestinauguréau premierétageetouvre au
public. Lepremier conservateurse nommeHenriJosephVan Blarenberghe (1750-1826).
1.1.2 DucouventdesRécollets à l'Hôtel de Ville(1809-1880)
Les années qui suivent sont marquées par l'accroissement des collections. Cent dix-sept
œuvres peuventêtredénombréesen 1810etcent-quarante-neufen 1814.
En 1824, la Société des Sciences, del'Agriculture etdesArts de Lille fondée en 1802 créé le
musée d'archéologie et de numismatique qui regroupe la sculpture médiévale, les objets d'art, la
céramique,ainsique lesmonnaies et lesmédailles.
Trois événements marquants peuvent également être précisés : en 1834, le legs Wicar qui
enrichit les collections dumuséede manièreconsidérable;en 1838,l'acquisition de la Médéefurieuse
de Delacroix ; et, en 1841, la nomination d'un nouveau conservateur qui va donner un élan de
dynamisme à l'enrichissement descollectionsetêtreunevéritable révolutionpourle musée:Edouard
Reynart(1802-1879). Grâce à lui,le nombred'œuvrespassedecentquatre-vingt-huiten 1841àsept
centquinzeen 1875.
En1848, pour pallierau manquede place, les collectionssonttransférées audeuxièmeétage du nouvel Hôtel de Villeconstruit par l'architecte Charles Benvignat (1805-1877) surl'emplacement
de l'ancien Palais Rihour. Le transfert des œuvres s'effectue en plusieurs fois entre 1848 à 1860.
L'inauguration dece nouveaumuséea lieule 13janvier1850.
1.1.3 LePalaisdes Beaux-Arts(1881-1991)
En 1879, Auguste Herlin (1815 - 1900) succède à Reynart et une fois de plus, face à l'accroissement descollections, la questiondelacréationd'unnouveaumuséesepose. En 1881,l'idée
se concrétise avec l'élection d'un nouveau maire, Géry Legrand (1837 - 1902), très porté sur les
questions culturelles. Il décide d'élever un nouveau bâtiment sur l'emplacement du jardin de la
République. En 1884, ce dernierorganise un concours pourla construction d'un « Palaisdes
Beaux-Arts »,que les architectes parisiens Edouard Bérard (1843 - 1912) et Fernand Delmas (1852-1933)
remportent.
La constructionduPalais desBeaux-Artss'effectueentre1885et1892.L'inaugurationalieu le
Elise MORE | Mémoire destage | MlICCDSID | 2014-2015
importantque prévuetapparaît peu satisfaisantsurle plan muséologique.De même, jusqu'en 1913,
sixconservateurs sesuccèdent, ce qui rend l'organisation du musée instable. De plus, le Palais sera ferméentre1895et1898àcaused'unemauvaisegestionde la températurequiacausé des problèmes d'humidité,et parconséquentdesdégradations desoeuvres.
En 1913, Emile Théodore (1876 - 1937) est nommé au poste de conservateur. Ce dernier
assume la protection du musée pendant la première Guerre Mondiale. Endommagé pardes obus, le
Palais faitl'objet d'unerénovation importante aprèslaguerreetnerouvre sesportesqu'enaoût1924. Entre 1933 et 1935, la cour intérieure est couverte et le musée s'agrandit : des galeries
supplémentaires viennentborderl'atrium. Cependant, lemanquedeplacesefaittoujoursressentiret
àl'aube de la seconde Guerre Mondiale, lenouveauconservateurnomméen1939, Pierre Maurois, ne peutpoursuivrela modernisation du Palais desBeaux-Artsetdoit mettrelesœuvresà l'abri.
Après laGuerre,en 1946, Pierre Mauroisentreprend la réinstallation des collections selon un modedeprésentation plusaéré. Parallèlement, la SociétédesAmisdu musée, présidéeparMaxCrépy,
appuie le développement des collections du musée. Desœuvres d'artistestelsque Léger ou encore Poliakoffentrentdans les collections.
En 1962, Albert Châtelet devientconservateur etcontribue au rayonnement du musée. Puis,
en 1969, Hervé Oursel lui succède. Nous pouvons relever la création du service pédagogiqueavec la
volonté de faciliter le lienentrelesœuvresetlepublic.Aussi,Hervé Ourselparvientàconvaincre Pierre
Mauroyde la nécessité de procéder à unenouvelle rénovation du musée.
1.1.4 Larénovationdumusée
En 1987, la question de la conservation des « plans-reliefs », c'est-à-dire les maquettesdes villes du Nord, qui se fait en concertation avec Jacques Chirac, alors premier ministre, permet de
débloquer les fonds nécessaires à la rénovation du musée. Un concours est ouvert en 1989, et les
lauréats, Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart, entreprennent les travaux dès 1991. Ces travaux de
rénovations'achèventen 1997et le musée peutêtreréinauguré le7 juin 1997.
Lestravaux ont permis l'agrandissement du musée dont la surface passe de 15 000 m2à 22 000m2. Lessous-solsontpu être aménagés. Ils abritentdésormais lesgaleries consacrées au
Moyen-Âge
età la Renaissance ainsi que la salledes Plans reliefs. De plus, unesalle dédiéeauxexpositions temporaires, unebibliothèque, unauditoriumetdesatelierspédagogiquesontpu yêtre installés.EliseMORE | Mémoire destage| Ml ICCDSID| 2014-2015
Un nouveau bâtiment, appelé le « bâtiment lame » a également pu être construit.
Visuellement, lecaractèrecontemporaindece nouveau projetarchitecturalvientrompre avecle Palais
construitàfin du XIXesiècleet permetvéritablementd'ouvrirle muséesurla ville.Ce bâtiment lame
abrite actuellement les services de l'administration, de la conservation et de la restauration des
œuvresainsi queleservicede la sécuritédu musée.
Concernant les collections du musée, elles se répartissent actuellement en différents départements : le département des Antiquités, du Moyen
Âge
etde la Renaissance, le départementdespeinturesduXVIeauXXesiècle, le département des Sculptures, ledépartementde laCéramique,
ledépartement des Plans-Reliefs, le cabinet desDessins,et laNumismatique.
1.2Lemuséeaujourd'hui:missionsetfonctionnement
Aucoursdemonstage,j'aipucernerles différentesmissionsdu muséeetsonfonctionnement.
Selon l'ICOM3, « un musée acquiert, conserve, étudie, expose ettransmet le patrimoine matérielet
immatériel de l'humanitéetdeson environnementà des fins d'études, d'éducationetdedélectation
»4.Commetoutmusée, lePalaisdes Beaux-Arts de Lillerépondàune doublemission :la conservation du patrimoine artistique qu'il abrite et la transmission de ce patrimoine à un public le plus large
possible.
Au sein du musée,différents services visentdonc à répondre à ces missions : leservicede la
conservation, de la régie et de la restauration desœuvres, le service de communication, le service
culturel et pédagogique, le service bibliothèque-documentation, le service de l'administration du
musée, le serviced'accueil, de surveillanceetde sécuritéouencorele servicetechnique.
Concernant la diffusion des collections, une grande exposition a lieu chaque année à
l'automne. De plus, la programmation culturelle du Palais des Beaux-Arts meten avantdepuis 2014
un « Open Muséum », exposition à travers laquelle des artistes inattendus dialoguent avec les
collections permanentesdu musée.
Parallèlement àcesexpositions,desmanifestationsetdes activités culturellessontorganisées
régulièrement, telles que les visites guidées, les conférences, ou encore les ateliers éducatifs et culturels.
3
LeConseil International des Musées (International Council of Muséums) a pour mission la préservation et la promotiondu patrimoine cultureletnaturel mondial.
4
BAUJARD,Corinne.Dumuséeconservateuraumuséevirtuel:patrimoineetinstitution. Paris: HermesScience, 2013. p.16.
Elise MORE | Mémoire destage | MlICCDSID| 2014-2015
2. Le service
bibliothèque-documentation
du Palais des Beaux-ArtsLe personnel du Palais des Beaux-Arts a régulièrement besoin d'informations relatives aux
œuvres pour la préparation de la programmation culturelle du musée. Au sein du musée, le service
Bibliothèque-Documentationviseà répondre àce besoin. Ce servicedécoule de lafusion en 2011de
deuxservicesquiétaient dissociés dans l'organigramme du muséeet avaientchacun un responsable
dédié : la bibliothèque et le service de documentation. Le service Bibliothèque-Documentation est
désormaisplacésousl'autoritéd'un responsable unique.
Al'heureactuelle, cesdeux entitéssont encoreséparées physiquement. Ily a donc à l'avenir leprojetde réunircesdeux entitésausein d'un mêmeespace,probablement àl'emplacement actuel de la bibliothèque, pour rationaliser le service, centraliser l'informationet de cefait faciliter l'accès
auxdifférentes ressourcesdu musée. 2.1 Le servicede documentation
Le servicededocumentation du muséesesitueausecondétage du bâtiment administratif. Il
conserveles dossiersd'œuvre, hormis ceuxrelatifs auxartsgraphiquesquisontconservés au cabinet
des dessins, les inventaires et autres documents originaux, tels que les procès-verbaux des commissions,liésauxcollectionsetà l'histoire du musée.
Lesdossiers d'œuvresontclasséspardomaineetparordrealphabétique. Cesontdes archives ouvertesenrichies continuellementparlesconservateurs etd'une grande importancepourle musée. Ils comprennentdifférentstypesde documents telsque des fiches d'informationsur lesœuvres avec des informationstelles que le nom del'auteur, l'école, le numéro d'inventaire, etc.,des photocopies
de cataloguesdu musée où l'œuvreestcitée, desphotographies, de la correspondance,etc.
Etant donné la grande diversité des documentsque ces dossiers d'œuvrecomprennent, leur
gestionapparaîtdifficile. Il n'ya pasde réelsuividucontenudecesdossiers.Al'avenir, ily a la volonté de les numériserintégralementpour assurer leurpérennité etleur intégrité.
Parallèlement aux dossiers d'œuvre physiques, le service de documentation assure la maintenance et l'alimentation du logiciel Micromusée, grande base documentaire des œuvres du
Elise MORE | Mémoire destage| Ml ICCDSID | 2014-2015
Les inventaires et les autres documents liés aux collections et à l'histoire du musée sont en
coursde numérisation afin d'en faciliter la consultationvia le réseauinformatique.
Le servicede documentationaccueille lepersonnel dumusée,en particulier lesconservateurs, le personnel du service pédagogique et les guides conférenciers, et sur demande, les personnels d'autresétablissements, les chercheurs, lesprofesseursetlesétudiants.
Actuellement, hormis la responsable, trois personnes visent à répondre aux missions du
servicededocumentation.
2.2 Labibliothèque
2.2.1 Présentation de labibliothèqueetdesesmissions
La bibliothèque a étécréée lors de la rénovation du Palais des Beaux-Arts et son ouverture dated'octobre1998.
Sa vocation première est de conserver tous les documents en lien avec la programmation
culturelleetles collections dumuséeen vuede les mettreà ladispositiondu public.
Elleconserveet metdonc àladisposition desusagers unfondsriche d'environ33 000ouvrages
spécialisésen histoirede l'artet archéologieet de différentstypes : catalogues raisonnés, catalogues
d'exposition, catalogues de collection des musées, catalogues de vente, périodiques, bulletins
d'informations desmusées,ouvragesgénéraux, usuels,etc.
Lescollections delabibliothèques'enrichissentcontinuellement grâce à des achats, des dons, etàunepolitiqued'échanges de publicationsavec les musées françaisetétrangers.
Il convientd'ajouterquele musée reçoit régulièrement des« catalogues justificatifs », c'est-à-diredesouvrages reçus en remerciementd'unservicerendu,comme l'envoid'unephotographieou d'informations sur une œuvre du musée. Ainsi, lorsqu'un auteur contacte le musée pouravoir une
photographie ou des informations sur une œuvre, celui-ci, après la publication,envoie un catalogue
en remerciement au Palais des Beaux-Arts dans lequel figurent la photographie ou les informations données précédemment. Ces catalogues justificatifs permettent véritablement d'enrichir la documentation autourdesœuvresdu musée.
Lavolonté decommuniquerl'existence du fonds documentaireau publicpasse parlefaitque les ouvrages de la bibliothèque sont référencés dans le catalogue commun informatisé géré par le
Elise MORE | Mémoire destage | Ml ICCD SID| 2014-2015
réseaudesbibliothèques de la ville de Lille. LeSystème Informatisé de Gestiondes Bibliothèquesutilisé estPortfolio.Celogiciela étédéveloppéparla société Bibliomondo.
2.2.2 Lepublic
La bibliothèque accueille le personnel du musée, c'est-à-dire lesconservateurs, le personnel du service culturel et pédagogique, ou encore les guide-conférenciers. Le personnel du musée a la possibilité d'emprunter des documents.
La bibliothèque est égalementouverte au public extérieur au musée à raison de cinq
demi-journéesparsemaine. Bienqu'ellesoitouverteàtouttypedepublic, elle accueilleprincipalement des
étudiants et enseignants en histoire de l'art, archéologie, architecture, etc., des chercheurs et conservateurs provenant d'autres établissements culturels et scientifiques, mais également des amateursd'art.
2.2.3 Lepersonnel
La bibliothèque est actuellement en sous-effectif. Deux personnes visent à répondre aux missions de la bibliothèque : la responsable du service Bibliothèque-Documentation, Delphine
Rousseau, etunagentprésentà la bibliothèque depuislafin de l'année2013,KamelHachemi.
La situationactuellenepermetalorsd'assurerqu'unservice minimum :leservicepublic,
c'est-à-direl'accueiletl'orientationdesusagersainsiquedes tâchescourantestellesque l'équipement des
documents, lerangement,etc.Lecatalogage desouvragesn'a pas puêtreeffectué depuis début2014.
2.2.4 Les moyensfinanciersetmatériels
Lebudget d'acquisition desouvragesesten baisseconstantedepuis2012.Alors qu'il était de 5110 €en 2012, il n'est plus aujourd'huique de 2000à 3000 €, ce qui permet defaireenviron trois
commandesdelivres dans l'année de 800à 1000eurosenvironchacune.
Il en est de même pour le budget d'acquisition des périodiques. Le nombre de titres de
périodiquesadû être revuà la baisse.Labibliothèquepossède actuellement21abonnements actifs à
despériodiques.
Les moyens matériels, compris en termes d'espace et de mobilier, sont insuffisants pour
EliseMORE | Mémoire destage| MlICCD SID | 2014-2015
desouvrages est disponible en libre accès et, mis à part un petitespace de stockage, il n'y a pas de
magasin pourassurerlabonne conservationdes documents. Nousdétaillerons davantagecepointlors
dudiagnostic de la bibliothèque.
3. La missiondestage
3.1 Labibliothèqueetsesproblématiques
La bibliothèque du Palais des Beaux-Arts de Lille est actuellement confrontée à de réels
problèmesdegestion etsetrouve dansuneimpasseliée àun manquedemoyenshumains,financiers
etmatériels. La principale problématiquede la bibliothèqueserapporteàdes problèmes de stockage
etde rangement (annexe 1). Depuisson ouverture en 1998, la bibliothèquea accumulé unegrande quantité de documentset l'espace nécessaire à la bonneconservationdeceux-cidevient saturé.
En effet, le libreaccès déborde de documents de tous types. Ilen est de mêmepour lepetit espace de stockage quiestégalement surchargé parles catalogues du Palais des Beaux-Artsde Lille,
lescatalogues deventedes annéesantérieures ou par encore pard'autres ouvrages non définis qui
ont probablement été « désherbés »dans les années antérieures. Il semble difficile de prévoir de la placesupplémentairedanslesannées à venir, hormis, peut-être, l'acquisition de nouvelles étagères.
La bibliothèque ne peut alors pas répondre à ses deux missions principales que sont la
conservationetlamiseàdispositiondesdocumentsau public danscesconditions :
-Conserversignifie« maintenirhorsdetouteatteintedestructive,s'efforcer de faire durer, de
garderen bon étatou dans le mêmeétat5 ». La conservation des documents n'est pasassurée. Les ouvragess'accumulent dans lesrayonnages : ilssontmal rangésetcertains livres doivent être placés
lesunsau-dessus des autres.Des livres finsetfragiles côtoient des livres plusimportants. Deplus,des livres du fondsanciensonten accèslibre etpeuventdonc être manipulés à souhait.
-L'accèsaufonds documentaireest difficilepuisque l'accumulation desouvragesempêche la bonne visibilité des collections.
5 CNRTL. Centre National de
Ressources Textuelles et Lexicales, [en ligne], [Page consultée le 11/06/2015],
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3.2Rappelde lamission
Ainsi, durant ces six semaines de stage du 13 avril au 22 mai 2015, j'ai eu pour mission
principale dedéfinir les problématiques de la bibliothèque, d'établirundiagnosticpourenfin proposer
dessolutionspouroptimiserlagestionde la bibliothèque.
Les six semaines de stage ont donc constitué un temps d'observation et d'analyse des
problématiques. En réalité, des temps de rangement et de rationalisation des espaces m'ont fait
prendre conscience de la nécessité d'un désherbage. Deplus, l'attribution de cotesaux nouveautés m'apermisdepercevoirles problèmesde la classificationetlaréalisationd'une enquêtesurlesusages de labibliothèque m'a révéléles difficultés d'accèsaux documents.
J'ai alorspu remarquer quelesdifférents problèmes de stockageetderangementnesontpas dus qu'à un manque de moyens humains, financiers et matériels mais qu'ils découlent d'une
problématique plusgénéraleetscientifique relative à lagestionde la collection. J'ai doncmisen place
uneméthodologiepourrépondreàcettemissionderéflexionsurla réorganisationetla rationalisation
dufonds documentaire.
3.2Présentation dela démarche:lebenchmarking
Afin de mener à bien cette mission,j'aidécidé d'employerunedémarchede benchmarking,
autrement dit enfrançais une démarche de référenciation ou d'étalonnage. Il s'agit d'une méthode
d'analyse stratégique utiliséepar lesentreprises.Selon Eric Sutter,elle consiste« à évaluer produits, services et méthodes de travail par rapport à ceux de ses concurrents les plus performants ; elle conduit à comparer les résultats d'une unité de travail à ceux d'unités équivalentes d'autres
entreprises, etàen tirerlesenseignementsnécessaires à l'amélioration deses propres
activités6
».Le benchmarking est donc un outil de positionnement et de suivi de l'environnement qui
permetd'identifier les meilleures pratiqueset les innovations desentreprises concurrentes, dans le
butdelesadopter,de lesadapter,voirede lessurpasserpouraméliorerson proprefonctionnement.
Le benchmark,ou étalon demesure, estl'outilquiva permettre la mesureet la comparaison
entre l'entreprisemoinsperformanteetlesentreprises concurrentes.
6
SUTTER, Eric. Benchmarkinget management de l'information documentaire. Documentaliste -Sciences de
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La démarche de benchmarking semble pouvoir s'adapter parfaitement aux services
d'information. Ellepermetleurprogression etl'amélioration de leursprestationspuisqu'elle engendre
un suivipermanentdesinnovations etdesméthodesquiontfaitpreuvede leur efficacité.
Afin de mener au mieux le benchmarking, il est nécessaire de suivre une méthodologie
rigoureuseetdeprocéderparétapes.Nousallons doncsuivrequatreétapes principales :
La première étape consiste àétablirun diagnostic pourmettre en avant les problèmesde la gestionde la collection à labibliothèqueduPalais desBeaux-Arts. Il s'agiraicide faireunétat
des lieuxetdecernerles principales problématiques.
La deuxième étape concerne l'identificationdes bibliothèquesà analyser etauxquelles il faut
se référer en vue de l'amélioration du fonctionnement de la bibliothèque. Il peut s'agir de bibliothèquesdeproximitéouencore de laréférence nationale dans le domaine.
La troisièmeétapeserapporteà la réalisationdu benchmark. Unegrille d'étude comparative
sera miseen placepour mesurerles écartsdeperformanceentrela bibliothèqueduPalais des
Beaux-Artsetlesbibliothèques analyséesconcernantlagestiondes collections.
Laquatrième étapeconsisteàproposerdespistesd'amélioration. Il s'agit d'évoquer l'adoption
et d'adaptation des méthodes qui ontfait leurs preuves dans les autres bibliothèquesetqui
leur permettentd'êtreefficaces.
II. DIAGNOSTIC DE LA GESTION DE LA COLLECTION
1. L'absence d'unepolitique documentaire
Toutd'abord,nouspouvonsdirequeles difficultés qu'a actuellement la bibliothèque du Palais des Beaux-Arts peuvent s'expliquer par l'absence d'une politique documentaire bien définie
permettantde gérer à la foisl'offre documentaireetl'accèsauxcollections.
1.1 Qu'est-cequela politique documentaire ?
Selon l'ENSSIB, « la politique documentaire recouvre au sein d'une bibliothèque l'ensemble
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d'acquisition, la politique deconservation (incluant ledésherbage)etla politique d'accès (incluant les
modalitésd'organisation etdecommunicationdes
collections.7
»Unepolitique documentaire complète reposedoncsurtroiséléments complémentaires:
Lapolitiqued'acquisitionquipermetdedéfinir desprincipesetdesméthodespourdévelopper la collection. Ellepermetde gérer lesprocessusdesélection, d'achatou encorede répartition
budgétaireparexemple.
La politique de conservation qui permet de définir les principes de gestion de la collection existante. Elle amène donc à se poser la question de la conservation mais également du
désherbage de certains documents. Les questions qu'elle pose sont : sur quels critères
désherbe-t-on ?surquels critèresgarde-t-on ?
La politique d'accès qui permet de définir lesprincipes de mise à disposition des documents acquis et conservés. Il s'agit de répartir ces documents entre les différents espaces de la
bibliothèque,soit en libre accès ou en magasin (prêt indirect). La politiqued'accès peutêtre
élargie aux moyens mis en place pour optimiser l'accès aux collections (classification, signalétique).
1.2Quellepolitiquedocumentaireà la bibliothèque du Palais desBeaux-Arts?
1.3.1 Lapolitique d'acquisition
Tout d'abord, il ne semble pas y avoir de méthode et de directive à suivre pour enrichir les
collections et mener à bien une politique d'acquisition. Le fil conducteur consiste à acquérir des
documents en lien avec la programmation culturelle et les collections du musée. Or, ceci restetrès
vague et très vaste étant donné la transversalité des collections du musée qui sont réparties en différents départements. Le fonds documentaire de la bibliothèqueest donc actuellement à la fois
spécialiséetgénéraliste,c'est-à-dire qu'ilconcernetoutes lesgrandes périodesde l'histoire de l'art.
En raison des restrictionsbudgétaires, il apparaît nécessairede définir des axesd'acquisition bienpréciset d'adopterune ligne de conduiteenfonctiondes lacunesde la bibliothèquesurcertains sujetsainsiqu'en prenantencompteles besoinsdesusagers.
7
ENSSIB.Ecole NationaleSupérieure desSciencesdel'Informationetdes Bibliothèques[en ligne], [Page consultéele07/06/2015],«Politique documentaire». Disponiblesurle web:< http.//www.enssib.fr/le-dictionnaire/politiaue-documentaire >
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1.3.2 Lapolitiquedeconservation
Concernantlapolitique deconservation,il n'yapasde véritablesuivide l'évolution desdocuments
et aucundésherbage ne sembleavoirété effectué depuis longtemps. Nousavons pu alors releverun
certain nombre dedysfonctionnements.
Il y a premièrement des documents horssujet parrapportà la spécificitéde la bibliothèque. Les anciensexemplaires dupériodiqueLaGazettedescommunes reçusprincipalementpourleservicedes Ressources Humaines du musée s'accumulent. Il en est de même pour des livres de poésie par
exemple.
Uneaccumulationdecataloguesdevente estégalement ànoter.Lescatalogues devente sontdes documents essentiels pour les historiens de l'art puisqu'ils permettent à la fois de connaître
l'historique des œuvres et de comprendre l'histoire du goût et des collections. Cependant, de
nombreuxcataloguessont éditéschaque année etla bibliothèque n'a plus de place pour les stocker. La conservation des catalogues de vente constitue donc à l'heure actuelle un réel questionnement pourle personnel.
Ensuite, nous pouvons ajouter le problème des doublons. Grâce aux conventions établies, la
bibliothèque reçoit à chaque fois trois exemplaires des « dons justificatifs » : le premier exemplaire
vientenrichirles collections de la bibliothèque, le deuxième exemplaireestdestiné auxéchanges, et letroisièmeestà destination de la direction du musée. Engénéral, cetroisième exemplaire revient à
la bibliothèque, ce qui constitue deux doublons pour effectuer des échanges. Ces ouvrages s'accumulentetla politiqued'échangene permetpasvéritablementd'écoulerles stocks.
Il convient également de tenir compte des livres du fonds ancien. La plupart de ces livres sont actuellement conservés dans une armoireen bois qui n'est pas adaptée et qui ne les maintient pas dansun bonétat deconservation. Laquestionde leurconservation,etau-delà, de leurrestaurationse pose.
Enfin, nous pouvons évoquer les anciennes versions d'ouvrages réédités qui n'ont pas été désherbées, des revues reçues en cadeau qui s'accumulent dans la catégorie « divers » des
périodiques,ou encoredes livres accumulés dans lepetitespacedestockagequisontenattented'une
décisionquantà leur devenir.
Une réflexionsurlaconservationdes documentsetsurleurdevenirs'avère doncindispensable. Il
y a une nécessité de redéfinir la politique documentaire, et plus particulièrement les politiques
EliseMORE | Mémoirede stage| Ml ICCD SID| 2014-2015
Le fait que les documents s'accumulent sur les étagères est dû à une autre grande
problématique de la bibliothèque et à un autre élément de la politique documentaire : la politique
d'accèsauxdocuments.
2. Unaccès à la collection à repenser
2.1Qu'entends-t-onpar «accès à la collection» ?
Par«accès à lacollection», nousentendonsau senslargetousles moyensmisen œuvrepour permettrel'accèsauxdocuments. Il s'agittoutd'aborddes locaux, de leur aménagement (libre accès,
magasin, réserve) et du mobilier disponible. Ensuite, cela concerne le fonctionnement de la bibliothèque (horaires, tarifs, règlement) mais surtout il convient de tenir compte des moyens de
médiationde la collection(classification, signalétique,expositions,animations).
Enfin, ilconvientégalement de reconsidérer la place de labibliothèqueauseinde lastructure à laquelleelleestrattachée: le Palaisdes Beaux-Arts.
2.2Aménagement deslocauxetmobilier
Concernant les locaux, nous pouvons premièrement noter un manque d'espace. La
bibliothèque a la particularité que la quasi-totalité de ses documents soient en libre accès. Elle ne
possède pasde magasin pourentreposersesdocumentset la bibliothèque estsaturée. Elle possède
seulementunpetit localafin de gérer les stocks des cataloguesd'expositiondu musée ainsiquepour
yentreposercertainsdocumentscommeles catalogues deventedes années antérieures.
Aces problèmesd'espace,s'ajouteun manquede mobilier, notammentd'étagèresouencore
de postesinformatiquesàdestinationdesusagers.
2.3 Lefonctionnement de la bibliothèque
Concernant le fonctionnement de la bibliothèque, elle a une amplitude d'ouverture de 12 heuresparsemaine.Elleestégalement accessiblesurrendez-vous. L'accèsestgratuit.Laconsultation des documents sefaituniquementsur place pour les usagers externes. Le personnel du muséea la
EliseMORE | Mémoire destage | M1ICCDSID | 2014-2015
2.4 Lamédiation de la collection
2.4.1 Uneclassification«maison »
Laclassificationexistanteaété élaborée en1997pourpréparer l'ouverture delabibliothèque.
Ils'agit d'une classification maison se caractérisant parde grandes catégories divisées en plusieurs
sous-catégories (annexe 2). Il semble que ce système de classement soit directement basé sur les
différents départements du musée, la logiquevoulantque lefondsdocumentaire de la bibliothèque soit étroitement lié aux collections du musée. Il s'est affiné petit à petit, au fur et à mesure des
acquisitions de la bibliothèque. Actuellement, les grandes catégories de la classification sont les
suivantes : -Généralités -Peinture : - école française - écoleflamande -écolehollandaise -écoleitalienne -écoleespagnole
-peinturedesautrespays(Allemagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis,etc.)
-peinturedu XXesiècle (tous paysconfondus)
- Arts
graphiques (gravure,dessin...)
-Cataloguedes collections des muséesfrançais
-Cataloguesdes collections des muséesétrangers
-Courantsartistiques
-Cataloguesd'expositions collectives
-Musée desBeaux-Arts
-Salons19e-20esiècle
- Fonds lillois - Fonds régional -Fondsancien -Sculpture - Architecture -Photographieetcinéma -Artsdécoratifs
EliseMORE | Mémoire destage | M1ICCDSID | 2014-2015 -Archéologie -Numismatique
-Catalogues deventesauxenchères
-Bulletins de musées
-Périodiques
Ces grandes catégories sont ensuite à leurtourdivisées en sous-catégories. Parexemple, la
catégorie « Généralités »sediviseen plusieurs sous-catégories, àsavoir« Dictionnaires, annuaires »,
« Histoire de l'art » (histoire de l'art, préhistoire, antiquité, etc.), « Iconographie » (iconographie
religieuse, sujets symboliques et mythologiques, nu, etc.), « Théorie de l'art » (études et critiques,
écrits d'artistes), « Diffusion de l'art » (enseignement, politique culturelle, marché de l'art, etc.),
«Muséologie »(généralités, histoire,restauration).
Ensuite,il convient de préciserque lesdifférentes catégories relatives auxgrandes écoles de
peinture ainsique les catégories«Arts Graphiques»et«Sculpture »sedivisentendeuxparties :une partie «généralités»et une partie«monographies depeintres », « monographies de dessinateurs»,
ou «monographiesde sculpteurs ». Cesmonographiesd'artistessontrangéesparordre alphabétique
etsontaccompagnées des catalogues d'expositions consacrés àces artistes.
Lescatalogues d'expositions collectives, réunissant plusieursartistes,figurent dans la rubrique descataloguesd'expositionsetsontclassésparannée.
En 1997, lors de la mise en place du service et de la réflexion relative à la création de la
classification maisonde la bibliothèque,EricaToëbat précisaitdanssonrapportde
stage8
qu'ilyavaitunevolonté detenircomptede« la logique desusagers ».Parexemple,ilsontvolontairement misles
catalogues d'expositions monographiquesavec les monographiques d'artistes en partantdu principe
quelesusagersrecherchentsouventdesinformationssur unartisteenparticulier. Cela leurparaissait
donc plus intuitif. Une catégorie « catalogues d'expositions collectives » a donc été créée pour
distinguer ce fait. Elle ajoutait que la classification allait progressivement se préciser et que le bibliothécaire « pourra se rendre compte des problèmes de recherche auxquels les usagers seront
éventuellementconfrontés,etmodifier le classementenconséquences ».
8
TOËBAT, Erica. Stageeffectué du15 juinau1eraoût1997auPalais desBeaux-Artsde Lille. Rapportdestage. Maîtriseensciencesde l'informationetde la documentation.Villeneuved'Ascq:UniversitéCharles de Gaulle
EliseMORE | Mémoire destage| MlICCD SID | 2014-2015
La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si cette classification maison est encore
adaptée àl'évolution dufondsetauxusagesactuels.
2.4.2 Problèmesrencontrésaveclaclassification
Durant mon stage, j'ai été amenée à attribuer des cotes aux nouveautés. J'ai donc pu
rencontrer différents problèmes liés à la classification maison. La liste présentée ci-dessous n'a pas pourvocation à être exhaustive mais viseà établir les principales problématiques de la classification
maisonde labibliothèque.
Tout d'abord, le principal problème est que les ouvrages relatifs à la vie et à l'œuvre des
artistes sontrattachés à la discipline dans laquelle ilssesont illustrés. Ceci posedes problèmes pour les artistesayantpratiquéplusieurstechniques (peinture,gravure,photographique, etc.),cequi arrive souvent. La sous-catégorie « Monographies de peintres » incluse dans les catégories « Peinture France » ou encore « Peinture Hollande » apparaît alors inadaptée. Ilen est de même pour la
sous-catégorie«Monographies de dessinateurs »de la catégorie«Artsgraphiques» ou encorede la
sous-catégorie « Monographies de sculpteurs » de la catégorie « Sculpture ». En effet, il aurait été plus
pertinentde créer simplementunecatégorie«Monographies d'artistes »puisquebeaucoup d'artistes
ont pratiqué plusieurs médiums et sontà lafois peintres,dessinateurs, sculpteurs,etc. Parexemple, l'ouvrage intitulé« RogerToulouse:les25premières années:peinturesetdessins (1933-1957)»pose
problème. Dansles rayonnages, les livresausujetd'un même artistesontdoncparfois répartis entre
plusieurs catégoriesetcela dépend beaucoup dela subjectivité dupersonnel chargéde la cotation.
Ensuite, j'ai pu souvent relever des problèmes de normalisation. En effet, le manuel de
cotationactuel restevague et laisse le choix au personnelquant à la troisième partie de la cote. Par exemple, pour attribuer une cote à un ouvrage sur l'iconographie religieuse, selon le manuel de
cotation, les deux premières parties de l'indice seront « GE3 -IRE ». La dernière partie pourra être constituée parlestrois premières lettres dunomde l'auteur,parlestroispremières lettresdutitredu
livre ou par l'année d'exposition. J'ai donc pu régulièrement retrouver dans les rayonnages deux
mêmes livresavecdeuxcotesdifférentes. Unefois deplus l'attribution d'une cote dépendtropde la
subjectivité de lapersonne. Ceci posedoncun réel problème derangement.
Un autre problème relevéest qu'un ouvrage peut souvententrer dans plusieurs catégories.
Par exemple, le livre intitulé « DeWatteau à Fragonard : Les fêtes galantes » pourraità la fois être inséré en iconographie, le sujet traitant du thème iconographique des fêtes galantes, et dans la
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catégorie peinturefrançaise duXVIIIe siècle. L'attribution de lacote dépend encore unefois dans ce
cas précis beaucouptropde la subjectivité dela personnechargéede lacotation.
Finalement, il convient d'ajouter que parfois certains ouvrages n'entrent dans aucune
catégorie. Parexemple,aucunecatégorien'estdisponible pourclasserunouvrage surlalégislationdu patrimoine. Cela pousse sans cesse le personnel à modifier le classementet àajouterde nouvelles
catégories, qui vont compliquer davantage le système de classement intellectuellement et
spatialement.
2.4.3 Lesproblèmesliésàlasignalétique
Concernantlamédiationde lacollection, il convientégalement de signaler les problèmes liés
à lasignalétique. Alorsque lespanneaux surles étagères précisentplusoumoinsbien lecontenu des
différents rayonnages, à l'intérieur de ces derniers, il est très compliqué de s'y repérer : feuilles volantes dans les rayonnages pourpréciserlesvilleset lespays,étiquettes mal placées, etc. (annexe
1). Ilyadonctoutuntravail à effectuer afin deremettreàjour etenétat cettesignalétique.
2.4.4L'absenced'expositionsetd'animations
Il convientfinalement de préciserqu'iln'yapasd'animationsmisesenplaceauseindu musée
en partenariatavecla bibliothèque.
2.5 Lavisibilité de labibliothèqueauseindel'espace muséal
Au sein de l'espace muséal, la bibliothèque, malgré lasignalétique, restedifficilement visible
pourle public. Ellesesitueausous-soletbien qu'ellesoità proximitéde l'espace dédiéauxexpositions
temporaires,ellerestesituéeenretraitdufluxprincipal devisite.
3. Le pointdevuedesusagers : la
réalisation d'une enquête d'usages
3.1 Lesobjectifs del'enquête d'usagesCommeune bibliothèquea pourvocation première d'assurer leservice publicetde répondre
à la demande des usagers, autant internes qu'externes, il apparaît indispensable de s'intéresseraux usages de la bibliothèque et plus précisément aux pratiques d'accès. Dans une bibliothèque où la
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quasi-totalité des documents est en libre accès, les usagers sont conduits à explorer le fonds
directementen se rendantpareux-mêmes dans lesrayonnages. Ils'agitde comprendre la façon dont les usagerss'approprient les lieux, de s'intéresser à la manière dont ils accèdent à l'information mais
surtout desavoir s'ils parviennent finalement à accéderà l'information qu'ils souhaitent. Il s'agit de
répondre notamment à ces différentes questions : Quels repères les usagers utilisent-ils pour s'orienter dans les collections ?Comment lesusagers comprennent-ils la classification ? Quelsens lui donnent-ils ? Usent-ils de moyensdétournés pourparvenirà leur but ? Parviennent-ils finalement à avoirla documentationqu'ils souhaitent ?Deuxhypothèsesontété formulées:
Le système de classement maison, par ses incohérences, et l'organisation spatiale des collections sont obscurs pour les usagers, surtout externes, qui ne sont pas habitués à ce
système. Lesproblèmes destockageetde rangementcompliquentl'accèsauxdocuments.
Malgré le libre accès, les usagers utilisent des tactiques d'accès aux documents, des intermédiaires. Ils s'adressent parexempleau bureau d'information.
3.2 Lechoix d'une méthodequalitative
Etantdonné quelesusagesdesespacesdocumentairessontdifficilement mesurables,j'aiopté pourl'utilisationd'uneméthoded'analysequalitative. Celle-ci combinel'utilisationde deux méthodes d'étudecomplémentaires, à savoirl'observationet l'enquêteparentretiens.
L'observation estun outil adapté pourétudier le rapportdes usagersà l'espace. Elle permet de connaître leurparcours, leurs attitudesmais aussid'observerlesorientations etles hésitations des usagersfaceaux rayonnages.Ellepermetvraimentde repérer descomportements etdes attitudesqui
neserontpasforcément verbalisables lors de l'entretiencarl'usager n'aura peut-être pasconscience de son comportement ou alors parce qu'il ne trouvera pas les mots pour exprimer son attitude.
L'observation menéeestnon-participante. Lesusagersontété observés depuis le bureau d'accueil, ce quiapermisdetenirunegrilled'observation,quispécifie l'heure, l'actionentrepriseparl'usagerainsi quequelquescommentaires.
Lesobservationsontétécomplétéespar uneenquêteparentretiensemi-direetifs. Il s'agit d'un type d'enquête particulièrement adapté pour analyser un élément précis des pratiques
documentaires.L'objectifdesentretienssemi-directifsestde laisser parlerlesusagers enleur donnant
simplement quelques pistes et un cadre pour les orienter. Il s'agissait de créer un discours sur le