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ARTheque - STEF - ENS Cachan | Des images pour l'alphabétisation scientifique et technique

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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DES IMAGES POUR UNE ALPHABÉTISATION

Josette UEBERSCHLAG C.N.D.P. Paris

MOTS-CLÉS: INITIATION - FILM - MACROCINÉMA - RALENTIS - ACCÉLERÉS

RÉSUMÉ: L'atelier a analysé des images de film qui révèlent une réalité difficilement perceptible par l'œil humain: prises de vues ralenties ou accélérées. images avec un fort grossissement... Ce type d'images est souvent porteur de découvertes et de questionnements féconds.Ladiscussion a abordé également des séquences de films tournées dans les lieux difficiles d'accès ou dangereux pour les élèves.

SUMMARY:

A. GIORDAN, J.-L. MARTINAND et D. RAICHVARG, Actes JIES XVI, 1994

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1. COMMENT ALPHABÉTISER PAR LE CINÉMA OU LA VIDÉO?

Alphabétiser au sens premier du terme, c'est enseigner un alphabet donc donner les clés de lecture d'un message. Alphabétiser est une tâche bien plus complexe que vulgariser. Alors que la vulgarisation s'attache principalement aux résultats, l'alphabétisation privilégie la démarche et la méthode. Un proverbe chinois dit : "Si tu donnes un poisson à un homme,tule nourris pour un jour, sitului apprends à pêcher,tule nourris pour la vie".

Apprendre, comprendre, c'est d'abord voir autrement. Dans une quête de savoirs, dans une exploration de notre univers, le cinéma constitue un moyen commode pour une première approche scientifique ou technique. Il décrit, analyse, explicite, souligne, organise, suggère, construit. L'œil de la caméra pose un regard sur les êtres et les choses qui, dans le cas du documentaire scientifique, est déjà le regard d'un scientifique. "Tout regard est un point de vue au sens géographique du terme" (Monique Sicard, intervention aux XVes J.I.E.S., Chamonix 1993). Ce regard s'accompagne d'un placement de la caméra minutieusement choisi (orientation, distance au sujet, détermination de l'arrière-plan, hauteur de la caméra...) ainsi que du choix du cadre, de la focale de l'objectif et du mouvement de la caméra. "Toute image, quelle qu'elle soit, fût-elle obtenue de la manière la plus mécanique, porte en elle la marque d'un regard" (Monique Sicard). Le regard met l'accent sur la chose observée et lui donne sens.

En matière de lecture d'images, le téléspectateur interprète l'image, son regard résulte d'un acte de pensée et constitue une "représentation" d'une observation particulière. Il est lui aussi un point de vue; il crée une nouvelle re-présentation du réel.

2. DE QUELLES IMAGES S'AGIT·IL ?

2.1 L'auteur du documentaire scientifique met en scène la réalité

En choisissant le cadre, il met des œillères à la caméra ce qui oblige le spectateur à focaliser son regard. En quelque sorte, il appauvrit le réel mais pour mieux enrichir la pensée. Les images qu'il nous propose obligentà un double mouvement: interprétation de la chose observée et réflexion sur le regard porté par l'auteur sur un phénomène. Elles sont essentiellement de deux sortes. Soit elles enregistrent la réalité le plus fidèlement possible, soit elles codent cette réalité par un système de couleurs ou introduisent une instrumentation particulière entre la caméra et l'objet. Nous faisons allusion ici aux images de télédétection, en infrarouge,àcelles de radiographie, d'échographie... 2.2 Présentation de divers documents puis analyse et discussion du groupe

- projection de l'émission de télévision L'eau dans tous ses états destinéeà des élèves de l'école primaire,

- projection du documentaire Goémons, l'aube verte destinéà des élèves du cycle 3 de l'école primaire et aux élèves de collège, montrant la croissance des plantes par des accélérés,

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- projection d'extraits de 3. 2. 1. Contact - Électricité faisant pénétrer, grâce à l'œil de la caméra, les élèves dans une centrale nucléaire.

3. DISCUSSION

Le visionnement du film L'eau dans tous ses états a engagé la première discussion: une goutte d'eau vue au ralenti qui tombe sur la surface plane d'une eau tranquille et qui provoque des ondes à cette surface. Fallait-il montrer une telle séquence à des élèves de l'école primaire alors que l'on ne peut pas leur expliquer la propagation des ondes?

Une intervention a insisté sur le décalage qui peut exister entre les images et le niveau d'explication ou de conceptualisation que l'auteur souhaite atteindre. On aurait tort de croire que les enfants ne retirent aucun bénéfice de ce qui pourraient les dépasser intellectuellement. Ce serait oublier les travaux de Vygostk:i sur la "zone de compréhension proximale" qui signale chez l'élève une capacité intuitive à s'approprier des concepts qu'il est encore incapable de verbaliser.

Intervention de R. Bosch:

Le document vidéo L'eau dans tous ses états pose le problème de la rencontre de deux logiques: 1 -celle du concepteur du document

2 - celle de l'utilisateur du document.

Il me semble que l'''interface'' de ces deux logiques n'est pas suffisamment nette en regard de la cible: l'enfant.

D'où plusieurs questions:

- Faut-il montrer n'importe quoi à des enfants sous le prétexte que "le prof triera ensuite" ?

- Faut-il au contraire trier déjà dans le document que l'on montre pour mieux ajuster une stratégie pédagogique au niveau visé?

En effet, il m'a semblé que le document présenté (et qui avait donc été l'objet d'une réflexion sur les choix de ses séquences, de leur articulation éventuelle et d'un "sens" général liéà l'intention résumée dans le titre "l'eau dans tous ses états") n'offrait aucune des garanties que l'enseignant attend pour soutenir son rôle pédagogique. Néanmoins, certains se demanderont si l'enseignant peut répondre aux questions difficiles qui se posent sur:

- la croissance des cristaux (germe, forme fractale) - la turbulence provoquée par la goutte

Intervention deF. Chague :

Dans mon collège, des travaux de rénovation sont en cours: aucun utilisateur (élèves, agents, enseignants) n'a été consulté ni associé ni directement ni par l'intermédiaire de leurs représentants. La démarche scientifique est pourtant essentielle dans la formation du citoyen. Même si la classe n'est pas le seul lieu de formation, il est dommage que l'on refuse à l'élève la capacité de réfléchir, de faire des choix, de prendre des décisions.

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Intervention de R. Rickenrnann :

Comment concevoir une "éducation au regard" sur les images scientifiquesàtravers les documents eux-mêmes?

Cette question a pour origine la constatation d'un double besoin lorsque l'on aborde l'audiovisuel: - on peut alphabétiser avec l'image (le son étant associé à l'image)

- on doit aussi alphabétiseràl'image en rendant perceptible sans autre suppon ce que l'on veut montrer. Donc,ilfaut créer une double stratégie dans la production de documents scientifiques. Ma deuxième question est d'ordre plus général: Quels sont les contenus que l'on a intérêt à transmettre avec l'aide de l'image? Peut-on et doit-on essayer de tout enseigner ou communiquer avec ce suppon?

Nos recherches en éducation des adultes avec des supports multimédia semblent nous indiquer que les contenus changent non seulement par rappon à ce public spécifique, mais aussi à cause de l'usage de suppons qui conduisentàune autre approche au savoir. Mais pour l'instant toutes les questions restent posées.

4. CONCLUSION

L'auteur dudocumentair~d'alphabétisation scientifique, par le choix des séquences et des images, joue un rôle d'initiateur auprès du public, il chercheà le conforter sur certains points, à le déstabiliser sur d'autres en favorisant à chaque fois son questionnement. Mais, de tout cela, il doit en avoir la maîtrise. Donc avoir expliciter complètement les finalités du document, connaître parfaitement son public, ses attentes et les obstaclesàla présentation de nouveaux concepts. "Les cinéastes de films documentaires scientifiques sont des metteurs ensens, avant d'être des metteurs en scène" (Debray,

1992).

BIBLIOGRAPHIE

DEBRAY R.,Vie et mortde["image, Paris: Gallimard, 1992.

VYGOTSKI L.-S.,Pensée et langage, traduction de Sève F., Paris: Messidor, 1985.

DOCUMENTS PRÉSENTÉS

L'eau dans tous ses états, Paris; C.N.D.P., 1986. Goémons, l'aube verte, Paris: C.N.D.P., 1990.

3.2. 1.Contact -Électricité, Paris: C.N.D.P., 1987. Du pétroleàlafourrure, Paris; C. N. D. P., 1994.

Références

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