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Proposition d'une classification de l'approche basée sur les ressources

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Academic year: 2021

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ASAC 2006 Soumaya Ben Dhaou

BANFF, ALBERTA Laurent Renard

Gilles St-Amant Département Management et Technologie École des Sciences de la Gestion Université du Québec à Montréal

PROPOSITION DE CLASSIFICATION DE L’APPROCHE BASEE SUR LES RESSOURCES

Dans cette communication, on présente les résultats d’une recherche entreprise sur la sélection d’un corpus d’articles qui se rapporte à l’approche basée sur les ressources. On cherche à y mettre de l’ordre de même que l’on propose une typologie qui permettra de faire le point sur la littérature dans ce domaine et de suggérer des nouvelles pistes de recherche.

Introduction

Dans le domaine de la stratégie, les années 80 consacrent l’hégémonie de l’économie industrielle et de ses ramifications dans les différents modèles qui reposent sur l’hypothèse de la relation entre la Structure du marché, le Comportement de la firme et sa Performance (SCP) (Hoskisson et al., 1999). Cependant, à la fin de cette même décennie, certains auteurs (Werrnefelt, 1984 ; Barney, 1986, 1991) proposent de changer de point de vue pour expliquer l’origine de l’avantage concurrentiel et le différentiel de performance existant entre les firmes, en ouvrant la fameuse boîte noire organisationnelle et en s’intéressant plus particulièrement à ses ressources et compétences et, à leurs propriétés particulières. Cette nouvelle approche de la stratégie, que d’aucuns nommeront approche basée sur les ressources (Ressource Based View), repose alors sur l’idée que la performance supérieure de la firme s’explique par la présence de ressources et de compétences qui possèdent des propriétés particulières puisqu’elles sont hétérogènes, spécifiques et soumises à des ruptures de marché donc difficilement imitables.

Cette nouvelle approche de la stratégie connaît un développement très important au cours des années 90 et séduit bon nombre d’auteurs dans les différents domaines des sciences de la gestion (Amit et Schoemaker, 1993; Barney, 1991; Conner, 1991; Grant, 1991; Peteraf, 1993; Prahalad et Hamel, 1990; Wernerfelt, 1984). Cet engouement amène Conner (1991) à affirmer que l’approche basée sur les ressources va enfin permettre de fonder une nouvelle théorie de la firme et de l’avantage concurrentiel et qu’elle va réussir à réaliser l’unification paradigmatique du champ de la stratégie (Conner, 1991). Toutefois, force est de reconnaître que cet optimisme ne rend pas compte de l’état actuel de son développement. En effet, un examen attentif de la littérature associée à l’approche basée sur les ressources permet de constater que celle-ci demeure très fragmentée, confuse et ambiguë, tant au niveau conceptuel qu’empirique (Priem et Buttler, 2001).

L’objectif que l’on poursuit dans ce texte est une tentative pour mettre de l’ordre dans la littérature associée à l’approche basée sur les ressources afin de comprendre ses origines intellectuelles, de définir

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son chemin de développement, et de dresser une typologie, inspirée et adaptée du modèle de Burell et Morgan (1979), pour classifier ses différents courants de pensée selon leur dimension ontologique, épistémologique, de nature humaine et méthodologique. Cette analyse a été réalisée à partir de la sélection d’un corpus de textes représentatifs des principaux écrits de l’approche basée sur les ressources. Les articles ont été choisis à partir des huit revues majeures en Management dans lesquelles on retrouve, de 1984 à 2004, 80% des articles référencés : « approche basée sur les ressources »1 dans les bases de

données ABI INFORM, JSTOR et SCIENCE DIRECT. Ce processus de sélection a permis de choisir 352 articles. Chacun de ces 352 articles a été classé en fonction de sa revue de publication, de sa date de publication et de son appartenance à trois domaines : article théorique, article empirique, article d’application. Un article théorique est un article dans lequel on retrouve un effort pour critiquer et améliorer l’appareillage conceptuel de l’approche basée sur les ressources. Un article empirique est un article, qui, en se servant de l’appareillage conceptuel de l’approche basée sur les ressources, le teste sur le terrain, à partir d’une épistémologie et d’une méthodologie qualitative ou quantitative. Un article d’application, est un article qui utilise l’appareillage conceptuel de l’approche basée sur les ressources mais pour l’appliquer dans un autre domaine que celui du management stratégique. Pour organiser cet ensemble de connaissances, on a utilisé d’une part, les principes de cartographie cognitive tels qu’ils ont pu être précisés par certains auteurs (Cossette, 2002; Cossette et Lapointe, 1997), et d’autre part le logiciel Mindmanager©, qui permet une représentation graphique plus facilement manipulable du corpus de connaissances associées à l'approche basée sur les ressources.

Dans une première partie, on propose un chemin de développement de l’approche basée sur les ressources afin de mieux cerner ses origines intellectuelles et ses différents courants de pensée. Dans une seconde partie, on procède tout d’abord à une description du corpus de textes sélectionnés à partir de son analyse quantitative afin de définir la proportion d’écrits théoriques, d’applications et empiriques. Puis, on présente une typologie qui permet d’organiser le corpus de textes en s’intéressant à leur dimension ontologique, épistémologique, de nature humaine et méthodologique. On termine par une discussion des principaux résultats de recherche.

Analyse historique et chemin de développement de l’approche basée sur les ressources Dans cette première partie, on présente une analyse historique de même qu’un chemin de développement de l’approche basée sur les ressources.

Les pères fondateurs

La majorité des auteurs et critiques de l’approche basée sur les ressources (Tywoniak, 1998 ; Foss, 1996, 2000; Barney, 1991, 1998) s’accordent pour reconnaître la contribution majeure de trois auteurs qui sont considérés comme les pères fondateurs de cette approche. Ce sont Selznik (1957), Penrose (1959) et Demsetz (1958). Les deux premiers auteurs vont être à l’origine d’un premier courant de pensée qui s’intéresse à l’aspect dynamique des ressources et compétences, plus particulièrement à la problématique de leur création et de leur évolution afin que la firme puisse maintenir à long terme son avantage concurrentiel. Le dernier auteur, quant à lui, va être à l’origine d’un courant de pensée qui va s’attacher à définir précisément, selon une perspective statique, les propriétés que devraient posséder les ressources et compétences afin qu’elles permettent l’obtention d’un avantage concurrentiel. Premièrement, Selznik

1 Strategic Management Journal (216), The Academy of Management Journal (95), The Academy Management

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(1957) est à l’origine de la notion de compétence distinctive qui définit l'identité de la firme. Ainsi, les compétences distinctives d’une firme, qui renvoient à « des activités dans lesquelles une entreprise est meilleure que ses concurrents », forment une base stable et cohérente pour assurer sa croissance. Elles constituent ce qu'elle sait faire en propre et mieux que ses concurrents, ce qui correspond à l'essence même de son activité et de sa raison d'être. Sur le long terme, la firme devrait alors concentrer ses efforts sur quelques compétences clés, afin d’engranger le plus d'expérience possible, et ce, en vue de les exploiter au mieux vis à vis de ses concurrents. Deuxièmement, Edith Penrose (1959) se questionne sur l’origine de la croissance des firmes. Pour Penrose, les firmes sont d'une part, un cadre (ou un modèle) administratif qui lie et coordonne les activités des individus et d'autre part un réservoir de ressources productives tangibles et intangibles. L’ensemble des ressources détenues par la firme et les services productifs qu’elle en retire vont expliquer son comportement sur le marché et sa croissance. Les services productifs qui sont extraits des ressources sont eux-mêmes influencés par l’apprentissage des gestionnaires et leurs connaissances à mesure qu’ils apprennent à en faire la meilleure utilisation possible. Troisièmement, Demsetz (1958) qui entreprend une discussion critique de la doctrine développée par les économistes de l’approche « Structure-Comportement-Performance » des organisations industrielles, pose les fondements de l'analyse des conditions des avantages compétitifs soutenus. Il développe une définition du concept de barrière à l’entrée envisagée comme étant de nature informationnelle.

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Perspective dynamique et statique

L’approche basée sur les ressources, dans sa version moderne, va se bâtir autour de l’opposition entre les perspectives statique et dynamique présentées précédemment. Ces deux courants de pensée reposent sur des conceptions ontologiques et épistémologiques différentes. Un premier courant de pensée

(economics-orientated version) comprend des auteurs qui abordent l’étude des ressources et compétences de manière

statique en faisant référence à des conceptions économiques issues en droite ligne des travaux de Demsetz (Barney, 1991 ; Foss, 2000 ; Rumelt, 1984 ; Wernerfelt, 1984). Ces auteurs cherchent à définir les propriétés que devraient posséder les ressources et compétences afin que la firme puisse en retirer une rente et en corollaire, qu’elle obtienne un avantage concurrentiel (Barney, 1986, Peteraf, 1993; Wernerfelt, 1984). Ainsi, quatre conditions devront être réunies (Peteraf, 1993). Les ressources et compétences devront être 1) hétérogènes 2) leur mobilité imparfaite et 3) maintenue à long terme et, 4) la firme devra les avoir accumulées la première avant ses concurrents. Le second courant de pensée (process-orientated

version) comprend des auteurs (Dierickx et Cool, 1989 ; Prahalad et Hamel, 1990, 1995 ; Teece et al.,

1997 ; Teece, 1998) qui abordent l’étude des ressources et compétences de manière dynamique, dans une perspective d’évolution des ressources et compétences, en s’inspirant des travaux précurseurs de Selznick (1957) et Penrose (1959). Ils se posent des questions en ce qui concerne la survivance des firmes, leur évolution et leur adaptation aux transformations de leur environnement afin de maintenir à long terme l’avantage concurrentiel. Ce deuxième courant de pensée va aussi se trouver enrichi des travaux des économistes évolutionnistes (Nelson et Winter, 1982) qui vont insister sur la dynamique de sélection des ressources et compétences, en faisant référence au schéma variation/sélection, de même qu’au concept de routine organisationnelle. L’apport des économistes évolutionnistes, va aboutir à l’émergence d’un sous-courant de pensée, qui fait référence à l’approche des capacités dynamiques (Teece et al., 1997) qui s’intéresse fondamentalement à la capacité de transformation des firmes alors que d’une part, elles ont une dotation en ressources et compétences particulière qui, une fois positionnée dans un couple produit/marché, les contraints à une dépendance de sentier.

Des ressources et compétences aux connaissances

Au milieu des années 90, avec le travail précurseur de Leonard-Barton (1992), on note une nouvelle fragmentation dans la littérature de l’approche basée sur les ressources. En effet, certains auteurs vont s’intéresser à une ressource en particulier : la connaissance (Spender, 1996 ; Grant, 1995, 1996). De même, les auteurs rejettent une interprétation contractuelle « pure » de la nature de la firme (Foss, 1996). L’approche basée sur la connaissance (Knowledge-based Theory) part du postulat que l’organisation répond au besoin, pour réaliser un produit ou un service particulier, de coordonner des individus aux connaissances différentes (Grant, 1996). Le problème porte moins sur la diffusion des connaissances entre les individus que de trouver des mécanismes qui permettront la coordination de ces derniers (les directives et les règles, la mise en séquence des activités, les routines organisationnelles et la résolution de problèmes en groupe). Cependant, cette perspective est sujette à de nombreuses critiques pour deux raisons. Premièrement, elle reste conceptuellement abstraite ce qui rend difficile des propositions spécifiques ou des hypothèses testables. Deuxièmement, elle a très peu d'implications pour les pratiques managériales. Ce développement a également accentué la confusion entre l’approche basée sur la connaissance et l’approche des connaissances (Knowledge perspectives) qui est une théorie de la création des connaissances organisationnelles qui ne partage pas les mêmes préoccupations théoriques, puisque cette dernière s’intéresse plus particulièrement aux mécanismes de création des connaissances organisationnelles (Foss, 1996 ; Nonaka et Takeuchi, 1997).

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Vers la multiplicité des thématiques et des disciplines

À mesure que l’approche basée sur les ressources séduit les chercheurs en sciences de la gestion, la littérature va alors se développer considérablement et couvrir un large éventail de thématiques et de disciplines, notamment celles du management stratégique, des théories organisationnelles, des systèmes d’information, etc. Les thématiques traitées abordent, à côté de la question de la performance des firmes et de leur avantage concurrentiel, les stratégies de croissance de la firme, le développement technologique et les stratégies d’imitation. Ces thématiques vont d’une part multiplier les niveaux d’analyse, et d’autre part, vont nécessiter une hybridation de l’approche basée sur les ressources avec d’autres théories. En conséquence, cette évolution et cette multiplication des thèmes de recherche va accentuer l’hétérogénéité de l’approche basée sur les ressources qui devient de plus en plus éparse, ce qui ne manque pas d’avoir un effet important sur la définition des concepts clés et leur compréhension selon les auteurs. Ainsi, on remarque que les concepts clés de ressources et de compétences, pris de manière indépendante sont définis de plusieurs façons voire contradictoirement selon les auteurs, ce qui a fortement accentué les critiques vis-à-vis de cette approche notamment en ce qui concerne le manque de cohérence de son appareillage conceptuel (Priem et Butler, 2001).

La figure n°2, ci-dessous, représente le chemin de développement de l’approche basée sur les ressources en partant des pères fondateurs (Selznick, 1957 ; Demsetz et Penrose 1959) qui sont à l’origine des perspectives dynamiques et statiques pour arriver aujourd’hui à une approche éclatée en une multitude de concepts clés, d’approches, de disciplines, de thématiques et de niveaux d’analyses.

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Proposition d’une typologie

En s’inspirant d’une part des écrits de Burell et Morgan (1979) et d’autre part, de l’approche de recherche utilisée par Benbasat et al., (1987) et par Paré et Dubé (2003) qui permet d’appréhender la rigueur scientifique des études de cas positivistes dans le domaine des systèmes d’information, on cherche à mettre de l’ordre dans le corpus de textes sélectionnés. Cette mise en ordre se veut être une première étape qui pourrait permettre, par la suite, d’orienter le développement de l’approche basée sur les ressources. On présente donc, dans cette partie le résultat de l’analyse quantitative (nombre d’articles produits) et qualitative (nature de la production théorique) qui a été menée sur le corpus des 352 textes sélectionnés.

Analyse quantitative

D’après le tableau 1, on remarque que le nombre d’articles dont l’un des mots-clés comporte le terme d’approche basée sur les ressources, qui a été publié entre 1984 et 2004 varie amplement d’une revue à une autre.

Tableau n° 1 Nombre et proportion des recherches relatives à l’approche basée sur les ressources, selon les revues2 Revues Nombre total d’articles Nombre total d’articles approche basée sur les ressources

%d’articles approche basée sur les ressources

Nombre d’articles d’application

% d’articles

d’application Nombre d’articles empiriques %d’articles empiriques Strategic Management Journal 1302 230 17,6% 18 7,82 32 13,9 The Academy of Management Journal 1501 67 4, 46% 32 47,76 15 22,38 Academy of Management Review 1344 50 3,72% 18 36 2 4 Organization Science 798 64 8,02% 21 32,8 3 4,68 Jourmal of International Business Studies 1392 40 2,87% 33 82,5 3 7,5 Mana gement Science 3509 23 0.65% 13 56,5 3 13,04 Total 9846 474 4,81% 135 28,48% 58 12,23%

2 Par économie d’espace on présente dans les tableaux 1 et 2 uniquement les résultats relatifs aux études empiriques

et d’application pour avoir un image de la recherche sur l’approche basée sur les ressources. D’autres analyses ont été réalisées concernant les contributions théoriques qui peuvent être ultérieurement ajoutées.

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La revue Strategic Management Journal publie la majorité des articles dans ce domaine (230 articles) ce qui correspond à 17,6% de l’ensemble de ses publications depuis vingt ans. De plus, 80% des articles publiés par cette même revue porte sur le premier domaine identifié à savoir les contributions au développement de la théorie elle-même. À l’autre extrémité, ce sont les revues Management Science et

Journal of International Business Studies qui publient le moins de recherche qui concerne l’approche

basée sur les ressources (respectivement : 0,65% ; 2,87%). De plus, la majorité (respectivement 56,5% , 82,5 %) des articles publiés dans ces deux revues sont essentiellement des articles qui appliquent cette approche à d’autre domaine que celui du management stratégique, notamment dans les domaines de l’environnement, de l’acquisition fusion, du changement organisationnel, etc. Finalement, la revue

Academy Management Review est l’une des revues qui publie le plus grand nombre de recherches basée

sur les ressources (22,38% de ses publications sur l’approche basée sur les ressources sont des études empiriques).

Tableau n° 2 Nombre et proportion des articles relatifs à l’approche basée sur les ressources par an

Années Nombre total d’articles Nombre total d’articles approche des ressources % d’articles approche basée sur les ressources Nombre d’articles d’ application % d’articles d’application Nombre d’articles empiriques % d’articles empiriques 1984 371 1 0,26% 0 0 0 0 1985 381 0 0 0 0 0 0 1986 367 1 0,27% 1 100% 0 0 1987 411 2 0,48% 2 100% 0 0 1988 372 1 0,26% 0 0 0 0 1989 357 1 0,28% 0 0 0 0 1990 413 0 0 0 0 0 1991 408 13 3,18% 1 7,7 % 3 23,7 % 1992 600 11 1,83% 6 54, 5 % 0 0 1993 613 9 1,46% 4 44,4 % 1 11,1 % 1994 627 33 5, 26 % 14 11,1 % 5 15,1 % 1995 836 36 4,3% 15 41,6 % 4 11,1 % 1996 456 56 12,28% 22 21,4 % 12 21,4 % 1997 432 48 11,1% 18 37, 5% 8 16,6 % 1998 481 57 11,85% 32 56,1 % 12 21,5 % 1999 444 72 16,2% 24 33,3 % 16 22,2 % 2000 457 73 16% 26 35,1 % 13 17,8 % 2001 393 64 16,3% 29 45,1 % 14 21,8 % 2002 441 69 15,6% 32 46,3 % 11 16 % 2003 489 71 14,5% 34 47,8 % 13 18,3 % 2004 465 72 15,48% 32 44,4 % 12 16,6 % Total 9814 690 7,1 % 292 42,3 % 124 18 %

Si, depuis vingt ans, on observe une hausse du nombre de publications dans le domaine de l’approche basée sur les ressources, on remarque cependant qu’annuellement, celles-ci ne dépassent pas les 72 publications (1999 et 2004). De plus, le nombre de publications reste relativement faible par rapport aux autres thématiques de recherche. En ce qui concerne la répartition des publications selon les trois domaines précédemment définis, on remarque que les articles théoriques sont plus faiblement représentés dans le corpus de texte. Toutefois, on peut constater un essaimage de cette approche auprès d’autres disciplines des sciences de la gestion puisque l’on observe que les articles d’application sont proportionnellement sur-représentés dans le corpus de texte (54,5% en 1992 et 56,1% en 1998). De même,

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le nombre d’articles de recherches empiriques a également augmenté depuis la première moitié des années 90 alors qu’ils étaient quasi inexistants dans les années 80.

En conclusion, si l’on constate une croissance constante des publications depuis 20 ans, un pic semble être atteint depuis le début des années 2000. Le nombre d’articles théoriques décline au profit d’articles d’application et empiriques. Toutefois, il convient de relativiser ces statistiques puisque les politiques de publication varient d’une revue à l’autre. Cependant, ces résultats ne sont pas sans poser un certain nombre de questions. Si l’on considère que les concepts ne sont pas encore stabilisés, que penser de la baisse du nombre d’articles théoriques ? Peut-on parler de démission des auteurs à vouloir clarifier et renforcer l’appareillage conceptuel ? Quelle est la contribution réelle des articles d’application au domaine de même que les articles empiriques ? Les articles empiriques valident ou invalident-ils les postulats tenus pour acquis de l’approche basée sur les ressources ?

Analyse qualitative

L’analyse quantitative du corpus d’articles a permis de donner une première « image » de l’état de la littérature sur l’approche basée sur les ressources. Il convient maintenant de s’intéresser aux aspects qualitatifs de cette recherche. Pour y parvenir, on s’est inspiré et l’on a adapté la typologie de Burell et Morgan (1979). On rappelle, brièvement, que ces auteurs s’intéressent aux dimensions ontologique, épistémologique, de nature humaine et méthodologique des principaux courants de pensée des sciences sociales d’une part. D’autre part, ils ont intégré les hypothèses du conflit et de l’ordre relatif en ce qui concerne la nature de la société. Ils organisent l’ensemble de ces dimensions autour de deux grands axes. Le premier axe renvoie à la dichotomie entre objectif et subjectif (nature des sciences sociales) et le second axe, à la dichotomie entre la sociologie de la régulation et la sociologie du changement radical (nature de la société). Autour de ces deux axes se dessinent quatre paradigmes particuliers (Fonctionalisme, l’interprétativisme, humanisme radical et enfin le structuralisme radical).

Ainsi, en suivant le modèle de Burell et Morgan (1979), et à partir des résultats de l’analyse de l’historique de la recherche sur l’approche basée sur les ressources, il est possible de classer le corpus de textes théoriques autour d’un axe objectif-subjectif. D’autre part, en adoptant la perspective de Foss (2001) et celle de Hunt (2001), il est possible d’envisager l’approche basée sur les ressources comme étant causale, linéaire et adaptive, qui tendrait vers des états d’équilibre statique, ou à l’opposé, en tant qu’étant complexe, émergente, et donc, en dernière instance dynamique.

En combinant ces deux dimensions (« Objectif vs. Subjectif» et « Dynamique vs. Statique ») et en l’appliquant au corpus d’articles de l’approche basée sur les ressources, on obtient une grille d’analyse composée de quatre quadrants que l’on peut appeler respectivement : fonctionnalisme, constructivisme, constructivisme dynamique et structuralisme radical.

Les écrits fonctionnalistes du corpus d’articles sélectionnés sont associés aux auteurs qui appartiennent au courant de pensée positiviste et de l’équilibre économique. Ces auteurs envisagent de manière statique l’étude des ressources et compétences afin de définir qu’elles devraient être leurs caractéristiques pour permettre l’obtention d’une rente et donc, d’un avantage concurrentiel. Les écrits constructivistes du corpus d’articles sont associés aux auteurs subjectivistes qui envisagent la réalité sociale comme un processus émergent. Dans l’approche basée sur les ressources, les écrits constructivistes correspondent aux auteurs qui appartiennent au courant de pensée évolutionniste. Ces auteurs, comme on l’a présenté dans la première partie de cette communication, s’intéressent au développement des ressources et compétences. Ce développement est ancré dans différents mécanismes qui renvoient à des processus organisationnels. Les écrits du constructivisme dynamique du corpus d’articles renvoient aux auteurs qui s’intéressent aux aspects évolutionnaires des organisations intégrant la dynamique temporelle et

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environnementale dans leur conception de la firme. Ces auteurs s’intéressent alors à des phénomènes comme l’innovation, l’apprentissage organisationnel et le changement. Les écrits structuralistes du corpus d’articles renvoient aux auteurs qui défendent une perspective objective du changement, donc des ressources, compétences et capacités dynamiques de la firme. Les approches du structuralisme radical s’intéressent au facteur dynamique sans appartenir pour autant au courant évolutionniste de l’approche des ressources. Ce sont des auteurs qui ont une vision objective de la réalité de la firme et qui l’envisagent en tenant compte des facteurs environnementaux selon une relation entre l’environnement concurrentiel et la firme.

Résultats et Discussion

Sur la base de cette grille d’analyse, on a classé3 sur trois cartes représentatives les écrits selon qu’ils sont

théoriques, d’application ou empiriques. Les cartes obtenues sont discutées dans la partie suivante. Figure n° 3 Exemple de cartes représentatives de la grille d’analyse proposée

Les constructivistes dynamiques Structuralistes Radicaux

Teece et Pisano, 1997 Ward et

Peppard, 2004 x x Grant Badden -Fuller, 1995 Garvin, 1998 Zollo et Winter, 2002 X Ray et Barney, 2004 x Edward et Peppard, 1997 x Collis, 1996 x Metcalf et James, 2000 x x Spender, 1996 Nonaka, 19 94 X x Wender, 2002 Teece, 1998 x

Kogut et Zander, 1992 Langlois et Robertson, 1995

X x

Nelson et Winter, Hamel et Prahalad, 1990 x x Elliason et

Carlson

X Dosi et Marengo, 1993 Conner, 1993

X Grant, 1991 Wernerfelt, 1984 Chandler Elliason Peteraf, 1993

Perspective du « Changement radical» Dynamique Statique Persperctive de la régulation P er sp ec tiv e O b je ct iv e P er sp ec ti ve S u b je ct iv e Evolutionnaires Equilibr e

La classification du corpus d’articles sur les cartes proposées (voir exemple de cartes ci-dessus) confirme que la recherche sur les récits de l’approche basée sur les ressources gravitent autour des deux axes « Objectif-subjectif » et « Statique-dynamique ».

3Ce classement est le résultat d’un raisonnement intuitif et du jugement des auteurs par rapport au deux axes et des légendes des paradigmes de recherche énoncés.

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Dichotomie « Objectif-subjectif ». En premier lieu, il existe en effet, une dichotomie objectif-subjectif des courants de pensée de l’approche basée sur les ressources. Comme on l’a présenté dans la première partie, l’approche basée sur les ressources se compose de différents courants de pensée (Godfroy et Hill, 1995, Barney, 2001; Foss, 2000) qui révèlent que les auteurs ne partagent pas les mêmes assises ontologiques, épistémologiques, méthodologique et de la nature humaine. Les auteurs que l’on retrouve à l’extrémité « objectif » de l’axe « objectif-subjectif » appartiennent essentiellement au courant positiviste influencé par la microéconomie néoclassique dont les efforts ont été concentrés à décrire et mesurer les caractéristiques que devraient posséder les ressources et les compétences pour permettre à la firme d’obtenir une rente et en corollaire un avantage concurrentiel (Peteraf 1993 ; Barney 1986). Ces auteurs envisagent la réalité de manière déterministe. En effet, des auteurs comme Barney (1991), Conner (1991), Peteraf (1993) s’intéressent dans leur recherche à l’impact qu’ont les attributs de la firme sur sa performance. D’autres, ils ont étudié cette relation de causalité de manière empirique (Hansen et Wernerfelt, 1989 ; Rumelt 1991 ; McGraham et Porter (1997). D’autres encore (Peteraf 1993 ; Dierickx et Cool, 1989 ; Barney 1986) ont davantage concentré leurs efforts à décrire et mesurer les attributs des ressources et capacités qui conduisent à l’inélasticité de l’offre pour expliquer la performance de la firme. Empiriquement, de nombreuses recherches ont essayé de mesurer ces attributs et de les corréler avec la performance obtenue par la firme. On peut citer à titre d’exemple Cockburn (1994) et Makadok (1999). Dans ces différentes recherches (l’approche fonctionnaliste et du structuralisme radical) les acteurs économiques (firmes ou individus) sont considérés comme ayant une rationalité limitée.

À l’autre extrémité de l’axe subjectif, on retrouve les auteurs anti-positivistes qui ont pour point commun de rejeter les hypothèses de la théorie contractuelle de la firme. Cette approche des ressources, qui prend le nom de « Capability Building », est développée par des auteurs qui s’intéressent à savoir comment les capacités, les compétences et les connaissances sont créées et développées. Cette approche qui est davantage volontariste considère la réalité comme étant construite à travers des interactions entre la firme, la technologie et les individus . Par exemple, pour Nelson et Winter (1982), qui, en reprenant le modèle variation-sélection-rétention, s’intéressent à l’évolution et à la survivance des firmes dans leur environnement. Selon ces auteurs, les firmes varient en fonction de leurs routines organisationnelles qu’ils auront développées pour réaliser les différentes activités productives de l’organisation. En corollaire, les routines organisationnelles deviennent donc la principale unité d’analyse de leurs recherches. Ainsi, au nivau concurrentiel, en considérant les mécanismes de variation-sélection-rétention, certaines routines organisationnelles deviennent plus efficaces et efficientes que d’autres, et sont à l’origine de l’avantage concurrentiel, alors que celles qui sont les moins performantes vont tendre à disparaître. Par l’utilisation des simulations et d’autres méthodes de recherche, Nelson et Winter (1982) vont démontrer qu’elles sont les conditions nécessaires pour que certaines routines organisationnelles permettent l’obtention d’un avantage compétitif soutenu contrairement à d’autres routines organisationnelles. Les recherches empiriques les plus connues selon cette perspective ont été réalisées par Barnett, Greve and Park (1994), Levinthal et Myatt (1994), et Karim et Mitchell (2000). Par opposition à l’approche économique, diverses méthodes de recherche qualitatives ont été mobilisées pour expliquer la dynamique de création des ressources, compétences et connaissances. Toutefois, la carte des recherches empiriques de l’approche basée sur les ressources montre qu’il y a très peu de recherche empirique dans le quadrant des constructivistes.

Entre ces deux pôles oscillent des approches intermédiaires. On peut également remarquer que, si les premiers textes de l’approche basée sur les ressources appartiennent au paradigme fonctionnaliste, les plus récents développements s’intéressent aux concepts de dynamique, d’innovation, d’interaction et ils accordent une plus grande place à l’individu dans l’organisation. Cependant, les écrits demeurent essentiellement concentrés sur l’analyse des ressources et compétences déjà présentes dans l’organisation et l’on constate donc beaucoup moins d’écrits qui s’intéressent, stricto sensu, à la création de nouvelles ressources et compétences. Par conséquent, la pertinence managériale de l’approche des ressources est fortement menacée (Hamel et Prahalad, 1990 ; Kay, 1993).

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Dichotomie « Statique-dynamique ». Le second axe de recherche permet quant à lui de classer les recherches qui intègrent (dynamique) ou non (statique) les facteurs environnementaux. En effet, on constate un écart important entre les auteurs des années 80, et du début des années 90, avec ceux de la deuxième moitié des années 90. Quelles que soient leurs assises épistémologique et ontologique, nombreux sont les chercheurs à voir l’importance d’intégrer les facteurs environnementaux dans leur vision de l’approche basée sur les ressources. Toutefois ces auteurs se distinguent dans leur façon d’intégrer les facteurs dynamiques. L’on a donc, d’une part les structuralistes radicaux qui se distinguent des fonctionnalistes car ils considèrent que toutes les ressources et compétences ne peuvent être développées qu‘à long terme (dépendance de sentier). Par ailleurs, ils intègrent la notion de valeur des ressources et compétences. Selon ces auteurs, la valeur est déterminée par l’environnement (le marché) opérationnelle de la firme. Par exemple dans son article de 2001, Barney, introduit les concepts de facteurs stratégiques de marché, et il démontre que, quand le marché est parfaitement compétitif, l’acquisition des ressources nécessaires à la transformation du marché en un marché de concurrence imparfaite va absorber l’ensemble des profits que cette concurrence imparfaite aura générée. Ainsi, pour que les firmes obtiennent une rente économique, elles doivent être capable d’acquérir les ressources et compétences nécessaires pour former et implanter des stratégies qui seront appliquées à des marchés dans lesquelles on retrouve des facteurs de concurrence imparfaite.

D’autre part, on trouve les constructivistes dynamiques qui s’intéressent aux processus de transformation en focalisant davantage sur la question du changement en ce qui concerne les ressources, les compétences et les connaissances et aux mécanismes de rétroaction. Le terme dynamique fait ici référence à l’habileté de la firme à renouveler ses ressources, connaissances et compétences afin de maintenir son adaptation aux transformations récurrentes de son environnement d’affaires. L’aspect dynamique signifie que certaines dimensions innovantes et d’innovation sont nécessaires à la firme pour appréhender cet environnement où le timing est critique, le changement technologique rapide, et où la nature de la concurrence et du marché sont difficiles à déterminer. Ce paradigme est le plus souvent associé aux auteurs qui ont développé le concept de capacité dynamique. Les constructivistes dynamiques (Teece, Pisano et Shuen, 1997) analysent comment les firmes évoluent dans un environnement qui est affecté par des changements rapides et qui peuvent-être une source de création de richesse si l’organisation est capable de s’y adapter. Teece et al. (1997) font référence à l’approche des capacités dynamiques, pour souligner l’exploitation de compétences spécifiques, qui sont soit internes ou externes, afin de maintenir l’adaptation de l’organisation aux transformations de son environnement. Ce paradigme du constructivisme dynamique estime que l’essence de la stratégie est plus à chercher dans la création de richesse qui repose sur un meilleur usage des ressources et compétences que dans l’exercice d’un pouvoir de marché exercé à l’encontre des autres acteurs.

Cette grille de classification permet de voir les différentes perspectives existantes de l’approche des ressources. Par exemple, les écrits des auteurs de l’approche basée sur les ressources qui reposent sur les postulats de l’économie semblent être davantage appropriés pour étudier la rente engendrée par le développement de nouvelles compétences. Par contre, l’approche évolutionnaire semble davantage appropriée pour étudier le processus de création et de développement de cette nouvelle compétence. De même, l’approche basée sur les ressources qui repose sur les postulats de l’économie évolutionniste permet d’expliquer l’existence d’une performance supérieure et durable de la firme en focalisant sur la différence d’aptitude des firmes à développer de novelles compétences dans un environnement dynamique. Toutefois, l’explication de la rente engendrée par cette différence entre les firmes reste une approche qui repose sur la conception de rentes de nature Ricardienne. Il serait peut-être intéressant dans ce sens d’explorer la complémentarité de ces approches de recherche à travers des études hybrides. Toutefois, l’objectif poursuivi ici n’est pas de proposer une perspective de l’approche basée sur les ressources qui soit unifiée, mais davantage d’explorer l’apport et la complémentarité des perspectives au développement de la recherche en management stratégique au lieu de les opposer.

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Certaines remarques peuvent être faites pour encadrer le développement de la recherche. La première est qu’il serait pertinent d’explorer davantage la perspective dynamique en intégrant les facteurs environnementaux. L’approche basée sur les ressources ne peut s’offrir la possibilité de négliger cet aspect au détriment de sa pertinence et de sa crédibilité. D’ailleurs, les écrits démontrent que l’approche basée sur les ressources est éminemment introspective et qu’elle néglige les questions qui ont trait à l’environnement (Priem et Butler, 2001). La majorité des recherches que l’on retrouve dans la partie dynamique du modèle appartiennent au structuralisme radical. Ce dernier intègre l’environnement de manière implicite en l’associant à des facteurs environnementaux comme la menace des imitations (Barney, 2001; Godfroy et al., 1995). On peut en conclure que l’approche basée sur les ressources sous-estime l’importance des facteurs extérieurs. En second lieu, en ce qui concerne les écrits qui portent sur une application de l’approche basée sur les ressources, on constate que malgré l’hétérogénéité et la multiplicité des disciplines, des thèmes de recherche et des niveaux d’analyse, il résulte de la cartographie que le déterminisme semble s’imposer. En effet, malgré de nombreux écrits associés à la perspective évolutionniste de l’approche basée sur les ressources, on constate une importante concentration des écrits qui appartiennent au paradigme fonctionnaliste et dans une moindre mesure au structuralisme radical. En second, il serait pertinent de développer davantage les recherches empiriques car, quel que soit le paradigme d’appartenance, cet aspect reste une des faiblesses majeures de l’approche basée sur les ressources. Il est important dans l’immédiat de pouvoir appliquer l’approche basée sur les ressources dans des contextes empiriques ou d’application appropriée que d’en proposer son unification.

Conclusion

L’analyse en profondeur de l’historique et de l’analyse de l’évolution du développement théorique de l’approche basée sur les ressources a permis de développer une grille de classification à partir du corpus d’articles sélectionnés, en fonction de deux axes d’analyse. Le premier axe d’analyse reflète les appartenances épistémologiques, ontologiques et méthodologiques souvent divergentes au sein de cette approche de recherche. Le second axe, quant à lui, a permis de distinguer les recherches statiques et les recherches qui ont exploré la dimension dynamique de cette approche.

La classification de la recherche autour de ces deux axes a confirmé la présence de quatre paradigmes. Les fonctionnalistes, c’ est-à-dire ceux ayant un positionnement déterministe, une épistémologie positiviste et qui sont influencés par les postulats de la microéconomie classique souvent appelés « approche de l’équilibre ». Les constructivistes, qui appartiennent en majorité aux thèses évolutionnistes, se caractérisent par ses recherches qui se sont intéressées à la création de nouvelles ressources et compétences. Les évolutionnaires, quant à eux, appartiennent au courant de recherche qui fait l’effort de développer les capacités dynamiques et qui intègre ainsi les processus dynamiques et spatio-temporels comme l’apprentissage organisationnel, l’accumulation et la création des connaissances, en intégrant la notion d’adaptation aux conditions de l’environnement. Les structuralistes radicaux, s’intéressent à la dynamique, mais l’intègrent de manière implicite. ils demeurent déterministes et introvertis dans leur conception de l’approche basée sur les ressources.

Cette classification est un premier pas vers un éclaircissement et une mise en ordre de cette littérature hétérogène et ambiguë. Elle n’a ni l’objectif ni la prétention de démontrer qu’un paradigme est meilleur que l’autre, mais elle permet d’apporter une logique de lecture à cette littérature. Cette classification a permis de voir clairement les forces et faiblesses de chaque paradigme de recherche afin de mieux guider les recherches futures sur le sujet. Pour confirmer et renforcer ces premiers résultats de recherche, il serait pertinent, dans un premier temps, de vérifier auprès d’autres universitaires, la validité de cette grille de

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classification et par la suite, par la suite de tester, en utilisant une méthode Delphi, les cartographies de classification des trois domaines de la littérature de l’approche basée sur les ressources.

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Figure

Figure n° 1 Exemple de carte conceptuelle du corpus de textes
Figure n° 2 Axe de développement de l'approche basée sur les ressources
Tableau n° 1 Nombre et proportion des recherches relatives à l’approche basée sur les ressources, selon les  revues 2 Revues   Nombre  total  d’articles   Nombre total  d’articles  approche  basée sur les  ressources

Références

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