Plans de contingence et financement

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DÉTECTION PRÉCOCE

4.3 Plans de contingence et financement

Ordinairement un plan de contingence correspond à un plan d’action général soigneusement rédigé déterminant les mesures à prendre lorsque la présence d’une nouvelle espèce envahissante est découverte ou soupçonnée. Etant donné la diversité des espèces exotiques envahissantes potentielles et la diversité des options quant à la stratégie et les méthodes de contrôle des diverses espèces, les plans devront, pour des raisons pragmatiques, être soit de nature très globale (établissant simplement les principes généraux, les responsabilités et les

‘’stakeholders” potentiels qui devront se rencontrer pour dresser un plan d’action détaillé en réponse à un événement particulier), soit viser une espèce envahissante potentielle spécifique ou des groupes d’espèces à haut risque. Au fil du temps, on peut ajouter au plan d’ensemble, des composants plus spécifiques pour les divers groupes ou espèces afin d’établir un plan de contingence plus détaillé et destiné à un usage plus général. La participation et l’engagement de tous ceux qui s’occupent de la région menacée sont tout aussi importants que le plan de contingence lui-même. Ils doivent tous comprendre le plan et, dans la mesure où celui-ci inclut la prévention et la détection précoce, mettre quotidiennement en œuvre certains aspects de ce plan.

Des plans spécifiques peuvent être très simples, le plan USDA-APHIS pour la lutte contre le pseudococcide de l’Hibiscus par exemple (Etudes de cas 4.8 "Plan de détection précoce pour le pseudococcide de l’Hibiscus aux Bahamas" et 5.11 "Taux

de colonisation du pseudococcide de l’Hibiscus aux Caraïbes"). Lorsqu’il a été introduit dans les états continentaux, c’était un plan très simple: mise en œuvre de la lutte biologique basée sur l’expérience acquise et la documentation élaborée pour les Caraïbes. Par conséquent, lorsque le pseudococcide de l’hibiscus a été signalé pour la première fois en Californie en 1999, les premiers pesticides biologiques furent introduits trois semaines plus tard.

Le plan de contingence peut être un simple document rédigé par le personnel, les volontaires et les autres organisations sélectionnées. Ils en auront pris conscience et le mettront en pratique dans une situation d’urgence (Etude de cas 4.12 "Quels sont les éléments d’un plan de contingence ?") Ce plan peut aussi être élargi pour inclure des manuels complets "prêts à l’emploi" entreposés dans des emplacements appropriés, comme par exemple, des cultures de parasitoïdes du pseudococcide de l’hibiscus ou alors une provision de raticide et d’appâts pour un programme d’éradication précoce. Le matériel requis pour une action d’urgence doit être maintenu en parfait état et stocké dans le lieu indiqué par le plan.

Pour élaborer le plan, il faudrait envisager des situations d’urgence éventuelles et convenir à l’unanimité des mesures correspondantes à prendre. Voici quelques exemples de mesures à prendre:

Exemples de plantes. On découvre une plante soupçonnée d’être une nouvelle espèce envahissante. C’est une plante unique. Un botaniste a découvert cette plante et il est convaincu que c’est une nouvelle espèce envahissante. Le plan de contingence indique que cette plante doit être déracinée et placée dans un récipient scellé afin que des graines ou des morceaux de plante ne tombent pas parterre.

Cette plante devrait ensuite être portée à la station de quarantaine et brûlée. Il faut soigneusement marquer le site où elle a été découverte et l’inspecter tous les six mois au cours des deux années suivant sa découverte.

On découvre une espèce soupçonnée d’être une nouvelle espèce envahissante.

C’est un petit lot de plantes. Ces plantes ont été trouvées par un agent préposé à la protection de l Environnement qui n’est pas un botaniste et qui n’est pas sûr s’il s’agit d’une nouvelle espèce envahissante ou d’une plante indigène très rare. Il faut tout mettre en œuvre pour identifier cette plante dans les deux ou trois jours suivant sa découverte. S’il s’agit d’une plante envahissante, le plan de contingence indique que toutes les plantes et les graines doivent être déracinées et placées dans un récipient scellé sur les lieux afin d’éviter que des graines et morceaux de plante ne tombent. Ces plantes devraient ensuite être portées à la station de quarantaine et brûlées. Il faut soigneusement marquer le site où elles ont été découvertes et, conformément aux procédures d’évaluation standard, envisager les mesures à prendre en vue du contrôle de ces plantes.

Exemple de mammifère. Un navire fait naufrage sur le littoral d’une île vierge.

Le plan de contingence indique qu’une équipe doit emmener une trousse de contingence toute prête sur l’île et placer des appâts et des pièges pour les rongeurs conformément à une série d’instructions précises. Elle devra ensuite examiner l’épave pour trouver des traces de rats et décider pendant combien de temps elle doit encore continuer à placer pièges et appâts dans cette aire.

Exemple de reptile. On signale la présence d’un serpent sur une île où l’on ne trouve pas de serpents naturellement. Le plan de contingence indique qu’une équipe doit emmener une trousse de contingence pour serpents et chasser le serpent. Les membres de l’équipe doivent aussi faire participer la personne qui a déclaré l’avoir vu en la questionnant de manière positive et amicale pour avoir plus de détails. Le plan de contingence pourrait ensuite faire venir un agent de la quarantaine accompagné d’un chien dressé pour chasser les serpents ou pour continuer les recherches.

Exemple d’invertébré. Lorsqu’on accorde la priorité à une espèce invertébrée potentiellement envahissante, on peut préparer des plans d’urgence pour gérer leur arrivée. (Etude de cas 4.13 "Développer une base de connaissances pour une action d’intervention rapide"). Vous pouvez vous baser sur de nombreux exemples tirés de l’agriculture, comme celui de la lutte contre le pseudococcide de l’hibiscus mentionné plus haut. L’élaboration d’un plan de contingence nécessite que de nombreux autres cas de figure relatifs aux espèces exotiques envahissantes soient pris en compte.

4.3.1 Coûts des actions de contingence

Toutes les organisations de protection de l’Environnement responsables des îles vierges et des réserves naturelles susceptibles d’être envahies par des espèces envahissantes nouvelles devraient subventionner la création d’un plan de contingence et d’un ensemble de trousses de contingence. Il n’existe sans doute pas d’organisations ayant des fonds de prévoyance réservés à des mesures de circonstance éventuelles. Le plan de contingence doit détailler comment défrayer le coût des opérations de contingence. Par exemple:

Si les mesures prises ne requièrent que quelques heures de travail et n’engagent que des frais inférieurs à un montant nominal de référence (mettons 50 dollars), le personnel devrait les mettre en œuvre lui-même.

Si le temps requis et les dépenses dépassent un certain niveau (mettons 500 dollars), il faudra poursuivre l’action et le gestionnaire devra décider quelles autres tâches doivent être éliminées pour compenser les frais et heures supplémentaires engagés.

Les options de plus grande envergure requièrent une autorisation et puisque la mobilisation de ces ressources prend au moins quelques jours, il faudrait prévoir suffisamment de temps pour que la mise en œuvre du plan de contingence soit approuvée.

Les ministères gouvernementaux chargés de réagir aux nouvelles espèces envahissantes devraient envisager de mettre en place des mécanismes (lois, règlements, autorités et responsabilités) afin de libérer les fonds nécessaires pour le déploiement des ressources affectées aux opérations de contrôle urgentes. Un ministère prévoyant les aurait mis en place avant qu’une urgence ne se présente.

Par exemple, le ministère de l’Agriculture aux Etats-Unis a l’autorité nécessaire, conformément à la législation et aux règlements, pour se servir des fonds disponibles pour le contrôle ou l’éradication d’urgence.

ETUDE DE CAS 4.1 Première détection du crabe vert

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