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ARTheque - STEF - ENS Cachan | La science et l'industrie.

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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Un problè me toujours a ctuel :

LA SCIENCE ET L'INDUSTRIE

Dans . son livre : « Un grand éducateur moderne, Sanderson » (1), H.-G. Wells rapportait, il y a quel-que vingt ans, cette opinion de Sanderson sur la tech-nique anglaise : « Notre vie industrielle est imparfai-tement organisée, toutes nos difficultés sont dues au f a i t que nous possédons un système industriel créé par la science, mais organisé à la manière ancienne, par des hommes d'une mentalité non scientifique. »

Au même moment (1925), Le Chatelier, en France, écrivait, sous l'impression de ses souvenirs de guerre, « Science et Industrie » (2) où on lit, dès les premières lignes : « Aux heures les plus tragiques de l'agression allemande, nous avons vu le succès de nos armes com-promis par l'insuffisance de nos fabrications indus-trielles, conséquence d'une formation scientifique in-complète. »

La phrase de Sanderson n'aurait-elle pu être reprise pour caractériser la technique f r a n ç a i s e d u r a n t les années précédant 1940 ? La voix de Le Chatelier avait-elle été suffisamment entendue ? Certainement pas dans la mesure où elle aurait dû l'être. Il ne s'agit pas de rappeler ici l'empreinte ineffaçable de Le Chate-lier dans maints domaines, de la science pure où ses recherches fructueuses lui ont valu une célébrité mon-diale, ainsi que dans l'enseignement supérieur où il sut former une pléiade d'élèves qui ont f a i t leurs preuves.

Il n'est peut-être pas, inutile, par contre, de se pen-cher à nouveau sur la philosophie de la scienc indus-trielle de Le Chatelier et de tenter d'en tirer des indi-cations valables pour la rénovation industrielle de notre pays, laquelle pose, une fois de plus, m a i s avec une

acuité accrue, le problème des rapports entre la science et la technique. Vieux problème, en effet. P a r suite de l'importance prise par l'industrie dans la vie so-ciale et par la science dans les techniques indus-trielles, il s'est déjà trouvé posé dans la deuxième moitié du xix° siècle avec une force que les généra-tions précédentes n'avaient pu soupçonner. Depuis, on nie assez peu, certes, les origines industrielles de ia science, l'action bienfaisante des préoccupations indus-trielles, le f a i t que certaines spéculations parmi les plus élevées ont souvent leur origine dans des recher-ches purement techniques. Lavoisier, fondateur de la chimie, Carnot, de la thermodynamique, Sainte-Claire

J. L I G N O N

Deville, de la mécanique chimique, Pasteur, de la mi-crobiologie, sont de trop g r a n d s exemples.

En son temps, Henry Le Chatelier fut parmi les premiers à repousser comme un préjugé nuisible la pensée que la science pure doit rejeter loin d'elle toute préoccupation pratique et fuir l'industrie comme une

promiscuité compromettante. « Méconnaître l'influence bienfaisante des préoccupations pratiques sur le déve-loppement des sciences, affirmait-il, c'est nier toute l'histoire de la science, compromettre gravement ses progrès ultérieurs et porter un préjudice sérieux au développement même de l'industrie, par suite à la richesse et à la puissance de notre pays. »

Par quel mécanisme s'exerce l'action des préoccu-pations pratiques sur la science pure? Tout d'abord,

les besoins de la vie courante mettent le chercheur en présence des phénomènes les plus variés de la n a t u r e et lui donnent l'occasion de les étudier. « Pour créer l'art ou la science, il f a u t le contact de la nature . L'industrie nous donne ce contact dans tout son déve-loppement. » Les préoccupations intéressées stimulent en outre l'effort, amplifient l'activité. Enfin, elles entraînent toujours un contrôle certain de l'exactitude des idées théoriques auxquelles elles ont conduit.

P a r ailleurs, la science agit sur l'industrie. C'est un truisme que de constater l'influence des progrès de la science sur ceux de l'industrie. A chaque progros scientifique se trouve lié un ensemble correspondant de progrès industriels. « E t pourtant, bien peu d'hom-mes, dit Le Chatelier, se rendent compte à quel point cette vérité est profondément vraie. » Pour permettre de mieux mettre en évidence et d'accroître au maxi-m u maxi-m l'action, Le Chatelier a jugé nécessaire d'en étu-dier le mécanime. La science agit sur l'industrie de trois manières différentes :

Les résultats antérieurement acquis par la science sont journellement utilisés dans les usines : « C'est par

(1) Traduit de l'anglais chez Alcan éditeur.

(2) Bibliothèque de Philosophie scientifique, Flammarion éditeur (non réimprimé).

(2)

la connaissance des lois que la science réagit le plus fortement sur l'industrie. Leur généralité multiplie sans limite le nombre de leurs applications. »

La recherche scientifique sert à résoudre une mul-titude de problèmes qui se posent constamment dans l'industrie. « L'emploi des méthodes de la science pure pour l'étude des -problèmes pratiques a amené parfois de véritables révolutions industrielles » (par exemple le procédé Bessemer ou la découverte des aciers à coupe rapide).

Enfin, les méthodes scientifiques de travail

amé-liorent les fabrications et en diminuent le prix de revient. « L'industrie a, en effet, pour objet essentiel

d'obtenir des produits de qualité donnée au prix de revient minimum. Or, la qualité et le prix de revient sont des fonctions déterminées des conditions de la fabrication. Ces grandeur s sont donc reliées les unes aux autres par des lois, et elles tombent ainsi sous le coup de la science, dans le cas, du moins, où ces lois ne présentent pas une complexité inabordable. Pour conduire une fabrication scientifiquement, il f a u t dé-terminer les f a c t e u r s dont dépend le résultat cherché, mesurer toutes les grandeurs en jeu de façon à en déterminer les lois, puis conduire toute la fabrication en réglant par des mesures incessantes chaque con-dition à sa valeur reconnue la plus avantageuse. Il résulte de cette règle que toute fabrication scientifique doit être standardisée. Pour obtenir un même produit,

CE QU'EST

L'Alliance Coopérative Internationale est l'union

des coopérateurs de tous les pays.

Elle groupe toutes les formes de la coopération. Ses cent millions de membres appartiennent à trente-cinq nations.

Elle est, avec la Fédération Syndicale Mondiale, la seule organisation économique internationale reconnue par l'O.N.U. et le B.I.T.

Elle défend l'idéal et propage la pensée coopérative. Elle f a i t de la solidarité active. Depuis la Libé-ration, plus de 150 millions de f r a n c s ont été distri-bués par elle aux mouvements coopératifs des pays envahis.

L'Organisation des Nations Unies était

ofrrcielle-ment représentée au Congrès de Zurich.

Huit nations avaient envoyé des délégués officiels .

les conditions de la fabrication doivent être rigou-reusement déterminées et toujours les mêmes. »

L'utilisation des données acquises de la science sup-pose une large diffusion de la culture et de l'esprit

de-puis les chefs de la grande industrie jusqu'aux ou-vriers, tous devant être également convaincus de son importance et tous devant conserver intacte la foi en la science. Cette diffusion doit être l'œuvre, tout d'abord, de l'école. Elle doit être, ensuite, entretenue par de nombreuses publications adaptées aux divers niveaux des producteurs.

L'un des côtés les plus importants du problème de l'organisation scientifique du travail est l'emploi sys-tématique des mesures. Il permet : soit de vérifier les

qualités des matières premières utilisées, soit de véri-fier la régularisation des conditions de fabrication, soit de contrôler les produits fabriqués. Les labora-toires de recherches, eux, ont la charge de m e t t r e à la disposition de l'industrie toutes les ressources de la science.

Dans un prochain article, nous examinerons sous quelle f o r m e doit se donner la culture scientifique aux producteurs. Nous envisagerons, d'après Le Chatelier, les principaux caractères des sciences industrielles et la nécessité de leur enseignement. Nous étudierons l'importante question des mesures industrielles et, en-fin, les conditions particulières de la recherche indus-trielle.

INTERNATIONALE

la Belgique, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis d'Amé-rique, la France, l'Italie, la Suède, Ceylan, la Tchéco-slovaquie et la Suisse.

LES PROJETS DE L'A.C.I.

Action commune avec la Fédération Syndicale

Mon-diale ;

Agence coopérative internationale de Presse; Coopérative pétrolière mondiale;

Resserrement des liens économiques entre produc-teurs et consommaproduc-teurs coopératifs.

(Communiqué par la Confédération générale des Sociétés coopératives ouvrières de production de France et des Colonies, 19, rue du Renard, Paris-IV"),

L'ALLIANCE C O OPÉRATIVE

Références

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