E. Conclusion : la notion de « sas de décompression »

II. Les patients

5. Agrément

Recherche d’une distraction

Le patient 9 choisit intentionnellement les magazines dans ce but, et recherche des conditions propices à la détente :

« Ceux qui vont me distraire. Que je ne lis pas forcément ailleurs que dans la salle d’attente. (…) Et la musique ! Que je trouve reposante, qui n’est pas forcément celle que j’écoute non plus, mais qui me détend.

- Ça vous change de vos habitudes ?

- Exactement, parce que c’est Radio Classique, c’est pas la musique que je mets spontanément chez moi, je trouve que ça permet d’écouter autre chose que ce qu’on a l’habitude d’écouter. Surtout avec « la mienne » qui est une adolescente ! Qui met plutôt des radios plus… plus rythmées ! Mais chez nous on ne met vraiment pas de classique. (…) Effectivement ça permet de rentrer dans le cabinet du médecin avec un état d’esprit assez relax. »

La lecture

Les consultants trouvent sur place des journaux et revues qu’ils reconnaissent feuilleter volontiers.

Patient 2 :

« Je prends des bouquins et je bouquine. »

Patient 5 :

« Y’a moyen de lire un petit peu, ça passe le temps. »

La diversité de la presse proposée permet à chacun de sélectionner une lecture selon ses goûts.

Patient 9 :

« Parfois je prends un magazine, je consulte un peu, les articles plus tournés vers la presse féminine. (…) Non, c’est souvent effectivement, des petits magazines qui sont plus actualité, tendances mode.»

Patient 8 :

« Je dirais les magazines sportifs, le cinéma… »

Patient 11 :

« Par exemple je vois ici Auto Plus, par exemple, ben tous les hommes aiment bien les voitures, donc je vais prendre Auto Plus ! »

Rares sont les personnes, comme le patient 1, qui apportent leurs propres livres :

« Je lis, heu, ou un bouquin que j’ai amené… comme aujourd’hui je pense qu’il y’avait pas trop de monde, j’ai rien amené, je vais prendre éventuellement un magazine. »

Mots croisés ou fléchés

Dans les magazines disposés en salle d’attente, quelques personnes recherchent les grilles de jeu.

Patient 1 :

« S’il y a des mots croisés ou des mots fléchés, j’les fais, et c’est tout. »

Patient 6 :

« Vous voyez, quand je trouve des mots croisés, je les prends, j’aime bien. »

Ne rien faire

Attendre avant la consultation, c’est parfois l’occasion de prendre un moment pour s’arrêter, et le patient 9 ne ressent pas le besoin de s’occuper ou de se distraire :

« Ou comme maintenant j’attends, patiemment ! »

De même pour le patient 10 :

« J’attends… et… parce que j’ai pas, généralement je sors de cours, et j’ai pas la tête à me remettre dans un livre. C’est vrai que j’attends… »

Les patients recherchent une distraction, une détente, ou une coupure avec leur rythme habituel.

Certains profitent de la salle d’attente pour créer du lien social.

Comparaisons avec d’autres salles d’attente

Les patients fréquentent d’autres salles d’attente médicales. Pour expliquer ce qui lui plait, ce qu’il recherche dans une salle d’attente, le patient 1 prend une comparaison :

« C’est quand même, y’a certaines salle d’attentes qui sont très réduites, par exemple chez le podologue, mais on n’y attend pas longtemps, moi j’y vais pas mais heu, mais j’vois bien la salle d’attente. »

Le patient 3 compare non seulement les lieux, mais aussi les soins et l’attitude des soignants selon son expérience vécue :

6. La relation de soins

La disponibilité du médecin

Les patients signalent que le fonctionnement de leur médecin leur permet d’accéder à des soins dans la journée, ce qu’ils apprécient.

Patient 1 :

« J’ai pris rendez-vous ce matin, et je l’ai cet après-midi. C’est plutôt rare, ça se voit que c’est les vacances ! »

Patient 2 :

« On a téléphoné ici, et on m’a dit de passer tout de suite ici. »

L’adhésion aux soins

Quelques personnes font le lien entre le fonctionnement général du cabinet et la relation qu’ils entretiennent avec leur médecin. Ils témoignent de leur fidélité ou de la confiance qu’ils lui accordent.

Patient 7 :

« Y’a plus de trente ans que je connais le docteur, j’allais où il était avant, et puis depuis qu’il est ici, ça fait quinze ou vingt ans. »

Patient 3 :

« J’vais vous dire une chose : si on est un p’tit peu éduqué, hein, puis même en réfléchissant de soi-même, on ne doit pas dire on n’aime pas. On vient chez le docteur, on est reçu chez le docteur, on attend là et un point c’est tout. »

Le patient 1 manifeste cette confiance en montrant aux autres patients présents ses relevés d’auto-surveillance tensionnelle :

« C’est pour ça que je viens avec des feuilles de tension. (…) Il pense que la tension qu’il

La salle d’attente est accessoire

Au-delà de la salle d’attente, le patient 9 explique son libre-choix pour son médecin :

« Si, on échange, parce que c’est quelqu’un de très convivial, (…) Personnellement j’ai pas le sentiment qu’il cherche à tout prix à discuter, ou à aller au-delà de ce qu’on, de l’objet pour lequel on est venus. Ça j’apprécie beaucoup, parce que je ne supporte pas un médecin qui dure longtemps, et qui ne cesse de poser des questions. »

Il complète son propos :

« Pour moi l’environnement n’est pas fondamental ; c’est plus la qualité de l’échange, des soins que va apporter le médecin, ce qui va se passer après. La salle d’attente est accessoire, pour moi. »

Cette notion est rapidement reprise par le patient 11 :

« Oh dans une salle d’attente, on peut pas dire qu’on se plait dans une salle d’attente.

(…) C’est pour un court moment, donc on prend son mal en patience. »

Ce n’est pas pour la salle d’attente que les personnes viennent, mais pour rencontrer leur médecin.

Ils lui témoignent leur confiance.

Dans le document Ce document est le fruit d'un long travail approuvé par le jury de soutenance et mis à disposition de l'ensemble de la communauté universitaire élargie. (Page 177-182)