Mise en regard des résultats de la recherche documentaire et de l’analyse bibliographique

Dans le document Coordination entre le médecin généraliste et les différents acteurs de soins dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux (Page 93-96)

Les travaux conduits avec le groupe de travail ont mené à une évolution de la typologie des expériences d’amélioration de la coordination construite à la suite de l’analyse bibliographique (graphique 8).

Graphique 8. Typologie issue de l’analyse bibliographique

Les ajustements suivants ont été effectués : Formation initiale et continue

La formation, initiale et continue, à la fois aux prises en charge en premier recours, à la psychiatrie et à la santé mentale et aux pratiques de coordination n’a pas, dans le cadre de la recherche documentaire et de l’analyse bibliographique, été considérée comme faisant strictement partie des expériences d’amélioration de la coordination. Elle a, en revanche, été identifiée comme un levier pour améliorer la coordination et la pérenniser, et des sessions de formation étaient fréquemment incluses aux expé-riences d’amélioration de la coordination étudiées, tant en France qu’à l’étranger.

« Simple » : travail sur un seul composant, dans le cadre des moyens de communication et de

coordination déjà existants

« Complexe » : multiplicité des composants, introduction de

nouvelles fonctions, etc.

Interventions type

« amélioration de la communication

ordinaire »

Interventions type co-location

Interventions type consultation-liaison

Interventions type care/case management

Interventions type collaborative care

Exemples : actions développées à Montpellier

Trois actions ont été développées à la faculté de médecine de Montpellier :

 des enseignements interactifs s’adressant à de petits groupes d’internes de médecine générale en 3e cycle, animés par un binôme médecin généraliste-psychiatre (formation initiale) ;

 Des stages hors filières en médecine générale proposés aux internes de psychiatrie (formation ini-tiale) ;

 un diplôme universitaire (DU) de psychiatrie et santé mentale s’adressant aux médecins généralistes, un professeur des universités en psychiatrie et un professeur des universités en médecine générale en ayant la coresponsabilité (formation continue).

L’importance de la formation pour améliorer la coordination, soulignée par les membres du groupe de travail, a été reflétée dans la typologie proposée via une représentation parallèle aux grandes catégories d’expériences identifiées.

Suppression de la notion de continuum

La caractérisation des expériences selon leur niveau de complexité a été considérée comme potentielle-ment normative par le groupe de travail. Une présentation des quatre premières grandes catégories de la typologie sur un même niveau, ces quatre grandes catégories apparaissant comme potentiellement incluses dans la cinquième (interventions type collaborative care), a été privilégiée.

Des terminologies anglo-saxonnes aux terminologies françaises

Des terminologies anglo-saxonnes ont été proposées pour nommer les grandes catégories d’expériences composant la typologie. Ce choix résultait de la large surreprésentation des expériences décrites en langue anglaise dans la littérature, mais également d’une absence de stabilité des termes, en langue française mais aussi en anglais. Le groupe de travail a souhaité que des traductions en langue française soient proposées. Les terminologies suivantes ont été choisies :

 la terminologie « lieux d’exercice partagés » a été choisie pour nommer les interventions type co-location ;

 la terminologie « dispositifs de soins partagés (DSP) » a été choisie pour nommer les interventions type consultation-liaison ;

 la terminologie « coordination de parcours de santé » a été retenue pour faire référence au care et au case management. Le terme anglo-saxon a toutefois été priorisé dans le guide dans la mesure où d’autres propositions de traduction ont été formulées dans la littérature, sans que ne se dégage un consensus, notamment : « coordination de parcours » (140), « gestion de cas » (141-143) et « assis-tance au parcours » (144) ;

 le terme collaborative care, faisant référence à un exemple de dispositifs intégrés dont la définition n’est pas stabilisée, a fait l’objet de peu de tentatives de traduction en langue française. Ainsi, le terme anglo-saxon a également été priorisé et il a été recouru à la traduction littérale « soins collaboratifs ».

Interventions type amélioration de la communication « ordinaire » : ajustement de la terminologie et enrichissement

La suppression du terme « ordinaire » a été souhaitée par le groupe de travail, et des précisions sur le type d’interventions faisant partie de cette catégorie hétérogène ont été ajoutées : échanges d’informations, liaison et processus renforcés d’adressage. Si peu de détails ont été identifiés dans la littérature sur les outils de communication mobilisés dans les différentes études (courriels, téléphone, etc.) et la manière dont ces outils peuvent être utilisés de façon structurée, les membres du groupe de travail ont souligné leur importance.

Interventions type care/case management : un cadre élargi

Les interventions type care/case management identifiées via la recherche documentaire et l’analyse bibliographique étaient majoritairement centrées sur des fonctions de care/case management en soins de premier recours impliquant un suivi actif de patients souffrant de dépression. Cela résulte notamment des choix relatifs au périmètre de la recherche, centrée sur les acteurs du secteur sanitaire, qui a pu conduire

à une moindre représentation d’interventions impliquant les acteurs des secteurs médico-social et social dans lesquelles le rôle du médecin généraliste serait peu ou moins décrit.

Un exemple d’expérience conduite dans le champ du médico-social a été présenté par un membre du groupe de travail. Il est répertorié dans le guide « Coordination entre le médecin généraliste et les diffé-rents acteurs de soins dans la prise en charge des patients adultes souffrant de troubles mentaux : état des lieux, repères et outils pour une amélioration » (« le SAMSAH Prépsy »).

Le groupe a également mis en évidence le rôle de référent, assuré notamment par certains infirmiers de l’équipe de psychiatrie de secteur, mais pouvant l’être également par d’autres professionnels, considéré comme proche de la fonction de care/case management.

Interventions type collaborative care

Aucune intervention type collaborative care n’a été identifiée dans les pratiques françaises. Toutefois, ces interventions se caractérisent par leur aspect multidimensionnel, faisant appel à plusieurs actions visant à améliorer la coordination de façon simultanée. Un exemple d’expérience en France faisant appel aux différentes catégories de la typologie a été identifié et est présenté dans le guide (« l’organisation du secteur 59G21 de l’EPSM Lille-Métropole » (145)).

Graphique 9. Typologie issue des travaux avec le groupe de travail

AMÉLIORATION DE LA COMMUNICATION

Échange d’informations, liaison et processus renforcés d’adressage

1

DISPOSITIFS DE SOINS PARTAGÉS (DSP) Interventions type consultation-liaison

3

LIEUX DEXERCICE PARTAGÉS Interventions type co-location

2

CARE/CASE MANAGEMENT (COORDINATION DE PARCOURS DE SANTÉ)

4

DISPOSITIFS INTÉGRÉS

Interventions type collaborative care (modèles de soins collaboratifs)

5

En p a rall èle : fo rm ati o n

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