Approche locale

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6.2 Tendances des paramètres de SHYREG

6.2.1 Approche locale

Une tendance est dite signicative si la p-value du test est inférieure à α (rejet de H0).

Nous illustrons sur la Figure 6.2 les p-values des tests RVM sur chacun des 139 postes. Nous testons la stationnarité des paramètres par rapport à une tendance linéaire sur la période 1960-2003.

Sensibilité des tendances par rapport aux tests

Le Tableau 6.4 donne également une comparaison des résultats des diérents tests proposés (sauf ceux écartés) dans la Section 5.1.4.

test local N EH N EE µP J maxH µP J maxE µDT OTH µDT OTE

RVM 36 10 28 12 17 24

RLbrut 31 8 17 9 11 17

M Kbrut 42 13 16 11 14 15

RLmoy 50 10 27 10 6 10

M Kmoy 42 10 24 12 9 11

RLbrut vs RVM 8- 3+ 2- 0+ 13- 2+ 6- 3+ 6- 0+ 7- 0+

M Kbrut vs RVM 10- 16+ 4- 7+ 14- 2+ 5- 4+ 3- 0+ 12- 3+

RLmoy vs RVM 3- 17+ 1- 1+ 12- 11+ 7- 5+ 13- 2+ 15- 1+

M Kmoy vs RVM 6- 12+ 4- 4+ 12- 8+ 5- 5+ 9- 1+ 15- 2+

Tab. 6.4 Nombre de tests locaux signicatifs sur les 139 postes SQR pour les diérents tests de tendance - Comparaison des tests RL et MK par rapport au test RVM ; .+ (resp. .-) correspond au nombre de tests locaux (resp. non) signicatifs qui ne le sont pas (resp. qui le sont) pour le test RVM.

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6.2 Tendances des paramètres de SHYREG 145

Sensibilité des tendances par rapport à la période d'observation

Nous avons eectué les tests de tendance en enlevant quelques années d'obser-vations au début et à la n des chroniques an de voir la robustesse des tendances (voir Tableau 6.5).

Test Période N EH N EE P J maxH P J maxE DT OTH DT OTE

RVM

1960-2003 36 10 28 12 17 24

1965-2003 36 15 27 11 26 26

1960-2000 33 8 28 9 17 28

1965-2003 vs 1960-2003 14- 14+ 6- 11+ 13- 12+ 8- 7+ 5- 14+ 10- 12+

1960-2000 vs 1960-2003 8- 5+ 6- 4+ 4- 4+ 5- 2+ 6- 6+ 3- 7+

RLbrut

1960-2003 31 8 17 9 11 17

1965-2003 30 14 10 7 16 18

1960-2000 25 7 20 9 7 18

1965-2003 vs 1960-2003 18- 17+ 4- 10+ 10- 3+ 4- 2+ 5- 10+ 5- 6+

1960-2000 vs 1960-2003 13- 7+ 4- 3+ 3- 3+ 5- 8+ 6- 2+ 2- 3+

M Kbrut

1960-2003 42 13 16 11 14 15

1965-2003 32 15 16 18 20 14

1960-2000 31 7 20 11 12 18

1965-2003 vs 1960-2003 19- 9+ 4- 6+ 8- 8+ 5- 12+ 4- 10+ 6- 5+

1960-2000 vs 1960-2003 14- 3+ 9- 3+ 4- 8+ 2- 2+ 7- 5+ 2- 5+

RLmoy

1960-2003 50 10 27 10 6 10

1965-2003 45 14 26 11 8 13

1960-2000 32 11 25 12 13 11

1965-2003 vs 1960-2003 16- 11+ 6- 10+ 11- 10+ 4- 5+ 3- 10+ 5- 6+

1960-2000 vs 1960-2003 19- 1+ 4- 5+ 9- 7+ 5- 7+ 3- 5+ 3- 6+

M Kmoy

1960-2003 42 10 24 12 9 11

1965-2003 42 11 17 12 14 9

1960-2000 31 10 21 10 9 13

1965-2003 vs 1960-2003 13- 13+ 8- 9+ 13- 6+ 8- 8+ 5- 10+ 6- 4+

1960-2000 vs 1960-2003 16- 5+ 6- 6+ 8- 5+ 5- 3+ 5- 5+ 2- 4+

Tab. 6.5 Nombre de tests locaux signicatifs sur les 139 postes SQR sur diérentes périodes avec les diérents tests - Comparaison des résultats des tests de tendance sur diérentes périodes ; .+ (resp. .-) correspond au nombre de tests sur la période (resp. non) signicatifs qui ne le sont pas (resp. qui le sont) pour la période 1960-2003 en utilisant le même test de tendance.

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NE_H

p−value

>0.1

<0.1

<0.05

<0.01

PJmax_H

p−value

>0.1

<0.1

<0.05

<0.01

DTOT_H

(a) Hiver

PJmax_E

p−value

>0.1

<0.1

<0.05

<0.01

NE_E

p−value

>0.1

<0.1

<0.05

<0.01

DTOT_E

(b) Été

Fig. 6.2 Tendance et p-values des tests RVM de tendance des variables N E, µDT OT etµP J maxsur chaque poste. On teste sur la saison hiver (N EH,DT OTH et P J maxH) et sur la saison été (N EE, DT OTE etP J maxE).

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6.2 Tendances des paramètres de SHYREG 147

Critique de l'approche locale

Une évolution climatique doit avoir des conséquences à un niveau régional et non local. Par exemple si on considère une augmentation de l'intensité des événements sur un poste, il parait improbable que, sur un poste voisin et semblable, on puisse considérer une diminution de celle-ci. Cette section a donc pour but de critiquer l'approche locale dans la recherche de tendance.

Nous allons pour cela nous intéresser à la tendance du paramètre µP J maxE sur 2 postes distants de16 km situés en Bretagne (entourés sur la Fig. 6.2).

Nous montrons sur la Figure 6.3 les événements observés entre 1960 et 2003 sur ces 2 postes en distinguant ceux se déroulant en hiver et en été. Au vu des observations, le poste P143 a subi deux événements estivaux avec une pluie journalière maximale dépassant60mm entre 1960 et 1980 et 0entre 1981 et 2003. Il semblerait donc que, sur ce poste, l'intensité des événements estivaux décroît au l des années. Selon le test RVM, cette tendance (linéaire) à la baisse est signicative au seuil α = 0.1 (p-value=0.07). La Figure 6.3(a) montre alors l'évolution du paramètre µP J maxE au l des années en prenant en compte les résultats du test RVM (de même pour µP J maxH pour lequel aucune tendance n'a été détectée par le test RVM).

Á l'inverse, le poste P137 a subi un seul événement estival avec une pluie journalière maximale dépassant45mm entre 1960 et 1980 et 5entre 1981 et 2003. Il semblerait donc que, sur ce poste, l'intensité des événements estivaux croît au l des années. Se-lon le test RVM, cette tendance (linéaire) à la hausse est signicative au seuilα= 0.1 (p-value=0.005). La Figure 6.3(b) montre alors l'évolution du paramètre µP J maxE au l des années en prenant en compte les résultats du test RVM (de même pour µP J maxH pour lequel aucune tendance n'a été détectée par le test RVM).

Nous avons alors deux tendances signicatives (au seuil α = 0.1) inverses sur deux postes distants de 16 km. Une telle contradiction pourrait être la conséquence de l'eet orographique, par exemple un poste situé en altitude et un autre dans la val-lée, mais ici ce n'est pas le cas.

En prenant un seuil α plus petit pour le test RVM, par exemple α = 0.05, seule la tendance du poste P137 est signicative, nous n'avons alors plus de contradiction mais la tendance locale observée est-elle la conséquence d'une réelle évolution clima-tique ou alors seulement dûe au hasard ou à l'échantillonnage ? Comment traduire cette tendance observée au niveau régional ?

[82] propose alors soit de regarder la cohérence régionale des tests locaux soit de regarder la signicativité régionale d'une tendance. Dans notre étude, la deuxième approche a été choisie en utilisant le test présenté dans la Section 5.3.

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Code du Poste Commune (code postal) Coordonées Altitude (m)

P137 Feins (35440) (308400; 2376200) 76

P143 Saint Aubin du cormier (35140) (322400; 2369100) 110 Tab. 6.6 Localisation des deux postes de Bretagne P137 et P143 (coordonnées en Lambert II étendu).

1960 1970 1980 1990 2000

20304050607080

Evenements estivaux du poste P143

Date de l'événement

Pluie journalière maximale de l'événement (en mm)

saison Hiver Eté estimation

µPJmax

(a) Poste P143

1960 1970 1980 1990 2000

20304050

Evenements estivaux du poste P137

Date de l'événement

Pluie journalière maximale de l'événement (en mm)

saison Hiver Eté estimation

µPJmax

(b) Poste P137

Fig. 6.3 Pluies journalières maximales des événements se déroulant entre 1960 et 2003 (traits verticals) sur deux postes de Bretagne distants de16km (voir Tab. 6.6) ainsi que l'estimation du paramètre µP J maxà partir du test RVM au l des années (droites en pointillé) en distinguant les deux saisons.

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