Les stratégies de gestion

Dans le document LES ESPECES ENVAHISSANTES EXOTIQUES : (Page 152-164)

EVALUATION ET GESTION

I. Étendue actuelle et potentielle des espèces: Sous cette catégorie la priorité est assignée aux espèces pour, tout d’abord, empêcher l’établissement de nouvelles

5.3 Les stratégies de gestion

Nous reconnaissons les quatre stratégies principales s’adressant aux espèces exotiques ayant des populations déjà établies dans les zones faisant l’objet d’une intervention, à savoir: l’éradication, le confinement, le contrôle, et l’atténuation.

L’éradication est l’approche la plus désirable mais la plus difficile. Une fois établie, une espèce exotique est considérée comme irréversible, le contrôle peut diviser en confinement, c’est-à-dire, empêcher les espèces de s’étendre au-delà des barrières régionales et les contrôler dans le sens le plus stricte du terme, c’est-à-dire, réduire les populations des espèces exotiques à niveau inférieur au seuil tolérable. Quoique la définition de ce seuil ne soit pas un exercice tout à fait évident, cela devrait se faire au préalable de la mise en œuvre d’un programme de contrôle et ce, tout en tenant compte de l’objectif de la gestion (Section 5.1).Alors que seuil tolérable se rapporte finalement au niveau de l’impact des espèces exotiques sur l’écosystème envahi, il faudrait que ce seuil soit exprimé en fonction de la répartition et / ou de la densité des espèces envahissantes.Lorsqu’il n’est pas possible d’employer ces trois stratégies de gestion, on peut alors recourir à la dernière option qui consiste à essayer d’atténuer l’impact des espèces envahissantes sur les organismes et sur les écosystèmes locaux.La stratégie de la recherche de la meilleure façon dont on peut ‘composer avec’ les espèces introduites s’appelle l’atténuation.

Quelle que soit la stratégie de gestion choisie, il est extrêmes important de choisir des méthodes appropriées par rapport à la tâche et d’entreprendre le travail pendant la saison de l’année qui convient. La plupart des méthodes de gestion des espèces nuisibles marchent mieux à une époque spécifique de l’année qu’à d’autres; il se peut même qu’il y ait des périodes où ces méthodes seront carrément inefficaces. Certaines méthodes marcheront pour une espèce à moment donné de l’année mais ne pourront s’appliquer à d’autres espèces à d’autres époques de l’année. Une autre considération concerne le stade de l’espèce envahissante qui répond le mieux aux méthodes de gestion.

5.3.1 L’éradication

L’éradication consiste à supprimer toute la population d’une espèce envahissante, y compris pendant les phases de trêve, de la zone faisant l’objet de la

gestion.Lorsque la prévention n’a pas pu empêcher l’introduction d’une espèce exotique, un programme d’éradication devient la méthode d’intervention de prédilection.

L’éradication en tant que réponse rapide à la détection précoce des espèces exotiques (Chapitre 4) est souvent la clé de voûte d’une solution réussie justifiant d’un bon rapport qualité / prix. Toutefois, on devrait avoir recours à l’éradication que lorsque celle-ci est réalisable. Alléchante pour les politiciens et le public, l’éradication consiste en une intervention à la fois décisive et précise. Mais encore faut-il s’abstenir de succomber à la tentation d’entreprendre un programme d’éradication ayant peu de chances d’aboutir. Avant toute tentative d’éradication, il faut se livrer sans délai à une analyse méticuleuse des coûts (y compris les coûts indirects) et de la probabilité de réussite. Aussi faut-il mobiliser suffisamment de ressources. Toutefois, une fois réussie, l’éradication présente le meilleur rapport qualité / prix par rapport à d’autres mesures de contrôle à long terme (Études de cas 4.2: "La détection précoce et l’éradication du lymantridé à taches blanches (Orgyia thyellina) en Nouvelle Zélande" et 5.5 "Éradication d’une plante délibérément introduite et qui s’avère envahissante").

Les programmes d’éradication peuvent comprendre plusieurs méthodes de contrôle, appliquées séparément ou conjointement. Il existe peu de situations connues où une seule méthode peut éradiquer une espèce envahissante. Il est donc conseillé d’envisager et d’avoir recours à l’ensemble des méthodes possibles. Les méthodes varient en fonction du type d’espèces envahissantes. Les programmes d’éradication réussis dans le passé reposaient sur:

le contrôle mécanique, par exemple, la cueillette à la main des escargots ou de mauvaises herbes,

le contrôle chimique, par exemple, l’utilisation d’appâts toxiques contre des invertébrés et le recours à la vaporisation,

les pesticides,

les pesticides biologiques, par exemple, la Bacillus thuringiensis (BT) qui est employée contre les insectes nuisibles,

l’introduction de males stériles, souvent accompagnée du contrôle chimique,

la gestion de l’ habitat management, par exemple,.le pacage et des incendies prescrits,

la chasse aux vertébrés envahissants.

Certains groupes d’organismes se prêtent mieux à l’éradication que d’autres.

Certaines des méthodes employées dans le passe sont récapitulées plus loin.

Toutefois, il faut se rappeler la nécessite d’évaluer chaque situation afin de déterminer la méthode la plus appropriée pour la zone en question dans les cas suivants:

Les plantes peuvent être mieux éradiques par le biais d’une combinaison de traitements mécaniques et chimiques, par exemple, en coupant les

mauvaises herbes ligneuses tout en appliquant un herbicide aux herbes ainsi coupées (Étude de cas 5.6: "Programme d’éradication du

‘‘Chromolaena” (Chromolaena odorata) en Australie").

Les vertébrés terrestres. De nombreux programmes d’éradication ont été mené avec susses sur des îles contre les mammifères (Étude de cas 5.7:

"Éradication du lapin sur l’île Phillip"). Les méthodes les plus fréquemment employées consistaient de stations d’appâts où l’on donnait des substances toxiques aux espèces envahissantes, par exemple, dans le cas de l’éradication des rats.

Les plus grands animaux peuvent être traqués si l’écosystème est suffisamment ouvert pour les empêcher de se cacher. L’un des problèmes spécifiques contre lesquels butent les programmes d’éradication pourrait être lié à l’opinion publique négative, notamment celle des groupes de défense des droits des animaux.

Parmi les invertébrés terrestres, seuls les escargots et les insectes ont pu être éradiqués et ce, de temps en temps. Alors que les escargots peuvent être cueillis à la main, les options pour l’éradication des insectes reposent sur l’emploi de pesticides, souvent au travers d’une application généralisée, de l’usage d’appâts sinon du recours à un mélange des deux méthodes (Étude de cas 5.8: "Éradication de l’escargot africain géant (Achatina fulica) en Floride").

Le recours à l’introduction de males stériles, souvent accompagné d’un contrôle aux insecticides, s’est avéré efficace à maintes reprises contre les insectes tels que les téphrites et les lucilies bouchères (Étude de cas 5.9: "Éradication des lucilies bouchères (Cochliomyia hominivorax) d’Amérique du nord et d’Afrique du nord").

Jusqu'à présent, il n’existe que deux cas documentés et réussis d’éradication des espèces envahissantes dans les habitats marins. On a pu éliminer une infestation de vers ‘sabellid worm’ dans une baie aux États-Unis en cueillant l’organisme hôte à la main (Étude de cas 4.4: "La première éradication d’un envahisseur marin introduit et établi"). En Australie, on a pu éliminer la moule à rayures noire en employant des pesticides (Étude de cas: 5.23 "Éradication de la moule à rayures noires (Mytilopsis) dans le ‘‘Northern Territory” en Australie.” Il convient de souligner le fait que l’éradication en eaux marines n’est possible que dans des cas extrêmement rares où l’on puisse procéder au traitement d’une population isolée dans un endroit relativement confiné. Même dans ces cas-la, il se peut qu’il y ait toujours des risques de nouvelles invasions par l’espèce nuisible, d’où la nécessite de rester vigilants et de prévoir une gestion à long terme. Dans la majorité des cas, l’éradication a été et restera impossible.

Des espèces exotiques de poissons d’eau douce ont été éradiquées auparavant au moyen de produits toxiques spécialement conçus à cet effet.

Certains organismes pathogènes chez les humains et les animaux domestiques ont été éradiqués en vaccinant l’hôte concerné. En général, il semblerait plus réalisable d’appliquer des méthodes d’éradication au

niveau des organismes hôtes (par exemple, contraindre d’autres organismes à devenir hôtes pour des maladies humaines) plutôt que directement sur les organismes pathogènes.

A condition d’être réalisable, un programme d’éradication est le choix de prédilection relativement aux interventions contre une espèce exotique envahissante donnée. L’avantage de l’éradication par rapport au contrôle à long terme réside dans la possibilité d’un rétablissement complet des conditions qui existaient avant l’arrivée de l’espèce exotique envahissante. L’éradication n’implique pas de coûts à long terme (quoiqu’une surveillance de précaution en vue d’alertes précoces et / ou des mesures de prévention puissent s’avérer nécessaires) les pertes économiques ainsi que les effets écologiques sont réduits à zéro tout de suite après l’éradication. Cette méthode est la seule option qui répond intégralement à l’objectif de la gestion, puisque l’espèce envahissante est complètement supprimée.

L’inconvénient principal inhérent aux programmes d’éradication tient à leur échec éventuel. Le cas échéant, tous les investissements impliqués auraient été largement gaspillés et, dans le meilleur des cas, on aurait ralenti la propagation de l’espèce exotique visée. Comme les programmes d’éradication sont souvent coûteux et puisqu’ils exigent toute l’attention ainsi que tout l’engagement de la part des parties concernées jusqu’à leur réussite, aucun programme d’éradication ne devrait être entrepris à moins qu’une évaluation des choix et méthodes disponibles n’indique que l’éradication est une option réalisable. Donc, l’éradication ne devrait être entreprise qu’après avoir obtenu le financement nécessaire et de l’engagement de l’ensemble des parties prenantes. Afin de pouvoir répondre aux difficultés non envisagées et pour qu’il y ait suffisamment de ressources pour les études de suivi, il faudrait obtenir un financement couvrant une période allant au-delà de la durée prévue pour l’éradication. Il faudrait, à l’avance, éveiller la conscience du public, en vue de s’assurer de son soutien, à l’égard des problèmes occasionnés par les espèces envahissantes. Ces interventions prennent du temps. Ce qu’il faudrait comprendre aussi c’est que plus longtemps l’intervention contre une nouvelle invasion dure, plus l’éradication aura des chances de réussir. Il faut que l’on sache équilibrer ces exigences. Que personne ne vienne vous dire qu’il est facile de prendre des décisions en réponse à une nouvelle espèce exotique envahissante ! Pour atteindre le but escompté, il faut concevoir une approche réaliste afin d’atteindre le but visé. Dans la majorité des cas, des populations bien établies et de larges étendues infestées ne se prêtent pas aux programmes d’éradication.

Beaucoup de tentatives échouées ont été extrêmement coûteuses et elles ont entraîné d’importants effets pervers sur les espèces non visées, tel fut le cas de la tentative d’éradication de la fourmi de feu sud-américaine dans les états du sud des États-Unis. L’insecticide utilisé au départ fut un vrai désastre pour la faune, la flore et les bovins. L’appât à fourmis mis au point par la suite a également produit des effets indésirables: il s’est avéré plus efficace contre l’espèce de fourmi locale que contre l’espèce intruse. En fait, cela a entraîné l’accroissement des populations de l’espèce exotique, suite au déclin de la concurrence de l’espèce de fourmis locale.

Les efforts d’éradication ont dû finalement être abandonnées (Étude de cas 5.10:

"La fourmi de feu (Solenopsis invicta): l’échec d’un programme d’éradication").

Le meilleur moment pour éradiquer les espèces gênantes avec succès correspond à la phase initiale de l’invasion où les populations visées sont moins nombreuses et / ou restreintes à une zone limitée. On peut augmenter les chances de réussite en identifiant les moments où l’espèce visée est particulièrement vulnérable. Par exemple, les saisons naturelles ou les espèces sont sous-alimentées (l’hiver, la saison sèche, etc.) augmenteront la consommation d’appâts empoisonnés par les mammifères. L’amélioration des technologies d’éradication, les expériences à d’autres endroits et l’approfondissement des connaissances sur l’écologie de base des envahisseurs permettront d’améliorer les tentatives d’éradication à venir. Les opérations d’éradication ont particulièrement réussi dans les situations insulaires.

Celles-ci comprennent les îlots écologiques isolés par des barrières physiques ou écologiques. Par exemple: les vestiges d’une forêt entourés par des champs agricoles. Toutefois, il se peut que l’espèce visée survive en petites populations en dehors d’un l’îlot écologique et, en fonction du degré d’isolation, puisse rapidement ré-envahir l’îlot écologique après une campagne d’éradication. Il y va de même pour les îles où la re-colonisation par le sujet d’un programme réussi est souvent possible, voire probable sur les îles et les archipels côtiers (Étude de cas 5.11 "Taux de colonisation du pseudococcide de l'hibiscus dans les Caraïbes").

Pour qu’une campagne d’éradication réussisse, il faut vite répondre à la petite population fondatrice, le plus rapidement possible après sa détection. Le processus de prise de décisions implique, en partie, une évaluation permettant d’établir si l’espèce repérée est susceptible de nuire au nouvel habitat. Il est parfois possible d’anticiper l’arriver d’une espèce exotique si, par exemple, elle en train de se propager dans une région donnée. Dans ce cas, on pourra sûrement prendre des décisions concernant son statut avant son arrivée. C’est ainsi que la Chromolaena odorata.a été déclarée nocive au Queensland avant que cette espèce d’herbe n’y soit repérée pour la première fois en 1994 (Étude de cas 5.12: "Enquêtes sur les infestations de la mauvaise herbe "Chromolaena" (Chromolaena odorata) en Australie").

Le principe de précaution pourrait alors être rentrer en vigueur et toutes les introductions considérées comme autant de cibles pour l’éradication. S’il y avait suffisamment de ressources disponibles, l’éradication serait la stratégie la plus sûre. Toutefois, on sait que dans la plupart des situations il faut fixer des priorités.

On sait aussi que la prise de décisions d’éradication et la distribution des ressources sont influencées par la tendance de la nouvelle espèce à envahir et que cette dernière risque de faire de gros dégâts, économiques en particulier. À l’avenir, l’anticipation des dégâts pour les écosystèmes naturels devrait être l’un des facteurs importants pour la prise de décisions. L’évaluation doit être prompte et, normalement, fondée sur les connaissances sur les espèces dans d’autres pays (voir l’évaluation des risques dans la Section 3.4). Il faudrait dépouiller des bases de données et les publications à la recherche des comptes rendus sur l’espèce (ou sur les espèces apparentées, si l’espèce en question n’est pas assez connue). La prévision de la tendance d’une espèce exotique à envahir des habitats locaux et à occasionner des problèmes ne relève point d’une science précise. A l’heure actuelle,

le meilleur moyen d’avoir une idée sur la tendance d’une espèce à causer des problèmes d’invasion dans un pays est probablement de se renseigner pour savoir si elle est connue comme espèce envahissante dans d’autres pays (aux conditions écologiques et climatiques similaires en particulier) (Etude de cas 3.23 ‘‘On ne peut prédire la tendance à l’invasion de manière fiable”)

Bien que les méthodes d’éradication doivent être aussi bien ciblées que possible, la nature plutôt rigoureuse de l’acharnement qui caractérise les opérations d’éradication entraînera des dégâts imprévisibles sur les espèces non visées. Dans la plupart des cas, ces dégâts sont considérés inévitables et, donc, recevables pour la réalisation de l’objectif de la gestion. On estime généralement que ces dégâts peuvent être compensés par les avantages à long terme tant au niveau économique que sur le plan de la biodiversité. Lorsque l’on entreprend une campagne d’éradication pour laquelle on emploie des toxines, il convient de s’assurer que celles-ci sont aussi bien ciblées que possible et qu’elles ne subsistent pas trop longtemps dans l’écosystème. Toutefois, l’emploi de certaines toxines inadmissibles pour un programme de contrôle à long terme pourrait se justifier lorsqu’il s’agit d’une campagne d’éradication de courte durée.

Il faut que les programmes d’éradication, en particulier, impliquent toutes les parties prenantes et le public et que les méthodes les plus appropriées ainsi que l’objectif de la gestion soient ouvertement débattus. L’éradication des mammifères, notamment ceux auxquels s’identifient les humains, est particulièrement sujette à l’opposition. Les méthodes d’abattage de ces sujets donne, à juste titre, matière à débat et font souvent l’objet de désaccords. On a connu des expériences où des groupes de défense des droits des animaux ont entravé ou carrément bloqué des efforts d’éradication. (Études de cas 5.13: "Controverse sur les programmes de contrôle de mammifères" et 5.42: " Éradication de l’écureuil gris d’Amérique (Sciurus carolinensis) en Italie: échec du programme et futurs scénarios "). Par conséquent, plutôt que de tuer tout simplement une espèce envahissante, l’objectif de la gestion ainsi que les buts de l’initiative devraient être formulés dans un langage positif, par exemple, comme une intervention visant à "sauver une pauvre créature sans défense du risque d’extinction causé par une méchante bête sauvage envahissante’’.

L’éradication ou le contrôle d’espèces exotiques bien établies, qui représente un élément important de l’écosystème, pourront influer sur l’écosystème tout entier. Il sera difficile de prévoir les conséquences de la réussite d’une élimination de telles espèces; cependant, il faudra bien le faire. Il faut prendre en considération les rapports (par exemple, les effets synergiques) entre les espèces envahissantes et les espèces locales ou exotiques. Un étroit rapport prédateur–proie entre deux espèces envahissantes indique la nécessité d’examiner les possibilités de méthodes combinées afin d’éliminer les deux espèces en même temps. Le contrôle visant une seule espèce pourrait avoir des effets dramatiques directs ou indirects sur la dynamique de la population de la seconde espèce. L’élimination de la proie peut

entraîner l’élimination du prédateur ou bien, cela peut l’amener à changer son comportement et à se nourrir d’espèces locales. L’élimination d’un prédateur introduit est susceptible d’amener la proie introduite à se multiplier de façon considérable, ce qui peut provoquer davantage de dégâts que lorsque les deux étaient présents (dégradation de l’habitat, épuisement des ressources alimentaires et concurrence avec les espèces locales qui dépendent des mêmes sources alimentaires). Par exemple, le lapin et le renard roux d’Australie qui ont été introduits en Europe. La réussite de l’éradication d’une herbe peut également entraîner des effets négatifs au niveau de la communauté des plantes, si celle-ci est remplacée par une autre espèce de plante exotique (Étude de cas 5.31: "Ce qu’il peut arriver lorsqu’une espèce exotique envahissante est contrôlée"). Il se peut qu’il ne soit pas possible d’anticiper certains des effets éventuels sur l’écosystème. Il est donc essentiel de contrôler le résultat pour arriver à limiter les invasions (voir Section 5.5).

Les critères de réussite de base d’un programme d’éradication peuvent être résumés comme suit :

Il faut que le programme soit fondé sur une solide base scientifique.

Malheureusement, la plupart des traits qui rendent une espèce envahissante compliquent les efforts d’éradication, par exemple, un fort taux de reproduction et une capacité de propagation élevée. Cela signifie que, du fait de leur nature même, les espèces envahissantes seront probablement difficiles à éliminer.

L’éradication de tous les individus doit être réalisable. Il faut garder présent à l’esprit qu’il devient de plus en plus difficile et coûteux de localiser et d’éliminer les individus restants vers la fin du programme, lorsque la population est en déclin.

Il faut s’assurer au préalable du soutien du public et de toutes les parties prenantes.

Il faut, en outre, s’assurer d’un financement suffisant pour un programme intensif (permettant des mesures d’urgence) afin de s’assurer que l’éradication peut se poursuivre jusqu’à l’élimination du dernier individu.

Les attentes en matière des processus nécessaires à la réussite des programmes d’éradication doivent être réalistes, par exemple, de faibles rendements visibles pour de gros investissements ultérieurement au programme.

Les petites populations d’espèces exotiques à répartition géographique limitée sont plus faciles à éliminer. Par conséquent, l’éradication immédiate est l’option de prédilection pour la plupart des espèces repérées lors d’études de détection initiales. Il est donc crucial que les programmes d’alerte précoce aient des fonds disponibles pour ce genre d’interventions.

L’immigration d’espèces exotiques doit être nulle, c’est-à-dire, comme pour les îles, surtout pour les îles océaniques, la zone visée par la gestion

L’immigration d’espèces exotiques doit être nulle, c’est-à-dire, comme pour les îles, surtout pour les îles océaniques, la zone visée par la gestion

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