Questionnaires à destination des orthophonistes

Dans le document Prise en charge orthophonique et vécu de la laryngectomie totale (Page 48-51)

1. Emergence du sujet et objectivation de la problématique

2.3. Questionnaires à destination des orthophonistes

2.3.1. Entretiens préalables

Nous avons rencontré un orthophoniste et une orthophoniste, afin d’avoir une idée générale quant à leur façon d’aborder la rééducation, que le patient soit un homme ou une femme. Ces professionnels ont beaucoup de personnes laryngectomisées dans leur patientèle. En effet, l'un de ces orthophonistes travaille dans un service ORL à l'hôpital, tandis que l'autre en prend en charge régulièrement depuis de nombreuses années.

Nous désirions mener un entretien le plus ouvert possible, avec toutefois quelques questions prédéfinies pour guider le propos a minima. Le but était de laisser l'orthophoniste s’exprimer, pour qu’il décide lui-même ce qu'il était important d'évoquer.

Ces rencontres étaient utiles pour élaborer le questionnaire le plus pertinent possible. Nous voulions savoir s’il y avait des thématiques auxquelles nous n’avions pas pensées en commençant à créer nos questions, ou si certaines de nos idées étaient hors propos. Et de fait, plusieurs choses sont ressorties dans les deux entretiens. Ainsi, chaque orthophoniste a appuyé notre problématique en expliquant qu’une différence était évidemment présente dans le vécu de la laryngectomie totale et dans l’investissement de la prise en charge selon le genre du patient. L’orthophoniste homme met en avant la délicatesse accrue qu'il déploie face à une patiente, d'après lui plus atteinte psychologiquement qu’un patient. Il avoue que c’est certainement dû à son statut d’homme et à son éducation ; ceci étant, l'orthophoniste femme le reconnaît également. Cela renforce notre idée selon laquelle le thérapeute peut lui-même influencer la prise en charge. De plus, selon eux, une femme pose beaucoup plus de questions, qu’elle soit patiente ou conjointe, en regard de l’homme qui semble plus maladroit, plus désemparé face à la maladie. La voix oro-œsophagienne paraît plus difficile à accepter pour la femme. L’orthophoniste intègre alors cette voix plus délicatement dans la prise en charge, en n’utilisant pas le terme de « rot » par exemple. Encore une fois, nous avons été confortées dans notre choix. Un dernier point soulevé est le ressenti négatif face au trachéostome chez l’homme comme chez la femme, selon ces orthophonistes. Cependant, d’autres idées auxquelles nous n’avions pas pensées ont été mises en exergue. Ainsi, ils ont tous deux évoqué l’importance du travail en groupe, des difficultés relationnelles possibles et les avantages qu’un entourage présent peut représenter dans la rééducation. L’orthophoniste femme a précisé que la conjointe et la patiente posaient plus de questions que les hommes. Ces professionnels ont ajouté que nous devrions poser des questions sur le moment pré-opératoire ainsi que sur la quantité et la variété des sujets abordés en séance.

Ces rencontres nous ont permis de nous conforter dans l’idée que les aspects vocal, esthétique et psychosocial sont à prendre en compte. Premièrement, la perte de la voix et l’abord de la voix oro-œsophagienne sont deux notions qui sont largement ressorties durant les entretiens. Deuxièmement, le trou à la base du cou constitue un vécu difficile pour les deux sexes. Troisièmement, l’entourage joue sur le vécu du patient, et la conjointe se montre selon eux, plus présente que le conjoint.

2.3.2. Contenu du questionnaire

Nous avons introduit le questionnaire en expliquant notre statut et la finalité de notre mémoire.

Nous distinguons ensuite trois parties :

La première comprend les informations générales pour cerner au mieux l’orthophoniste. Pour ce faire, nous avons demandé quel était son sexe, son année d’obtention du Certificat de Capacité en Orthophonie ainsi que son type et son lieu d’exercice. Connaître le sexe de l’orthophoniste importe car il est possible que cela intervienne dans la prise en charge. Si nous partons du postulat que l’homme vit la laryngectomie différemment de la femme, il est possible que l’orthophoniste ait une vision de la rééducation des laryngectomisés et de sa clinique qui varie selon son genre également.

La deuxième partie de notre questionnaire concerne la patientèle de l’orthophoniste afin de faire un état des lieux du nombre et du genre de patients laryngectomisés totaux qu’il a actuellement ou a eu dans sa carrière.

La partie la plus importante tant en volume qu’en informations porte sur la rééducation de la personne laryngectomisée totale.

Le but de ce questionnaire étant de voir s’il existe des différences entre les femmes et les hommes laryngectomisés concernant la prise en charge, nous avons choisi de les opposer dans nos questions.

Des questions générales sur les modalités de rééducation sont proposées. D’autres concernent la manière dont le thérapeute guide ses rééducations. Enfin, certaines sont orientées sur la perception que le professionnel a du vécu des patients de leur prise en charge.

Des questions sont délibérément ouvertes pour laisser place à des remarques éventuelles et pour ne pas influencer certaines réponses par nos propositions.

2.3.3. Diffusion

Pour une question de rapidité, de praticité de dépouillement et pour toucher le plus d'orthophonistes possible, nous avons décidé de mettre le questionnaire en ligne sur Internet, un lien reçu sur une adresse mail suffisait à y accéder.

D’abord, nous avons envoyé le questionnaire via une liste de diffusion du Syndicat des Orthophonistes de Meurthe-et-Moselle.

Ensuite, le secrétariat de notre centre de formation l’a diffusé aux enseignants orthophonistes et aux maîtres de stage. Nous l’avons également fait parvenir aux associations étudiantes de France pour qu’elles le diffusent auprès des orthophonistes.

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