3. Expérience 1

3.1. Méthode

3.1.5. Matériel

3.1.5.1. Ordinateur

La tâche de vérification se déroulait sur un ordinateur TOBII T120 de 43 centimètres et de résolution 1280x1024 pixels, grâce au programme Matlab version R2012a. Les questionnaires passés par les participants suite à la tâche étaient également présentés en version informatisée.

3.1.5.2. Eye-tracker

A titre de contrôle, un eye-tracker était utilisé afin de détecter la direction du regard de chaque participant pendant l’accomplissement de la tâche expérimentale.

L’eye-tracker était intégré à l’écran de l’ordinateur et activé lors de la tâche principale.

Les participants étaient conscients de la présence de cette mesure, que nous avons utilisée afin de contrôler l’induction de focalisation. Ainsi, avant de calibrer l’appareil, les indications suivantes étaient données selon la condition : pour la condition de focalisation bas niveau, « nous allons utiliser un eye-tracker afin de vérifier que vous vous focalisiez bien sur la progression de la flèche cran par cran » ; pour la condition de focalisation haut niveau,

« nous allons utiliser un eye-tracker afin de vérifier que vous vous focalisiez bien sur la température à atteindre » ; et enfin pour la condition contrôle, « nous allons utiliser un eye-tracker afin de voir où vous regardez ».

Suite à l’entraînement, juste avant de commencer la tâche principale, l’eye-tracker était calibré pour chaque participant. Le participant devait se rapprocher de l’écran, se tenir bien droit en face de celui-ci, et trouver une position confortable à maintenir tout le long de la tâche (en bougeant le moins possible). Il devait ensuite fixer cinq points, apparaissant l’un à la suite de l’autre, dans chaque coin de l’écran et en son milieu. Pour chaque point, l’expérimentateur devait juger si la calibration était correcte, en évaluant la déviation de la fixation des yeux. Si la figure de calibration était convenable (déviations minimes), l’expérimentateur enclenchait la tâche. Si la figure de calibration n’était pas convenable, l’expérimentateur procédait à une deuxième calibration afin d’obtenir de meilleurs résultats.

3.1.5.3. Questionnaires

Nous avons utilisé l’Obsessive-Compulsive Inventory-Revised (OCI-R ; Foa et al., 2002 ; adapté en français par Zermatten, Van der Linden, Jermann, & Ceschi, 2006 ; Annexe VII). Ce questionnaire auto-rapporté est constitué de 18 items au total, évaluant les symptômes du TOC, répartis en 6 sous-échelles : le lavage, la vérification, l’obsession, la neutralisation mentale (c’est-à-dire les techniques permettant de neutraliser ou supprimer des pensées négatives), le rangement et le collectionnisme. Les items de la sous-échelle de vérification sont : « 2. Je vérifie les choses plus souvent que nécessaire », « 8. Je vérifie de manière répétée les portes, les fenêtres, les tiroirs, etc. », et « 14. Je vérifie de manière répétée les robinets de gaz et d’eau ainsi que les interrupteurs après les avoir éteints». Les participants doivent déterminer dans quelle mesure la situation décrite par un item les a perturbés ou dérangés durant le dernier mois, en répondant sur une échelle en cinq points (allant de 0 =

« pas du tout » à 4 = « extrêmement »). Le score total est compris entre 0 et 72, et les scores

des échelles entre 0 et 12. Dans notre travail, nous utilisons exclusivement la sous-échelle de vérification. Ainsi, un score de 12 reflète une grande tendance à la vérification.

De plus, les participants ont répondu à la version française du Behaviour Identification Form (BIF ; Vallacher & Wegner, 1989 ; adapté en français par Belayachi & Van der Linden, en cours ; Annexe VIII). Ce questionnaire comprend 23 items qui évaluent le niveau d’identification de l’action. Chaque item du BIF correspond à une action (p.ex. « lire ») suivie de deux alternatives dont l’une est de bas niveau (p.ex. « Suivre des lignes de caractères ») et l’autre de haut niveau (p.ex. « Acquérir des connaissances »). Pour chaque item, le participant doit choisir laquelle de ces deux phrases décrit le mieux le comportement en question. Le score total se base sur l’addition des scores de haut niveau d’identification.

Les participants ont par la suite répondu au Questionnaire des Traits Obsessionnels-Compulsifs (Obsessive-Compulsive Trait Core Dimensions Questionnaire, OC-TCDQ ; Summerfeldt et al., 2001; adapté en français par Belayachi, Laloyaux, & Van der Linden, en cours ; Annexe IX). Ce questionnaire auto-rapporté est constitué de 20 items évaluant deux dimensions : l’évitement du danger et l’incomplétude. Chaque participant doit déterminer, à l’aide d’une échelle en cinq points (allant de 0 = « jamais » à 4 = « toujours »), si chaque énoncé s’applique à sa façon habituelle de penser et d’agir. Un exemple d’item pour la dimension du sentiment d’incomplétude est le suivant : « je dois faire les choses d’une certaine façon, sinon je ne me sentirai pas bien ». Pour la dimension d’évitement du danger, un exemple d’item est : « même si un malheur est très peu probable, je ressens le besoin de l'empêcher à tout prix ». Deux scores découlant des deux dimensions sont alors calculés, allant de 0 à 40. Plus le score est élevé, plus il indique un haut sentiment d’incomplétude et une haute envie d’évitement du danger.

Le dernier questionnaire utilisé était l’Inventaire d’Anxiété Etat-Trait (State-Trait Anxiety Inventory, STAI ; Spielberger et al., 1983 ; adapté en français par Schweitzer &

Paulhan, 1990 ; Annexe X). Ce questionnaire, également auto-rapporté, est composé de 40 items évaluant l’anxiété trait (20 items) et l’anxiété état (20 items). Un exemple d’item est « je suis inquiet, soucieux ». La première partie du questionnaire concerne l’anxiété état et chaque participant doit répondre aux items en fonction du ressenti « en ce moment ». La deuxième partie du questionnaire concerne l’anxiété trait, c’est à dire le ressenti « en général ». Un score entre 20 et 80 est mesuré pour chacune de ces parties. Les sujets répondent à l’aide d’une échelle en 4 points (allant de 1 = « non » à 4 = « oui » pour l’anxiété

état, et de 1 = « presque jamais » à 4 = « presque toujours » pour l’anxiété trait). Ce questionnaire nous sert essentiellement de mesure de contrôle.

Dans le document Pourquoi vérifie-t-on que la porte est bien fermée ou que les plaques sont bien éteintes ? (Page 31-34)