Une vision du pilotage de la Recherche

Dans le document La protection des usagers des transports : une approche biomécanique de la prédiction du risque lésionnel (Page 130-146)

” Comment l'indomptable recherche scientifique va-t-elle rester au service du mieux-être physique et mental de tous ? Deux maîtres mots : éducation et éthique, qu'il faut traduire en pratique. „ [Étienne-Émile Baulieu, Médecin et Chercheur français, 1926- ]

On a vu mon parcours de chercheur en biomécanique et j’espère avoir suscité l’intérêt dans ces trois chapitres consacrés à la science. Bon, c’est bien gentil la science, mais sans pilotage et moyens, elle ne ferait pas grand-chose. On peut le regretter et en discuter longuement, mais ce n’est pas le propos de ce document. Eh bien, on va le faire quand même ! Je suis devenu chercheur biomécanicien « par hasard » et finalement je ne le suis pas resté très longtemps. Mon curriculum vitae vous en donnera les détails, mais entre mon recrutement comme chercheur statutaire et le moment où je suis devenu directeur du LBMC, il s’est passé quarante-deux mois à peine. C’est un peu rapide dirons-nous. Ce n’est pas vraiment par hasard, j’y pensais, mais pour plus tard, ni par ambition personnelle, mais parce que je pensais pouvoir être utile. [Bon aussi parce que pleins de trucs m’énervaient et que je préfère souvent faire les choses

moi-même].

A l’arrivée, sur dix-huit de carrière, j’ai passé cinq ans en CDD, trois et demi comme chercheur et dix ans, série en cours, comme directeur de structures de recherche. Il fallait donc que j’en parle ici. Il y a eu plusieurs volets à ces actions de direction. Le développement du LBMC comme unité mixte de recherche bien sûr. Son insertion dans l’espace national et européen de la recherche. Des actions de réseautage, c’est lié à la précédente action, et d’harmonisation ou réglementation si importantes en sécurité secondaire et protection des usagers. Il y a également des actions, à la fois de direction et de chercheur, destinées à la valorisation de la recherche. En particulier celle à la médiation scientifique. La médiation scientifique, c’est faire connaitre et expliquer au public non averti, le Grand Public, nos recherches. J’ai toujours pensé que c’était indispensable et même un devoir du chercheur. Je vais donc passer en revue ces points en essayant de partager les raisons des actions mises en œuvre, c’est-à-dire ma vision du pilotage de la recherche.

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Une stratégie de développement

Venant d’un grand et excellent laboratoire universitaire de mécanique des fluides à Grenoble, [deux supériorités incontestables…], j’ai été très surpris en découvrant le LBMC, en 1999, pour mon premier CDD. Peu de chercheurs, encore moins de doctorants (deux ou trois), mais un savoir-faire extrêmement rare et de qualité dans l’expérimentation en protection des usagers que ce soit avec des mannequins ou des sujets post mortem. Mon prédécesseur, mentor et ami, Jean-Pierre Verriest, venait d’en prendre les rennes et entamait sa transformation vers un laboratoire de recherche en se rapprochant des quelques biomécaniciens universitaires lyonnais plus des cliniciens orthopédistes. Une excellente idée s’il en est.

J’ai donc, en partie grâce à sa confiance et au soutien qu’il m’a donné pour me lancer, pris la suite. J’ai poursuivi ce qui marchait, changé ce qui, à mon avis, devait l’être, et apporter ma patte sur de nombreux chantiers. J’en ai moi-même laissé un certain nombre à mon successeur. En effet, rien n’est jamais terminé, ni acquis, on peut toujours progresser. J’avais plusieurs marottes, d’une part les doctorants, force vive des laboratoires sans qui nous ne serions que des vieux chercheurs remplissant des dossiers administratifs. D’autre part, les publications et la valorisation de la recherche au sens large. Enfin, insuffler du sang frais sur les thématiques d’importance en développant le champ des compétences de l’unité. Pour cela, j’ai toujours cru qu’il fallait une organisation solide et structurée, des moyens matériels et humains. En gros, les chercheurs cherchent, et parfois trouvent, et la direction s’occupe du reste. Cela vaut l’importance qu’on lui accorde, mais le LBMC a été évalué deux fois sous ma direction par l’Aéres35 puis l’Hcéres36. A chaque fois de manière positive, et j’ai la faiblesse de penser que mon action également, la première nous ayant value la note de A, [les unités A se comptant sur les doigts d’une main à l’Inrets].

Le LBMC, dans sa configuration mixte, est donc né en 2003 de la réunion des équipes lyonnaises de recherche en biomécanique de l’ex-Inrets de Bron (UR LBMC) et de l’Université Lyon 1 (JE1891 Mecal). Cette Unité Mixte de Recherche a été, dans un premier temps, labellisée en tant que Laboratoire de Recherche en Emergence (LRE_T32) sous l’appellation Laboratoire de Biomécanique et Modélisation Humaine (LBMH). Cette unité de recherche a été consolidée en 2005 par l’intégration d’enseignants-chercheurs en mécanique des structures. Ceci a permis notamment de redynamiser l’activité sur le comportement au choc des structures qui était en veille depuis 2001. Cette thématique est importante pour développer des applications dans la protection contre les effets des accidents. Ce renfort a également apporté une expertise mécanique théorique supplémentaire dans les autres domaines d’activité. Ceci a donc donné, en 2007, lorsque j’en ai pris les rênes, le LBMC sous sa forme actuelle, avec le label UMR_T9406, reconduit en 2011 puis en 2016.

Le LBMC développe des recherches autour de la problématique de la protection et du confort des usagers des transports et dans le domaine de la santé telles que l’orthopédie et la rééducation fonctionnelle visant à l’amélioration des conditions de vie et pour une mobilité durable et responsable. Ses compétences s’articulent autour des sciences et techniques (dynamique, structures, matériaux) et des sciences du vivant (chirurgie orthopédique et de réadaptation, ergonomie).

35 Aéres : Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur

Une stratégie de développement

Pour mener à bien son programme scientifique et ses activités de recherche, j’ai organisée l’unité autour de quatre équipes de recherche correspondant à des thèmes de recherche propres, en lien avec les applications visées. Deux équipes étaient issues initialement de l’Ifsttar, deux autres émanaient de l’Université. La politique de recrutement et de développement des équipes, que j’ai souhaitée, a permis d’aboutir à une mixité des équipes, du personnel de l’une ou l’autre des tutelles intervenant désormais dans chaque équipe de recherche. Le Laboratoire est localisé sur quatre sites de la région lyonnaise : l’Ifsttar-Bron, La Doua-Lyon Tech, l’IUT Lyon1 Villeurbanne et la Faculté de Médecine Lyon-Sud, ce qui n’en facilitait pas son management. Des membres de l’UMR sont également présents dans divers centres hospitaliers lyonnais (Lyon-Sud, Croix Rousse, Edouard Herriot et Desgenettes).

Le LBMC s’est donc construit autour de la modélisation biomécanique de l’être humain, tant pour des applications en transports (sécurité, ergonomie, confort…), que pour des applications en santé avec la participation de cliniciens. J’ai toujours poussé le laboratoire à mener une réflexion continue et approfondie sur sa cohérence scientifique et sur les verrous scientifiques qui lui faisaient face. En effet, je pense qu’un laboratoire de recherche doit être en constante évolution tout en s’inscrivant sur la durée. Au cours de mon premier mandat, le LBMC a fortement évolué dans sa structuration et dans son projet scientifique, par de nombreux recrutements de chercheurs, grâce au développement de ses moyens expérimentaux et au développement de plusieurs collaborations, ainsi que la participation à de nombreux projets qui ont permis de mettre en œuvre ce projet scientifique. Enfin, l’UMR a été impactée par un environnement changeant, qu’il a fallu gérer, avec de nombreux bouleversements à l’Inrets pour arriver à la création de l’Ifsttar en 2011 et aussi avec la mutation des universités vers l’autonomie.

Le second mandat a été celui de la recherche d’une stabilisation, après une croissance forte et rapide. Cette période est aussi celle de l’affirmation du LBMC comme laboratoire de recherche majeur dans le domaine de la biomécanique humaine. Cette stratégie scientifique et de développement s’est déclinée à travers l’affichage d’objectifs et la mise en œuvre de diverses politiques de l’UMR et ceci à plusieurs niveaux.

Tout d’abord en interne, avec la poursuite de la mise en place d’une gouvernance efficace afin de donner les moyens opérationnels aux équipes de recherche de se développer et de mettre en œuvre leur programme scientifique. En corolaire, j’ai mis en place une politique d’investissements scientifiques pour doter ces équipes de moyens performants et une politique de recrutements pour atteindre la masse critique nécessaire sur les thématiques prioritaires identifiées. Cette politique d’investissements a permis d’équiper nos 4 plateaux d’expérimentation à hauteur d’un investissement de près de 1,3 M€ depuis 2009, dont certains équipements sont uniques. La politique de recrutement a permis de retrouver un nombre de personnels techniques suffisant (trois nouveaux recrutements plus deux mobilités internes), de renforcer les équipes de petites tailles avec des jeunes chercheurs de très bon niveau sur les thèmes d’avenir (huit recrutements de chercheurs et enseignants chercheurs en mécanique), et d’attirer de nombreux doctorants au laboratoire. J’ai particulièrement voulu développer l’équipe ergonomie qui travaille sur des questions importantes en transports (accessibilité et confort) par trois recrutements. Ces politiques ont été accompagnées par la mise en place d’une politique Qualité qui a abouti à une certification ISO 9001 en 2016.

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Egalement en externe, grâce à certaines opportunités qu’on a su se créer et saisir, notamment par une implication personnelle forte dans l’espace européen de la recherche et le développement international, où j’ai poursuivi l’œuvre démarrée par Jean-Pierre Verriest, mais aussi par une politique contractuelle et partenariale affirmée. Ces politiques se sont traduites concrètement dans la participation à plusieurs projets européens et réseaux internationaux ainsi qu’à l’établissement de plusieurs partenariats internationaux, comme on le verra plus loin. De nombreuses collaborations industrielles ont été réalisées avec pour objectif des partenariats forts et équilibrés basés sur l’excellence scientifique, un partage de la propriété intellectuelle et une confiance mutuelle. Le LBMC a également, dans le cadre de la politique de partenariats académiques que j’ai voulu, développé des collaborations locales et nationales, et participé activement aux Investissements d’Avenir.

J’ai dû, également, intégrer les évolutions de la recherche française, que ce soit au niveau de l’Ifsttar ou de l’Université. Ceci a modifié la vie du LBMC et a contribué à accélérer l’inflexion de certaines de ses thématiques de recherche. Le laboratoire a ainsi augmenté la part des recherches amont dans son activité. J’ai veillé à ce que cette évolution ne se fasse pas au détriment de la recherche finalisée, qui est la mission première du LBMC vis-à-vis de l’Institut, mais plutôt en renfort, afin de permettre des ressourcements scientifiques importants et un niveau d’innovation plus élevé.

Le LBMC a ainsi consolidé ses domaines d’excellence et a développé des thématiques porteuses qui ont émergé lors de mon premier mandat. J’ai donc construit, pour mon second mandat (2011-2015), et aussi pour celui de 2016-2020, que je portais avant de prendre d’autres fonctions dans l’institut, un projet scientifique axé sur la modélisation du corps humain pour la sécurité des transports et la santé, qui soit cohérent autour des équipes. J’ai toujours pensé que les quatre équipes devaient être fortement complémentaires autour de nos axes de recherche (sécurité des transports et santé). C’est pourquoi, j’ai incité au développement des synergies entre elles et des projets transverses commencent à voir le jour. Le premier résultat de ces synergies est la participation de trois des équipes au projet PIPER coordonné par le laboratoire.

Le LBMC a ainsi pu développer sa position sur la plupart de ses points forts. A savoir, son excellence scientifique, le dynamisme de ses équipes de recherche, les synergies naissantes entre elles résultant de complémentarités bien identifiées et de la cohérence scientifique de l’ensemble. Ceci s’est traduit par une hausse conséquente du nombre de publications dans des revues (multiplié par 2,1), mais aussi de la visibilité des articles (nombre de citations multiplié par 6), une participation accrue à des conférences internationales, et une meilleure reconnaissance nationale et internationale. Cette progression scientifique s’est trouvée accompagnée par le développement de coopérations scientifiques et de partenariats industriels, malgré un contexte socio-économique fragilisé.

Une stratégie de développement

A l’échelle régionale, j’ai souhaité développer des collaborations fortes formalisées par la signature de conventions de collaboration comme, par exemple, avec l’Hôpital Desgenettes (accès à l’imagerie médicale), l’Inserm, l’ENS Lyon, etc. Ces collaborations se concrétisent principalement à travers l’encadrement de thèses (laboratoires Creatis37, LIRIS38, LaMCoS39, Lyos40, Laboratoire de Physique41, LTDS42, …). Ceci s’est traduit aussi par l’organisation commune Lyon – Saint-Etienne – Grenoble, portée par le LBMC, du congrès de l’European Society of Biomechanics en 2016 à Lyon et la participation aux projets d’Investissements d’Avenir pilotés par l’Université de Lyon.

Au niveau national, j’ai adopté la même stratégie et des collaborations existent avec plusieurs laboratoires de biomécanique. En particulier, le LBMC a coordonné un groupe de recherche en biomécanique des chocs, regroupant les laboratoires nationaux traitant cette question. L’UMR est également très impliquée dans la Société de Biomécanique. Sa pluridisciplinarité (biomécanique, mécanique, orthopédie, ergonomie, robotique, etc.) confère au LBMC son originalité. Aujourd’hui, par son périmètre thématique, sa taille, ses moyens, ses collaborations et ses actions de recherche, le LBMC est un des rares laboratoires nationaux et européens regroupant autant de compétences complémentaires autour de la biomécanique.

Cependant, un certain nombre de faiblesses avaient été identifiées. L’une d’elles concernait la valorisation de ses recherches. La forte augmentation du nombre de publications est un pas important réalisé. Quelques chercheurs devaient faire un effort à ce sujet, je les ai accompagné pour cela. Cet objectif est aujourd’hui largement atteint grâce à une politique de publications volontariste. Le LBMC a également progressé dans les autres types possibles de valorisation : brevets, logiciels, etc. Quatre brevets ont été déposés et un projet de filiale en modélisation ergonomique a vu le jour, aujourd’hui devenu un service de Transpolis. Une réflexion avait été initiée pour la mise en place, probablement en accès ouvert, de licences d’exploitation des outils informatiques, des bases de données et modèles développés au LBMC. Ces éléments sont un premier pas de progression. J’espère que mon successeur poursuivra dans cette voie.

Un risque important était la difficulté de recrutement de candidats en thèse de qualité qui sont le moteur et un élément fort du dynamisme d’un laboratoire de recherche. La mise en place d’une politique doctorale au LBMC a non seulement permis d’accroître le nombre et la qualité des doctorants mais aussi de diminuer la durée des thèses et d’augmenter le taux de publications par thèse. Je me suis fait un point d’honneur à recevoir chaque année, individuellement, les doctorants pour faire un point avec eux sur l’avancée de leur thèse et les suites envisagées. J’ai également essayé de responsabiliser les encadrants. En lien avec cette politique, le nombre d’HDR est également en hausse augmentant ainsi la capacité d’accueil de nouveaux doctorants.

37 Creatis : Centre de REcherche en Acquisition et Traitement de l'Image pour la Santé UMR 5220 CNRS – Inserm U1044 – Insa Lyon – Université Claude Bernard Lyon 1

38 LIRIS : Laboratoire d'InfoRmatique en Image et Systèmes d'information UMR 5205 CNRS - Insa Lyon - Université Claude Bernard Lyon 1 - Université Lumière Lyon 2 - École Centrale Lyon

39 LaMCoS : Laboratoire de Mécanique des Contacts et des Structures UMR 5259 CNRS – Insa Lyon

40 Lyos : Physiopathologie, Diagnostic et traitements des Maladies Osseuses Inserm U1033

41 Laboratoire de Physique UMR 5672 CNRS – ENS Lyon - Université Claude Bernard Lyon 1

42 LTDS : Laboratoire de Tribologie et Dynamique des Systèmes UMR 5513 CNRS - École Centrale Lyon - École Nationale Supérieure d’Ingénieur de Saint-Etienne

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Les équipements scientifiques sont devenus un élément structurant du laboratoire. Bien que le contexte ne soit plus propice aux investissements majeurs, le niveau actuel des équipements du laboratoire, grâce à ma politique d’investissement, lui permet d’envisager l’avenir avec sérénité. La fragilité des moyens humains de fonctionnement constituait également un des risques majeurs. En effet, un projet scientifique ambitieux, profondément axé sur l’expérimentation, ne peut se faire sans le recours à des compétences techniques fortes. Lors de ma prise de fonction, j’ai redéfini l’organigramme fonctionnel du personnel technique. On a ainsi pu procéder à des recrutements sur des profils renouvelés, aux compétences élargies et adaptées aux nouvelles méthodologies développées ou mises en œuvre au laboratoire. Ce travail de fond a abouti, fin 2014, à la reconstitution d’une équipe de support technique renouvelée, jeune, compétente et en nombre suffisant.

Enfin, un des risques concernait l’accès aux pièces anatomiques pour les équipes de biomécanique. Les bonnes relations avec le Département Universitaire d’Anatomie ont été un progrès important par rapport à la situation passée. Je dois, ici, remercier le travail exemplaire de David Mitton, à qui j’avais confié cette tâche. Ce qui a longtemps été un point difficile, [c’est un euphémisme, une partie des travaux sur le

thorax a été retardée voire annulée à cause de cela…], est aujourd’hui un élément majeur du

LBMC et potentiellement fédérateur de la biomécanique lyonnaise.

Le programme d’Investissement d’Avenir a aussi été une opportunité majeure à saisir dont j’ai immédiatement senti le potentiel. Le LBMC a su se positionner avec succès dans ce programme. Le LBMC est aujourd’hui membre d’un Equipex (IVTV43) et d’un Labex (PRIMES). IVTV lui donne un accès à des équipements de pointe dans le domaine de la biomécanique des tissus. PRIMES lui ouvre de nombreuses opportunités de collaborations, notamment avec des laboratoires d’imagerie et de modélisation lyonnais cités plus haut.

Sous ma direction, l’organisation fonctionnelle du LBMC a fortement évolué avec la mise en place des principes de gouvernance, du règlement intérieur et de la démarche Qualité. Dans le cadre de la construction du projet scientifique 2016-2020, j’avais lancé une réflexion de fond, dès 2013, sur l’évolution scientifique du LBMC et sur son organisation afin de franchir un palier supplémentaire. J’avais demandé à chaque équipe, séparément, puis en interactions de mener cette réflexion en profondeur. Le projet scientifique 2016-2020 du LBMC est issu de cette longue réflexion. La prise en compte des enjeux de société, de l’environnement institutionnel, académique et économique a été au cœur des réflexions. Une analyse de diverses feuilles de route stratégiques dans le domaine des transports et de la santé a permis de comprendre ces grands enjeux pour l’avenir. Un laboratoire de recherches appliquées se doit d’être « utile » et répondre aux « attentes de la société ». Des questions de recherche et les verrous scientifiques associés ont été identifiés au regard de nos compétences. L’adéquation de nos moyens humains et matériels a également été prise en compte dans l’élaboration de ce projet scientifique.

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La structuration des équipes a fait partie de cette réflexion et a été abordée de manière objective au regard des questions de recherche que le laboratoire souhaitait traiter. Je pensais qu’il était nécessaire, de redéfinir complétement les équipes autour de nouveaux périmètres ou nouveaux thèmes. Au final, cette réflexion a abouti à une évolution importante des projets des équipes de recherche du LBMC sans modification de leurs périmètres à quelques détails près. Je le regrette, mais c’était peut-être encore trop tôt, enfin je pense plutôt que les gens n’étaient pas prêts. La résistance au changement est quelque chose d’humain et souvent très forte. Pourtant, je suis persuadé qu’un laboratoire doit évoluer et se projeter dans l’avenir. Encore une fois, on fait de la recherche, pas de l’ingénierie, [je n’ai rien contre les ingénieurs, j’en

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