L’économie en mouvement

Dans le document résumé de l'Économie du bien commun • Economie et Gestion (Page 168-200)

A

utrefois totalement imbriquée dans l’ensemble des sciences sociales et humaines, l’économie a construit son identité propre au XXe siècle au prix d’une déconnexion avec ses disciplines sœurs.

La science économique a alors forgé la fiction de l’homo œconomicus, c’est-à-dire l’hypothèse simplificatrice selon laquelle les décideurs sont rationnels, et donc agissent au mieux de leurs intérêts étant donné l’information dont ils disposent (l’économie insiste cependant sur l’idée que cette information peut être parcellaire ou manipulée). Les recommandations de politique économique sont dès lors le plus souvent fondées sur l’existence d’externalités ou de défaillance du marché, c’est-à-dire sur une différence entre rationalité individuelle et rationalité collective : ce qui est bon pour un acteur économique n’est pas forcément bon pour la société dans son ensemble.

Récemment, les économistes sont revenus vers la psychologie par le biais de leurs recherches en économie comportementale et en neuro-économie. La motivation de ce retour méthodologique est la nécessité de mieux comprendre les comportements. De fait, on constate que l’homo œconomicus et l’homo politicus ne se comportent pas toujours aussi rationnellement que le prédit la théorie. Nous avons tous des travers à la fois dans notre réflexion et

nos prises de décision. Depuis une vingtaine d’années, l’économie revient plus généralement vers les autres sciences sociales en incorporant leurs apports. Et c’est bien normal. Pour faire un peu de provocation, je dirais même que l’anthropologie, le droit, l’économie, l’histoire, la philosophie, la psychologie, la science politique et la sociologie ne forment qu’une seule et même discipline, car elles ont les mêmes objets d’étude : les mêmes personnes, les mêmes groupes et les mêmes organisations.

L’objet des recherches actuelles des économistes en sciences humaines et sociales n’est évidemment pas d’assouvir un désir impérialiste de phagocytage de leurs consœurs. Ces dernières ont, en effet, leurs spécificités. Elles sont souvent (mais pas toujours) moins quantitatives, c’est-à-dire moins portées sur l’analyse théorique formelle et le traitement statistique des données. Peut-être plus clivant est le fait que les chercheurs en sciences humaines et sociales n’adhèrent pas tous au principe de l’individualisme méthodologique cher aux économistes1, principe selon lequel il faut partir des incitations et des comportements des individus pour comprendre celui des groupes auxquels ils appartiennent. Mais, à mes yeux, il est indispensable que les divers champs disciplinaires en sciences humaines et sociales s’ouvrent et se nourrissent les uns les autres. L’économiste a beaucoup à apprendre des autres disciplines et inversement ses travaux peuvent ouvrir de nouvelles perspectives de recherche sur les comportements individuels et les phénomènes sociaux2.

Des livres entiers pourraient être consacrés à la façon dont la discipline économique creuse aujourd’hui bien au-delà de ses frontières traditionnelles. L’objet de ce chapitre ne sera donc que d’en fournir quelques exemples pour illustrer la démarche. À cette fin, j’ai sélectionné essentiellement des thèmes proches de mes propres recherches ; j’espère que le lecteur me pardonnera ce choix narcissique. Celles-ci ne couvrent évidemment qu’une très petite partie seulement du champ d’analyse des économistes hors de leurs sujets traditionnels ; je souhaite faire prendre la mesure ainsi de l’étendue des

recherches actuellement entreprises par les économistes en dehors de leur champ classique d’analyse.

I. UN ACTEUR PAS TOUJOURS RATIONNEL :

HOMO PSYCHOLOGICUS

Très longtemps, homo œconomicus a eu pour incarnation un décideur conscient de ses propres intérêts et les poursuivant de manière rationnelle. Certes, il pouvait manquer d’information et par conséquent ses décisions pouvaient être moins bonnes que celles qu’il aurait pu prendre en toute connaissance de cause. Certes, il pouvait de lui-même choisir de ne pas être parfaitement informé ou de ne pas pousser un raisonnement jusqu’au bout, car s’informer et raisonner impliquent des coûts en termes de temps et éventuellement d’argent3. Mais il poursuivait parfaitement ses intérêts, quels qu’ils soient.

À l’encontre de notre intérêt personnel

Donnons a contrario quelques exemples de nos comportements ne correspondant pas au modèle de l’homo œconomicus.

— Nous procrastinons

L’un de ces travers est le manque de volonté, c’est-à-dire une trop forte préférence pour le présent qui conduit à la procrastination, à remettre les tâches désagréables à plus tard, à ne pas assez investir dans l’avenir, à

adopter des comportements impulsifs. Il existe beaucoup de travaux consacrés à ce travers « court-termiste » ; les philosophes grecs s’en préoccupaient déjà, et Adam Smith l’a également étudié dans son livre La

Théorie des sentiments moraux (1759). Mais, pendant près d’un siècle (le

XXe siècle), le sujet avait disparu du champ de recherche de l’économie. Il en va différemment aujourd’hui.

La raison pour laquelle les économistes s’intéressent au phénomène de procrastination est qu’il a des conséquences importantes pour la politique économique. En effet, nous sommes susceptibles d’agir contre notre propre intérêt : livrés à nous-mêmes, nous avons tendance à sous-épargner pour notre retraite, à abuser de l’alcool et de la drogue, à nous adonner au jeu, à acheter trop vite à un démarcheur pour nous en débarrasser, à manger trop, trop gras, trop sucré, à continuer de fumer quand nous voudrions arrêter, à regarder la télévision quand nous souhaiterions en réalité travailler ou aller à la rencontre d’autres personnes. Bref, ce que nous faisons aujourd’hui n’est pas toujours cohérent avec ce que nous aurions souhaité hier.

On peut réfléchir à notre court-termisme en termes de conflit d’objectif entre nos différents « moi » successifs (ou « incarnations temporelles »). Nous voudrions arrêter de fumer, mais notre moi présent a trop envie de fumer un dernier paquet de cigarettes et de remettre à notre moi de demain la tâche désagréable d’arrêter. Mais bien sûr, notre moi de demain ne se sentira pas davantage le courage d’arrêter. Nous accordons toujours trop d’importance à la jouissance ou aux coûts immédiats et nous sacrifions donc le long terme.

La puissance publique, quant à elle, est confrontée à un dilemme entre le respect du choix de l’individu (incarné par le moi présent, celui qui prend la décision) et le paternalisme (qu’on peut interpréter comme une défense des intérêts de l’individu à plus long terme). S’il y a de bonnes raisons de se méfier du paternalisme en général, car il peut « justifier » toutes les intrusions de l’État dans des choix qui nous sont personnels, on voit bien pourquoi la

puissance publique peut vouloir corriger le biais de procrastination. C’est ce qu’elle fait, par exemple, en subventionnant fortement l’épargne retraite dans les pays qui pratiquent un système de retraite par capitalisation ou en garantissant une retraite minimale en fonction des revenus en activité dans les pays qui pratiquent un système par répartition comme la France ; ou en appliquant de fortes taxes sur le tabac ; ou en interdisant ou en régulant le marché des drogues ou du jeu ; ou encore en octroyant un délai de réflexion au consommateur pour certains types d’achat (comme le démarchage à domicile).

Les neurosciences elles aussi s’intéressent beaucoup à ce phénomène. Les chercheurs étudient ce qui se passe dans le cerveau, par exemple lorsque des individus sont confrontés à des choix intertemporels. Quand on demande à des sujets volontaires s’ils préfèrent 10 € immédiatement ou 15 dans six mois – ce qui représente un taux d’intérêt extrêmement élevé (plus de 130 fois ce que nous touchons sur le livret A) – et que l’on regarde quelles zones du cerveau sont activées pour traiter ce choix, on observe que pour les 10 € immédiats, c’est le système limbique – une partie du cerveau qui joue un rôle important dans les émotions – qui est sollicité, un système très ancien qui est déjà très développé chez d’autres espèces animales ; en revanche, pour les 15 € à terme, c’est le cortex préfrontal, beaucoup plus développé chez les humains, qui est activé4. Cette observation suggère qu’il existe une tension entre nos pulsions visant la gratification instantanée et notre intérêt de long terme, gérés par des parties différentes du cerveau.

— Nous nous trompons dans la formation de nos croyances

La plupart de nos décisions ont des effets incertains. Il est donc important de ne pas avoir une vision trop déformée des probabilités respectives des différentes conséquences possibles de nos actes. Or nous sommes parfois de piètres statisticiens. Par exemple, une erreur classique est de croire que la

nature va s’arranger pour que la distribution des réalisations d’un événement aléatoire ressemble « au plus vite » aux probabilités de ces réalisations (ceux qui ont appris la statistique savent que cette ressemblance est avérée pour un grand nombre de tirages au sort, c’est la « loi des grands nombres »). Nous savons tous qu’un tirage à pile ou face donnera une chance égale à pile et à face ; et de fait si nous tirons au sort un grand nombre de fois, la proportion de pile sera très proche de 50 %5. En revanche, beaucoup d’entre nous commettons l’erreur de croire que quand pile a été tiré trois fois de suite, la probabilité que la réalisation suivante soit face est plus grande que la probabilité qu’elle soit pile6. En réalité, la pièce n’a pas de mémoire et elle choisira chacune des deux options avec une probabilité de 50 %. Ce biais se retrouve dans des comportements de professionnels effectuant des tâches répétitives, qui ont tendance à prendre des décisions qui « compensent » leurs autres décisions récentes : les juges statuant sur des demandes d’asile, les chargés de prêts d’une banque octroyant des crédits ou des arbitres de matchs de base-ball décidant des « strikes ». En d’autres termes, une décision est plus probable si la décision précédente est allée dans le sens opposé7.

Un autre travers très largement répandu est la difficulté d’ajuster correctement nos croyances lorsque nous sommes confrontés à une information nouvelle. Nous apprenons au lycée et à l’université la loi de Bayes, la façon correcte d’actualiser nos croyances en face d’évidences nouvelles. Dans les modèles micro- et macroéconomiques standards, on considère que les acteurs révisent rationnellement (c’est-à-dire selon la loi de Bayes) leurs croyances à partir du moment où ils disposent de nouvelles informations. Mais, dans les faits, il s’avère que nous nous trompons souvent. Cela est vrai aussi pour les catégories de la population les plus instruites ; comme je l’ai noté au chapitre 1, les psychologues Kahneman et Tversky ont montré par exemple que les étudiants de médecine d’Harvard, une formation extrêmement sélective, font des erreurs élémentaires lorsqu’ils calculent la probabilité d’une maladie en fonction des symptômes, montrant ainsi que la

statistique n’est pas un domaine complètement intuitif8. Ou, pour prendre une autre expérience9 célèbre des mêmes auteurs, à la question « Est-il plus probable dans un petit hôpital que dans un grand que plus de 60 % des naissances à un jour donné soient des garçons ? », la plupart d’entre nous répondons que la probabilité doit être la même quelle que soit la taille de l’hôpital. La statistique montre qu’en réalité la probabilité que les naissances mâles excèdent 60 % des naissances est plus élevée quand l’hôpital est plus petit. Intuitivement, dans un hôpital fictif qui verrait une naissance par jour, la probabilité que le bébé soit un garçon serait de (environ) 50 % ; avec deux naissances par jour, la probabilité que plus que 60 % des naissances soient des garçons est la probabilité que ces deux naissances soient toutes deux des garçons, soit de 25 % ; avec un grand nombre de naissances, elle devient quasiment nulle (car le nombre de garçons sera en toute vraisemblance proche de 50 %, et donc inférieure à 60 %).

— Nous éprouvons de l’empathie

Nous n’agissons bien sûr pas toujours dans notre intérêt matériel, celui qui par exemple maximiserait notre compte en banque ou plus généralement les biens ou aménités dont nous disposons. Nous donnons à des organisations caritatives, nous aidons des inconnus dont nous savons que nous ne les reverrons pas et dont nous n’attendons donc pas de geste de réciprocité.

Ajouter une composante d’empathie dans la description de l’objectif des acteurs économiques ne pose aucun problème avec la théorie économique classique, car il suffit de redéfinir l’intérêt bien compris : si j’internalise une partie de votre bien-être, il devient de facto le mien. Cependant, les comportements prosociaux, c’est-à-dire des comportements dans lesquels l’individu ne fait pas passer son intérêt propre au-dessus de tout le reste, sont comme nous le verrons beaucoup plus subtils que cela et ajouter simplement une dose d’empathie dans homo œconomicus n’augmente que peu le pouvoir

explicatif du paradigme, c’est-à-dire la capacité de ce paradigme à bien rendre compte des comportements réels des individus.

— Et puis encore…

Parmi les autres déviations qui nous éloignent de la rationalité pure et qui font l’objet d’études en économie expérimentale, on peut citer l’optimisme excessif, l’aversion forte pour les pertes, le rôle parfois utile, mais aussi souvent contre-productif, des émotions dans la décision, la mémoire sélective ou encore l’automanipulation des croyances.

Les comportements prosociaux

Portons maintenant notre attention sur les comportements prosociaux, c’est-à-dire des comportements dans lesquels l’individu ne donne pas la primauté à son intérêt matériel et internalise de façon désintéressée le bien-être d’autres parties. De tels comportements contribuent grandement à la qualité de la vie en société. Bien sûr, un certain nombre de nos comportements coopératifs ne sont prosociaux qu’en apparence. Dans une relation répétée, nous avons intérêt à nous comporter correctement, même du point de vue étroit de notre intérêt personnel bien compris : la personne avec laquelle nous interagissons ou le groupe social auquel nous appartenons se comportera différemment à notre égard selon que nous coopérons ou recherchons notre intérêt personnel de court terme. Mais comme nous l’avons noté, dans un modèle économique stricto sensu, on ne trouve personne pour donner à des organisations caritatives, pour investir dans des fonds socialement responsables, pour acheter des produits du commerce équitable ou travailler pour des ONG en touchant des salaires très inférieurs à la moyenne.

peut pas s’expliquer par l’intérêt personnel : la probabilité de changer le résultat d’un vote à l’aide de son seul bulletin (on dit alors que l’électeur est « pivot » dans le vote) est quasiment nulle dans presque toutes les élections, sauf dans les tout petits groupes ; même dans la célèbre élection très serrée de 2000 en Floride, qui détermina le vainqueur de l’élection présidentielle américaine, l’écart était de quelques centaines de voix, et par conséquent une seule voix ne pouvait rien changer. Voter seulement pour augmenter les chances que son candidat préféré soit élu ne vaudra jamais le quart d’heure qu’on y passe. En pratique donc, soit nous nous faisons des illusions en pensant que nous votons pour promouvoir (au sens de faire gagner) notre cause préférée, soit nous ne votons pas dans le but de satisfaire un quelconque intérêt matériel ou idéologique, mais pour une autre raison : nous votons parce que nous estimons de notre devoir de le faire ; nous voulons renvoyer une bonne image aux autres ainsi qu’à nous-mêmes10. D’une façon générale, on constate que les individus prennent parfois des décisions qui ne correspondent pas nécessairement à leur intérêt strictement matériel. L’altruisme est l’une des raisons permettant d’expliquer qu’ils internalisent le bien-être des autres. Mais l’altruisme est une explication beaucoup trop simpliste, comme nous allons le constater.

Altruisme et image de soi

L’internalisation du bien-être des autres permet sans doute d’expliquer l’existence de dons aux organisations caritatives, mais elle n’explique pas tout. Pour comprendre pourquoi, il est utile de recourir à un jeu très connu en sciences sociales, le « jeu du dictateur » (voir figure 1).

Dans des conditions d’anonymat11, un individu (joueur actif, appelé le dictateur) est invité à choisir sur ordinateur entre l’action A qui lui garantit 6 € et donne 1 € à l’autre participant à l’expérience (joueur passif inconnu du premier) et l’action B qui donne 5 € à chacun des deux. On peut donc qualifier l’action A d’égoïste et l’action B de généreuse. Le comportement rationnel, au sens classique, consiste pour le joueur actif à choisir A, qui maximise son revenu. Pourtant, en pratique, environ les trois quarts des joueurs à qui ce choix est proposé optent pour B12. Le sacrifice associé à l’action généreuse est suffisamment faible pour que cette majorité de sujets la choisisse. Peut-on cependant dire que c’est parce qu’ils ont simplement internalisé le bien-être du joueur passif ?

La générosité est, en fait, un phénomène très complexe qui peut être motivé par trois facteurs : la motivation intrinsèque (nous sommes spontanément et naturellement généreux), la motivation extrinsèque (nous sommes poussés par des incitations externes à être généreux) et la volonté de paraître, de donner une bonne image de soi, aux autres mais aussi à soi-même.

L’image que l’on se donne à soi-même joue un rôle important, comme nous le verrons, dans le jeu du dictateur où le joueur n’a affaire qu’à lui-même (l’anonymat y est total, y compris vis-à-vis de l’expérimentateur). Mais l’image sociale, le prestige social sont également des motivations essentielles, ce que prouve le fait qu’à peine 1 % des dons faits aux musées

ou aux universités sont anonymes et donc particulièrement admirables. Et, comme l’illustre la figure 2, quand il existe des catégories de dons (par exemple donateur « argent » entre 500 et 999 €, et donateur « or » au-delà de 1 000 €), on observe une accumulation des sommes pour des montants permettant tout juste d’entrer dans chaque catégorie concernée là où on aurait pu s’attendre à une distribution plus uniforme.

Figure 2. Phénomènes de groupage (dons par catégorie)

Dans la même perspective, une étude très intéressante a été menée dans certains cantons suisses sur la réforme qui a consisté à introduire le vote par correspondance13. Un économiste traditionnel dirait a priori que l’introduction du vote par correspondance est un facteur d’augmentation de la participation aux élections puisque le coût pour les votants (ou au moins pour certains votants, ceux qui préfèrent voter par correspondance plutôt que de se déplacer) diminue. Or, l’expérience montre qu’il n’y a pas plus de votes et même, dans certains cantons, surtout ruraux, qu’il y a moins de votes quand on introduit le vote par correspondance. La raison en est que dans les villages où les électeurs se connaissent et où la pression sociale est donc forte, on se déplace au bureau de vote en partie pour montrer qu’on est un bon citoyen. Mais dès qu’il n’est plus nécessaire de sortir de chez soi pour voter, que l’on a une excuse potentielle pour ne pas aller au bureau de vote, la perte de prestige social en cas d’absence de vote n’est plus manifeste. L’acte n’étant

plus nécessairement observable, on peut toujours prétendre avoir voté même quand ce n’est pas vrai. Cette étude montre, si besoin était, toute la complexité des comportements sociaux et de leurs motivations.

— L’altruisme réciproque

L’espèce humaine a une spécificité importante par rapport aux autres espèces animales : la coopération au sein de groupes importants sans lien génétique (les abeilles ou les fourmis sont fortement reliées génétiquement entre elles, tandis que les autres formes de coopération – par exemple chez les autres primates – se déroulent au sein de petits groupes). Comme je l’ai

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